CI
cl Jtiinl avec cet amas de circnnslancfts oui le tle- ^.liiiil liiirc juger impossible, el c'esl en iinoi tmisisle tout le (riiié.
XIV nEM.vnQUE.
il. Claude , p. 6i.
I Mais ne sera-l-il pas possiiile de s'ticliin ir du Tiil (cVsl-à dire de la cicaiice de raucieime K!,'IiM) qui est en qiieslioii , par quelque moyeu (pii soil nioiiis long cl moins embarrassé rpic l'examen d'un gros volume couHiie celui de M. Aubciriiu ? Sus do iic li.ir pnur eu savoir auianl fpi'il esl nécessaire poui' lo lepos di- l'esprit , cl pour la consolation de li con kcuMMe.il ne f;iul qu'eu juger sel-m les Inslii.cls de la tliarité , el selon la c<in(iance qu'on di.it piendre aux prilme.^ses de Jésus-(^;iirist. Si l'on se sert bien di; ces principes , ou en tirera nue conclusion aussi ceiiaine «prnu la s:!urail désiier. Les prouu;ss(!s de Jésust:i:r;sl ni;us ;;ssurent (pi'il s^era avec ses vr;iis (iilèles jusqu'à l.i consoniuiaiion des siècles , et la cliarilé lions ol)li<;(Mli' croire (|ue les Pères ont été de cencwnlire. Je co: dus de la qu'il y a eu toujours un nombre di; Miùs l.dèlt'S dont la créance n'a |)0iul été corlomi'ue par des erreurs dauinables; c'csi une conclusion cei lame el sulïisante pour établir nnui repos. J'en conclus an^si que les l'éres ont éié de ce iiomiuc';c'e>i un jug(Muenlde cliaritéqui hullii pour ni'acquilttr de mon devoir, i
r«tPO.\SE.
Ceux qui ne péiièireul | oint les principes des calvinistes anroi.l de la | eine à couqinîudre les illubi'us de ce d scours , el scnuil porlé^ à s'imaginer que M. Claude a voulu cmclure par là (pie Ce qoe lions aiq». bns I'Ej^UjC rtiicieiiue , c*esl-à dire les papes cl les é\'êq«es qui l'onl gouvernée , el ces |)eui>lcs qui leur obéissaient, ont éléd-ns la doctrine des «'alviuisles. Mais ceux ipii soiil plus accoutumés à la bizarrerie de leurs expressions et de leurs dogun;s , reccunniis^enl aisémenl qu'il ne conclut rien nutins que cela.
Car il faut remarquer qu'il y a dans ce discours de M. Claude deux conclusions Irès-dillérenles : l'une qu'd tire des promesses de Jésus-Ciirist ; i'aulie qu'il lire de ce (ju;i| ap|)elle rinstiiicl de la cbariié. Celle qu'd lire des promesses de Jé^is-Chiisl , i|ui :i>snie (pi'd seia avec ses vrais lidèies jusipi'à la consonnnatioii des sièeh'S, c'est qu'//;/ a toujours en un uombre de vniis l'uliles dqul la créance n\i point été corroniime jinr d'S erreurs dtimnnbles. Mais celle conclusion ne va p:is bien loin, ni qu,i;.i aux erreurs, ni (pianl aux fidèles. El e ne va p;is bien loin quant aux lidôli s, parce (pie, selon les ministres, ces prouicsses s'étendent également à ions les temi)s; et ainsi elles ne peuvent pron\er qu'il y eût plus de vrais lidc^es dans les p.remiers sièeles que dans les derniers. Or, les calvinistes avouent qu'avaut Lullier TEglisc é:ail tombée eu ruine , el ils rccoimaissenl qu'elle a souvcni paru l(Uit-à-lait él(;inlo. Jls ne sam aient donc conclure prceiscmeiilde ces promesses S(;lon le sens qu'.ls b'ur donnent , sinon (pi'il V a eu dans lotis les siècles quebpie nondire de lidèies qui n*(^laicnt engagés dans aucune erreur d.nmiajle. Mais il n'est iridlemcnl nécessaire que ces lidèies .•vient éié celte Eglise ancimnc que nous connaissons. 11 n'esl nnilemenl nécessaire que c'ait éiç celle Eglise où ont vécu les martyrs , les évèques , les i-apes , ')nl les hisbiircsnous parlent. Et ainsi (piand un bonite S(uiliendrail ((u'aucime des églises dont lesé\è ,pies ont assisté aux quatre premiers concilijs n'a éié dans la doctrine des calvinistes, M. Claude ne le saurau réiuler par son principe des promesses de Jcmis- Clirisi, puisque, selon lui, elles seraient sufiisauiihcl veriliées , pourvu qu'on lui .tccordàt un petit nombre de lidèies cachés el invisibles, sans aueimeiomumnjim apiiaienle cl reconnaissablc , ou ipichpie église éear- •ce . comme pourrait être celle des Indes établie (lar o 1 Mimas.
L'étendue de ces promesses n'esl guère plus gran-
de à rc;,'ard des dogmes. Car M. Claude n'exeuque ces (idèlcs ([ue des errem-s damnables ; et il -»vtme par là (ju'ils peuvent avoir élé engagés en des erreurs non damnables. Mais (pielle- sont ces erreurs damnables ? Elles sont en très-petit iKuubre . si on l'en vent croire; et (erlainemenl celle de la prcse::ce ré. 1le séparée de la Irans-ubsLimiation, n'en est pas une. M. haillé, donl M. Claude lail goire de suivre les senilnienls , s'est trop déclaré sur ce point , et il a liop bantement publié q-c c'était une opinwn swJiiJ venin (I).
Ainsi c&moven que M. Claude nous propose pour nous informiM- du l'ait , est si peu propre à ( ela , q .'il ne nous donne pas lieu de nous assurer (pi'il y.aii eu nu seid bomine, depuis les apoires, (pii n'ait pas cru la présence réelle, et qui ail éiédans la doctrine des calviiiisi(!s louchant l'Eiicharislie.
