CHAPITRE X
De la créance des Coplhes et de leur discipline.
Si on excepte l'hérésie des monophysiles, à l'occasion de laquelle, comme il a été marqué ci-dessus, la plupart des auteurs modernes les ont accusés faussement d'eulychianisme, il n'ont aucune erreur particulière, mais ils conviennent avec les catholiques et avec les Grecs orthodoxes et schismatiques de tous les autres points qui concernent la religion.
Ils snnl en communion avec les jacobites syriens, et avec les Éthiopiens et les Arméniens, quoiqu'ils n'approuvent pas certains abus (jui se sont introduits dans ces églises, particulièrement dans celle d'Ethiopie qui dépend d'eux entièrement; comme le mélange du sel et de l'huile dans la préparation du pain sacré pour la célébration de l'Eucharistie, dans les Syriens; ainsi que le renversement entier de la di>cipline ecclésiastique pour l'élection de leurs patriarches, et d'autres irrégularités moins importantes. Ils blâmaient dans les Éliiiopiens la polygamie, le mépris des censures ecclésiastiques, et la facilité à conférer les ordres indifféremment à tous ceux qui s'y piésentaienl. De même, ils condamnaient dans les Arméniens la coutume de ne pas mêler de l'eau avec le vin dans la célébration de la Liturgie , et de ce qu'en plusieurs endroits ils consacraient en pain azyme. Tous ces articles seront examinés dans leur lieu.
Ils ont toujours eu comme les autres chréiiens les sept sacrements (jue l'église grecque croit et pralii|ue, de même que la latine , et ils en ont des oflices en leur ancienne langue.
Ils croient la nécessité absolue du baptême, et ils la itrouvei'.t par les paroles de Jésus-Christ à Nicodéine, qu'ils enlentlenl cou)mc les catholiques. Un prêtre par la négligence duquel un enfant uiou au
(I) Cela ne signifie pas, selon la théologie d>^s Orientaux, que ce sacrement ne sr it pas d'instilntion divine; mais comme parleur iraditioii ils croientqu« les apôtres, après la descente du S. Esprit, réglèrent tout ce qui regardait les sacrements dans le cétiacle do Sion, suivant ce qu'ils avaient appris de Jésus- Christ, ce qu'ils disent avoir été insliiué (>ar les apôli'ei>,est regardé comme d'iiislilution divine.
(Notetletmtmrt.)
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PERPÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE
(Je âCS péc!)cs sans faire le canon ; t'ost ainsi qu'ils appellout loulcraclion de la pénilence, qui consislc, S(.;lv)n eux, à confesser tous ses péchés à uii prèirc autorisé par révèquo ; ensuite à recevoir la pénitence. Elle consistait en jeûnes, en de longues prières, la récitation de plusieurs psaumes, un grand nombre de méttmoées, c'e^^l-à dire, de prosterncmenls de tout le corps: h quoi on ajoulait des aumônes, suivant la possibililé du pénitent. Toutes ces pcnilcnces devaient élrc réglées suivont la qualité des péchés, et ces règles se trouvent prescrites dans un grand détail dans divers Pénitentiaux. Le piètre pouvait suivant les dispositions du pénitent abréger le temps de sa pénilence, car elle devait queliiuefois durer plusieurs années; connnuer les jeûnes en aumônes ou en d'autres bonnes œuvres, et ensuite il donnait l'absolution, cé- Icbrani la liturgie où le pénitent recevait la communion. Denis Birsalibi, évê(iue d'Aïuid, a fait un traité sur ce sujel, d;His lequel il marque exactement la discipline des Syriens jacobites, et on y trouve une singulirilé qui n'est pas ailleurs, sur la [iénitence des epcIé^ii;lSliques tombés dans des péchés capitaux. Car il dit que selon les canons, ils devaient être déposés, nniis (pie comme le mnlheurdes temps ne permettait plus de pratiquer celle rigueur salutnirc, on élail convenu d'observer pour règle qu'à leur égard ,on dou- Llcrait la pénitenic qui devr.it être imposée aux séculiers pour un pareil crime ; et que durant le cours dacctic pénitence ils ne s'approcheraient pas des autels pour y exercer leur ministère. Denis vivaitlorsque l(>s chrétiens étaient encore maîtres de Jérusalem. Cil no sait pas si cette nouvelle discipline fut reçue daits le patriarcat d'Alexandrie.
