‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 45 sur 323 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

dans ce reproche. EicepeiiJaiilc'osl ce qui se irouvc efleclivement.

Ceux mêmes qui ne connaîlraienl pas l'nuleurde ce livre ne le poiuraieiU pas soupçonner d'avoir ioiioré que !e niol grec cw/z-a ne se pou vail joindre avec le parli cipe ffpK'/îvTa, el qu'il fallait dire <sG>!J.a. afuyh, puisqu'ils peuvent voir ces mois ainsi écrits dans la page 316. D'où vient donc que l'on dit ensuite que Cabasilas cppcUe locoips de Jésus Clirisl qui est dans l'Eucharistie, afxyhra. Cl nou pas o^a/îv, couiine le demande le genre du mol grec <j£>/j.a.l C'est pour deux raisons indubilablts, el que M. Claude aurait sans doute aperçues, si l'envie de reprocher une faute de grammaire ne l'eût ébloui.

La prcniière est que l'on fait accorder le mot de cjya/ivTK non avec le mot grec owua, mais avec le mot français corps , qui est expressément marqué ; ce qui est très permis. Or le njol français est masculin, et non pas neutre ; la langue française, non plus que les orieulales, n'ayant point de genre neutre, et par conséquent il demande un adjectif masculin, et nou pas neutre. Où est donc la faute de granmiaire ?

La seconde est que le mot de sfayi-jrv. est détaché d'un passage rapporté dans cette même page, où il y a cflectivement cfv.yhrx el non pas açja/jv. Les termes de

ce l»assage portent, où isfu.r:ojj.i-icu irt-i tzaGra Tsûây^à TOÛ «prou y.£Taga)./o/iivou st; Tov !s^v:jvi-v. ày.vov : (le

sorte qu'eu répétant ce même passage, cl y substiln;inl le mot propre de corps au lieu du mot métaphorique i\"Aijneau, dont Cabasilas s'était servi , ou a retenu néanmoins le propre terme de s^jayévTK, parce qiie l'on voulait marquer précisément comme il y avait dans le grec, el que c'esl une chose très-permise de rapporter les mots grecs matériellement et sans les changer.

Voilà ce qu'une autre personne plus retenue que M. Claude aurait considéré , au lieu de se hasarder de faire remaniuer dans une préface qu'il devait rej>roclierdes fautes de grammaire r|ui ne se trouvent, dans le fond, que des surprises de sa part.

11 y était d'autant plus obligé qu'il a (pielque sujet ù.* se défier de lui-même dans ce genre de science, et (ju'il pouvait craindre qu'on no lui reprochât des fautes dans l'inlelligence de celle langue, qui ne seraient pas des surprises, comme quand, pour se justifier de ce qu'on l'avail accusé d'avoir traité sans raison ceux (jui linrenlla place des patriarches d'Orienl dans le second concile de Nicée de gens xdxoU , il nous cile une lettre insérée dans ce concile, où ces religieux s'appellent eux-mêmes iotwT«5, en prétendant faire voir par là qu'il ne s'était servi (pjc des propres ternies de celle lettre (\). Ce qui montre qu'il s'est imaginé (|ue le mol français idiot répondait au mot grec 'tSicjT/î5, en quoi il s'abuse. Car le mot français marque 1.1 privation de l'intelligence iialrirclle , au lieu que celui d'' Siiizr,; en grec ne signifie qu'un liouune qui n'a pas étudié, quel<iue esprit naturel qu'il puisse avoir.