Tout se réduit donc à ce jugenuMil de cliarilé. Mais ceux (pii sanronl ce que les calvinistes enleiiihsni jtar là , st; moipieroul ciicocc de celle manière (le s'assurer de la créance de l'ancienne Eglise. Car ce piélendu jugement de cbariié est un jugement qui , selon eux , compalil avec une lelld ineerlilude , (pie de nulle jugements de cbariié il y en a (pielipiel'ois plus de ncid cents de faux. Ij-i prétendent , par exemple , qu'un jugement semblable de cliarilé doit faire preur die tous" ceux qui vivent dans leur communion pour de vrais fidèles. Cependant ils disent eux mèaie.^ {"1) (jue parmi ce;iX(|ui lont i)rolession de leur religion, il y en a un très-grand nombre (|ui ne sont que de faux lidèies.
Le jugement de charité doit porter les simple^ calvinistes à exempter aussi bien les Pères de l'erreiiF prétendue de l'ir.vocr.lion des saints, de l'ai probaiion des v(rux mouasliipies, de rordoimance des jeii.ies, de la vénération des relitpns, de léiablissemeiild'im gouvernement contraire à l'ordre de Jésus- Christ, (pie de celle de la présence réelle, (.ependaiil tons CCS jugements seraient faux, Selon les plas sa vails minislres, à rég^;ird de to;:s ces points.
La charité n'oblige point à mal raisonner, ni h croire certain ce (jui ne l'esl pas. Quiconque esl doue persuadé en généial (pi'il est possible que toute l'Eglise visible soit engagée en des erreurs (lamnables, el (pic la véritable Eglise soii ti llemciii cachée (prello semble anéantie, el (|ui admet en particulier (pie les rères ont élé engagés dans beaucoup d'erreurs, ne saurait jamais conclii'e avec certitude, iii par les pror me>ses de Jésus Ciuist, ni par aucun jiigemeni raisonnable, (pie les Pères ont cru la présence nielle, ni. iiième qu'ils n'ont point adoré l'Euebaristie. lis ont pu croire la présence réelle sans se séparer de l'Eglise, selon les ministres mêmes. Ils ont pu n'être p.'^s membres de la véritable Eglise, jiarce (iu'elle pouvait être caciiée de leur temps eu quel pie lOn inconnu. El ainsi M. Claude ne pouxail cimisir une plus mauvaise voie de nous informer de la crémce des Pères, sur l'Eucharislie, que celle (pi'il nous pnqii Se.
ClIAPITllK IX. Jusliftcnlion de la traduction d'un passage de saint,! eau
de Damas, contre les accusations de M. Claude.
XV* IlEMARQUE.
Nous ne dirons rien ici du second livre de M. Claude, puisque nous avons fait voir dans le fireniier livre de celle Réponse qu'il n'a (pi'à changer la conclusion, et que Ions les faits qu'il rapporte ne sont pnqii es (pià établir que non seulement les Crccs et les autres communions d'Orieiil croienl la présence réelle, mais qu'ils l'oni toujours crue dej)uis Bérenger.
Pour son troisième livre, l'on eu ruinera tous les principes dans la discussion du seutiineni des Pères, et l'on y examinera tous les passages qui regardent la créance qu'il attribue aux Grecs. Je m'anêierai doue seulement ici aux reprocbes qu'il l'ail louchant ce
(I) A| olo,;ie pour ri-glise r.éi'onuée. (JJ Ui^iUu
UVRESLCOMλ.
passage de saiiil Jean de Damas : Honorez U avec une entière jmreié de corps et (TcsprU, parce qiiU est luimême composé d" une double nature. M. Clauilc iirélend que l'on s'est irompé en eriicnciant ce passage de Jésus-Clirisi, au 1 eu que, selon lui, ou le doit cnicndre (lu pain de la communion, qui est, dil-il, appelé double, parce qu'il est composé du pain et du Sainl-Espril. tl comme il esl fertile en conjeclures, el qu'il les propose ensuiu- irè^-racilcmenl sans se mellre beaucoup en peine de s'en assurer, il se mêle de deviner la cause de cette erreur, qui est, dit il, que l'on s'est l;.issé tromper par ui;e lausse équivoque, pour n'avoir pas lu le grec de Jean Damasccne, cl ne s'étanl airêté qu'au latin; que le grec portant St^tieûv, qui esl un mot neutre, lait voir qu'il doit être rapporté au mol de bû/jlx, exprimé un peu auparavant ; au lieu que le mot de duplex qui esl dans le latin, étant de lout genre, a donné lieu, comme il le prétend, à la surprise dans lai|uclle il s'imagine que l'on esl tombé. Sur cela il iriompbe à son ordinaire; il avertit les gens de prendre mieux garde à ce quils écrivent, et il parbî à celui coniro qui il écrit comme un régent de collège ferait à ses écoliers.
Je laisse à juger au monde si col air elce caractère d'autorité lui sied bien , el je me coniculerai de lui dire qu'il n'esi pas beureux eu conjectures , et que (Cite fausse équivoque sur le mot de duplex , par l;;i(|uelle il prétend que l'on a été abus^' pour n'avoir pasconsnlié le grec, est une pure vi^on. Car il n'y a é(|nivo<pie ni dans le grec qui porte ôiti).«ûv yàp is-ri, ce qui ne pcul se rapporter qu'au met de cû/zx; ni dans la iradiiciion latine de l'abbé de liiily , où il y a duplex esl enim ipse, ce (jui ne se peut rapporter (pi'à Jésus-Clirist ; ni dans l'ancienne traduction de Fabcr Slapuleusis, parce que ces mots, duplex esl einm ipse , n'y sont point du tout, (juoiqu'ils soitml dans le grec.
