Chapitre V
Réfutation d\tn endroit du premier livre de M. Claude
oui est d'une très-pcruicicuse conséquence
Je n'cxaiuiiicrai ici que (luel jues eiulioiis pcrti [Qualricuie.]
RÉPONSE GÉNÉRALE AU NOUVEAU L!VRE DE M CF^AUDE
cnlicrs de ces chripilms; pnrcc que loiilc celle lonçrne oonipniftisoM fiu'il f:iil (les pn-nves de fail avec K'S prouves de riiisonneinenl esl déjà dclmile par la remarque que noMs avoiis faile dans le premier livre , que <•(! tpril y a de l'ais'.iimemeiil dans Targumcnl du liailc de la l'erpéluilé clanl arcor<lc pur ftl. Clindc, il se rcduil i!ni(|ncinei;l à nn fail qn<i l'on vérifie [>ar les nicmes voi<'s que tons les auires lails hislorirfjues. Ainsi je ne préicnds que proposer ici quel(|ucs «■xcuiples de la immicre dont il raisoime. En voici lin qui p:iraîlra forl extraordinaire à ceux qui le considéicronl de près, el que je rapporterai d'abord d uis les propres lornies do M. Claude.
VIll' r.rsiAr.QrE — Paroles (k M. Claude, p. 55.
3e dis dune (pie sur ces foudemculs 7wus avous droit de préwiidreque uns ])re}tves de f(dt soient de l'évidence des yeux et de celle du sens commun. Cor nous voyons les passages des Pères qui parlent de l'Eucharistie. Nos yeux les liseul. C'est leur oljet . et noire sens commun en juge, c'est aussi le sien. Mais ils n'y trouvent précisément aucun de ces articles qui forment la créance de l'Eglise rnnniine ni en termes exprès, ni en termes équivalents. Nous souDces d'accord de ce que ces articles portew et de ce qu'ils veulent dire. Nous sommes aussi d'accord du lieu où il les fauilrail trouver, en cas que l'Eglise ancienne les eût enseiiiués. Nous savons d'ailleurs ijuc c'est à nos yeux et à notre sens commun à les chercher , cl à juger s'ils y sont ou s'ils Ji'y sont pi. s. Car cjuaud vue (g'ise les croit et les enseigne, elle les cff.piuiue assez distinctement pour les faire entendre, et il ne faut pas s'imaginer (ju'ils y soient ensevelis dans tles }irincipes éloignés , ou couchés en termes équivoques qui laissent l'esprit en suspens , ou qu'ils soient envclip ■ l'es dans des énigmes d'oit en ne les puisse tirer que par wie forte méditation. S'ils y sont, ils y doivent être dûrement selon la mesure et lu capacité de l'intelligence ordinaire el populaire , parce que ce sont des mystères populaires. Cependant quand nousies y cherchons, nous ve loti y voyons }>as purailre : s'ils y étaient en termes formels , nos yeux les y découvriraient ; s'ils y étaient en termes équiv^deuts , eu qu'ils s'en tirassent par des conséquences év dénies cl nécessaires, notre sens commun les y connai rail. Mais après avoir fait une rc^ cherche exacte par tontes sortes de voies, les yeux el le feus commun nous déclarent qu'ils n'y sont en aucune de ces nuinicr s. (j'esl une preuve de fail uégalive, mais elle est de lu dernière évuleuce el de la diirnière certitude.
On a déjà rapporté nne p:ulic de ccl endroit dans l:i préface du livre des l'réjugés; mais j':d -cru le devoir produire ici plus au loiig afin qu'on ail lien d'y J'.iirc plus de réllixinn, cl que l'on pui^iso juger par là (ii.cl CM! on doil faire de l'assurance fondée sur le seiis commun de M. (lande, jinisqu'il Itn fail prendre pour une preuve de la dernière évidence cl de la dernière cerli.ude un discours qui esl de la dernière laiissclé.
Que vcul dire M. Claude quand , en séparant les yeux du sens commun, il soiilienl (jue les ye>ix découvrent les arlielcs de foi qui sont exprimés en lerlucs formels , cl (pi'il aliribne an sens connimri de découvrir ceux qui ne sont exprimés qu'en termes éqnivalenls? Car je ne crois pas que les yeux découvrent autre clio^e dans les livres <iue des Irails qui forment les caractci es, ni que les yeux du plus savant homme du moi.dc y voient davant;!ge que ceux des pins ignorants et des plus slupidcs. Un Cannibale et un Iroquoisy voient tout ani;int (pie M.Claude, parce qu'il n'y \oii non |)lus (pi'eux quo du blanc et du noir. 3e ne vois pas non plus ponniuoi il soustrait aux yeux les articles exprimés eu termes équivalent^. Car ils voient de même les caractères qui les siguilicint; mais le rapport que les caractères qid marquent les uns et les autres ont avec ccrl;iins sous, et celui (pu^ ces sons >inl ?vi-c CCI laines iiléiS, ne se \oi! point du lo;il par
les yeux. Cependant c'est dans ces idées que consiste l'anicle de foi.
De plus, comme les <-ons ne sont point tellement allaeliés à certaines idées (|ue l'esprit ne les aiipliipio souvent à d'autres idées voisines on senddables par div(Mses métaphores, est-ce p:ir les yeux (pie l'on jugera an\(pie.lles de ces idées il faut appliquer ces sous destinés à signilier les vérités de la foi, el n'a-t-oii pas besoin souvent d'un grand nombre de raisonnemenis on pour cxehn-e le sens propre, ou poin- y arrêter l'esprit?
Il serait bon aussi que M. Claude nous eût expliqué ce (pi'il euicnd en ce lieu par h; sens commun. Car si c'est la même cliose que le raisounenuMit , coniuK^ul peul-il préférer les preuves sur les(pielles il piétend que sa docirine esl appuyée à celles (ju'il a|>pelle de raisonnement, par cette raison qu'elles sont fondées sur le sens commun.
Que si par ce préiendn sens commun il entend une intelligence de la vérité plus sûre, plus pron;pte el plus vive que celle (\m naît du Misonuement , il y a deux illusions considérables dans son discom-s.
La iiremière esl en ce qu'il dit que le sens commun lui déclare que les ariicles de la foi romaine ne sont point d.sns les Pèics. Car il avance en cela la chose du monde la plus hors d'apparence cl la plus déraisonnable, si par les mots de sens commun il cnleod cette lumière vive et j rcinpic qui prévient h raisonnement.