Il ne fait pas paraître plus d'intelligence dans la Iradudiou de ce passage d'Eutychius, patriarche de Conslanlirio|ile, «-/wv x«î Çwonotàv kT/xx toû Ku^îov zoi-, KVTiTÙTtot^ 8;ti65//£vov. Carau lieuqueccs mots sijtnifiiMit iliie le corps de Jésus-Christ est mis dans les antilypcs,. ■coïi à-nirÙMii l-jzidiixi-jo-j, coumic Aubcrtin, qui certainement élaii habile dans celte langue, l'a fort bien reconnu, en traduisant ce passage par ces mois, anlitijpis indinim ; M. Claude s'arrêtanl à une traducliou ridicule de Volphius qu'il cite dans sa seconde Réponse sur ce point môme, traduit, te corps cl le sang {de JésnsCltrisl appliqués aux anlitijpes. Et il en croit 'icllemenl son traducteur, qu'il en tire un argimient Idiinsson dernier ouvrage. Peut-être, dit- il (2), M. Ar- ^nuuld n'a-lAl pas goûié celle expression que le corps el (j sang de Jésus Clirisl sont appliqués aux auiilypes, a\ marquant ce mol d'appliqués en iialiipie, tant il se ri-oyail assuré que le mol èvTiSs/itvov signifiait appliqué. i'Q (pii Ciîl néanmoini Ircs-faux ; car encore qu'on

(1) 3' Rép., p. 319.

P. DE LA F. III

traduise quelquefois ce verbe par celui àlmpono, ce n'est que lorsque l'on peut dire selon divers égards qu'une chose est dessus et dedans, comme ou piMit lo dire oes marrliaudises dont on charge les navires ; mais absolument parlant l^Ti6kfj.'.-joj signifie , non ap pliqué, irnpositum, comme le traduit Volphius , mais indilum, conmie le traduit Aubertin. El c'est nu)nlrer peu d'intelligence dans celte langue que de n'avoir pas seulement suivi deux fois sa fausse ir.iduciion, mais d'y avoir insisté, comme étant l'unique que l'où pût donner à ce passage.

On pourrait citer encore à M. Claude d'aulres exemples, et lui faire voir qu'il a quelque iniérél de ne se piquer pas d'une criiique si exacte, el que ce n'est pas en quoi il excelle. Riais il y a lieu de croire qu'il ne nous obligera plus à lui donner de ces sortes d'avertissements, et que l'iïxpéiiencG du mauvais succès de ces remarques de grjiminaire le poilora à y prendre garde une autre fois de plus près.

XXll' REMARQUE.— Paro/es de M. Claude, pag. 4.77, I Je dirai donc seulement que M. Arnanld a abusé caplieiisemenl de mes paroles Inuclninl les huit premiers siècles , lorsque je les ai appelés les beaux jours de l'Eglise, les jours de bénédiclion cl ds paix, où, les pasteurs avoicnt soin d'instruire leurs troupeaux pour éclaircir el ôter toutes les difficultés qui pourraient naître de ce qu'on appelait communément le Sacrement le corps de Jésus-Clirisl. i" J'ai joint tous ces siècles ensemble lorsijue j'en ai parlé de la sorte , el M. Arnauld n'en considère que les deux derniers , laissant les six :!Uires, comme s'il fallait prendre ce que j'ai dit de ces deux derniers seuls et à part. 2". Dieu (pie les deux derniers soient compris dans le nombre des huit, on n'a jamais pourtant entendu que le titre de beaux jours de l'Eglise, de jours de bénédiclion el de paix, appartînt à tous également. Les plus beaux jours ont leur déelin , et quoi(|ue leurs dernières heures qui apprdclient le plus de la nuit soient plus obscures que celles qui les oui précédées , on ne laisse pas néanmoins de les comprendre avec les autres dans le nom di;s beaux jours, parce que l'on sait que quand on distribue le sens de ces sortes d'expressions à toutes les parties, ou à toutes les heures, les personnes raisonnables font celle dislribulion à proportion de ce (jue chacune en mérite. Ne se moquerait-on pas d'un homme qui chicanerait en disant qu'où a tort d'appeler beau jour un temps où il n'y a presque plus de clarté, sous prétexte que la dernière heure qui louche la nuit est beaucoup plus sombre que les autres? Or c'est justemenl ce que fait M. Arnauld. Il piéicnd que c'est mal à [uopos que j'ai ap()elé les hu:l premiers sièclas les beaux jours de l'Eglise , puisque les autres ministres a.-surent que le sepiième cl le hniiiènie, c'esl à-dire les deux derniers, furent des siècles d'ignorance elde superstitio;i. l'our dissiper toutes ces sublilitës, il ne faut quj disiiiiguer deux égards auxquels ou peut considérer ces deui siècles , ou par comparaison aux précédents ou par comparaison aux suivants, Dans le premier, ce furent des siècles, d'ignorance et de superstition. Dans le second, ce furent les dernières l»eiircs des beaux jours de l'Eglise, ou les approches d'une nuit. C'esl-à dire en un mol que, quoique la connaissance el le zèle y souffrirent beaucoup de diminulion, cl que plusieurs erreurs iroublasscnt alors la pureté de la religion; si est ce que ce n'était rieii au prix de ce qui arriva dans la suite. C'est le jugement que je croi.s qu'il faut faire lorqu'ou en parle générulemenl. >