Tout le di-cours de M. Claude , sur l'équivoque du mot de duplex , n'esl donc qu'une pure imagination, et il aurait dû se rcilnire simplement à prétendre que l'on a eu tort de traduire ce passage comme l'abbé de Biily, el que sa traduction n'est pas exacte en ce point.
Mais il a mieux aimé se jouer en l'air sur un vain reprocbe d "équivoque, que de rcpréscnier simplement les cboses toiles (|u'elles étaient , de peur qu'il n'y eût bien des gens qui ne jugeassent que l'abbé de Billy , qui enicndait cilainemenl mieux le grec que M. Claude , n'a pas traduit ce passage sans raison de la manière qu'il a fait. Aussi ceux (|ui presidronl la peine de consulter l'original grec reconnaîtronl facilement que sa traduction esl très-bonne , el que l'observation de M. Claude esl une vaine cbicanerie que l'on n'était pas obligé de prévoir.
Il esl vrai que le grec porte , ti/z-ô^w^m «ùtô irâijj
xaOapoOrjTi ^uj/ixij xa.i awoaTW/j ; St.:r)oûv yàp é'jti ; c'cStà dire lilléralemenl. Honorons le avec une eniicre pureté de corps cl d'esprit, car il esl double. Ll il est vrai que le mot auquel se rapporte celui de double est <7W/*a , qui se trouve cinq ou six lignes auparavant. Mais tant s'en faut qu'il s'ensuive de là que l'on n'a pas dû rapporter ce mot à Jésus-Cbrisl , comme l'on a fait , que c'est par là même que l'on prouve iuviuciblcmenl que la traduction de Tabijé de Billy esl très-fidèle dans le sens, el que celui auquel M. Claude prend ce passage est tiès-faux. Car il laiil remarquer que le mot auquel celui de double se rapporte, n'esl pas simplenu;nl cdy-cc, mais que c'est aùro rè oû/xa TOj Kupi'eu tsCcw/aevov , le corps même divinisé du Seigneur. El il s'agit seulement de savoir ce que saint J;:in de Damas entend parce corps divinisé , c'est à-dire, s'il entend le corps naturel de Jé.-ius- Chrisl, le corps né de la Vierge; ou s'il prend ces mots (le corps de Jésus-Christ dans une signilicalion générale (pii puisse convenir à des clioses qui ne sont pas lo corps naturel de Jésns-Clirisl. Si S. Jean de Damas l'a pris en la première manière , le corps divinisé du beiijncur est la même chose que Jésus-
Christ. Car le terme de Je us-ClirisI nous marque les deux natures jointes ensemble, cl ces deux natmes sont aussi expriniées par les mots de corps du Seigneur divinisé, pris en ce sens, puisque l'on y marque il le corps (c'e-l à dire l'bumaniié) et la divinité. Ainsi dire que Jésus-Chrisl est douille , et dire que le corps divinisé csJ double , c'est lout la môme chose.
II n'en serait pas de même si le mot de corps de Jésus-Christ divinisé était un mot appellalif et comnnm qui ne signifiât pas le corps naturel et individuel de Jésus-Christ. C'est ce que M. Claude devrait [irélendre pour faire sid)sisler la difl'érencc qu'd veut mettre entre le coips de Jésus-Cbrisl et le corps divinisé. Mais c'est ce que S. Jean de Damas ne lui permet pas de faire , parce qu'il s'explique irèsclairement sur ce point, et qu'il nurque que par les mots corps divinisé il entend le corps naturel el véritable de Jésus-Cbrisl. Il n'y a pour cela qu'à lire ce qu'il dit quelques lignes auparava:!l en parl.int de ce corps divinisé; car il appelle e&iya «/viOw,- *• j&Vtvov ©siTTîTt -70 €/. àyfa; TrapOivcu (jw//.« , le corps uni à la di-. vinité , le corps né de lu Vierge ; ce (|ui ne se peut entendre que du corps naturel du Fds de Dieu.
Aussi S. Jean de Damas se sert indifl"éremnient de toutes ces expressions de corps uni à la divinité. t\(i corps vé de la Vierge , de for;»s divinisé , de chair du Fils de r Homme, de corps crucifié; et il prend pour la même chose manger le corps de Jésus-Christ el manger Jésus-Christ , dans le passage même dont il s'agii.
Il n'esl donc nullemcul étrange que l'abité de liiUy, voyant que tous ces termes signifient précisémciil la même chose dar)s S. Jean de Damas , et que ce sont tous termes individuels, ail rapporlé le mot de double ôîti^Ov, non au corps divinisé qui en était assez ébiigné , mais à Jésus-Chrisl qui eu était I>lus proche, étant enfermé dans ces p.irolcs -.Celui qui me mangera vivra à couse de moi ; parce (pi'il est clair comme le jour <iue le corps divinisé n'esl autre chose que Jésus-Cbrisl même.
El il ne faut pas que M. Claude réprupic qu'on no doit pas décider les questions par la tiadnclion même. Car ou n'esl pas obligé de prévoir (ju'on foruicra des questions aussi mal fondées que c<'l!e qu'il forme » eu voulant distinguer de Jésus Christ ce corps divini é.
Mais quand on l'aurait prévu et que, pour le satisfaire , on eût rapporlé expressément le mol de double à c<lui de corps eu traduisant ainsi : Car ce corps divinisé esl double , il n'en aurait pu tirer aucun avantage , ei la solution qu'on a apportée à son ob- J£ciiou n'en subsiste pas moins dans loute sa force, puisqu'étaulcIairparS. Jean de Damas que le corps divinisé n'esl autre chose que le corps né de la Vierge, les deux natures de ce corps ne sont autre chose que les deux natures de Jésus-Christ qu'il faut honorer par une douI)le pureté de corps cl d'esprit.
