‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 281 sur 323 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De la discipline des éylises d'Orient louchant Us traductions et la lecture de l'Écriture sainte.

Cet article a rapport à la tradition reçue dans t<n!^ tes les églises, soit pour la l dure publique qui se fail dans le service des livres de l'ancien el du noavcail Tcs;amcnt, soil pour celle que les chrétiens font en particulier. Chaque église conserve um manière de texte authentique, comme est la Vulgale parmi nous; cl quoique plusieurs savants hommes aient iraifc des versions orientales, aucun néanmoins n'a expliqué l'usage qu'elles avaient parmi les différentes communions des chrétiens d'Orient ; c'est pourquoi nous édaircirons cette mal ère en peu de mois, en allé.'!daul que nous la puissions traiter ailleurs dans u;i plus grand détail.

Ils reçoivent tous les livres de l'Écrilure sain e, et ceux qui s >nl reçus dans l'Église catholique; ce qui ne se prouve pas seulement |iar les catalogues qu'ils en ont, mais par les citations fréquentes que font leurs lliéologions des livres que les protestants ont rejeUs conmie apocry|ihes, parce qu'on ne les a pas en ù*'breu. Cyrille Lucar a été condamné par les Gréer, si.r cet article, el au synode de Jérusalem on pro! ' it les oxiraito de ses propres sermons, dans lesqi: •!> ii cil;iil ces mêmes livres qu'il avait traités d'apoci yrlies dans sa Confession. Aussi on les trouve insérés d uis les Bibles grecques, et cité-, dans tous les livres .sans aucune conlcstation sur leur authenticilc.

Les Syriens orthodoxes ou jacobilcs, quo'Kjii'iîs se servent d'uiiC Iraduction faite sur l'I.ébicu, oim : éa;;-

t{)10 rERrÉTUITli DE LA 1 01 SUR LES SACIIEMENTS.

moins les livres qtii ne sont qu'en grec, tic même que les ncsloriens, ainsi qu'on voit par le catalogue qu'en rapporte Ainrou, fils de Malihicu, dans son Abrégé, cl llébedjésu d;u)S le sien imprimé à Rome. LesCo;diles ayant leur ancienne version faite sur le lc\le grec, ont par conséquent ces mêmes livres, ainsi que les Élliiopicns el les Arméniens. Cette conformité avec la Isadilion de l'Église catholique se remarque encore «lans les versions de l'Écriture sainte, qui sont en usage parmi ces chrétiens. Ils ont comme nous des traductions selon le texte hébreu et d'autres selon les Seplanle, et ils s'en servent également; en sorte que ni ceux qui suivent celles-ci, comme les Cophtes, ne reprochent pas aux Syriens qui se servent de l'autre, qu'ils abandonnent la tradition de l'Église; ni les Syriens aux Cophles, qu'ils aient altéré la pure parole de Dieu, en préférant la traduction grecque aux originaux. C'est ce (pi'on connaîtra mieux lorsque nous aurons marqué en jieu de mots ce qui rogaide les versions.

La plus ancienne de toutes est la syriaque de l'ancien Testament conforme à ri'ébreu.qni est en usuge parmi tous les Syriens orthodoxes, nestoriens et jacobiles, sur laquelle il s'est fait plusieurs versions arabes. On ne peut faire aucun fond sur ce que les Syriens disent de son antiquité, qu'ils portent jusqu'au temps de Salomou, qui la fit faire, disent-ils , en faveur de Iliram , roi de Tyr. Car Gabriel Sionite, qui a lapporté cette tradition dans sa préface sur le Psautier, ne la prouve que par l'autorité d'un écrivain peu ancien, qui est Choaded, ou pour mieux dire Jechuadad, évêque de lladitha, neslorien. Ceux de la même sccle raltrihuentà S. Tliadde el à ses disciples, qui, suivant leur témoignage, déposèrent un exemplaire hébreu de l'ancien Testament dans l'église qu'ils f mdôrent, sur lequel on (il leur version vulgaire. Celte tradition ne marque .lueuue époque certaine , mais seulement une fort grande anti;piité, dont même il y a inie preuve incontestable dans l'usage coummn (jue les sectes dillerentes oui toujours fait de cette version. Car ce qui reste en syiiaque des ouvrages de S. Éphreni fait voir qu'il n'en avait pas eu d'autre; et si dans les traductions grecques de ses livres , qui sont en plusieurs bililiolhèques , on lit les passages cités selon la version des Septante, cela vient des traducteurs qui les ont accommodés à l'usage de leur église. Les nestoriens ont conservé la même version, et les jacobites pareillement; c'e-,t donc une preuve assurée qu'elle était plus ancietnie que les hérésies et (|ue les schismes, et |)ar conséquent d'une tiès-granJe iuitiipiité.