RÉPONSE

Si M. Claude avait pu se persuader une bonne fois que s'opiniâtrer à défendre une absurdité n'es< pas la diminuer, et que c'esl au tontr.iire l'augmenter {Cinquième.)

HÉPONSl'

GÉ.NÉRALE AU NOUVEAU LIVRE DE M. CLAUDE

ri faire paraîirc un défaut de inteurs en pensant se iMSlificr d'un défaut d'esprit , il se serait épargne l.ciucoup de ucinc , et aurait pris un parti beaucoup (lus lionnêle. Il était particulièrement oblige de praliiiii -r celle règle sur le sujet de ces beaux jours , parce que ce qifou lui avait r.-procbé éiait d"un certain relire qu'il était de sou intéièt d'éviter d'y appliquer (hi nouveau le momie. Il devait juger qu'il éiail impossible de faire trouver bon (ju'il eût compris sou< le nom de beaux jours de CEglm, de jours de bénédiction el de paix , deux siècles enliers que ses confrères accusent d'un débordement prodigieux de vices , de superstitions et d'erreurs , et dans lesquels ils avouent (Mix-niêmes que presque tous les dogmes qu'ils condamnent daiis l'Eglise romaine comme des bérésics damnables, étaient uéiiéraleiiHMit reçus par l'église d'Orient et d'Occulenl. "Mais sa délicatesse n'ayant pu souffrir cereprocbe, il a voulu à quelque prix que ce soit s'en jusiilier, (îl il est tombé justement par là dans l'inconvénient qu'il devait avoir piévii , qui est d'aiigmenler sa taule par les sopbismes dont il se sert p nu- !a couvrir.

H dit donc que les beaux jours ont leur déclin , el que quoique les dernières bernes qui approcbent le plus de la nuit soient plus obscures que celles qui les ont précédées, on ne laisse [las néanmoins de les comprendre sous le nom de beaux jours. Mais il est étrange qu'un liomnie aussi subtil que lui n'ait pas rccomiu combien colle comparaison éiail peu juste. Car y ayant diverses beautés dans les jours, et les licures obscures ayant aussi leur beauté, il n'est pas étrange qu'on les comprenne dans les be;;ux jours. Mais les siècles d'aposlasie , de superstition et d'erreurs damnables, Il'8 siècles du règne de l'Anleclirlst, ne participent en aucune sorte à ce que les hommes conçoivent sous les mots des jours de l>énédiction el de paix.

11 devait de plus avoir remarqué qu'un jour csl un tout naluiel cum|.osé de certaines parties que tous les bommes enferment sous le mot de jour. Ainsi en le considéiant comme un loul que nous n'avons pas foimé, nous lui donnons souvent des noms qui ne lui conviennent que par quelques-unes de ses parties, parce (ju'il ne nous est pas libre d'en relran cher celles que nous voulons. Mais il n'en est pas ainsi quand il s'agit d'un lout ipie nous composons à noire fantaisie : et où nous ne comprenons que ce <iui nous plaît. Car alors on aurait tort d'y vouloir comprendre ce qui ne participe point à la qualité que nous y considérons. Par exemple, on comprend bien les beures obscures dans les beaux joui s, mais on ne les comprend pas dans les heures claires , parce (pril nous est libre de réduire ces beures claires à ici nombre qu'iLnous plail , et (juo rien ne nous oblige d'y comprendre les beures obscures.

