‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 49 sur 323 · DES AUTEURS DE LA PERPÉTUITÉ · texte numérisé non relu

DES AUTEURS DE LA PERPÉTUITÉ

La dispute sur la perpéluilé de la foi louclianl TEu cliarislie pouvait être regardée comme finie par le iroisicine volume, et par la Réponse générale qui l'avait précédé; parce que M.Claude, qui a survécu plusieurs années , n'y a fait aucune réponse , et que personne de sa communion n'a entrepris de le défendre, particulièrement sur ce qui regardait les témoignages des Grecs et de tous les chrétiens orientaux. Ainsi les preuves des catholiques demeuraient dans toute leur force , n'ayant pas reçu la moindre atteinte, puisqu'elles n'avaient été attaquées que par des objections vagues , fondées sur des calomnies conlrc ceux qui avaient donné ou procuré les témoignages authentiques produits par les auteurs de la Perpétuité, et sur des faussetés grossières, dont même quelquesluies avaient été réfutées en d'autres ouvrages. Cependant quoique ce qui regardait les églises orientales eût été suffis;immciit prouvé par rapport aux calvinistes , il restait encore plusieurs points à éclaircir, pour mettre la matière dans un plus grand jour. Il n'eût pas été possible de donner alors ces éclaircissements, puisqu'on les a tirés de manuscrits anciens , qui pour la plupart ont été apportés du Levant depuis ce lemps-Ià, ou de pièces nouvelles qui n'avaient pas encore paru, ou enfin des recherches qui ont été faites avec soin sur la foi et sur la discipline des églises orientales.

Il avait d'abord été résolu de publier un recueil entier de toutes les pièces citées dans les premiers volumes , et même on se proposait de les donner djns les langues originales; mais il s'y trouva des difficultés insurmontables. On n'imprima donc que le synode de Jérusalem ou de Bethléem , avec l'attestation solt;nnelle du patriarche de Constantinople Denis, dont les originaux sont à la Ribliothèque-du-Roi. L'Iioniélie de Gennadius et quelques autres pièces étaient traduites et prêtes à imprimer dès ce temps-là. Il ne paraissait pas fort nécessaire de traiter de nouveau la conformité de la créance des Grecs avec les Latins sur l'Eucharistie, puisqu'il n'avait rien paru de la part des prolestants sur ce sujet , que des dissertations très-courtes et sans aucunes jireuves de M. Smith , qui avaient été solidement réfutées, et le peu que les autres avaient répandu en divers ouvrages contre les autorités rapportées dans la Perpétuité n'éiait que des répétitions de diverses objections frivoles déjà réfutées.

On vit paraître enfin l'ouvrage intitulé : Monumenti authentiques de la créance des Grecs, dans le titre duquel l'auteur promettait de faire voir la fausseté de toutes les attestations produites dans la Perpétuité ,

(1) Ici commence le volume 4 de la Perpétuité.

P. DE LA F. IIL

et à l'occasion de quelques lettres de Cyrille Lucar qu'il fil imprimer, il entreprit de montrer que cet apostat n'avait rien exposé dans sa Confession qui ne fût conforme à la créance de toute l'église grecque; que tous ceux qui avaient écrit le contraire étaient des Grecs latinises, et que les décrets du synode de Jérusalem étaiint l'ouvrage d'un imposteur, qui , par le scandale que ses nouveautés avaient causé, avait été chassé de son siège patriarcal , nouveau système s'il en fut jamais. Quoiqu'il ne fût pas difiicile de reconnaître que cet écrivain ignorait généralement tout ce qui avait rapport à la question, plusieurs personnes très-habiles jugèrent ncanuioins qu'il ne fallait pas laisser cet ouvrage sans réponse, puisqu'à moins d'avoir fait une élude particulière de ces matières, on devait être frappé de la hardiesse avec laquelle l'auteur avançait les plus grandes faussetés louchant les Grecs et les autres chrétiens orientaux. On remarqua, de plus, que , nonobstant le peu de réputation qu'il avait parmi les calvinistes, son ouvrage avait trouvé des approbateurs , ce qui fit juger que , dans quelque temps, on le mctlrail au nombre de ceux qui avaient solidement réfuté les livres de la Perpétuité, en détruisant l'autorité des actes qui en faisaient le princip.il foiidemenl. Ce fut ce qui engagea à donner au Iiul'lic la Défense de la Perpétuité de la [oi, où on a fait voir si clairement, et par des preuves si positives, l'ignorance, la mauvaise loi et la témérité de cet écrivain, qu'on ne croit pas que ni lui ni personne les puisse détruire.

