‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 65 sur 323 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Des Élhiopiens.

Les Éiliiopiens ou Abyssins sont soumis avec une entière dépendance au patriarche jacobiie d'Alexandrie. Sans nous arrêter à la tradition fabuleuse du pays, suivant laquelle ils prétendent que la connaissance du vrai Dieu leur avait été amioncée avant la naissance de Jésus-Christ, par la reirie de Saba , qui avait eu un lils de Salonion, nommé Méuiléek, et dont ils se servent pour juslilier plusieurs piatuiues judaïqn.cs, non plus qu'à celle de la première prédication de l'emiuquc de la reine de Candace , il est certain , pnr rhistoire ecclésiastique, que Frumenlius ayant été emmené a\ix Indes par un marchand de Tyr, lut conduit à la cour du roi d'Ethiopie; qu'il y annonça la foi tliréiienne; qu'ayant eu permission de retourner à Alexandrie pour rendre compte de l'état de ces nouveaux chi éliens, il y arriva peu de temps après l'ordi- ''li'on do S. Ailianase, qui l'ordonna évéque du |)ays eî- V renvoya. Ce fut donc à son retour qu'd donna la fovjQ à celte nouvelle é;,-iiu'j , (ju'il y cla'dit dr.s prêlrci. ij^j. diacres cl d'autres ministres s.-.crcs, et enfin il i(jiiH ses jours.

AU SUJET DU CONSEiNTEMENT, etc. 86

On trouve dans la tradition du pays une prouve certaine de la vérité de celte lustoire , car S. Frurnentins que les Élliiopiens appellent Fremomtos, est le plus ancien évoque dont il soit fait mention dans leurs livres. Los Grecs disent qu'il fut envoyé aux Axmnites , c'était le nom sous lequel les Éthiopieiis proprement dits étaient connus par les Grecs, et il est encore conservé dans les letires et actes qui se font pour rtileclion des patriarches d'Alexandrie. Axuma était li. ville capitale dont il reste encore quelques vestiges, et les Éthiopiens de même que les .arabes écrivent ainsi ce nom ; de sorte (pi'il ne faut avoir aucun égard aux con;ectures de Joseph Sc:ili^:er, (jui l'a écrit d'une manière toute différente. S. Atiianase, Ptoloniée, Procope, Nomiosvis, Cosmas et d'autres en parlent , aussi bien que tous les gcoi^raphes arabes. S. Atlianase nous apprend (jne lor.-^qu'il ordonna Imumenlins, il y avait deux princes ou rois des Axumiles qui régnaient ensend)le. Illesappidle AîzunietSazain; et les Élhiopiens nianjuent dans leurs livres (pie quand Fremonatos vint en Ethiopie, deux rois gouvernaient ensemble, lis les ap;;ellent Atzbea et Abraha ; mais ils pouvaient avoir plusieurs nonis ; outre qu'on sait combien les Grecs corrompent Hicilement les nouis étrango.rs , autant an moins que les Orientaux défigurent les Grecs. Mais on ne peut pas douter que ce ne soit les mêmes ; puisque dans les diptyques , parmi les noms des rois chrétiens, les prenders, ci par consé(pient les plus anciens, sont ces deux-là. Ainsi dès ces commencements , on voit les fondements de la soumission des Éthiopiens au siège d'Alexandrie.

On ne trouve rien dans l'histoire ecclcsiasiiqu'î touchant le christianisme de ce pays -là, jusqu'à l'année 522 de Jésus-Christ, qui était la cinquièn:c de Justin. Nicéphore , Cedrenus et quelques autres auteurs écrivent qu'alors Adad , roi des Axumites , promit de se faire chrétien , s'il ren)portait la victoire sur le roi des Ilomériles qui lui faisait la guerre ; qu'ensuite il avait envoyé une ambassade à Constanlinople pour demander des évoques. Suj. posant la vérité de celte histoire , le christianisme n'était donc pas établi en Ethiopie, ou il y était éteint. M. Ludolf, qui a beaucoup travaillé sur ces matièies, révoque ce fait en doute; et il appuie ses conjectures sur des raisons qui ne sont pas démonstratives; car il était trèspossible que pendant les guerres qui agitèrent l'empire après la mort de Conslanlin , cl les troubles de réglise d'Alexandrie depuis la déposition de Dioscore, les Élliiopiens eussent été sans évéques, puisque ceLî leur est arrivé depuis, et que riiéré:>ie s'est introduits de celte manière parmi eux.