Or ces siècles qu'il a plu à M. Claude d'appeler /es beaux jours de rEijiise ne formaient qu'un loul de ce dt rnier genre, il en élail l'auteur, el il lui était libre de les lé.iuire à tel nombre (jw'il lui plaiiaii. Il ne devait donc y donner entrée 4,u'.iux siècles qui paitieipaient à la qualité pour bniiielle il les appelait beaux jours, qui est d'être des jours de Ijéiiétliclion et de paix. Ainsi comme il est ridicule de donner celle qualité à des sièrlcs »pie l'on piélcnd avoir été remplis de super-lilions damnahles , reçues généralement dans l'Eglise , il est ridicule aussi de les comprendre au nombre de ces siècles (lu'il lui a plu d'appeler des jours de bénédiclioii et de paix.

La seconde raison cpie M. Claude allègue n'est pas plus solide. 11 dit que ces siècles soiil du nombre des beaux jours , en le comparant avec ceux (pii ont suivi , quoi(prils ne le soient pas en les comparant avec ceux qui les avaient précédés. Mais selon quelque divers égards que l'on con-

sidère des siècles , le langage des hommes ne souffre i>as qu'on appelle des jours de bénédiction el de patx un temps où le diable possédait toute l'église visible , selon les ministres , et la tenait asservie à des superstitions détestables. On n'a point rimaginalion assez flexible pour allier ensemble des idées si opposées. On ne donna jamais le nom de pieux et de saint à un voleur el à un adultère , ni celui de sain et de fort à un homme îiialade d'une maladie mortelle , parce que l'un csl moins méchant qu'un homicide et un alliée; cl que raiilre n'est pas si faible qu'un homme qui est près d'expirer.

Ces mots de jours de bénédiction et de paix donnent l'idée de quelques bénédictions réelles qui excluent au moins les erreurs damnables , comme celui d<i sainteté exclut les désordres criminels, et celui de santé les maladies morlelles. M. Claude devait consulier un peu davantage le sens commiim et l'usage des langues, et ne pas s'imaginer que l'on se puisse sauver de tous les mauvais pas par une fausse pensée cl une vaine distinction.

XXlll' REMARQUE. — Pavoles de M. Claude.

« Je demeure d'accord que le second concile de Nicée fut assemblé l'an 787, dix ans après la mort d'Etienne Stylite, si on s'en rapporte à l'auteur anonyme qui a écrit la vie de cet Etienne ; et je reconnais par même moyen que dans l'exacte chronologie on ne peut pas dire qu'après ciu'Epiphane eut censuré dans le concile de Nicée les mois de figure cl d'image, Etienne Slylile ne laissait pas de dire : Bannirez-vou-i aussi de l'Eglise les figures du corps et du sang de Cbri^l? Mais M. Arnauld n'ignore pas que l'écrit qu'Epiphane lut n'eût élé composé avant la tenue Ue ce concile, et qu'il n'eût pu être vu par Epipbane. »

RÉPONSE

Voici encore un exemple assez étrange de ce mauvais caractère, qui fait qu'on ne saurait se résoudre (le bonne foi à avouer aucune surprise, et que pour les défendre on s'engage en des fautes beaucoup plus grandes que celle dont on prétend se justifier.

On avait averti M. Claude que le jeune Etienne était mort vingt ans avant le second concile de Nicée, savoir l'an 7G7, au lieu que le concile de Nicée ne se tint que l'an 787, et qu'ainsi il s'était trompé en écrivant (ju'il usa après ce concile d'un lermc con damné par le concile. Que fait donc M. Claude pour se tirer de cette objection , qui est dans le fond peu considérable, cl dont il pouvait sortir fort bonnéienient en avouant de bonne foi qu'il s'était trompé. Comme 11 aime toujours mieux prendre loul autre parti que celui de cet aveu, il a recours à trois diflérenls déiours qui méritent d'être considérés.

Le premier est de diniianer sans raison sa faute de moitié, en ne faisant mourir le jeune Etienne que dix ans avant le concile, et nous renvoyant sur cela à l'auteur de sa vie (jui le condamne formellement. Car cet auteur rapporte que la mère d'Etienne étant grosse, demanda la bénédiction à Cermain, patriarche de Consiautinople, le jour même de scn installation au |)alriarcat de celle ville, qui se lit l'an 714, sous l'empire d'Anaslase. Or , en ajoutant les cinquantetrois ans de vie que ce même aulcur donne à Eiienne, il se trouve que la fin de sa vie tombe justement l'an 7G7, c'est-à-dire, vingt ans avant le second concile (le Nicée. De sorte que ce relranchemcnt de dix années que fait M. Claude, n'est qu'une nouvelle fauic.