L'objection de M. Claude serait donc vainc (juand il l'aurait proposée contre l'abbé de Biliy ; mais elle esl encore plus injuste étant appliquée au livre de la Perpétuité. Car quoiqu'on y ail piélcudu (|ue le moi dédouble s'entendait de Jésus-Cbrisl, on .a marque néanmoins expressément que le rapport direct de ce terme était au corps divinisé. // esi clair , dit-on , que ces paroles , honorons-le avec une pureté entière de corps cl d'espril , s'entendent de Jésus-Christ , c'està-diie du corps de Jésus-Christ joint à la divinité. De sorte (pie l'on n'y a prétendu qu'elles s'entendent do Jésus Christ , que parce qu'il n't>st pas verni dans l'esprit (juc l'on pûl distinguer Jésus-Chrisl de ce que S. Jean de Damas appelle le corps même de Jésus- Chrisl divinisé.
Mais quoicpi'on n'ait pas prévu cette chicanerie, on l'a néanmoins détruite comme si on l'avait prévia; ; car le passage de S. Jean de Damas , tiré de sa tr«)isième oraison sur les images, que l'on a cité au meuMî lieu , fait voir avec uuo i.i.'lle évidence (lue ce ioiy-^
RÉPONSE GÉNÉRALE AU NOUVEAU LIVRE DE M. CLAUDE
«li\inisd est le corps naliirol de Jésiis-Cluisl uni à la (.liMiiilé, l'I (lue les deux iiaUiies doce coipsiiui! iimis ncevons dans la eoniiiiuiiinn no soni |»:is ( eilo du laiu et du Saini-Espril , usais la double niilnre de Jésus ChiisI, que !\L Claude n'a point trouve d'aiilre secret pitnr s'en démêler que do n'en dire rien du tout Le^ AïKjes , dit ce saint, Jie soitl point rendus parlip.tnls de la nulitra divine , mais seulcnienl de son opéraiiou et de ses grâces ; mais les liomuies en sont rendus participants lorsqu'ils reçoivent le saint corps de Jhus-Llirist, et qu'ils boivent son précieux sang, car ce corps est uni Injposlaliqitenient à li divinité ; et il y a deux natures dans le corps de Jésus Christ que nous recevons, qui sont unies lnjpostatiquemenl et inséparablement, et nous sommes rendus participants de ces deux natures, du corps corporellement et de ta divinité svirituellcment , ou plutôt de l'une et de l'autre, selon rame et se'on le corps; non pas quêtions y soyons un's Injpostatiquement, car nous subsistons premièrement en tiuus-niémcs , et puis nous sommes imis , mtiis par le inélanije du corps de Jésus-Christ qui se fait en nous. Cerîaiiii'uienl ce passade méritait hien qu'un homme qui sevaiite, counne M.Claude, de ne laisser rien d'important saiss réponse, y lit qnel(;uc réflexion , puisqu'il avait dessein de tirer avantage de celui où il est dit que le corps divinisé est double , car il n'y eut jamais de conimcnlaire plus clair ni plus expiés que celui qui se lie de ce dernier lieu.
Si l'on demande ce (|uo c'est (juo ce corps divinisé dont parle S. Jean de Damas, dans sou livre de la Foi «utliodoxe, il ne faut rpie répondre que, selon lui, c'est le corps uni hypostaliquement à la divinité, c'est-à-dire le corps nalmel et individuel de Jésus-Clirisl.
Si l'on demande ce qu'il entend qu.ind il dit que ce corps (!st doulile, (|u'il n'osl pas simple, qu'il enlerme une double nature ; il n'y a qu'à répondre, selon ce dornior passage, que c'est qu'i/ y a deux natures dans le corps de Jésus-Christ que nous recevons , qui sont unies hypostaliquement et inséparablement , ce qui ne se peut enlemire que des deux natures de Jésus- Christ.
M. Claude a donc jugé fort sagement qu'il était diflicile d'obscurcir la clarté de ces paroles , et qu'il valait mieux n'en rien dire du Inul. Mais il aurait bien lait de juger aussi que ce n'était pas agir fort sincèr(Mm;ut do crontiiiucr à chicaner sur cet aulre passage dont nous avons parlé, |)uisque le sens ou est I lairemoil dé'.ermiiié par celui-ci, qui ne reçoit poiiil de rcpoiise.
Il esi bon de renian|uer encore sur ce passage de saint Jean de Uanias, (pie non seulemenl il nous fait coiinaîiio clairement (piel sentiment il avait de la présence léellc, mais (pi'il nous montre de [)lus eu quel sens sa dix iriiie a été entendue et approuvée par les Grecs; ^•.■ir il est vrai (pic les nouveaux Grecs »!uqiriinieni(lo lui celle réflexion sur la double nature du c!i:irboii (pie vit Isaïe, et (ju'ils l'alliîguenl connue une (igi.ro ipio nous recevons dans la communion une double naliiro; mais c'est en manpiaiil expressément qui! cette di;ul)le nature esl, non celle du pain et de la divinité, comme l'a cru M. Claude, mais celle de l'humaniié de Jésns-Chrisl et de sa divinité. C'est ce (|iii se voit clairement par ce passage de Gabriel de l'hiladelphie , qui se trouve dans un pelit traiié des Saereii.cnis, nouvellement imprimé avec quel(|iies autres de ses ouvrages. Comme le charbon , dit cet auteur, est composé de deux natures, quoiqu'il ne soit 4iu'un en nombre, -de même le pain chancié est composé de deux natures, de la divinité et du froment traus-iubstantié en la chair de Jésus Christ, c'est-à-dire de la cJiair de Jésus-Christ.
Car M. Cl uulo ne dna pas sans doule que Gabriel entend autre chosi! parte i'romenl Iranssiibslantié (pie le corps même de Jésus-Clirisl ; et s'il le disait, il ne l'a luirait que le prier de lire les paroles suivantes: Comme dans le charbon on considère trois choses, le bois, le l'eu et la chaleur , de mime dans le vain trans-
substonlié on peut considérer trois choses , le pain , c'est-à-dire la chair de Jésus-Christ , sa sainte âme cl sa divinité.