On ne doit pas s'arrêter à ce que le synode de Diamper, sous Alexis de Ménesès, Thomas-.Wésu, ou de pareils auteurs qui se sont copiés les uns les autres, ont accusé les nestoriens d'avoir corrompu les saintes Écritures en divers endroits, qui ne regardent la plupart que le nouveau Testament. Ce que ces censeurs peu capables e;i ont rapporté consiste en des «liffén-ntes levons, ou en quelques fautes manifestes de

copiées; mais ils n'ont rien remarqué de considérable sur la version de l'ancien Testament. De plus , les orthodoxes et lesjacobites n'ont pas eu moins de zèle contre les nestoriens qu,; les Portugais, et néanmoins ils n'ont jamais fait de pareils reproches; outre que ces diflérences se trouvent souvent dans les livres des uns et des autres, quoique irréconciliables.

Mais quand les Syriens ont fait leurs traductions sur l'hébreu, ils ont suivi les exemplaires de leur temps, plus anciens que ceux qui sont entre les mains des Juifs ; de sorte qu'eu plusieurs endroits la versioji syriaque convient avec la traduction de S. Jérôme el avec les Sepian te, plutôt qu'avec le texte des Massorètes. Ces Syriens n'ont pas cru que l'autorité des Juifs modernes fût assez grande pour obliger à réformer l'ancienne version sur les livres qui sont entre les mains de cette nation; de même que nous ne croyons pa* devoir abandonner les Septante el S. Jérôme, toutes les fois qu'ils ne s'accordent pas avec l'hébreu moderne. 0.1 dira peut-être que c'est par ignorance , mais on se trompera; car on a des preuves certaines que les Syriens ont eu connaissance des versions littérales et mot à mot faites sur l'hébreu par des Juifs, el surtout de celle de Rabbi Saadia, qu'ils appellent Fiiimi, parce qu'il était né à Fium, ville d'Egypte. Ils s'en sonl servis en quelques endroits pour éclaircir leurs versions, mais cela ne leur a pas paru suffisant pour changer quelque chose dans l'aucieune syriaque. Outre celte version, ils en ont une en arabe faite sur celle là, et par conséquent conforme à l'hébreu, à laquelle plusieurs auteurs ont travaillé en différents temps; mais connue les exemplaires sont rares, et n'ont ordinairement p;)inl de préfaces, ou a peine à distinguer ces versions d'avec les autres, et plusieurs critiques y ont été trompés.

Les Syriens ont aussi une version syriaque selon le grec, quoiqu'on n'en ait trouvé dans les bibliothèijues fameuses aiicim exemplaire parfait et entier, parce qu'elle n'est pas en usage dans le service public. Mais il n'y a pas lieu de douter qu'ils n'eu aient luie semblable, à cause des citations qui s'en trouvent dans les traités de Moïse liar-Cépha, Denis Rirsalibi cl d'autres théologiens syriens. Il s'en trouve quelques parties dans les manuscrits, et entre autres, le \\-\ve des psaumes, quoique la traduction ordinaire dont on se sert dans les églises soit faite selon l'hébreu, et c )nforme à l'édition de Paris.

C'est sur ces versions syriaques telles que les ont les nestoriens qu'ont é:é faites quelques traducticns Persiennes pour les chrétiens de ces pays-là ; el néanmoins il ne s'en trouve en nos liibliotliè(iucs presque aucune, sinon des Évangiles. Des crilitpies ont cru que cette raison seule snfiisaii pour ini ôier toute autorité, et c'est au contraire ce qui lui en doime une jilus grande. Car cela f.iil voir qu'elle a été faite sur le texte qui est seul authenlique dans la communion neslorienne, où l'usage du grec avait cessé entièrement avant que ces versions fussent faites. On trouve inC'nic plusieurs sorlcs de ces traductions pcrsicnnes,

iOSI LIV. VII DE

les unes élanl assez conformes à la h^llre, el quelques nuircs avec des paraphrases ; et telle est celle d'un Lectionnaire écrit avec beaucoup d'exactitude, qui est dans la bibliothèque de feu M. Colborl. Il y a tout sujet de croire que toute l'Écriture sainte a éié ainsi traduite pour les chrétiens du pays, où l'arabe n'est pas vulgaire; mais on n'en a pas encore vu de manuscrits, les traductions que nous avons, outre celles qui ont été iin|irimées en Anglelcrre, du Pcntateuque seulement, sur l'édition de Constantinople, ayant été laites par les Juifs.