Je n'ai qu'à lui demander, paur l'en coivaincre , si lors;ueS. Cyrille de Jérusalem dit (caîecli. 4-) que le pain qui paraît n'est pas du pain , quoique le goùl le juge tel , mais le corps de Jé.^us-Clirisi , il découvre par une lundère vivo cl pronqiti; (pii prévient le raisonneuîent, qu'il n'enteml p.'.s que ce s )il le corps de Jé^us Christ , mais un pain sanctilié;
Si (piand S. Cyrille d'.Mexandrie {.UlqueJésus-Clirisl entre en nos corps , s'insinue dans nous , qu'il est reçu: dans nous par son corps, par sa chair, par sa propre chair (1), il coiçoit tout d'un coup et s;ins avuir besoin de rais(mner. qu'il n'entend painl |iar là le corpa cl la chair propre de Jésus-Chrisi , mais une cet tain J vertu séjtarée ;
Si (piand saint Giégoire de Nyssc nous assure que le corps immortel de Jésus-Christ est reçu dans nos entrailles {i) , il coi çoit sans ju-ineel pa»" mie iutelligence pareille à celle (huit on pénètre les i)reiniers piin(ii>es, qu'il n'enteml pas parler du corps immorlei de Jésus-Clirisl, maii seuieii:cnt de rimpre>sioii de sa vertu.
J'en pourrais rapparier cen; exemples semb'ables pour nuviirer (pTil n'y eut jamais de déclaration plu^ téméraire (pie celle (;ue M. Claude f.iil faire à son prétendu sens commun. Mais '}o. ne crois i)as en avoir besoin , parce (ni'il est à croire que c'est nn discours qui lui e>t ciliippé sans réflexion, cl qu'il ne s'o;iiiiiàl:era p;is à le soutenir.
La sonde illu'-i m est (pie quand M. Claude poar r(l.;\er 11 ceiti iule des |>riMi\es (pi'il prétend tirer des Pères p lursa doctii.e au dessus des preuves de raisonuemeni, les appelle des preuves de sens c un mnn , il laut (,n'il ait oiihl é ce qu'il dit en un autre lien ( |)ag. 57j, qii'tl avoue que la voie de chercher In vérité de l'Eucharistie par la doctrine des Pères , esl d'elle même une voie indirecte , rbliquc , sujette à de grandes longueurs , et oii il y a de l'illusion el de l'égarem ni à eriiindre ; qu'il ne nie pas encore que si dans l'examen que l'un fini de ces passages à part, on proteste de n'y trouver aucune obscurité, il faut prendu ces protesiations pour des bravades : mids que cela n'empêche pas que le jugement général qu'on duit faire de la créance des Pères touchant l' Eucharistie , et qui résulte d'une considération exacte des preuves rapportées de part cl d'autre , ne soit évident cl certain en noire /u-
(I) s.c.y.ill, coui. N(\si. li;*. j, eliu Joaii. i'I) cia.-.Koeh.c. 37.
jvni: SECONH.
venr. Car par là M. Claiitlft rccnniiaît qu'avant n'ilo cniiDaraisiiii dos preuves i!c pari cl ti'.iUlic , il u) a poiiil (1 évidence ni de ccrlilude dans les jugements »Hie les calvinistes fornienl sur rexanieii des passâmes parlicnlieis. Or il n'y eut jamais d'évidence qui niëlilàt nidinsd'éire appelée une évidence de sens coniinnn en la dislingnanl de celle du raisonnement , (pie celle qni est lo'ndée sur la coniparaisnn de tant de diverses preuves, de tant de divers raisonnonienls , et on! a b(!Soin d'iuie applicaiinn d'espril si vasie cl si eiendue ponr conipicn<lre tmi de cliosrs tout à la fois cl également, afin que l'esprit se puisse assurer que la préférence qu'il donne à un parti an-des-us de Paniro, ne vient |)oinl de ce (pTil s'est appliqué plus ronenienl anx raisons sur lesquelles il csi appuyé, et (piM a négligé celles de l'aulre. El tant s'en lanl(|u'(in puisse donnera ces jugements, dans lesquels on compare lani de choses, le premier degré de la cerliliide humaine, comme M. Claude a voulu faire sans y avoir hien pensé , qu'il n'y en a point au contraire qui soil capable d'un moindre dcgié de cenitnde , parce qu'il n'y en a point où il soit plus facile de sc- Llouir.
Mais ce ne >ont pas encore là les principaux défauts tte cet cndr it de M. Claude, que nous exairiniiis ici. Il y en a un autre d'une consécpience licuiconp plus grande , el sur lequel C(Mix de son parti n'ont pas moins d'intéiêt que nous de lui demander éilairtissement.
Car que veul-il dire quand il nous assure que si les articles de la créance romaine éinient dans les écrits des Pères , ils y devraient cire clairemenl, cl scion lu mesure et ta capacité de CinleUitjence ordinaire , et que cependant quand les calvinistes les y clicrclicnt, ils ns les y voient pas paraître? Es -ce (pi'il prétend que les articles de la foi doivent cire si clairemenl ou dans rEcritiire ou dans les Pères, que tous les esprits des hommes préoccupés ou non préoccupés les y doivent \x)ir, en sorte que les préjugés elles passionsne soient capables de les cacliiT à personne? Ou bien esl-ce qu'on avouant qu'il suftil qu'ils y parai-senl clairement exprimés aux personnes inlelligeules, sincères el non prévenues , il veut nous obliger de reconnaître que tous les calvinistes sont dans celte disjiosilion, et qu'ils sont exempts des préjugés qui peuvent c-acliei- les vérités claires?
Si c'est en celle seconde manière qu'il l'entenil, et si siiu arginnenl suppose cet élra:ige principe, que Ions les calvinistes sont exem|Hs de tous les défuus qui |)euveni cmpèclier l'esprii de voir des ventés évidentes en elles-mêmes, el (|u'ainsi on doit conclure qm; ce qu'ils ne voient pis n'e>t pas ; y eut il jnmais un pareil égarement d'esprit que d'appeler celte preuve une preuve de la dernière évideace et de la dcroiérc certitude , puisqu'il est diflicile de seii imai;iner une plus absurde ?