Nous avons remanir.é ailleurs que Grégoire, piolosyncèle de l'église de Consiantiuopîe , avait iiiséié C(!"passa,?e mot à mot dans son catéchisme, (|ui n'est pre'sipie , à l'égard de rEiicharislie, (lu'une parapliraso de ce que l'on en voit dans cet ouvrage de Gabriel. Et ainsi il paraît clairement (pi ; les Grecs en empruntant cette coniparaismi de saint Jean de Dan.as, ne l'uni [toint cxpli(piée dans ce sens cliiméri:|uc ipie M.Claude lui attribue, mais (pi'ils l'ont prise dans le sens de la présence réelle et de la transsubstantiation. Si M.Claude piéli.'ud (lu'ils ne Tout pas entendue, il faut au moins ([u'il renonce à cette conséiiuence qui fait un des principaux fondements de ce (pi'il avance louch:inl les Grecs, qu'il n'est pas possible qu'ils croient la traiissubstanlialioii , parce qu'ils approuvent la docliiiie de saint Jean do Damas, qui, selon lui, IK! la croyait pas; puisiiu'il paraîlau contraire qu'ils n'ont suivi saint Jean de Damas qu'en l'expliquant au sens de la Iranssubstaiiliation. Mais pour se rendre pleinement à la vérité , il ne doit pas seule-' meut reconnaître que les Grecs n'ont suivi saint Jean de Damas qu'eu supposant qu'il enseigi.ail et la piése;.cc réelle et la Iranssuhslanlialion; mais aussi ipi'.ls ojit eu raison de lui aitribuer l'un et l'antre dogme, cl que c'est à lorl qu'il lui en impuie un aulre par de fausses subtilités qui sont démenties par les paroles expresses de cet auteur.
ClIAI>iTRE X.
Reproches injustes de M. Claude sur les lettres de Ci' rutarius et la traduction d'un passage de llumberl.
XVi° REM.VUQUE.
Le quatrième livre de M. Claude commence par \\\\ reproche d'une fausse chronolngii; dont la preuve occupe plus de trois |)ages. Elle consisle, seb n lui, eu Ci' que l'on a supposé que Michel Céiularins et Léon d'Acride savaient la condamnalion de liéienger, lorsqiiils écrivirent leur lettre contre les Latins. Or c'est ce que M. Claude prélend eue ineerlain el intprobable, piirce que cette b.'ltrc ne fut éeriio que l'aiméa ménie que Uérenger l'ut condami;é, savoir l'an I0o5. Sur cela il suppute le temps ipi'il fallait pour porur le* nouvelles de Uome el d'Italie à Conslanlinople, et doCouslaiilinoploàRome. El ilconcliitcedélail par une pointe el une anlillièse (pii lui a paru ingénieuse, et (pii pourra ne le paraître («as à d'autres. C'est, dil il, que M. Arnauld abrège les temps pour amplifier les matières, faisant les autres diligents et les autres expédiiifs, pour se donner lui-même la peine d'être loiig(\ ).
Qui aurait dessein d'imiter le dessi'in (pi'a eu M. Claude de tourner autant qu'il pouvait son adversaire en ridicule? On en aurait ceriaieeinenl beaucoup de sujet, puis(|iie c'esl une chose assez [ilaisanie de voir un homme qui se débat, (pii raisonne eu l'air, qui se travaille à faire des calculs, l'auto d'entendre le fiançais, ou de prendre garde à ce qu'on lui dit. .Mais j'aime mieux me contcnlcr de le désabuser simplement, en lui découvrant la cause de son erreur, qui est (pi'il lui a plu de faire une seule lettre de deiiv lollres deCérulaiitis, que l'on avait expressément disliiguées. Voici les paroles dont on s'est servi eu par- ]m.[ de Cérulariiis el de Léon, é-êpie d'.Acride (iJ). Ces ennemis si iiassionnés de l'Eglise occidentale, qui la déchirent si outrageusement siiT ie sujet des azymes, ne s'étant jamais avisés de lui reprocher itu'elle errât dans la foi du mystère de l'Hucharislie, quoiqu'ils aient écrit contre les Latins, et au même temi-s, et un peu après que le pape Léon eut condamné l'érenger en deux conciles d'Italie, l'un à Home, l'autre a Verccil; on en a conclu qu'Us étaient d'accord avec l'IùjHse romaine dam
(1) 3'Rép., p.Siô.
(2) Voyez Perpét., toui. 1.
i.îVRE SECOND.
ta doclrir.i de la présence réelle quelle msehjnait lumtemcnl tn ces temps-là.
Ces p;iroles maniiieiit visiblement deux loUrcs, puisqu'on y assigne deux icmps difféienls, et que l'on dit qu'ils cciivircnt, et au même temps, et un peu après que le Pape eut condamné liérenger en deux conciles. Or, jamais personne ne supposa que la même loUre ail été éciile en deux tenips diflerenls. Et, en efl'et. la vcrilé est que Cérulaiius écrivit deux lellres remplies de reproches contre les Laiins; l'une eu 1053, ce qui a fait dire qu'il avait écrit au même temps que BérengtM-fut condamné, car il le fut cetie année-là; et l'anlre, l'année suivante, à Pierre, patriarche d'Anliothe; et c'est celle qu'on a eu en vue ipiand on a dit qu'il avait écrit un peu après. Elles sont tontes deux également aigres contre les Latins, et il n'e>t parlé de l'Eucharistie, ni dans l'une ni dans l'autre, qu'en ce qui regarde les azymes.
Ainsi ce qu'on a dit est exnclemenl véritable; et si Cérniarius n'était pas encore inforuié de la condamnation de Bérenger quand il écrivit la première, on a droit (le supposer qu'il l'était (piand il lit la seconde, ce qui suKisail à l'auteur de la Perpétuité.