LesCophies ont une ancienne traduction de toute la Bible en langue égyptienne faite sur le texte grec. On n'en peut pas facilement délerminer l'isnliquité; mais elle doit être fort grande: car S. Antoine , qui ne savait point de grec, fut converti par la lecture de l'Évangile qu'il entendit dans l'église , où par conséquent on le lisait en langue vulgaire. Tant de saints anachorètes qui méditaient l'Écriture sainle jour et nuit, et que plusieurs savaient par cœur, ne pouvaient pas l'avoir lue autrement. Quoiqu'elle ait cessé d'être vulgaire il y a plus de mille ans, tomes les lectures et la psalmodie se font encore en cette langue parmi les Cophtes. I.a version arabe sert pour faciliter l'intelligence du texte aux prêtres, et pour les lectures des épîlres et des évangiles qui se font en langue vidgaire après la première en cophte, à l'exception du monastère de S.-Macaire, où, par une ancienne coutume , on ne lit rien en arabe.

On croit communément que les versions qui se trouvent en celle langue à côté du texte cophte ont été faites sur cet original. Cependant on a d'excellents manuscrits du Penialeuque par lesquels on leconnaît quelque variété entre ce texte et la traduction , et on voit que c'est celle qui est faite sur les heptanle qu'on a mise à côlé; ce qui est presque égal , l'une et l'aulre exprimant le texte grec.

Cette version arabe est l.i plus ancienne de celles qui sont en la même langue, et la plupart des manuscrits l'attribuent à llaroth fils de Sinan , duquel on ne sait rien que le nom , el on n'a ni mémoire ni indice du temps auquel il a vécu. Il y a plusieurs manuscrits qui portent son nom el qui néanmoins sont fort différents, en sorle qu'on ne peut douter que ceux qui ont mis le titre ne se soient trompés. Son caractère particulier, et qui peut servir à la faire connaître, est qu'elle réjiond assez exactement au grec.

Outre celle-là . il y a des éditions de la Bible en arabe mêlées de telle manière, qu'on no peut presque recoimaître sur quel texte les versions o;it été faites. (\ir il sen trouve des manuscrits où on voit claireiiicnl que la version est selon le grec, et d>Qns laquelle il y a plusieurs endroits tirés des versions selon l'hébreu , quelquefois de celle de Rabbi Saadia et quelquefois d'autres. On voit à la lèle, dans un manuscrit de la Bibliotlièque-du-Uoi, un de Florence et un du Vatican , une préface dans laquelle il est parlé as sez au long de toutes les anciennes versions grecques, des liéxaples d'Origône , des asléi'isques el dos au-

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1res marques qui accompagnaient l'édiiion mixte. Ensuite l'auteur parle de la succession des pontifes de la loi judaïque , et même des anciens rabbins de la grande syingognc, précisément selon la tradition ()es Juifs; de sorte qu'on ne p ut douter que cela n'ait été tiré de leurs livres , ou <le quelque préface des traductions faites par des Juifs. O.i ne peut attribuer un mélange de matières qui n'ont aucun rapport enlr© elles qu'à l'ignorance des copistes.