Ceiieudant s'il ne s'explique de cette sorte , je ne vo's pas (ju'il |iuisse se jus:ifier d'avoir avaiuédans cet Ciidiipii le même principe pour l-qm-l ceux de sa société (uil depuis peu déposé un de leurs plus lia- J)des ministres , el qui lend à exclure la Trinité, l'iucarnalion, le péché originel, du nombre des arii<l. s lie foi , cl à réunir dans une même eoumumion les sociniens, les ariens, les anaiiaplisles, les nesloricns et presipie tous les iiéréiiques qui sont et (pii ont été, et à condamner de schisme tous les coudes el tous les Pères ipii les en ont retranchés. Car s'il est nécessaire, aliu iju'un di.gme soit recomui p unarlicle de foi , qu'd soit si clairement exprimé dans h règle de la loi, qui; le sens comuniu de Ions les boni • mes |iréocen[!és ou non juéoccupésly voient, voilà tous les héréliqucsabsous, pu;squ"ilsn'oulqu'à dire, cmuiue ils l'ont, que leur sens conunnn ne découvre point <l.uis l'Ecriture les dogmes qu'on leur veul faire avouer. Et ils auront n:ême raison de le dire, puisqu'il est cgaleuiei.l vrai et (pi'ils n'y découvrent [)oinl en effel ces dogmes, Cl (pi'dsorvi tnr'. de ne les y pas découvrir. En un ni^ii,
ou il n'e\igedans les articles de foi qu'une évidence proiiorli(Mmée aux esprits sincères el bien d sposésL, et en ce cas son argument n'esl pas raisonnable, puisqu'il suppose que les calvinistes soient dansccltedis, position : ou il en demande une telle que personne n'en puisse douter, <!l en ce sens cet argument contiendrait une impiété (pii renverse toute la religion.
M. Claude a d'autant plus d'inléièl d'éclaircir le monde sur ce point, (]ue M d'IIiiisseau, quia éié condamné depuis peu à SimnurMir celle suppo>itioii ([u'il ne reconnaissait pour articles de foi que ceux ipii élaient reçus sans conlevialion p.ir tdns les thrélicns, a lait voir qu'il n'avait rien avancé dans sou livre de la Réunion du christianisnie qui ne lût confornm à la docirinc de plusieurs mini, 1res et que l'on a fait voir de plus que les semences el les principes de celte docirine sont coiilenus encore dans un autre cndroii important de son premier livre, qui est réfuté dans le livre des Préjugés , pag. 581. Ce n'est pas que je l'accuse préeisémeul de ccîte impiéié Je sais que les esprits les plus subtils sont sujets à s'éblouir, cl qu'il n'est (las juste d'imputer aux auteurs liiules les conséquences que l'on lire le plus direclemenl de leurs paroles ; je prétends seulement qu'il ne saurait exempter ce raisoiinemenl qu'il ap pelle de la dernière évidence et de la dernière certitude^ ou de celte impiété que je veux croire ([u'il cond.imne, ou de l'absurdité que j'y :ii remaniuéc.
Chm'iti^e VI.
Uéfnl'.tion des misons par lesquelles M. C'aude prétend prouver (pie l'on ne peut rien conclure de certain par le qenre d'arijument dont on ou s'est servi dans la Perpétuité.
IX' RrM.vr.QtJE. — Paroles de M. Claude.
« Nous sommes affermis dans cette pen ée, Iorsf;ue n^uis considérons de quel ordre sont ces raisonne nieiits de l'auteur de la Perpétuité. Car c ne .so.it pas des démonsiraiions qni coin ain(|uenl l'esisrii, lui qni aient nue fu-ce égale à celle (pie nous trouvons dans nos preuves ; ce ne Sunl huit au plus que des vraisiMublauces. Ce sont des impossibilités morales qu'il trouve dans le changement ipie nous siqiposons, comme qu'il ne serait |)as possible (pie bîs évèqin^s, les religieux el les peuples ne se fussent élevés contre les iiinovaleiirs, ni (jn'avec une si grande contrariéié de s enlimenls on lût demeuré en paix dans une incuie communion, et quelques autres choses de mène nature, (|iii ne sont ni établies sur des principes certains, ni par des conséquences inconlestaiiles. En général il est assez malaisé de déterminer quels sont les événements impossibles, si vous en exceptez ceux où il y a une contradiction formelle. Car les causes ou les principes des choses sont reculés de nous , mous ne les connaissons guère (pie par lurs cfl'eis, d b t elfets ne nous en monlrenl pas toujours to<it le f nd , pour pouvoir dire au juste : (^ela se peut , celi ne se pcMil.Li'S impossibilités morales S'Uit le plus souvent douteuses, mais surtout celles qu'on établit sur les inclinations des pcu|>Icsdonl la conduite est quelquefois fort bizarre, et où il y a si peu (roniformilé el tant (le dépendance des circoiislauecs particulières, qu'o i n'en saurait faire (jue des règles Irès-iiiccrlaines. Si railleur de la Perpétuité nous eût fait voir que lu chaiigemeiil (huit il s'agit impli(pie conlradiclKui , (ju'il résiste à la nature {\c^ choses, qu'il s'ensuit évidemment des absurdilés insiiiqioilables à l;i droiie raison, nous eussiousevaininésesaigiiuienlssansiiisisler sur la méthode. Mais de nous allégiiei ce ipi'. nsseut (lit les évcqiies , les religieux et les peiijilc , ci; ne peut cire tout au plus (pie d( s conjclures et des conjectures même iorl douteuses, car il n'est p.is l'arbilic detoiilcs les actiiuis buniain s, ni n ; c >: nait tous leurs principes el tontes leurs diHerenciS, ni ne voit toutes les causes qui concoiircnl aiiv giaiids acci dénis, ou toutes (elles qui les cmpochciil d'arriver, i
ni^.poNsn cÉNi-n \LH au noiykau livre de m. CLAror.
Ri;roNSF..