Le dessein qu'on a eu, et qui paraissait plus convenable, était de suivre l'ordre de l'ouvrage qu'où réfutait ; et comme il n'y avait aucune méthode, il n'eût pas été possible de traiter la matière comme elle sera traitée dans cet ouvrage. C'était même faire trop d'honneur à un livre aussi méprisable que de le réfu ter par un traité exprès, dans lequel on aurait expliqué tout ce qui restait à éclaircir sur la créance des Grecs et des Orientaux ; et on n'aurait pu exécuter ce dessein sans s'étendre beaucoup plus qu'on ne se 1 était proposé. 11 n'eùl pas non plus été convenable dans un ouvrage méthodique de faire souvent des digressions pour relever les fautes énormes de l'auteur; d'autant même qu'il y en avait plusieurs enticrcnicnt éloignées de son sujet, où on a trouvé des preuves de son ignorance prodigieuse, qui servent .i montrer quel adv«Tsaire on avait à combattre.

Il y a aussi plusieurs points qui ont rapport à la dispute , qu'on a traités fort bfièneœacDL, et sur lesquels plusieurs personnes habiles auraient souhaité qu'on se fût étendu davantage; ce qu'il était difficile

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rElil'ÉTUITÉ DE L.\ FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE.

(Je faire dans un ouvroge aussi court que la Défense de la Perpétuité. Ces raisons ont tail croire qu'il serait de quelque uliiilé pour l'Église de traiter à part ce qui n'avait pas été éclairci suffisamment dans les trois volumes de la Perpéluiié et dans la Réponse générale, et d'y ajouter plusieurs faits importants et décisifs , des passages d'auteurs grecs et orientaux , et d'autres nouvelles preuves qu'on u'-ivait pas encore découvertes. L'autorité de quelques grands prélats, autant distingués par leur capacité que par leur dignité, et celle de Irès-liabiles théologiens , m'ont délerminé à travailler suivant ce dessein.

Parmi les attestations qui ont éié citées dans la Perpétuité de la foi, il y en a non seulement des Grecs, mais de toutes les nations chrétiennes du Levant. La jilujiart dos auteurs catholiques ou prolestants ont multiplié tellement le nombre des sectes, et ils en ont parlé d'une nianière si peu conforme à la vérité, qu'il était nécessaire d'en donner une idée plus juste, et c'est ce qu'on trouvera dans le premier livre. On y expliciuera les dogmes particuliers des deux principales sectes, qui sont les ncslorions et les jacobites : mais pr>ur ce qui regarde la créance touchant l'Eucliarisiie, comme tous les chréllcii* orthodoxes, scilismaliques ou hérétiques en conviennent, tout ce qui a rapport à celle matière sera irailé ensemble.

Les passages des auteu's grecs et orientaux , qui ont été cités dans la Perpétuité, n'étaient pas en assez grand nombre pour pouvoir être distribués sous des articles séparés, opposés aux propositions des calvinistes. C'est ce qu'on a fait en ce volume , en rapporl.'\nt les témoignages des Orientaux , qui font vc',r que les paroles de Jésus-Christ doivent être cnlendues littéralement, et qu'ils rejettenl le sens figuré. De même on trouvera rapportés ensemble les extraits des Liturgies et des Oflices publics, dont on établit l'autorité et l'authenticité par de nouvelles preuves. On explique aussi plus amplement celles qu'on tire de l'invocation du Saint-Esprit dans les Liturgies grecques et orientales ; de la Confession de foi qui est en usn^re parmi les Cophles cl les Éthiopiens, et de plusieurs cérémonies qui n'avaient pas été assez éclaircies. Le ministre Claude avait nié que les Grecs et les Orientaux adorassent l'Eucharistie, et qu'ils apportassent les soins et les précautions religieuses que l'Église latine pratique dans la célébration de la messe et dans l'administrai ion du Saint-Sacrement. On s'est plus étendu sur ces articles, parce que les preuves dont on se sert pour les éclaircir sont nouvelles.