Les versions arabes, faites originairement selon l'hébreu, sont toutes d'auteurs juifs ou samarilains. La plus Huneuse est celle de Babbi Saadia , imprimée à Consiantinople en caractères hébreux , que la plupart des critiques supposent être la même que celle qui a été insérée dans la Bible de M. le Jay , puis dans celle d'Angleterre , et que Gabriel Sionite l'avait décrite en caractères arabes , ce qui n'est pas vrai. Elle a élé tirée d'un manuscrit écrit en Egypte, en 1584 et 1586 , à la lête duquel il y a une préface d'un auteur anonyme , mais habile , qui après avoir marqué que la plupart des exemplaires des versions arabes de l'ancien Testament éiaient extrêmement défectueux , dit qu'il avait entrepris d'en faire une révision exacte. 11 dit ensuite qu'il a pris pour texte principal la version du rabban Clieicli-Saïdi, appelé communément Fiumi. C'est le niême que les Juifs appellent Saadia Gaon, qui était Égyptien, natif de Fium. Il marque après cela qu'il a coiiféié celle version avec d'autres faites par des Juifs , et même avec le texte hébreu, qu'il se faisait expliquer par un savant rabbin , avec celle de Ilareth , flis de Sinan , et quelques autres faites sur le texte grec ; avec celle d'Abulferge-Ebnel-Taïb, neslorien, qui est traduite sur le syriaque ; celles des Samaritains , l'une sur l'hébreu, l'autre sur le grec , enfin avec les versions qui se trouvaient dans les commentaires arabes sur l'Écriture sainle.

Si ou avait ce travail entier, il serait fort utile pour faire connaître exactement toutes les versions arabes, tant imprimées que manuscrites; mais celui qui l'a copié n'a mis les notes où étaient les différentes leçons , qu'aux trois premiers chapitres de la Genèse» Ce peu qui nous en resie prouve clairement que celte version de Saadia n'a pas été adop'.éc pour l'usagedes églises par les chrétiens qui se servaient de la langue arabesque, mais seidement pour étudier l'Écriture sainle en particulier ; que ceux-n)êuies qui s'en étaient servis y avaient trouvé plusieurs défauts , qu'ils avaient corrigés comme ils avaient pu, et souvent trèsmal, ce que marque l'auteur de cette préface, ajoutant que cela était cause que les versions arabes étaient ertrêmemcnt corrompues. Ainsi Gabriel Sionite ne fil pïs un texte à sa fantaisie pour l'édition de M. le Jay; mais il en suivit un qui lui pai ut lenieilleur, quoiqu'il eût peutêtre été plus à propos de donner pour texte arabe celui qui était le plus ancien, et le plus en usage parmi les Orientaux , et ce devait être celui de la version selon les Septante. Miis cette matière doit être traitîe ailleurs, parce qu'elle est fort vaste, el

qu'elle n'a pas encore été sunisaiiimcnl écljircie.

Les Éthiopiens ont une version do loulc la Bible en leur langue, c'est à-(lire en celle qui autrefois était vulgaire, et qu'ils appellent Glieez. Cette version Cht faite sur celle des Copliles, et c'est par cotlc raison qu'elle est conforme au grec, non pas qu'elle ait été faiic sur les Septante. On trouve un passage dans le Sijnaxarium éthiopien, livre d'une autorité très-nicdiocre, (jui marque que cclto version a été faile sur l'arabe, auquel cas elle ne serait pas pins ancienne que le huitième ou le neuvième siècle. On ne peut rien décider sur un fait aussi obscur; miis quand la traduction aurait été fa te sur l'arabe, cela revient au même, puisque ce ne pouvait être que celle qui était en usage dans l'église jicobite d'Alexandrie, et on ne s'y servait que des traductions faites sur le grec.

On croit communé;ue:it que la version arménienne a été faile sur la syriaque reçue dans tout le patriarcat d'Alexandrie, du(|uel dé.icndaieiil les Arméniens, tant orthodoxes que jacobiles. Comme cette langue est 1res- difficile et les livres rares, nous ji'en pouvons donner aucun autre éclaircissement.

11 ne reste qu'à faire les réflexions convenables à ce qui a été dit sur cette m ilièrc, pour reconnaître combien les Orientaux ont été conformes à ce qui s'est pratiqué dans lÉglise latine, et combien ils se sont éloignés de la conduite des protestants.

Les Grecs, depuis le commcnccme:it du chrislianisnie, ont conservé leurs livres suivant la traduction des Septante pour rancion Testament, et l'édition grecque commune pour le nouveau. Quoique dans les premiei'S siècles ils eussent les exemplaires d'Origène, non seulement les licxaples, mais l'édition où étaient les astérisques et les antres inies critiques, ils ne s'en sont servis que pour cxpiiq' er le texte sacré, comme a faits. Jean Cbrysoslônie et |)lusieurâ autres; mais ils n'ont pas pensé à ôler des mains des chrétiens on du service public de l'église les livres auxquels on était accoutumé, encore moins à accuser toute l'Église de ne pas suivre la pure parole de Dieu, comme ont fait les prolestants.