Coinii'.c r;irgiimnil i>ic(éil(>iil que \w
nvdiis examine cohIk-. l lu pr iici| :>lo raison par la^iKlIo M. CInmIo rol^îvc la mé.hoilc d'Anl) rlm, le discours (pi'il lail ici coiilic! l ce qu'il a jugé de j>liis pl:msilile pour ral)ai>scr cillc d.' la I*ci)'Cluil6: ainsi, ou le ôiiirnis;.nl on de ruil lonl le l'oiidrnicnl de son picni cr
C'osl ce (pii n'esl pas dif(i(il(\ pins |n d n y a qii a reniaKpi.r comme nous avons déjà fail : 1° Que M. Claude n'a osé conteslcr ce qn'd y a de |»ur raisonnemcnl dans rargmncnl de 1 1 rcrpétuilc, qui est que sniiposc ()ne lonles les comnmmons s(!p;iices de l'Eglise loinaine se soient trouvées mues avec elle, dans le onzième siècU-, dans la créance de la présence réelle, (Cite doctrine n'a pu s'claldii' dans loulcs ces connnunions par un cliangenuMil universel d\; créance qui se soit l'ail depuis Paschasc jns(|ii'à Bérenger ; 2° (pi'd ne s'agit pas si l'ar^nmeiU de la Periiéiuilé est hou ou mauvais, mais si on le di^il vcieler par la nature même de l'argumcnl : ("esl-àdiio s'il est d'un certain geme dans lecpul on ne puiserien conclm-e de certain. C'est ce (pie M. (lande piéieiid . et c'est ce qu'il détruit lni-n;cme par des niodificalions qu'il apporte à sa proposiiion. Les iinpossibiliiés utomles, dit-il, soûl L-. plus souvent douleascs. Elles sont donc aussi quelquefois certaines. Or qui lui a dit que celles sur lesi]nellrs on selondc d.ius te livre ne soien! pas du nombre des certaines? Il y en a (;ui le f-onl par son aveu même. On piciend (|ue ccllcs-là le sont. Il ne saurait donc en empêcher l'examen. Maisclles so)i/, dilil, (oudéen sur Us inclinations des pcujlis qui sont biznrres el déréglées. On lép.nd (ju'il y a nulle laits certains qui ne sont loudés que sur ces inclinations bizarres el dérc^g'ées , it inca.c que tomes les liisloaes et tous les laits sont minpiemenl lonJos sur l'assurauee qu(! nousavoDS (jue les iiommes ne sont point assez hizures pour conspiii'i- u.u.-. d; iH (pielviue dessein exeessiven^ent cxiravagaut.
Car M on i cuvait snp;io?er, par exemple, (|u d y a cent ans que tous les |!eiiides ci-nvinreiil de c;icner à la poslérilé l:i vérité des choses p.isées, cl de l'aire des romans de tous les temps pré< édents, <le s'accorder tous d:tn> ces l'omaas , c nmie d.uis des liistoiies véiita les, d"al;rihiier rau-.senieni de-- ouvrage.^ à divcises personnes (;ui auraient été marquées dans ces romans, cl de ne déilarcrà aucun de ItMir poslérilé celte étrange lourberie ; voilà l'antorilé de Ions le.-% livres et de loiites les bisloires dé. mite. Mais ce <|ui l'ail qu'i lie ne l'est pas, c'est que nous sommes assolés ip.c les liommes ne sont pas caiiables d'un si é range dessein.
il n'est pas même besoin de faire des snpposilioiis si evcessives , il y en a mille auiies plus laclles en apparence, et dont nous savons néusmoins irês-assnlérjcnl la fausseté par la scuie péiiéliatioii (jue nous avons des incliualions des hommes. Qui est ce ([ui no cioil savoir liès-assnrémeiil (p:e la ville de Itomc n'esl pas aliiméo depuis trois ans? que Marseille n'a point élc prise l'.-.niiée passée par les Turcs? ;pi'il ne b'esl point d imé de liauiilli; en Eranee depuis trois mois , où il soii péri deux cent mille hommes loin à la foi> ? (pie le lui d'AngU^leire c>l rétabli? qu'il y a nin! île (pli s'ap, elle la M;iri;ni(pic. Cepen oanl si l'on pouvait supposer seiilcmentdans cimpianie nnll.; ou ci nt mille liommes le dessein bizarre de cacher ces choses, ou de faire croire des ni'iisonges s;.ns aucun intérêt apparent, rien de tout cela ne serait certain à ceux (pii ne savent ces choses que par ouï-dire.
Ces faits Cl mille autres de cotte nature ne sont certains qua parce (pic la bizarrerie des hommes a des bornes, el que si on ne les connaii pas au juste, on connaii au moinà ircs-cerlaiiiemeui (pi'il y a des «•\( (>s où elle ne si! peut porter, ( o.iime on m; saurait |Hîuî-éiro a;si^-;ner préiiscmcnt le momcnl où le
jour cnmineme el relui où il linil, mais l'on assigne |)arl'aitemciil un temps où il fait jour, cl un autre où il fait nuit.
Toiilcs CCS considcralioîis générales que M. Claude fait sur la nalure des preuves de raisonnemenl s/uit donc absolument inniiles, cl elles sont d'ant.int plus illusoires dans la bonch^ di» M. Claude, «jihî l'on a déjà fait voir (pie quand i\ .1 été question de !e» evamiiKM-, il n'a point trouvé d'autre expédient qu(i de s'y rendre, en se réduisant à contester sur le fait même.
X* PEMARQrK. — Paroles de M. Claude.
I !l est vrai que la ( ei tilude des faits déiicnd du raisonnement. Car nous n'en croyons les témoins qiio
Rarec (|iic la raisuii nous dicle (|u'il les faut croi'.e. éanmoiiis les juenves ])ar témoins ne laissent pas d'elle d'ordinaire plus fortes à l'égard du fail (|u*cll(S prouvent, (iiic 1.; laisonnea.ent app!i(pié sur le même fait ; el ce(ini les distingue est non leur i;oiire siin|)lemenl, mais la matière ou le sujelamiuel elles sont aj)p.!i(|iiées, pui^qllele risisomieiiu'nt est plus jusliuît plus ceriain,(piaiidi!él:iblitlalidélilédeslénioins,(pie(piand il veut décider le fait même, d'où il s'ensuit que le ICnioignag(! autorisé parmi raisonnement |ilus fort, doit eue préféré à un aulrc raisonnement pins faible. »
M. Claude piélCiul déîriiire par là ce qu'on avait dil, que les preii\(;s de fail se roduiso.il ti nies à des preuv(\s (le raisonnement, cl c|iraiii>i on n'a pas droit de rejeter siniplemenl une i renve p:iree (pri'lie est d<! raisonnemenl ; el il le fail j-.ar deux manières de raisonner (pii lui sont proj'res . cl (ini n'avaient éié jusqu'ici d'aucun iisuge (i ms les disputes.