Cependant, parce que M. Claude voulait éluder cet nrgiunent. et qu'il trouvait qu'il était bon de le faite en reprochant à son advcrNaire une faute de chronologie, il ne lui a [»as plu d'enlendre des paroles si intelligibles; mais de deux lellres distinguées par les diveis temps auxquels elles ont élé écrites il n'en Uh qu'une seule lettre, et sur ce faux prétexte il fait Iruis pages de raisonnements en l'air.
Ce serait en vain qu'il ré|)li(|uerait que ce qui l'a porté à ce sens est que l'on parle des lellres écrites par Cérniarius et Léon d'Acride conjoiMlemenl, et que la seconde n'était écrile que par Cérniarius seul. Car il n'y a point de personne, qui entende le français, ipii ne demeure d'accord (pie pour vérifier cette e\pressi )u que Céi ularius et Léon d'Acride ont écrit .les lellres contre les Latins en deux divers temps, il n'est point nécessaire qu'elles soient toutes deux signées par tous les deux, et qu'il suflit (pi'il y ait eu deux lellres écrites, et (pie ces deux personnes y aient eu part. Et M. Claude est moins eu droit que personne de chicaner sur celle expression, puis(iu'd s'en sert lui-même d'une manière bien moins exacte, et à laquelle ou aurait raison de trouver à redire, si l'on él;iil aussi pointilleux (jue lui. Michel Cérularius, ditil (I), patriarche de Constanlinople, et Léon, évêiiue dAcride, ayant écrit quelques lettres contre l' Enlise romaine à l'ierre, patriarche dWnlioche, et à un évé'iue de la Ponille, et aijant ensuite fait fermer les éçilises des Latins qui étaient à Constanlinople, le pape Léon s'en émut extrêmement. Ces d(!ux lellres au patriarche dWnlioche et à un évéque de la Ponille, dont parie M. Claude, sont les deux nièuies (pi'oii a marquées dans !e livre de la Perpéiuilé en les lapportanl à deux temps difiereuls, au même temps, et un peu après la fondamnalion de Bérenger. Or M. Claude pail >nt de imites deux, dit qu'elles oui élé écrites par Michel Cérularius et par Léon , évêipie d'Acride. il a donc cru qu'il snl'fisail. pour parler ainsi, qu'elles fussent tontes di'ux de Miciiel Cérularius, et (pie Léon d'Acride eùl signé dans l'une, quoiipi'il n'ait p:\s signé d.tis r, 11, Ire. Et ainsi (pie devieiniront ses longs calculs et sa belle pointe, qu'on abrège les temps pour amplifier les matières?
Mais quelle est de plus l'exactitude de ce censeur qui s'attache aux moindres apparences de fautes de chronologe pour insulter à son adversaire ? Peuton nicr(|ue'la manière d(mt il parle de ces deux lettres ne fisse celte impression dans l'esprit de ceux oui lisent son livre : que la leltre à Pierre d'Aulioche fui érrile avant ceUe qui s'adressait à un évèipie de la Poui:ie; (;uc ce fut en suite de celte lettre au patriarche d'Antioche que les églises des Latins furent fer-
{i) j-r.éisl'. 113.
niées à Constanlinople, et que le pape Léon s'en émut. Cependant toutes ces idées (|uc donnent les paroles de M. Claude sont f.iusscs. La lettre à Pierre d'Auiioche ne fut écrile qu'un an après celle qui s'adressait à cet évèiiue de la Pouille. Les églises latines de Constanlinople ne furent point fermées eu suite de la lettre au patriarche d'Antioche , puis(|u'el1es l'éiaient une année auparavant qu'elle fôt écrite ; et non seulement M. Claude ne sait pas si le |)ape Léon s'émut de la lettre écrite à Pierre d'Antioche; mais il ne sait pas même s'il l'a jamais vue. 11 eût élé bon, sans doute, qu'il eût parlé plus exactement d'une histoire sur laquelle il chicane si injustement les autres.
XVII' REMARQUE. — Parolcs de M. Claude, p. 351.
« D'ailleurs, Hiimbert ne dit pas ce que M. Arnauld lui fait dire, que le pain est fait le corpit individuel, it dit, corpus singulare, le corps singulier, c'est-à-dire le corps (pii appartient sinimlièrcment cl uniquement h Jésus-Christ, et non au Père et au Saint-Esprit ; et il
y a tant d'AVELCLEMF.NT ET DE MAUVAISE FOI claiis Cette
traduciiou , que je ne puis l'impulcr à M. Arnauld. Il l'a faite, sans doute, sur le recueil de (pielqu'un de ses amis, et non sur le texte même de Humberl; car quelipie grande que soit sa piéoccuiiation , cl quelque amour qu'il ait pour les illusions, je ne puis croire (pie pour un aussi petit avantage que celui qu'il peut tirer de sa FAUSSE traduction, il eût voulu nous donner une aussi mauvaise ()|)iniou de lui. Voici ce que dit llumbert : Le pain azijme étant ainsi préparé , est fuit par Pinvocation fidèle de toute la Trinité le corps véritable et singulier de Jésus-Christ, non, comme le veulent les théopaschites , le corps du Père, du Fils et du Saint' Esprit. Ce qu'il semble que vous croyez aussi , puisque vous dites que l'azyme n'est pas fait participant du Père, du Fils et du Saint-Esprit; car il faut sous-entendre, comme le pain levé en est fait participant. Quittez ce tnauvais sentiment , si vous ne voulez être condamné avec les théopaschites. Dans la commémoration de la passion du Seigneur, la sainte et impassible Trinité n'a rien de commun que la seule consécration, oii toutes les personnes coopèrent. Car la mort de l' humanité seule du Fils de Dieu est célébrée dans ce sacrement visible , l'apôtre disant : « Toutes les fois que vous mangerez de ce pain , et boirez de ce calice , vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. > Le Seigneur même, dans cette particulière commémoration, donnant le pain à ses disciples, leur dit : i Ceci est mon corps, qui est livré pour vous, i Le mien, dit-il, lequel, par lu grâce du Saint-Esprit , moi qui suis la Sapience du Père éternel, je me suis édifié comme un temple en quarante six jours dans le sein d'une vierge immaculée. On voit évidemment ce que veut dire le singulare corpus Christi de Iluiubert , c'est-à-dire le corps que la seule seconde personne a pris , et non le l'ère ni le Saint-Esprit. Faire de là le corps individuel de Jé-us-Christ pour en conclure la transsubstantialion, est une erreur si grossière i:t si ridicule , que si M. Arnauld eu eût Irouvé une semblable dans mes écrits , de riiunieur dont il parait, il en eût l'ait au moins un ciiapilre. Je me contente de l'exhorter à y prendre garde une autre fois. Cl à ne travailler plus avec laiU de coulianco sur les mémoires d'autrui. »
RÉP.-iNSi:.