Il ne faut pas s'imaginer que depuis laiit de siècles les Grecs, les Syriens cl tous les antres Orientaux n'aient pas su que les livres des Jiiif>, tels qu'ils sont présentement, différaient en plusieurs endroits de ceux que les interprètes Grecs, les Syriens et les Arabes ont suivis. On reconnaît par quelques passages qu'ils ont su comment les Juifs les lisaient, et qu'ils n'ont pas cru que l'autorité des livres modernes dût l'emj)orler sur celle des anciens qui avaient In autrement. Ils ont donc reconnu comme nous l'autorité de l'Église et des Pères qui ont suivi les anciens exemplaires, et jamais aucun ne s'est avisé de dire qu'il fallait changer les anciennes versions pour les rendre semblables aux exenqdaires des Juifs. On ne trouvera pas non plus qu'aucun de leurs théologiens et encore moins nu corps d'église ait entrcjiris d'attaquer les anciens dogmes, en traduisant autrement les passages de l'Écriture pour établir des nouveautés inof.ïes. Cej-cn-

SUR LES SACREMENTS. 108i

danl les Syriens étaient plus près des sources pour l'iiilelligencc du texte hébreu que n'ont été les rabbins, sur les écrits desquels ont été composés presque tous les dictionnaires modernes. Les Juifs les plus savants parmi les interprètes de l'Écriture sainte ne savaient pas si bien la langue hébraupie que ceux que les Syriens regardent comme leurs maîtres, dont les principales écoles étaient à Édesse et à Nisibe; et les rabbins avouent souvent leur ignor.mce sur plusieurs mots, qui sont très-bien expliqués par les anciennes versions syriaques. Car il ne faut pas supposer que ces premiers interprèles Syriens fussent ignorants. On voit par leurs versions des canons et de diverses ancieimes pièces qu'ils étaient très-habiles, et qu'ils ont suivi de bons exemplaires.

La psalmodie est d'une grande anliqurlédaus toutes les églises, et S. Jérôme nous apprend qu'aux funérailles de sainte Paule on entendait chanter des psaumes en plusieurs langues, entre autres en syriaque. Les Syriens et les Arabes on t eu des poètes et eu très • grand nombre, et les offices sont remplis d'hymnes composées par S. Éphrem et par S. Jacques. Ils onl donc chanté les psaumes et les cantiques de l'ancien et du nouveau Testament ; mais jamais ils n'ont cru devoir substituera ces hymnes, dictées et inspirées par le S. -Esprit, des parap'.irases en vers, co«nme onl fait tous les prolestants.

Quand les langues dans lesquelles les iradiiction» avaient d'abord été faites ont cessé d'être vulgaires^ comme le syriaque, le copine ou égy|)tien, l'arménien ei l'élhiopien, les Orientaux n'ont pas aboli ces traductions pour en substituer de nouvelles. Ils onl con» serve les premières, et en ont fait d'autres en langfie vulgaire pour l'usage particulier des chrétiens du pays, sans les introduire dans le service pid)lic, comme nous avons fait voir dans le tome précédent.

On peut donc reconnaître, par tout ce qui a été dit, la parfaite conformité de la doctrine et de la diseipline des églises d'Orient, en ce qui a rapport à la sainte Écriture, avec celle de l'Église catholique, et combien l'une et l'autre sont éloignées des opinions et de la pratique des proiestanls.

Us s'attacheront à un seul point, qui est que les Orientaux ont des versions de l'Écriture en langiie vulgaire, et qu'à Rome on les défend. Ussérius avait fait un traité sur cela, qui n'a paru que longtemps après sa mort, où il fait une longue énumération de toutes les versions, connue si quelqu'un pouvait nier qu'on n'ciit mis de loul temps l'Écriture sainte entre les mains des fidèles. Mais il s'est aussi grossicremenl trompé, en ce qu'il n'a pas marqué que la plupart de ces versions (ju'il allègue ne sont plus entendues -la peuple, et que néanmoins elles sont seules en usage dans le service public de toutes les églises d'Orient. De très-habiles théologiens ont tellement éclairci cette matière qui regarde les traductions de l'Écriture en langue vulgaire, qu'il serait inutile de prétendre la mieux traiter. Mais par rapport aux Orientaux, on peut répondre aux protestants par des luiis