Le second détour est de nouscC-'re froidement que ce qu'il avait avancé ne se pouvait pas dire dans l'exacits chronologie, en mettant ainsi ce qu'il avait dit au nombre des choses qui ne laissent pas d'avoir leur vérité, quoiipi'elles ne soient pas conformes à l'exacte chronologie, commu s'il y avait quel. pie espèce de chronologie selon laquelle on pùl faire revivre nn. b'iiinic après sa mort pour le faire démentir un coir

lHIŒ SECOND.

cile qui ne s"assenil)Ia que vingt ans après.

Mais le dernier est le pins admirable de Ions. C'est, dit M. Glande, que M. Ariiautd n'ignore parque récrit qu'Eppliuiie lui n'eût ]>u être vu pur Etienne. De snrle (|n<; snr ces deux snppcsilions jilianlasliques qiie oel écrit ait é'é lait vingt ans avaiii le concile de Nicée , et qu'Etienne l'ail ixi voir, il prétend avoir qnelqne petit droit de dire, scion une chronologie moins exacte , (pi'lîtienne ne laissa pas de se servir dun terme (pi'Epipliane avait condamné au second concile de Nicée.

Je ne sais pas bien quel avantage M. Claude prétend tirer de ces sortes de réponses : mais pour moi j'aimerais mieux avoir fait cent fanles de chronologie cdinme celle dont on l'a accusé , que de m'èue jnslilié une seule fois de celle manière; et il aurait cerlaincment bien mieux lail de se réduire snr ce pointan silence, comme il s'y est réduit sur le reprociie qu'on lui avait f.iil d'avoir accusé faussement tons les Pères du sec(!nd concile de Nicée d'une délesluble iiiijiosiure, en leur impnlant d'avoir voulu faire passcr ceilains religieux pour députés des palriaiches d'Alex.:ndrie cl d'Antiocho, quoiiiu'il paraisse clairement par les actes mêmes du concile qu'ils ne l'ont pis fait. Car si le nlence ne répare pas tout à-fait un aussi grand eniporlemenl que celui d'avoir accu>é sans raison tout un concWe à'une détestable imposture , au moins il témoigne quelque retenue; au lieu que ces juslilications déraisonnables marquent une disposition toute contraire, et font paratire qu'on ne se soucie nullement du jnjjonicnl do!5 person.ics sagi;s.

CH.\riTRE XIV.

D'une lettre du pape Jean XXII , aux Arwénicns, sur laqitelle M. Claude insulte à l'auteur^ de la Perpétuité.

XXIV' r.i:.\i.vr,Qi;E.

Outre toutes les autres preuves qu'on a déjà vues du peu de fondement qu'a lu louange (pie M. Claude se donne à lui-même, qu'on ne trouvera point d'illusion dans SCS raisonnements, je crois en devoir rapporter une en examinant un des endroils de son livre, où il paraît le plus conleal de Ini-mèine. C'est ce qu'il dit louchani la IcUre du pa|)e Jean XXU aux Arméniens du diocèse de Capha, dont il cile ces parolî'.s dans la page 564 de son livre : Nous avons reçu une extrente satisfaction en apprenant la nouvelle que le tout-puissant créateur de lu lumière, déployant en vous sa vertu, avait éclairé vctre esprit de ses vérita^ blés rayons, en ce que vous avez promis avec serment de tenir inviolablemenl la foi catliolique que la santé mère Eglise romaine tient véritablement, qu'elle enseigne fidèlement et qu'elle prêche, et que vous avez promis obéissance au Pontife romain et à son Eglise, entre les mains de notre vénérable frère Jérôme, évêque de Capha. C'est pourquoi nous désirons ardemment (lue gardant les salutaires doctrines de cette Eglise, vous gardiez ses usages , particulièrement en ce qui regarde le plus excellent des sacrements , qui est le sacrement ineffable de l'Autel. Car encore que tous les autres sa rrments confèrent la grâce sancti/ianle, encelui'ci néanmoins est contenu tout J ésus-Christ sacratnenlellemenl sous les espèces du pain el du vin , lesquelles demeurent, le pain étant Iranssubstanlié au corps de JésuS'Christ , el le vin en son sang. Ce pape ajoute ■- nniédialemenl ensuite ces paroles-ci : C'est pourquoi nous voulons que vous sachiez que la sainte Eglise romaine enseigne, ordonne, observe de mêler de l'eau dans le calice salutaire: iltaqne nosse vosvoluniHS nec latere, 4Uod aquam misceri vino in sulutari calice tenel sancta yomana Ecclesia, prwdicat, prœcipil et observât, t El ces paroles font manifestement voir (|ue la clause précédt.-nle, où il élait parlé de la trans.^ubsianliatioii el de l'excellence de l'Eucharistie , ne tendait qu'à porkr les Arméniens à se rendre exacls dans la pratique de celle cérémonie de mêler l'eau dans le calice. Mais comsiic M. Claude vonl.iit cacher aux lecleurs l'u-

