LIVRE PREMIER
avec la doctrine des atuiois et avec celle d.- l\ytke. grecque. Il voulait dire que d'abord la différence ne parait pas être si grande, il voulait dire (1) que celle différence ne peut être bien connue que par les savants ,
2 u elle demandait de l'application de l'esprit et de lu ecture ; que les Grecs ont pu s'en taire , sans se faire aucune violence, et sans croire même faire aucun tort à leur religion. Tout cela eût paru peu sensé, étant appliqué à la doctrine de la présence réelle, puisqu'il est visible au contraire qu'il n'y a point d'une part de doctrine plus populaire que celle-là, que l'adoration publique de l'Eucliarislic la découvre et la fait entrer par les sens dans l'esprit malgré qu'on en ail, et qu'il n'y eu a point de l'autre qui doive prdduire un plus grand soulèvement dans ceux qui ne la croient pas, puisqu'elle a à leur égard toutes les marques d'une vraie idolâtrie. Ainsi, ccunuie M. Claude veillait faire une réponse à quelque prix que ce fût, et qu'il ne voulait pas qu'elle |iarût laible aux moiui intelligents de son parti, il a pris celui de nier sans apparence et contre toute sorte de bonne foi qu'il s'agît de la présence réelle, de se réduire à la transsubstantiation , de s'y aitacber uniciuemenl , d'y appli(pier loules les preuves de son adversaire, lors même qu'il les applique forniellenient à la présence réelle , afin d'en obscurcir un peu l'évidence par le moyen de certains termes scolasTuiucs , qui ne forment pas une idée si nette et si vive dans l'esprit.
Peut-élrc a-t-il bien vu qu'il ruinait par là tout son li^re, et qu'il tombait dans cette absurdité de laisser sid)sisler tout l'ouvrage qu'il entreprend de détruire. Mais il ne s'en est pas mis en peine ; et il a cru que le pire parti pour lui était de ne point répondre ou de répondre d'une manière qui ne pût éblouir personne. Il ne doit pas se plaindre que ion explique mal ses intentions. Car il cstdil'licile de les expliquer plus f.ivorableiucnt. Je lui laisse néanmoins la liberté d'alléguer telles raisons qu'il lui plaira de son procédé. Mais ce qui est certain , est qu'il n'a pu ignorer que l'auteur du premier traité n'ait avancé que toutes les comnumions schismatîques s'étaient trouvées unies de sentiment avec l'Eglise romaine dans la doclrisu! de la présence réelle, et qu'il a trop de lumière aussi pour n'avoir pas vu que c'est là le principe essentiel de tout l'argument par lequel il a voulu prouver l'inipossibililé du changement, et que la transsubstantiation n'est au contraire qu'accessoire à cette preuve : d'où il s'ensuit qu'il n'a pu sans blesser la sincérité , prétendre, comme il a fait , que celui qui a entrepris la défense de cet argument, et qui a eu dessein de le mettre dans toute sa force et dans tout son jour, n'ait pas eu droit de prouver que ces sociétés scbismatiques croyaient la piésence réelle. Voilà ce qu'on reproche à M. Claude et sur quoi on lui soutient qu'il ne saurait se justifier avec la moindre apparence.