tm

us. vin. COMMUiNlON SOUS LES DEUX

qui sont sans réplique. L'arabe est la langue qui est la plus répandue dans tout le Levant. Les papes ont été tellement éloignés d'ôlcr aux chrétiens orientaux réunis à l'Église romaine hx liberté de lire l'Éci iiure sainte en la langue vulgaire, qu'ils ont permis l'impression de ces traductions, et qu'ils en ont fait faire eux-mêmes. Les quatre Évangiles furent imprimés à Home en très-beaux caractères en i590. Le Psautier fut imprimé so:is les yeux de Paul V, par les soins de M. de Brèves, ambassadeur de France en 1614. On en a imprimé un au Mont-Liban avec le syriaque à côté en IGIO. Enfin la Congrégation de propagandà Fide ayant fait l'aire une nouvelle traduction arabe avec le latin, en quatre grands volumes, l'a publiée depuis quelques années. Le Psauîier éthiopien et le nouveau Tesiameni y avaient été imprimés de même, sans parler de diverses autres éditions de quelques parties de la Cible faites en d'autres langues. Ou ne peut donc dire sans calomnie que l'Église, ni même la cour de Rome, défendent aux Orientaux la lecture de la sainte Écriture en langue vulgaire, puisqu'elle leur »ael des traductions entre les mains.

Les Grecs n'ont pas le même secours ; car à moins qu'ils n'aient quel ;uc élude, ils n'entendent pr,s le grec littéral, et par consé(iuent ils ne peuvent lire 1 Écriture sainte, car il n'y en a aucune traduction parmi eux en grec vulgaire. Les Juifs en ont imprimé «ne du Penlateuque et du livré de Job, peiit-êire même de quelques autres que nous ne coimaissous pas. RLis elles sont en caractères hébreux, et inconnues aux Grecs, aussi bien que la version du nouveau Testament, imprimée à Genève par un Maxime de Galiipoli, que quehjue.->-ims ont confondu avec Maxinius Margunius, évêque de Cérigo. Cela fait connaître l'effronterie et l'imposture grossière de Cyrille Lucar, qui disait aux Hollandais, dans sa Confession, que l'É-

ESPÈGES; PRIÈRES POUR LES MORTS. lOSfl criture était claire par elle-même à toute sorte de personnes, lui qui savait que la moitié de son clergé ne l'entendait pas en grec, et les laïques sans lettres encore moins, puisqu'il n'y en avait pas de traduclicn vulgaire. Il se mof|uait donc de Léger et de ses aulrea confidents, quand il leur faisait une déclaration si notoirement fausse, puisqu'il est impossible que ceux qui n'entendent pas le texte puissent pénétrer les mystères profonds de l'Écriture.

Dans ce qui a été dit ci-dessus, il se trouvera de; choses différentes de ce que de savants criiiques oui écrit louchant la même matière. Mais nous n'avons rien dit dont nous n'ayons des preuves certaines, fondées sur un grand nombre de manuscrits. Wallon, qui a parlé des traductions syriaques, arabes et persiennes dans ses prolégomènes, de la Bible polyglotte d'Angleterre, n'a donné que des extraits de ceux qui en avaient écrit avant L'A, la plupart sans beaucoup de discernement. Car sur mie fausse traduction de M. Pocock, Wallon et plusieurs autres avec lui, ont distingué deux versions syriaques, l'une simple selon l'hébreu, et l'autre figurée selon le grec. C'est ce qu'Abulfiirage qu'il cite n'a jamais dit ; mais des dernières paroles, qui signifient que la première fut faite suivant l'opinion de quehiues-uns en faveur de Hiram, roi de Tyr, qu'on appelle Tsour en arabe, Pocock a lire ce faux sens, sur le(|uel d'autres ont établi cette version figurée. Il en est de même de plusieurs observations sur les versions arabes, comme entre autres celle du même Pocock, qui croit sur un passage mal entendu d'Abulféda que la Bible n'élait pas traduite en arabe de son temps, c'est- à dire avant l'an 134o. Mais on a plusieurs manuscrits beaucoup plus anciens que cette date. Nous pourrons dans Cii ouvrage à part donner des observations plus exactes sur cette matière.

LirJiE HiriTIEME.

DE DEUX POINTS DE DISCIPLINE FONDÉS SUR LA TRADITION , QUI SONT LA COMMUNION SOUS LES DEUX ESPÈCES, ET LA PRIÈRE POUR LES MORTS.

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