nion de ces deux clauses, il a trouvé bon de supprimer les propres termes de la dernière, cl de la rapporter dans les siens comme une clause toute séparée en cette manière. Après cela, dit-il, il leur enseigna (juil faut mêler de l'eau dans le calice du Seigneur.

II ne s'est pas conlenié de celle supercherie ; il en prend de plus le sujet d'insuUer à l'auleur de la Per-' péluité, parce qu'il avait tiré un aiginnent dt^ l'union de ces deux clauses qu'il a supprimée. Voici ses paroles :

Paroles de M. Claude, p. 5G4.

» M. Arnauld, qui est l'homme du monde le pins admirable en preuves, s'en lail um; de Ci la niènic. Le Papi', dit-il, avait si peu de défiance que les Arméniens ne crussent pas la Iranssubslanliatiun , que quoiquil 1 1 leur propose expressément, il ne le fait néanmoins qn incidemment el par ninnière de principe, pour établir qu'il fallait mettre de l'eau dans le calice avec du vin ; el f< dernier point est celui auquel il s'arièle el qui fait le capital de sa lettre , au lieu que s'il eût en la moindre pensée que les Arméniens n'eussent pas cru la transsitbstnnliation , il se serait sans doulf, mis en peine de la prouver , et de l'érluircir avec encore bien jdus de soin qu'il ne fait le mélange de l'eau dans le calice.

« Que .M. Arnauld me pardonne si je lui dis cpi'il n'osi pas vrai que le P;qte ne propose la transsnbsianlialion qu'incidemment et par manière de principe pour établir le mélange de l'eau. Rainaldus, ([ni rapporte celle histoire, en a mieux juge que lui. Ipsos inslruxit, dit-il, ut in divinis mysteriis substantia panis et vini integris speciebus cnm Chrisli corpore el sanguine commutarelur, et vino consecrando aqua modica effun^ dcnda esset. Je ne crois pas que ce soit m:d fait d'opposer à une illusion de M. Arnauld une vcrilé allisléû par un historien qui parle de bonne f<>i et sans aucun égard à noire dispute. D'ailleurs, qu'y a-t il de moins raisonnable que de dire , comme lail M. Arnauld, que le Pape no propose la iranssubsianliation qu'incidemment el par manière de principe, pour établir qu'il fallait mettre de l'eau dans le calice? Quel i apport y a-t-il entre ces deux choses, et quelle conséquence peiil-on tirer de l'une et de l'autre? II ne s'c^nsuilpas de ce qu'on croit la iranssubslanlialiou qu'on doive mettre de l'eau dans le calice , ni que ceux (|ui n'en mènent pas choquent pour cela ce dogme : ce sont deux points distincts qui ont leurs preuves séparées, sans liaison ni dépendance mutuelle; et on ne saurait peul-être rien impuler à un pape moins digne des lumières et de l'infaillibililé du chef de l'Eglise , que de le faire raisonner diî celle manière. Le pain et le v.n sont liaiissubs anliés. Donc il faut mettre de l'eau dans le calice. M. Arnauld devait un peu mieux ménager riioimeur de ce pontife , el prendre garde (|ue la iranssubsiaiilialion el le mélange de l'eau ne sont ])oiiil dans son discours une manière de principe el nue conclusion , cela serait ridicule; mais une doc- Mine et une praii(|ue que le Pape recoinmande également aux .arméniens, afin que désormais ils soient conlormes à l'Eglise romaine sur le sujet du sacroment de l'Aiilel. Kl c'est ainsi que l'a entendu Uainaldus, plus sincère en cela que M. Arnauld. »

