‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 307 sur 323 · LIV. IX. DES CANONS CONSERVES DANS LES EGLISES D'ORIENT · texte numérisé non relu

LIV. IX. DES CANONS CONSERVES DANS LES EGLISES D'ORIENT

cfir«îtiens el les Juifs, dont il n'est même parlé qu'en

termes généraux, il ne paruil pas qu'il ail connu aucune secle en particulier. Ce qu'en ont dit les anciens commentateurs esi fort peu exact; car plusieurs marquent que les chrétiens étaient divisés en 72 scclcs dilTérenles ; parce qui les catalogues des anciennes liérésies qui se trouvent en différents livres arabes, ont lait croire aux iMalioniéloiis qu'elles subsistaient toutes encore. Ce ne sont pas les seuls commentateurs de l'Alcoran, ni les compilateurs de leurs traditions qui çn ont jugé ainsi; Abulféda, prince de Ilama, nuleur plus sérieux, y a été trompé conmie les aiitr.'S, et il a cru enriciiir son lli^loire par un long désionibremcnt qu'il fait de toutes ces hérésies. Cepend.ml d'autres plus exacts ne sont pas tombés dans la même erreur; car le commenlaleur Persan, qui est un des meilleurs, marque précisément qu'on doit cnlendre l)ar les paroles de Mahomet les trois sectes des nielchiles, des nestoricns et des jacobites. Makrizi en a parlé de même, et avec plus de justesse, non pas que deux ou trois misérables auteurs dont Hollingcr cite des extraits, mais que llotlinger lui même, qui ne se souciait pas des auteurs qu'il citait, pourvu qu'il citât.

Ce qu'un autre plus habile el plus versé dans ces matières aurait pu remarquer, est que quand les Mahométans ont parlé plus supportablemenl des dogmes de la religion cluélienne, ce n'a été que selon l'opinion des nestoricns, avec lesquels ils avaient eu plus de commerce qu'avec les autres chrétiens. Ce n'est peut-être pas à cause de la familiarité que divers auteurs grecs et lutins supposent que Maiiomei eut avec le moine Sergius ou Béliira, comme il est appelé en arabe; mais parce qu'il y avait un nombre prodigieux de nestoricns dans les provinces conquises les premières par cet imposteur el ses successeurs; de sorte que durant plus de deux siècles, ils n'en connaissaient presque pas d'autres dans les pays où les califes faisaient leur résidence ; el les catholiques ou p.atriarchrs des nestoricns, ayant transporté leur siège à Bagdad, qui devint capitale de l'empire mahométan, eureit longtemps une entière autorité sur les mekhiies el sur les jacobites, aussi bie:i que sur ceux de leur secle.

On trouve entre autres choses assez souvent daj.s les auteurs maliomélans que Jésus-Clirisl était moulé au ciel, ou, comme parlent quelques autres, éliit devenu homme divin par ses projircs mérites, erreur capitale que les Grecs et les Latins ont marquée comme particulière aux nestoricns, et comme une suite de celle de Pelage. La comparaison dont ils se servent de Jésus-Christ avec les autres prophètes, quoiqu'ils le mettent dans un rang supérieur et plus excellent, et le terme d'inliabUalion ou de descente de la divinité sur lui, dont nousavoas parlé ailleurs, sont familiéies aux Mahomélans; el les nestoricns n'ont pas honte de se servir de témoignages de l'Aleoran pour appuyer leur opinion. Voilà ce que ni llottingcr ni les autres n'ont remarçiué, qui est iicauraoms la sjule observatioa

unportanle qii on peui lirer des Mahomélans, puisqu'elle est répandue dans la plupart de leurs auteurs, particulièrement dans les mystiques. Pour ce qui regarde l'histoire de rÉglise, il n'y a qu'à voir ce qui est dit dans l'Alcoran, el dans les iradilionnaircs sur l'Iiisloire des sept Dormeurs, do S. Georges, ou de quelques autres, el on sera convaincu que ces premiers Mahomélans étaient les hommes du monde h.>s plus ignorants sur celle matière, aussi bien que sur toutes les autres qui ont rapport aux lettres. Ce défaut est si général, qu'il s'étend même à ceux qui ont écrit plusieurs siècles après; puisque les meilleurs historiens ne rapi:orteiil que des fables el des extravagances sur tout ce qui |)récèJe le maliomélismc.

Enfin il n'y a qu'à examiner tout ce qu'a écrit llotlinger, pour recoimaîire sa léinérilé à parler de ce qu'il ne savait pas. Quand il aurait eu toutes les qualités qu'il n'avait pas, c'est-à-dire de la sincérité, de la critique judicieuse, de la pénétration, el un certain esprit sans lequel la grande leclure ne produit que de la confusion, cela ne lui eût servi de rien, puisqu'il ne connaissait pas les livres. De plus savants que lu', comme Golius et Pocock, n'ont rien écrit sur celle môme matière, el on ne peut pas savoir si c'était par négligence qu'ils ne l'ont pas fait, ayant tant travail.c sur ces langues, et avec beaucoup d'utilité pour le public; ou si c'était qu'ils comprenaient fort bien qu'il était impossible de prouver que les Orientaux s'accordassent sur les principaux points de la religion avec les proleslanls. 11 était diflicilo néanmoins qu'ils n'eussent vu plusieurs livres de ces cliiéliens, puisqu'on voit que Pocock avait eu les commentaires do Barsalibi sur TÉcriiure sainte , el d'autres livres marqués dans les catalogues des bibliolhè pies d'Anglelerre, qui suffisaient pour éelaircir la question. Golius, parmi ceux qu'il apporta du Levant, en avait plusieurs de ceux que nous citons. Mais il y a beaucoup d'apparence que la curiosité de ces savants hommes fut médiocre sur ce qui regardait les matières de religion, puisqu'il est assez étonnant que Golius dans son Dictionnaire arabe, quoique fort ample, ne fasse presque aucune mention des termes théulogiques, n. de l'usage ecclésiastique; ce qui fait juger qu'il avait peu lu les livres où ils sont employés.

11 n'est pas nécessaire de parler de quebpies auires écrivains protestants, qui, sans aucune capacité, ont voulu parler de celle matière. C'est, par exemple , seloii MuUer, un fort argument contre les catholiques, que dans l'inscription chinoise el syriaque qu'il a voulu interpréter el commenter, il n'est pas parlé da la transsubstantiation. On voudrait bien qu'il nous cûl appris comment ce terme ihéologique était exprimé eu langue chinoise qu'il se piquail d'entendre, quitiqu'on reconnaisse qu'il n'avait pas entendu le syri. que de celle iuscriplion. Ce n'était pas là un lieu propre à mettre une exposition de foi détaillée; mais s'il avait lu des livres nesloriens, il aurait trouvé tpi'Élie-le-Calholique enseigne le changement de substance. Enllu ce savanl auteur ne produit aucun pas-

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sage, sinon ceux qu'il a lus dans la China iUuslrala, QUI lui sont contraires, el auxquels il promet de répondre. On ne sait pas s'il l'a fail , car il y a sujet d'en douier ; mais on peut assurer, sans aucun doute, qtiG s'il l'a entrepris il n'y a pas réussi. Car que pouv:iit-oii attendre d'un homme qui n'a pas découvert la moindre chose qui pût cclaircir cette inscription , el qui a a^loplé avec cioge les interprétations fausses cl absurdes qu'on en avait données avant lui?

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