V REMARQUE
pour convaincre toutes les personnes inlclligenles tj'ie les deux premiers chapitres du premier livi e de M. Claude ne sont que des discours en l'air, il n'y a <]u"à marquer précisément les reproches qu'on lui a faits, et dont il a tâché de se justifier.
Il est vrai , conmie il le dit fort bien , que chacun prui faire de pari et d'autre des supiwsilioiis , et qu'il y eti a que l'on fait pour terminer le di/J'érend, et d'autres pour le régler.
Un a aussi reccmnu que le livre d'Auberlin n'ayant pas élé réfuté direclcnfenl par l'auteur de la Per|>étuité, il était en droit d'en employer et den supposer tes preuves, et d'en former cet argument : Auberlin a prouté que le changement était effectivement arrivé : donc il est possible. Ce n'est point lu de quoi l'on s'est phiiiit, et ce qu'on a blâmé dans M. Claude.
Mais ce qu'on luia rcpioché.c'esuravoirfail d'al»ord, dans son premier cha|iiire, une double supposition <|ui ne tend point du tout à régler le dllférond , mais qui tend à le décider , et à s'exempter de répondre;; car il n'y supi)0Se point sa propre opinion et l'imprt'ssidii ([u'il a du livre d'Auberlin , mais il y liansriiine rinipression (pie le livre d'Auberlin a faite sur bien u .v. impression publique et générale.
S'il nous avait dit simplement : Je crois que le livre d'Auberlin a remporté une belle victoire : Je suppose (|«e les raisonnements du livre de la Perpétuité sont Viiinset frivoles, on ne l'aurait point troublé dans la jouissance bbre de son droit de supposition ; et on lui aiMiiit demandé sunplemenl (pi'il répondit .à ccsraisonnenuMiis frivoles , en s'obligcanl de sa part à répondre à s<!S preuves vicioiieuses. Mais il est bien éloigné d';igir de la sorte. Il nous fait une liisloire de ses unaginations, cl veut porter par là tout le monde à en juger comme lui. Il nous débile liistoriciuement tt connue des (aits non conleslés, qu' Aubcrtin a remporté une belle victoire sur l'école de Rome , qu^il a fait *oir à toute la terre le changement que l'Eglise romaine a fait, et que cependant on ne lui oppose que des raiaonnemenls et des conjectures imaginaires.
Cest à cette rbéiori(iuequ'on s'est opposé, parce que ces discours ne pouvaient passer pour de simples suppositions du senliiiient particulier de M. Claude; mais qu'ils avaient l'air et le caractère de décisions ou de suppositions de l'opinion publique, qui ne sont pas de bui.'.ie griicc tlans le commenceuicnl d'un livre où o;i
1'. DE LA F. III
n'a pas droit de prétendre que tout le nioude soit de notre sentiment.
Que si M. Claude les veut maintenant réduire aux termes de simples suppositions de son opinion particulière, on le priera de les exprimer d'une autre manière , et alors on lui donnera toute la liberté (|u'il pourra désirer de faire des supjwsitions, pourvu qu'il n'( n conclue rien de précis , cl qu'il s'en serve seulement, comme il dit. pour régler la forme de la dispute. Nous voilà donc d'accord sur ce point, et il n'était pas be-oin de tant de discours. Il ne fallait que dire tout d'un coup qu'il s'était exprimé trop lièremcnt , et qu'il voulait maintenant se réduire à la raison.
Vil" REMARQUE.^
Tout ce qu'il répond de mêim» sur la plainte rju'oii a faiie de ce qtiM avait dit qu'on .-^ail at(a(pié indireclement Auberîin , n'est qu'une pure question de mots sous laquelle il tâche de se couvrir. Un attaque iH) livre en deux manières. Tune quand on entreprend expressément de réfuter tout un ouvrage, «lu'on en fail profession et qu'on se vante de l'avoir faii; l'autre quand on n'en réfute que quelque partie, et (|u'on ne le fait qu'en passant , el en traitant une matière (|ui donne lieu d'exauïincr ce (jue cet auteur en dit, sans prétendre |Oin-cela réfuter tout son ouvrage. La preudère m -.nière engage à examiner toutes ses preuves; la sectinde n'y engage point, et ce n'est •in'à ceux qid le fout en la première manière qu'on P'til reprocher qu'ils adaquent cet auteur d'une manière indirecte, ou qu'ils ne ré|'Oiidcnl pas à tontes 6CS pn «ves.
Ainsi iM. Claude en reprochant à l'auteur de la Purpétiiité qu'd avait attaque Aubertin d'mie manièic inlirccte cl peu conforme à l'estime qu'il avait acquise, et qu'il n'avait pas satisfait aux preuves de lait doiit ce livre est rcm|)li, donnait l'idée (|n'il avait voulu làire passer son livre pour uneréfutaiion pleine et entière d^Anbcrtin , ce qui est une fausseté notoire.
Mais si M. Claude prétend qu'encore que l'on n'attaque un auteur qu'en pissant el en irailanl une autre matière , ou est obligé de répondre à tout son livre-, il n'y a qu'à lui dire que c'est un paradoxe démenti par la pialiiine de tous ceux qui ont écrit jusrpf ici , aucun ne s'étant cru obligé à l'observalion de ceile loi cliimériqiic Et c'est en vain (ju'il allègue que riiisloiie du cii.mgemenl (|ue l'on réfuie est appuyée sur toutes les (ireuves de fait qu'Aulierlin avait rap lortées dans ses deux livres précédents. Car il suffit que rargumenl qu'on enq)loie soit indépendant de ces deux livres, et (pi'im le puisse comprendre sans cet examen. Ainsi , quoique le livre d'Aubcrtiu tire sa force des passages (|ui sont contenus dans ses deux premiers livres , il est très-permis néanmoins de le réfuter sans examiner ces passages, en établissant siinplcmcnl, par exemple, l'autorité de l'Kglisc, l'inf lillibililé des conciles, le crime du schisme tlont les calvinistes sont coupables, l'impossibiliié du cliaiigenienl, parce que tous tes moyens sont indépcndanls de l'examen de ces passages, et ne laissent pas de conclure que les calvinistes les entendent mal.
lùilin ce sont de pures chicaneries (jue tout ce que M. Claude, pour préférer la méibode d'Anbertin à celle de l'auteur de la Pcrpéiiiiié, dit de ces voies directes ou indirectes , médiates on immcdiales , de prouver les cl.oses; el il ne faut pour le convaincre de l'iniitiliiéde tous ces discours, (pie lui alléguer ce qu'il dit lui nicinc, que les arguments indirects concluent quelquefois avec autant d'évidence que les directs. Ur nous n";ivons intcrêl que de connaître la vérité avec évidence, et par conséquent si l'argument de la Perpétuité fait cet effet, il est ridicule de le vouloir rejeter par ces considënitions étrangères.