RÉrO.NSE.

Je ne dirai rien à M. Claude sur cet endroil , sinon que n'aimant pas, comme il le témoigne souvent, que l'un lasse son portrait, il devait éviter avec plus de soin de le faire lui-même, el de ramasser en un même heu laiit de caractères de son espril, comme il a i;iil en CCI endioil.

Son peu de sincérité y paraît par la séparation arlilicieuse qu'il a faite de deux clauses que le Pape avait unies par une particule qui manjuait que la seconde ciail une conséquence de la première.

Son humeur msullanie y partit par la bailleur av(îc laquelle il liailc celui qu'il atia.pie en ra|)iielant , l'homme du monde le plus admirable en pretiva. Ce qiii si'Milie en franvais , l'iionmie du inonde ie plus riai'

IlÉi'ONSt: GÉNÉllAL!': Al NOUVEAU LIVHI' Di^ M. CLALHJK.

f u'e cil raisnniiomt'til, oi cela sur le plus mauvais prétcxle du nioiido. Car il est si vrai , comme on l'a remarqué, que celle dernière clause csl une conclusion de la preniicrc, qu'elle y esl joinle par le mol uaqne, qui csl ime parlicidc expresse de conséquence , que M. Cliiiide a trouvé bon de supprimer.

Son peu de justesse y paraît par celle citaliou de Uaiualdus. Car il devait ju;jer par deux raisons qu'elle lui éiait enlièrcmeiil inniiie : 1° i)arce quM ne s'agit ) (S ici d'altesler un fait en quoi le témoignage d'un aislorien peut être considérable; niais de raisonner sur un f.iit ea quoi il n'a d'autorité qu'autant qu'il piiroîi qu'il a de raison : or Uaiualdus n'en allègue aucune ; 2° parce que le dessein de Hainaldus, dans ce passage (|uc M. Claude en cite, n'esi que de faire l'abrégé de li Icllre du pape Jean XXIi,etde maniuer li'S poiuls qu'elle coniient , sans distinguer ceux qui étaient direclemcnl ou indirectement exprimés. Mais il est ridicule de conclure de là qu'il ait prétendu que tous ces points tenaient le même rang dans la lettre du Pape, et que l'un n'était point principe del'aulre, et ne tendait point à l'établir.

Laissant do.iC à part l'autorité de Rainaldus qui n'est d'aucune considération en ce point , venons aux preuves que IM. Claude allègue sur le fond, puisque c'est par là qu'il faut juger s'il a rais in ou s'il a t' ri. Ou a vu avec quelle fierté il les propose , en prélcndaul que l'on a mal ménagé riionneur de ce pape , de lavoir fait raisonner comme l'on a fait : et l'on va voir que tout cela n'csl qu'un sopliismc dont il esl imp:>ssiljle que M. Claude n'ait quelipie honte quand il sera revenu de s m éblouissemont. l/ailLurs , dil il , (■/«'y a-t-il de moins raisonnable que de dire, comme fait M. Arnanld, que lepapene propose la Iranssiibslanliadon qii'incidcmment et par manière de principe, pour établir qu'il fallait mettre de l'eau dans te calice'/ Quel rapport y n-lil entre ces deux choses? et quelle conséquence peut-on tirer de l'une à raiilre?