On trouve diuis les colleclions de canons de l'église cophle tous ceux des anciens conciles qui avaient rapport à la pénilence, ce qui fait juger qu'elle élait observée de même qu'ailleurs d'une manière qui avait beaucoup ds rapport à la discipline des églises grecques. Dans le douzième siècle leurs historiens marquent que le patriarche Jean permit à ceux qui avaient commis des péchés capitaux de ne les pas confo scr aux prêtres, leur laissant à en demander pardon à Dieu , et à les expier par de bonnes œuvres. Marc , fils de Z iraa, qui lui succéda quelque temps après, augmenta encore cet abus, et favorisa le relâchement à un tel point qu'il inquiéta les ecclésiastiques qui voulaient maintenir la règle ; et il fit écrire un traité dont il reste quelques fragments, pour prouver que Jésus-Christ n'avait obligé personne à la confession de ses péchés. Celui qui défendit cette mauvaise cause fut Michel, mélropolilain de Damiette, et on ne pouvait la défendre plus mal. Aussi dans le même temps un pi-èîre, nommé Marc, fils d'Elkonbar, s'éleva coiilrc le patriarche et prêcha par toute l'Egypte qu'il n'y avait pas de salut à espérer pour les pécheurs qui ne conresscraient point leurs péchés, et qui ne recevraient pas le ffmon ou la pénitence II fut suivi par en nombre infini de peuple ; il reçut les cjufessions de ceux qtii vcnnlcn! à lui, cl soulinl jusqu'à rcxtrémilé
sa même doctrine Cet exemple fait voir que ce désordre, autorisé par le patriarche, ae fut pas si général qu'il ne reslàt des défenseurs de la discipline. On rapportera ailleurs toute l'hvjtoire qui est un peu longue. Mais en ce temps-là même, Michel, patriarche jacobile d'Antiocbe, écrivit un traité sur la préparation à la communion, dans lequel, sans nommer Marc, fils de Zaraa, il attaque et réfute très-solidement ceux qui disaient qu'il n'était pas nécessaire de se confesser aux prêtres, à cause de la peine qu'il y avait de trouver des confesseurs qui eussent toutes les qualités requises à un docteur, comme ils appellent le prêtre destiné à écouler les conl'ossions.
Environ ce même temps, autant qu'on en peut juger, il se fit plusieurs traités anonymes sur ce sujet et suivant les mêmes principes ; tout au plus tard dans le siècle suivant, Isaac Ebiiassal, et un autre de même surnom , l'un dans sa collection de canons, l'autre dans un traité de la religion chrétienne, élablireni la nécessité de la confession; ce qui fut encore traité plus amjilemenl par l'auteur ou le compilateur d'un recueil d'homélies sur les dimanches et fêtes de l'année, pour l'usage de l'église coplite d'Alexandrie. Car outre les p:issnges derÉcriture sainte dont les catholiques se servent pour la prouver, il en emploie plusieurs autres dont on ne la peut tirer que par un sens allégorique , ce qui fait voir qu'il attaquait un abus qui avait eu de grandes suites, et qui dure encore présentement. Car plusieurs de nos auteurs anciens et modernes ont accusé les Cophtes d'avoir supprimé la confession ; et on trouvait que le môme abus s'était répandu en Ethiopie, ce qui donne sujet de croire qu'il y était passé d'Egypte. Mais quoi qu'il en soit, on ne doit pas regarder comme la doctrine de l'église cophte ce qu'elle a condanmé avant les deux patriarches qui avaient introduit l'abus, et encore depuis, comme contraire à la discipline marquée dans les canons qu'elle conserve.
L'ordination a été observée dans cette même église avec autant d'exactitude que dans la grecque et dans loutcs les antres; ce que nous expliquerons ailleurs pJus en détail. Ils ne croient pas que personne puisse administrer les sacrements s'il n'a reçu Timposiiion des mains des évoques successeurs des apôtres. Aussi un de leurs anciens patriarches reprochait aux Barsanufiens acépliales que leS.-Esprit ne descendait jmiiit sur leurs autels, et qiCils étaient sans sacrements, parce (puis n^waient point d'évêques ni de prêtres.
La bénédiction nuptiale, qu'ils appellent comme les Grecs \e. couronnement, se fait avec beaucoup de prières et de cérémonies au milieu de la Liturgie. Ils croient comme nous qu'elle confère une grâce spéciale aux chrétiens pour entrerdans le mariage ; et ils la jugent si nécessaire, qu'ils traitent et punissent comme fornication et concubinage tout commerce de l'homme et de la femme lorsqu'ils ne l'ont pas reçue. Car, disent-ils, c'est cette bénédiction qui leur rend licite Cumje naturel du mariage.
Enfin ils administrent l'onciioit aux malades à j^-îu