Dans les premiers volumes de ta Perpétuité, les auteurs, en parlant de la foi des Orientaux, n'avaient cité que quelques témoignages rapportés par Abraham Échelleiisis, parce qu'on ne connaissait alors rien de meilieur, et ils cl^icnt plus que sudisants pour confondre leur adversaire. 11 s'en trouvera ici un bien plus grand nombre, et il n'aurait pas été difficile de l'augraenier considérablement, puisqu'on pouvait donwer des liaités entiers de théologiens orientaux qui établissent (.Jairemeni la présence réelle. Jusqu'à pré-

sent aucun des défenseurs de M. Claude n'a attaqué l'autoriié de ceux qui ont été cités dans le troisième volume ou dans la Réponse générale , et si quelqu'un l'entreprenait, il serait bien aisé de le confondre; car les principaux sont extrêmement connus , et il n'y a guère de bibliothèque considérable où il ne s'en trouve quelques manuscrits. Les extraits qui ont été insérés dans ce volume sont traduits fidèlement; et si on ne les a pas donnés dans les langues originales , c'est'--? qu'on ne l'a pu, faute de caractères. Quand même on ■ en aurait eu , il semble que ce mélange de langues si éloignées, et connues d'un petit nombre de savants, a quelque chose de trop bizarre pour ê;re mis en usage dans un ouvrage français, et on se serait contenté d'en faire un recueil à part. On se contentera donc d'indiquer les principaux auteurs et les bibliothèques ou ils se trouvent, afin que ceux qui voudront dans la suite travailler sur le même sujet puissent le faire, et même que les missionnaires employés en Orient aient de quoi s'instruire de la foi et de la discipline des chrétiens de ces pays-l.î, ce que la plupart ont trop négligé.

A l'égard des protestants qui voudront chercher la vérité, nous ne craignons pas qu'aucun puisse nous reprocher de l'avoir déguisée, ce qu'oTil (ail plusieurs de leurs savants, qui, ayant connu quelques-uns des auteurs que nous citons, n'en ont jamais fait la moindre mention dans leurs livres de controverses. D'autres, qui ont eu une grande réputation parmi eux , comme étant fort habiles dans les langues orientales, n'ont rien produit néanmoins qui pût former une objection raisonnable contre les catholiques. Selden (Orig. eccl. Alexand.), en voulant établir le gouvernement presbytérien par l'autorité d'Eulychius, patriarche melchite d'Alexandrie, a fait voir son ignorance grossière dans la langue arabe, et encore plus celle de l'histoire et de la discipline de l'église d'Alexandrie. M. de Saumaise avait fait croire au ministre Daillé et à d'autres , qu'Erpénius devait prouver que les chrétiens cophles avaient la même créance que les calvinistes, touchanl le sacrement de l'Eucharistie ( episl. 52.) Il y aurait éic bien embarrassé , puisqu'on reconnaît par sa traduction de l'Histoire Saracénique, où il y a quelques endroits qui regardent les chrétiens d'A*-; lexandrie et d'Anlioche, et qu'il a très-mal expliqués,, qu'il n'avait pas la moindre connaissance des matières ecclési.istiques de ces pays-là. Quelques-uns ont dit la même chose de Golius, qui en était plus capable, puisqu'il y a eu peu d'Iiomnies dans ee dernier siècle plus savants que lui dans la hngue arabe. Il faut cependant excepter ce qui regardait le christianisme; car il ne paraît pas qu'il connût les termes théologiques , ni ceux qui regardent les rites , dont presque aucun ne se trouve dans son ample Dictionnaire. 11 en est de même de M. Pocock, qui était aussi très-habile dans les langues orientales. Pour Ilotlinger, il n'a rien cité dans ses nombreux volumes qui méritât la moindre attention, puisque tout se réduit à des gloses obscures, ou à des conséquences qu il veut tirer de quelques livres qu'il n'entendait pas. En ub

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