La première est (ht lircr des conclusions précis(*s de propositions particulières , el qu'il reconnaii élro fausses en général.
Les preuves pur témoins , dil i! , sont (/'onDi.N.vinE ;)//(.s fortes à l'égard du fuit (ju elles proureitl , que. le ynisonncnient appliqué sur le même fail. Mais si ceU n'arrive (pie pour l'ordinaire, ('oinmenl cominî-il (pie cela a liiui cerlainemeni dans !e cas dont il s'a;4il? Qui lui a dit (pie nous ne sommes poiol dans ce cas moins ordinaire, où le raisonnemenl sur le fail même est plus loii ou aussi Hul que celui qui prouve l.i hdclilé des témoins?
La seconde est de réduire en maxime cl en axiome sa prétention même, alin (h; s'exempicr delà nécessiié de la prouver. C'e>l ce qu'il fail quand il nous déclare ave.' ;iu:orité (pu; le raisonnement est plus juste et plus ceilain quand i! élablit la (idélilé, des témoins, (pie ipiaiid il vent décider le fait même. Or c'e^l ce (pi'on lui nie piéeiséunînl, ipiand c'est un raisonnement d(! même genre. Car si la | é.:éiralioii de l'esprit hum;iin nous peut faire juger avec cerli-. tilde que des témoins i e sont pas cajjabl-s d'avoir inventé un l'ait faux dans telles et telles circonstances, cette inênie icnétialion de resjirit humain nous peut l'aire juger avec nm; éyale certitude (jue ccriains laits sont absolument faux.
On sait par exemple Irès-cerlainemenl qu'il est très-faux que les Turcs aicnl lail une d. scente à .Marseille l'année dernière, et que les g(>nlilsliommes et les conniune^ de rrovince aient défaii leur armée en balaille rangée, parce (lue l'on connaft assez l'espnl hmmiin |)Our .iiig(M- (pi'il esl impossible que s'ils (lissent lail nm; si belle action, ils n'en eussent jias répandu le bruit p;!r toute l'Europe , cl ipi'ils ens^cnt tous (onspiié à se |iri\er de la gloire qu'ils auraient méritée. Voilà un rai^onnement ipii élabjl immédiatement la lausscié d'un lait, ei ce raisonnemenl n'est pas moins certain que tous ceux (pii ciaoli.>scnl la lidé:ilé des léinoins. El comme mi en peut rajiporler vi\{t inliniié du même g(;iiie, il s'ensuit (|ue la maximo de M. Claude esl léméraireme.il avancée
Il n'y a pas moins d'iilubiou à te quM ajonlc en-
LiVr.K SFXONn.
suitft , que st l'on dciivure d'curorit de lo fidélité dfs létiioins, et qui' ce soit un principe reconnu sans nniU'slalion, la preuve qu'on en lire n'esi /i/.is niédinte, vuds ' immédiate, et quelle ne dépend jilns du rciisonnemenl. Car la validité du témoignage étant un point décidé, qui iCentre dans la / reiiV'; que comme principe hors de doute, il s'agit Siulemrnt de savoir ce que les témoins déposent, et c'est itn f<.it dont on peut s'écinircir pur les sens; d'oit il s'ensuit qu'il \nnt discuter leur témoignage , et (pie celte voie est préférable à celle du raisoiineinenl. Toiil ct,'la ii'esl qiriiii amas d'é.^aiiMiioiiis. ^)ii;nid on <ii, - |)0S' la fidéliié des iciiioins, t^!i ne la su, piiSiî i.éanmoins iju'i'ii \oi-îii dii laisdiincnunl (]iii lions (>;i a> sure, cl par conséquonl loin ce (|ii'tin cl'ibiil sur l< s déposilioiis de «es icmoiiis, ne penl avoir pins de force cl de clarté «pio ce premier i-iisonncmi ni ipii anlorise IcMir Icmoignage. Si on jironvi! donc, comme il est possible, un ccrlaii ta il par un rais('mieiiioiil qui ail une é;^'ale cert;liide qne celui (pii aiiloi isera la lidélilé des témoins , les conclusions qu'on en tirera seruil tout aussi certaines.
M. Claude suppose encore en Tair que la déposition de lénioins tels «iiic sont les rèîC- à l'égard dos dogmes se counaîl par les sens. Or c'est une illusion visible. Les sens ne découvrent dans les livres lies Pères, à l'égard des dogmes , que du noir cl du Manc, Cl ce n'est soiivc l <iue par |iliis:enrs raisonnemeiiis que l'on connaît !e sens piéris de leurs expressions. Ainsi, celte conclusion ijéiiérahî (|ii(! M. Claude tire, «iu'il est en dioil de rec:cr la voie qu'iiii a suivie dan-i le livre de la ['erpélinlé* , sans en faire un examen parliculier, pirce(p!C c'est une voie de raisonnement, est clairement injnsîe, icmérainM-t déraiscnii :d)ie, soi! qu'on la considère dans ia !l:èse générale, pareil qu'il e^I Taux (pie loiile voie de raisnmienieul soit à rejeter et ne puisse être opi)'iséi: à dos preuves par icmoiiis . ou (ju'oii s'arrête à l'Iiypot!pc-c particulière, parce qu'il .^e trouve qu'il y a tant d'éviili'i.cc dins le raiso iirmei.t sur lequel le livre de la Perpétuité est n!i|)ityé , ipie M. (-lande mèmi' , coutme on a dit plusieurs fois, no l'a osé contester. Car il ne demeure pas d'ac<:or>l, à la vérité, <iue louie la terre lui au temps de Uérenger (buis la duel i ne delà pié-ciicc réelle, mais il ne dit nnlhî pail ip.e snp.posé (|u'elle y lût, elle ait pu venir à cet état par un cbaiigemenl universel de créance sur ce mystère, qui se soit l';iit depuis Pascbasc jusqu'à lîérenger.
J'ai voulu rciuter en |iariicuiicr ces trois eiidi()i;s de M. Claude, p.Trco «lu'ils contiennent l'abrégé de loiii ee (ju'il dit avec taiil d'éleiiduc sur la comp.a-.iisoii des deux métbodes.
Cu.ii'nuK Vil.
Calomnie de M. Claude s"r le sujet de riiifniUilul.té de l' Église.