Ou voit de (pielle manière M. Claude parle en cet endroit, et couiiik! il eiilasse les reproelies d'aveuglement, de mauvaise foi, d'amour des illusions, de fausse traduction, d'erreur grossière et ridicule , de confiance sur les mémoires d'autrui. El on le délie di; trouver d ms tout ce qu'on a écrit contre lui rien rpii approche de, la dureté de ces termes. Ce n'est pas tontelois de quoi ïoii se plaint; ou lui en pcrinel de hou cœur l'usage, pourvu qu'il les aiiplique avec justice. 0,i lui dit S(,'Uli-îmcnt que pour s'en servir il faut avoir elaireinenl raison, et que les hommes ne soiiffi eut pas des termes si durs dans les choses tant soit peu douteuses, ^uo
RÉPONSl-: GÉ.NÉRALK AU NOUVEALi I.IVRE DE M. CLAUDE.
«'il so lioiivail que l)ieii l<>iii d'avoir raison, il tûl luiiiUMiio <('rlaini'iiiciil i(Ml, ce sérail un e\(è-; peu par <i'n:ialile, ei (pii lerail voir (|ti"ii ne se posédail giièie (|iiaii(l il a écrit tout cet cndroil. C'est donc ce quû iaii| examiner.
Sa |>iaiiile esl fondée sur ce (pic, <lans le passage de Ilnniiierl , (pi'il rapport/*, on a traduit les mois de rfihiii cl siuijnlare co) pus Cliiisli par cenx de corps vérilubie <7 iiitiiiidiivl de Jésus C'irist ; cl il pi étend (|u'il Jallaii Iradiiire, le corjis véiilitble et singulier de Jésus- Cliiisl. Mais lions soinines bien éiois,'nés d'èlre d'accord siircepirnii ; car je lui soniiens<|u'il ne lallail point du loiit traduire ce ()as>age par les mots dti corps siixjuiier, el (pi'il le lallail Iradniie par ceux de corps individuel. La preuve du pieniier point esl facile. C'est «|iie le mol de siinjulier n'est pas français dans le sens <;iie M. Claude y voudrait donner, el (|u'il porterait l'csjirit à nu autre sens qui serait clairement faux. On se sert en français du mot de singulier pour sij^nilier rare, excellent, extiaoïdinaire , éloigne du coiiimnn. On s'en sert aussi en mauvaise pari, comme (piaiid on dil qu'un homme esl singulier, c'e.-l-à-dire qu'il est d'une Inimcur pai tii ulicrc , el qu'il a des façons de faire (|ui ciioqucnt le monde. Mais on ne s'en sert |ioiul du tout <i:ms le sens ampiel M. Claude le veut «•nq)|nyer, (pii esl de signilier ce (pii appartient eu propre à quel(|n'un.
l'ersonue n'a jamais ~dil, par exemple, (ju'il a un !ialiit singulier, (ju'd a une terre singulière, pour signilier «pie cet liaiiit ou cette terre lui appartiennent. On ne dira point aussi que l'on a lu l'ouvrage singulier de. M. Claude, p'iir signilier qu'il en est l'unifinc auteur, el que personne n'y a travaillé cpie lui. .M. Claude a donc tort de noiiS vouloir obliger à parler d'une manière non seulement barbare , mais fausse , pnis(]ue ces mois de tvrps vcriluble cl singulier de Jéms-Clirisl ne signilient autre cbose en français que le corps vcrilable cl cxcelient de Jésus Christ; ceiiui n'est nullement la | cnsée lie lluniheil.
Mais roxclnsion du scn> mélaphoriquc du niots/nijuiier fait voir en niènie tcuips qu'on le devait Ira- «iiiire par le mot A" individuel. Toute la philosophie de récole prend pour la même chose un individu el un bingulier; ci; (jii'ils appellent individnalio , cl ce qu'ils appellent singulnritas; et ce sonl des termes absolnineiit syu'.mymes dans leur langue. La grammaire donne aussi le même sens à ces lernies; car celui iViudividucl maripie une chose qui ne se divise point à plusieurs sujets , comme toutes les clio.-es comniiines ; et c'e.vl proprement là l'idée que forme le mot «le siH(/((/«n'*dans sa signiiication littérale. Lnlin tonle la suite et les circoiistaiicesdii pass;ige font voir(|u'ori lie pouvait mieux traduire le mot de singulare i\w. par celui d'n/t//('f(/i(e/, et il i'allait (jucM. Claude lût en une étrange humeur pour y avoir trouvé à redire.
1" il est certain qn'llmiibeil croyait que le pain étiiil changé au corps iiulividuel de Jésus-Christ; el quand un homme qui le croit s'exprime par ces mots, que le pain fil rernni el sinijnUire corpus Chrisli , on a toute sorte de sujet de couehirciiuc par ce corps qu'il iqipelle singulier, il cn:cnd le corps individuel de Jébiik-t^lirisl.