Qui croirait jamais qu'un homme comme M. Claude piit se iroinpcr si grossièrement que de ne pas savoir qu'il n'est pas nécessaire , afin qu'un doiime tienne lieu d ! principe à l'égnrd d'un autre , qu'il en soit le principe innnédiat; mais qu'il sullil qu'il en soit le principe médiat , c'est-à-dire que l'on en puisse tirer ce dogme par le moyen de quelque autre supposition (pie l'on y joint? C'est à la vériié uu argument qui aurait peu de clarté que de dire par un simple aniliymènie : Le pa n csl iranssubslanlié au corps de .lésus Christ. Donc il faut mcllre de l'eau dans 1 ■ ca- I ce. Mais cet argumont deviendra très-clair ei liés raisonnable, en y joignant une autre proposition en celt(' manière.

Le i>ai i esl transsubstantié au corps de Jésus-Christ. L'Euchiristie est donc le plus excellent des sacrcinonls , ne contenant pas s ulement la grâce, mais l'auteur même de la grâce.

Or il faut avoir un soin p Tliculier de garder les usages de l'Eglise romaine , tel qu'est celui de mêler de l'eau dans le calice, à l'égard du plus excellent des sacrements. Donc il faut mêler de l'eau dans le calice. Voilà comment celle conclusion qu'il faut mettre de l'eau dans le calice, se tire de la transsubstantiation |)ar un cncliaîncmcni de propositions qui sont toutes raisonnables. I»e la traiissuhsiautiation on coachil l'excellence de l'Eucharistie. De l'excelleace de l'Euc'iaristic on conclut qu'il faut avoir un soin particulier d'en observer les usages; cl de là on conclut qu'il la II mettre de l'eau dans le calice.

M. Claude seraii un peu plus excusable s'il avait été obligé de deviner cet encbaînenicnu Mais il est niar- <iué si expressément dans la lettre du Pape, qu'il laul s'aveugler pour rie l'y pas voir.

Nous désirons ardemment, dil ce pape, que gardant les salutaires doctrines de celle ég'ise , vous gardiez ses i'<ages, particulièrement envers le pins excellent des satve'menls, qui esl le sacrement ineffable de l" Autel (^'est donc celle excelleuc.e particulière du sacreihenl ùc

l'Eth haristie, qui esl la cause du désir parliculier que ce pape avait (pie les Arméniens gardassent les usa-es de l'E;.;lise romaine à legard de ce sacrement. Ensuite pour prouver celte qualité du plus excellent des sacrements, qu'il avait donnée à l'Eucliaristie,, il ajoute : Car encore que tous les autres sacrements confèrent .a grâce sanctifiante, en celui-là néanmoins esl contenu tout Jésus-Christ sacramentalement sous les espèces dit pain, lesquelles demeurent, le pain étant transsubstantié au corps de Jésus-Clirist. On voit manifestenicnt que ce qui est dit ici de la traiissubstantialion n'esl que < pour servir de preuve de l'excellence du sacrement: ' comme l'excellence du sacrement de l'Eucliarisiie n'esl alléguée |.ar ce pape que pour montrer qu'il avait raison d'exiger des Arméniens une exac!itu(lc parliculière dans les usages (pii regardaient la céléhialion de ce sacrement, tel qu'était la pratique de mêler de l'eau dans le calice.

il est donc irès-vrai , comme on l'a dit , qu'il n'est parlé de la tra:issiibslanlialiou qu'incidemment et par manière de principe , pour établir la pratitiue du mélange de l'eau avec le vin dans l'Eucharistie; el il n'y a rien de moins sensé que les railleries de M. Claude, qui ne sont fondées que nir ce qu'il n'a |ias voulu concevoir cet cncliaînemenl de proiiositions si clairemenl marqué par ce pape, dans lequel il esl visible que la transsubstantiation sert de principe à celle conclusion qu'il faut me;tre de l'eau dans le calice, par le moyen d'une auire proposition qui lie celle conclusion à ce principe. Ainsi ou a loul sujet d'avertir M. Claude (ju'au lieu de se mettre en peine innlilemenl de ménager l'iiomieur du pape Jean XXIV, qui n'est point dirioul blessé par le raisonnement qu'on lui attribue, il luirail mieux fait de ménager davantage son propicî bo.iiieur, eu s'abslenant de faire, des objections qui léuioiguent aussi peu de sincérité que d'intelligence.

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