Xr r.r.MAr.QUi:. — Parolos de M . Claude, p. 7:2 c Celle question sera bientôt vidi'o , si l'on co!i>idèie (|ue j'avais allégué (|liel(iues exemples de < liangi.Mueiits insensibles àttncllemcnt ai rivés dans lÉ^lisc sur divers (onis de pratique et de cré.iuce, et (pie railleur ne s'en était délèiidu (pî'eii protestant (jii'il luirait point avumé généralement cette maxime , (juil ne peut arriver dans lEglise aucun changement imperceptible, non pas même dans les pratiques cérémoniales, ou dans des opinions spéculatives et nuILnient }:oj>u~ laires ; qu'il s'est bien donné de garde de la profioser dans cette généralié ; qu'il l'a resireinte aux mystères capi'iiux et connus par tous les fidèles ptir une foi disiincle. Car léjioadie de la sorlt; , c't;st confesser (pi'il est aiii\c des di in^cmenls en des poi. is ii.jii populaires. Or (aire cette coiilcssion, c'est lenvcnser absoluinent rinfailiibililc (lue l'Iiglisc romaine prétend avoir.
t 11 ne sert de rien à M. Arnauld de distinguer entre une infaillibilité de grâce on de privilège et une in\iiillibiU!é humaine et populaire, et de dire ipie Vauliui d< lu l'crpéluilé ne prétend nullement désavouer
riiifailiibilité de l'Eglise el des conciles , h l'égard de toutes sortes de mystères populaires et non popnUdres. Car les exemples (jue j'avais produits c borpient éga- Iciiiei:! loiile sorte (riiilaillibili:é; et les reconnaître à (pie'que égard (pie ce soit, c'el abandonner cette piélendiKî iidaillibilité de privilège. Je vi'ux que les cliangements que j'allègue soient eu des points iKui po|)ulaires, ils n'en sont pas moins cbangemcnts , et quand ils ne seraienl pas contraires ;» l'av iilihijiîé nilnn'lle, ils le so, t à celle qu'on appelle l'e grâce, piiisipiecesoiil descliangemenls actuels en des poin-s (b; religion. l>'où il s'ensuil iprim bmiuue (|ui les re~ coi;naît"^ |)our véritables, ne peut plus nier ipi'il ne clnupie le principe (bî ri'.glise r(uiiaine , ipii est que le concile ou les poi.tifes sont absolument iidaillibles ; et la distinction de M. ArnaiiM estime pure illusion. »
RÉPONSE
M. Claude ne pouvait pas se justifier plus mal du reiirot Ikî qu'on lui a fait d'avoir calomnié l'aulcur du second traité de la Perpéuiiié, puisfpi'il ne le fait qu'eu ajoiitaiil à celle calon.me quatre nouvelles illusions.
La première consiste en ce qu'il nous donne ici le cliange en siibsliluanl une raison dont il ne s'e-l [loiiit encore servi, au lieu de celle qu'il avait elleo livemeni employée et que l'on a invinciblement réfutée. Car il faut remarfpier que celle accusaiiou (pi'il a formée contre l'auteur du second traité, de nier l'infaillibilité générale de l'Cglise dans tous les points de la foi, est conleiuie dans la préface de sa seconde P.éponse ; que c'est là qu'il lui rcjuocbo d'avoir mis en avant une nouvelle lbéolo,i;!e, (jiie le princi|ie de rinfailiibililc de ri'Jglise est dans le pou pie, et d'avoir restieiiil celte infaillibilité aux mystères capiiaiix ; el c'est là (|u'il conclut de ce priiicipiî etdec(!lle restiicliou que, sel ui cei ant ur, il peut arriver des changements dans l'Ëglise à l'cigard d(îs my-.lères non populaires , en alt:ic!iaiU précisément cl imiipieiiicnt, cette «oiicbision à ce priocipe et à Celle r<slriction. Mais il ne dit en anciiiii' sorte qM'oii lui ail av(!ué (lu'i! éliil actuelli'moiil arii\o daiis l'i'lgii-e (l(>s cliangeinenls insensibles.
Comme il n'avail do. c aiipoilii ipie celle uni(]U(i laisoii, on n'a léiiliijiu; aussi (iii'à celle uniipii; rai- S(ui ; el ou lui a dit ([n'ouire c(Mte iofiiliibililé (pie la rais(m naturelle découvre dans l'Kglise à l'éganl (ici; 0 ysl(''res populaires et capitaux , l'aiiti nr de la l'erjét'uié ;uliiiellail encore une autre infiiilibilité de grâce el di; privilège qui rendait l'Eglise incapable d'errer sur aucun point de foi, soit populaire, soit non poi)alaiie, et que c'était mal raisonner que de conclure (lu'il niât l'une parce qu'il admcltail ranire. M. Claude qui a donc mi (pi'il ét:iil inijtossible de soutenir cette conséquence, a recours mainlenant à une autre preuve, comme s'il l'avait déjà employée, et veut faire croire (pie la raison par laquelle il avait rciiroclié à cet auteur d'avoir nié cette infaillibililc do privilège dans l'Eglise , est qu'il a reconnu pour véritables les exemples de changement qu'il avait alléqiiés dans son traité , et (pie ces exemples sont contraires à celte infaillibilité, (àqiendanl il n'avait jias dit nu seul mol de ces exemples dans sa piéfacc, (!Ù ce reproclie est contenu. Il avoit regardé les paroles de l'auteur de ce traité sans a.uciin rapport, el dans ce qu'elles conlenaient eu elles-mêmes.