•i"* Celle épiticle de verum déterminerait le mot de singulier à signilier le corps individuel, «piand il serait ambigu ; car il n'y a (jne le corjis individuel de Jésus- Christ tpii soit son vrai corps.
Mais ce qui ne soulfie |)oint de repartie , c'est (|uc llunibert s'expliipic dans ce jjassage même, et lait voir (pi'il entend par ce corps (pi'il appelle singulure le ■ corps individuel de JcMis-Chrisl, c'est-à-dire son corps naturel, le corps né de la Vierge , le corps .]u'il s'est mii par rincarnatioii. Car le Seigneur wénie , dit-il, dmis celle parlicuUère comniémoruiion, dunnanl le pain il ses disciples, leur dil : Cce.i esl mon corps, qui esl livré pour cous ; le mien, dit-il, lequel, pur la grâce du Sainll<sprit, moi ijui suis la Sagcbse éternelle', je me suis édifie (.•jmnie n:i tcmylc en (juaruiile iix juun dans le sein
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d'une vierge immaculée.
Il esl visible que ce qu'il avait appelé dans lo cointni'iHC\noMli\n\K\ss\'^i'f verum et singulure corpusClirisli, il l'appeliit ici le corps que la Sagesse éternelle s' esl formé dans le sein de la Vierge. Il ciilend donc le corp.i naluiel de Jésus-Christ, lis corps i;é de la Vierge, c"e l-à-dire son corjis ind.vidnel. Or, il est ahsohimenl ridicule lorsqu'un auteur pa'b; du coips naturel de Jésus Christ, el qu'il ap|ielh- c; corps naïuiel corpus suigulare, de prétendre (|ir<>n ne p mu pas traduire cc« iiiols par cenx de corps in.lividiiel.
C'est en vain que .M. Claude objecte qu'Humbcrt ne prélend prouver autre clio'c, sinon (pie ce n'est pas lo corps de UmiIcs les irois personnes, mais de la seconile seulement. 11 est viai; mais n'est-ce |tas le prouver parfaiicmeni cpie de dire que le pain e-l Tut le corps individuel de Jésns-< lirist"/ ln<liviilnel n'élait-il pas opposé à couimiin ? Kt n'est ce pas une cuuséqnencc j isic que de dire , c'est le corps individuel d(! Jésus- Christ : d(Mic ce n'est pas le corps de toutes les trois persouiHS.
Ainsi, d(! (piel!|ue manière que l'on considère celle i CChSiiiede M. Claude, on a peine de revenir de l'élonneincnt qu'elle cause, il coudamne une Iraduclion très-exacte, el eu subslitue une fausse et barbare. Il cîiarge les gens d'injures, il triomphe, il insulte, il calo.iinie, et ne dit rien cependant où il y ai; appaicnee de sens conunuii.
CllAPlTKE XL
Examen d'un reproche de M- Claude sur le sujcl de
ÎSicolus de Méllwne.
XVIIi* REMAnQL'E.
îiC dessi'in que j'ai de traiter ce que M. Claude allègue lonchaiil les Grecs, dans sa place naturelle , m'^iyanl porté à réserver la plupart de ses faux raisoiireincnls pour la suite du livre de la Pci pé'-uiié, el en ayant déjà marqué un assez gr.md nombre dans le second tome, (pii doit bientôt paraîire, c^tnime tout ce (pi'il dit pour montrer que les mots de changer an corpi de Jésus-Chrisl, au vrai corps , au propre corps de Je ■ sus-Christ, el autres semblables, sinit termes généraux (\\n ne prouvent rien, cl toutes les léllexinns (p.i'i! fait sur le sujet de saint Cyrille, de Victor d'Antioche, d'iMitychiiis, de Tbéophilacte.de Zonare, d'Iùitymius et de Nicolas de Mét!;one ; je me réduii'.u ici à cpiei- «iues accnsalions personnelles, dans li-s(|uelles il lait |):irailic une complaisance particulière. Ou peut j;;ger de celb- (|u'il a eue dans le reproche (jue nous allons raiporler ici, par l'air dont il le propose. Paroles de M. Claude, p. -ioT.
< Nicolas de Méihone coiiliniiant sou discours: Penléire (jue vous douiez de ce mystère , ci que vous ne le c) oyez pas, parce que vxjns ne voyrz ]>as delà chair el du sang; il aura voulu dire, selon M. Claudc,t\\l M. Arnanld, jieul-èlre ne croyez vous pas que le juiin et le vin cunlienncnClaverlu du corps el du sauq de Jésus-Christ, parce que vous ne voyez pus de la chair el du sttng, comme s'il fallait qu'il parut de la chair el du sang, afin qu'on croie que le pain et le vin en conlienmvl la vertu. Jl^e raisonnement , -yioMa t-il, de ces gens consistera, selon M. Claude, dans un plaisant argument : si le pain et le vin contenaient la vertu du corps de Jésus-Christ, il paraîtrait de la chair et du sang dans l'Eucharistie. Or il n'y parait ni chair ni sang. [)onc ils n'en contiennent pas la vertu. Il ndiaus e celte rencirque d'un exemple pris de mon livre, lequel coniienl , dit il , moralement uv.\ vertu; de sorle qu'on pouriait demander ponnpioi ma personne ne parait pas dans toutes les chambres où on lit mon livre.
« il y a tant d'erreurs dans tout ce discours, qu'à peine puis-je croire qu'il soit di; M. Arnaiild. 1° Quand on attribuerait à ces tloulanls i'argmneiit (|u'il a formé, il ne le saurait appeler argument plaisant, et raisuniianenl ridicule, comme il lail, à moias (jne de .se cemballie lui-môiUC, ci dcliaiferde ilaiL-anl el de