La secondi! illusion n'e^t pas moins facile à réfuter. Elle C(Misislc en ce qu'il dit qu'aganl apporté quelques exemples de changements insensibles, on ne s'en est défendu qu'en protestant que l'on n'avait pas avancé généralement cette maxime, qu'il ne pût arri ver dans l'Eglise aucun changement imperceptible, non pus même dans les pratiques lérémon-alcs , on dans les opinions spéculatives; que l'on s'est bien donné ne garde, de la proposer dans cette généralité ; ipi'on l'a rc' sreinte aux mijslères capitaux el connus par tous lex fidèles d'une foi distincte. El de là M. Claude c()iicliit que révomlre de cette sorte^ c'est confesser qu'il est
C71, RÉPONSE GÉNÉHALK au nouveau LIYKE DE M. CLAUDE.
té des changcmeus insensibles en des points que qiiil
piipuLiircs
Ahiis on lui ié(iliqiic qnil e l clraii^'e «i'"' t^'Oii liiiiio à se vouloir ir()iiv|ii'i' ;tiiiès l'cclainis^eiiiciit qu'on lui a (!< nue. Car rinlaillibililé (pic l'on alliihue à l'Eglise dans coi cndroil iiV'Sl };oinl l'ii.faiilihililé (Jt! glace cl dtï privilège, c'est une assurance du ne se poml irumper <iui convient nalnrcllenicnt à loiile SI cicie à l'égard de cerlains objets en de curlaines cil constances ; et celle inaxiuie étant restreinte par i'anieiir anx mystères populaires, il est clair qu'elle ne se pouvait détruire par des exemples pris de questions s|éculalives et non popiil.iircs. Ainsi, sans exan:iner si les exemples proposés p:ir .M. Claude étaient vrais eu faux, ce (jui avait besoin de beaucoup de discns^ilUl, on lui a répondu (|u'ils éiairut mal allégués, j arce qu'ils ne comballaient point l.i maxin.e ipi'on avnit avancée, qui ne regardait (]ue les inysières populaires.
Tout le monde sait que cotte manière de ré|)ondro est très-(/rdiuaire et très-nécessiire dans les disputt s, parce (pfcn é\ite par là fiinbarras oui naît des ijneslions accessoires- El ainsi c'est une illusion manifeste d'attribuer à cet auteur d'avoir reconnu par là (pi'il était arrivé des cUangenients dans l'Eglise en des poinis non papid. lires ; et timt ce que l'on en peut concli.rc, est tpi'il n'a point voulu entrer, en cet ei. droit là, dans cetle discussion.
La iroisiènie illusion cst du même genre. M. Claude avait allégué qu'il était arrivé un cbangement insensilile d.iiis la matière de la grâce. L'Auteur du second traité, pour n'entrer pas dans l'examen de «liveis points embarrassés de ternies sch.olastii|ucs, s'é.ait coiitenlé de réi.riipier que les vérités de lu (jrùce iCont jamais été pipulaircs dans toutes les eonaéijuences que fou eu lire dans lu théologie , et qu'il est faux qu'ils ne le soient pas encore dans les points principaux et esscnlLils^ Sur cela M. Claude s'écrie dans siiii dernier ouvrage : N'est-ce pas reconnaître qu'à l'éijurd des points non populaires , et qui ne sont ni principaux ni essentiels dans lu matière de lu grc'ice , il est aivAC du chungement ? Or ces points principaux tt non principaux , g,rands ou petits , sont des points de doctrine dans lesquels on ne peut changer saim passer de la vérité à l'erreur, et de l'erreur à lu vérité. Si donc il est vrai , comme je l'avais dit et comme l'auteur de lu Perpétuité ne l'u pas nié, que l'Eglise ail été en divers temps dans des scnliinenls contraires à cet égard , il n'est pas possible qu'elle n'ait été dans l'erreur , et par conséquent elle n'est pas infaillible de cetle infaillibilité de grâce et de privilège qu'elle s'atlribue. La réponse de l'auteur de la Perpétuité suppose lu vérité de ce changement , elle m'a donc donné un juste sujel de lui faire robj.ection que je lui ai faite, el la distinction de M. Arnauld vient trop tard.
Mais outre <pi'il est faux que M. Claude ait fondé celle objectioM sur cet aveu , il est encore faux qu'on lui ait rien avoué de ce (pi'il avance. De sorte que c'est une pure calomnie l'ondée sur deux fiussetés. La première est déjà vérifiée; la seconde consiste encore en ce que M. Claude n'attribue cet aveu à l'auteur de cette réponse que sur une ignorance volontaire ou involontaire du langage ordinaire des disputes. Car cliai un sait, coinmeje l'ai déjà dit, (jiie (piaiid en peut réfuter mie objection par deux divers nioycns, on peut en clioisir un ([ui est sans difliculé cl .sans endKirras, sans reconnaîire pour cela l'insuflisance des antres.
C'est proprement ce que l'on a l'ait en cette occasion. M. Claude ayant vnulu prouver qu'il pouvait arriver des cliangenieiUs insensibles de doctrine dans l'Eglise, parce (ju'il en était ariivé dans la maiière de la grâce, on pouvait prouver jinr diverses raisons que cet exemple était mal allégué. La première, parce qu'il est ahsilum nt faux cpi'il soit arrive aucun '■•liangcment universel de doctrine dans la matière Je b grâce ; l.i seconde, p;irce que b'S conséMUCnces
de cetle docirine dans tesqncllcs on voudrait mettre ce ciiaiigement ne sont point populaires, et par conséquent (|u'elles ne sont point senddables à celui que les ministres prétendent être arrivé dans la doctrine^ de l'Eucbaristie. ^''
L'une el l'antre était bonne, et rendait cet exemple ' inu'.ile. f-^lles étaient toutes deux vraies; mais il y avaii cette diirérence entre l'une et l'autre, que la iirem;èr«ï engageait à une longue discussion des sentiments des scbolasliques : au lieu que l'autre était courte, piéci>e, saiis difficulté; étant clair (pi'il n'y a rien de moins populaire que les conséquences des vérités de la grâce. On s'est donc attaclié à celte seconde. Mais ce n'est pas en avouant, comme il plaît à M. Claude de le supjioser, qu'il soit arrivé aucun changement universel , même dans ces conséquences de \;\ docti iiu! de la grâce ; c'est en retnmcliant seulement CCS (pie>ti()ns , en n'y entrant point, en les mettant à pai l pour ne pas arrêter la dis|>ule par une discussion inutile. C'est ainsi que tous ceux qui clnrclienl la véiiié agissent ; autremenl, si on voulait examiner à f.nul toutes les questions incidentes , on ne manquerait presque jamais de perdre de vue le point capital du dilfén nd. C'est pomquoi la prudence veut que l'on s'y arrête le moins <iue Ton peut.
Je n'ai plus à remanpicr sur ce point que la (|ua- Iriènii! illusion, (|ui est d'iin geine assez particulier.. M. Claude, distinguant l'autem' du seei nd traité >\& celui du troisième, n'accuse, dans le lieu où il traitô cette malière , (pie l'auteur du second traité d'avoir nié l'iiilaillibilitéde l'Eglise, et ildécbarge |iliuôt l'aiit( iir du Iroisiènie de ce soupçon , en rapporlant dd lui des passages où il est dii (jne lEglise est infaillible dans les points populaires et non pipulaires. Mais parce qu'il ne lui était pas moins odieux que l'auteur du second, il a trouvé bmi dans la lin de ce livre, où il ramasse ce (pi'il prétend avoir prouvé, de le charger aussi du reprocb.^ d*avoir choijué l'inlai libilité de TEgliie, ipioiqu'il n'eût pas seulement songé à l'eu accuser auparavant; c'est-à-dire (jne M. Claude a jngô que par droit de bienséance il failnit que cet auteur portât sa pari de la calomnie.
Xir iii:m\hqiie. — Paroles de M. Claude. « De plus, (pie lui sert-il de nous dire (pie l'infailr.bililé de privilège est un piineipt: à prouver, el non à Mip|ioser'.' et que la raison ipii a ein|)éclié l'auteur de la l*erpc'iuité de l'employer e^t parce que nous le nions. Non-, ne nioi;s pas moins la prétendue infaillibililé i)i'pul;iirc, et elle n'est pas moins un (irincipe à prouver plutôt (|u'à supposer. Lui-même nous dit, dans le conimencenient du chapitre 7, (pie le principe des chaiigeuients insensibles, ipii est direcl.'iiiciit opposé à celui de l'infaillibilité pop'ilaiie, e>l un fondement qui est nécessaire anx calvinistes.... Voilà do quelle nianièieil parle quand il veut ipi'oii lui nie son principe; mais quand il veut qu'on le lui accorde, il tient un autre langage. L'auteui' de li Perpé uité, dit il, ne prétend point atlribuer an petiple d'.iu're infaillibilité ipie celle (p;e tout le monde lui attribue , cl que M. (jlaude luiiionnc Ini-ménie. Jamais homme ne disposa plus libreimiul du sentiment des gens que M. Arnauld. On nie, on avoue, comme bon lui semble. Il nous lait mouler sur son théâtre (juand il veut; quand il veut, nous disons noir; quand il veut, nous disons blanc; n'est-ce pas disputer heureusement? i
KÉPO.NSE.
Un des plus odieux caraetèrcs d'un sophiste, et des plus coniraires à l'esprit d'un homme sincère, e^t de vouloir faire trouver des conlradiclions dans des choses qui s'allient paifaiteiiient, et d'en l'aire ensuite, pnur me servir des termes de .M. Claude, lu matière d'une victoire. Je souhaite que M. Claude puisse einpcclier par quebiue moyeu (pie l'on ne se l'orme celle idée de lui. Mais ce ijui est certain, c'iîst qu'il faiii avoir peu d'intelligence pour n'accorder pas sans pi'ine ce que M. Claude veut faire r(î:.virder comia»} étant aussi opi)osé ipie te blanc au noir.
LIVr.F, SECOND.
Il csl irès-vni qiio, l'nnlr.iir d.; h PerpétciK» n'al- ; Irilmi" au poii|t!o (iiie la ii:ùme infailliliilité t\m loiil le ! III iule lui do:>iio,cl (III.; M. (iamlc lui aîiriinu'; c'.-sl à-diri! qu'il ik! lui alinbiie (|ii'iiiii- ii.fa.liihiliié . (ioiieiidaiiic de diverses ein onsiances , (|ui ikmis font JMLj'cr (in'eii rerlaiiies ieiR<);.lies il esl impos'^ilde (jue tout le iiKuitle se liompi', ou, comme il rexidique liiiiiièiiie , une i.vpi ssibililé d'circiir voloiitdiie ou invoîontaire en ceilaii-cs circonsliiiiccs. Or, il (v^lsi certain que M. l.laiiJc adiiiel ce iieiirc d'iiifaiil liiiilé, qu'il l'adiiicl dans celle page iiièiiie où il l'.iil beinltlaiil do la nier, ("ar celle iiifaillibililé de léinoignage qu'il y recoimaîl , n'esl-ce pas nue espèce cmiiprise sous ce genre : c'e-t-à-diie, ii'esl ce pas une infaillibilité qui consiste iiniqueincnl en ce que nous jugeons qu'eu certaines circonstances le léinoignage du peiipb; tsl onlièreiuenl certain, qui est tout ce (pTiui dein;inde? El qu'il ne nous dise pas qu'il n'adinet pi.int crinfaillibilUé de persévéïflnce. Il en admet, malgré qu'il en ait; c'est-à-dire qu'il admet qu'en cerlaines occasions on esl assuré que des gens n'ont poinl changé d'opi nion. Je sais, par exemiile, que les calvinisics n'étaient point sociniens , il y a dix ans. J(! sais doue (pi'iis ne le stml pas encore, parce qu'il esl impo-sible qu'ils le soient tous devenus en l'espace de dix ans, sans éclat, sans bruil, sans division.
Je sais, et M. Claude le sait aussi, que tons les inalioinélans ne se sont point convertis depuis un an , piirce qu'il est impassible qnc l'on n'cùl ouï parler d'une si grande nouvelle. C'est tout ce <i::';!:î a prétendu. On lui a allribué en général de croire (ju'il y a cerl;iiiies rencontres où l'on est assuré ipie le peuple ne se lromi>c pas ; mais on ne lui a pas aiiribué d'êire toujours d'accord de ces vcncontres et de ces circonstances particulières.
Ainsi rien n'empêtlie que demeurant d'accord du pi inci|>e général, ipii esl ipi'eii cerlaiiies cii constances on e.-t assuré que le peuple ne se irompe point; comme nous sommes assurés ipie le pape .Alexandre est mort; quêtons les Hollandais ne sont (lasconviMlis di'puis un an à la religion catholique , il ne dispuie iiéaninoinssnr les circonstances, elipiM ne prélemic «jiie le cliaiiiieinenl insensible dans la créance de rKncliarisiieVe.sl pas joint avec des circonstances <]i!i le fassent juger impossible. An si n'a-l-on point Biiposé qu'il convenait de ce dernii r poinl; mais on a lâché de l'en faire convenir en lui meltaiil cei cir- Cfiislanccs devant les yeux. Voilà ce blanc el ce uoir qui; M. Clauie lel..l de ne pouvoir accorder, el (|u'il arfordera très-Lien lors(]u'il aura [ilus de soin de coiiienler les personnes sages par des réponses sincères et de bonne foi , (jue de divertir les personnes malignes par de fausses railleries.