On lit dans quelques vies de saints que cite M. Li> dolf, que le patriarche Benjamin, le premier qui repi ;î sous les Maliomélans l'aulorilé que ses prédécesseuii avaient perdue soui les cn:pcreurs thrCiieiis, ordonna i.n metrojior.lain pour lÉihiopic; ce qui iK5anmoins n'est pas marqué dans son histoire écrite par Sévère. Cependant il est fort vraisemblable que daus l'espace

PERPÉTUITÉ I>K L\ FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE

de près de conl ans qui se p:issèrent i.!opuis la conquête de l'Égyitle par les Araiies jiisaii'au calife lliscliMin , comme il n'y avait poiiil de p ilriarclic orlliff^ doxe à Alexandrie, les jacobitos purent envoyer en Ethiopie des niéiroiiolimins de leur secte, comme ils en eiivoycreit en Nubie , car depuis ce lemps-là les Étbiopicns ont toujours dié jacobiles. On trouve que Ters l'an 686, le palri^rche Isaac écrivit aux rois d'Éiliiopic et de Nubie pour les cxliorlcr à la paix ; qu'en 757, Cyria(iue, roi de Niil)ie, s'avança avec cent mille clievanx . pour oblii^er les Mahomélans à remettre en liberté le patriarche qu'ils avaient eminisonnc; q'ucn 85G, Yuçab ou J isepb avait ordonné un inéiropolilain pour lÉlbiopie, nommé Jean; ensuite en 920, on en trouve un apprlc Pierre; ci depuis ces teinps-Ià, à l'excoplion de ([uelques vacances assez longues, i! y a toujours eu des niétropo!il:\ins ordonnés par les patriarches jacobites d'Ahixaiidrie, et il ne s'en trouve pas un seul qui ait été envoyé par les orthodoxes, (!U par le patriarche d'Amioclie j:icobilc.

C'est l'état dans lequel se trouva rÉihiopio lorsque les Portugais y ciitrèrenl ; et s'il y avait eu quelques réunions avec rÉ'j;lise romaine, comme on trouve des lellres écrites de part et d'autre, des andjassadcs, et mie manière de correspondance qui senddc le signifier, il par.iît qu'elles n'eurent aucune suite. Car on 1;> rec nuaîl parla relation d'Alvarez, qui accompagna Tambassadrur de Portugal en 1516, dans laquelle, lîonobstaiit les criti(pies de plusieurs modernes, il se trouve plus de vérité que dans celles qui ont été faites depuis, si on excepte celle du P. Baliazar Tellcz, jésuite , imprimée en portugais , et dressée sur les mémoires de ceux de sa compignie. M. Ludolf, qui a travaillé plus qu'aucun autre linropéen à éclaircir la langue éthiopienne, el qui en a donné urie grammaire et un Dictionnaire, a aussi fait une histoire du même pays, dans laquelle il y a plusieurs observations trèsrecherchées. Comme il n'a pas eu les secours nécessaires pour connaître le véritable état de l'église jacobile dAh'xandrie , mais seulen:ent ( e (prii a trouvé dans les livres éihiopiens , ei (pie tous les faits que nous trouvons dans l'histoire des patriarches lui ont été inconiMis; que même il ne parait pas avoir assez entendu en quoi consistait l'hérésie des jacobiles; loui ce qu'il dit sur la relij»ion est irès-imparfait. De plus, connue il était fort attaché au luthéranisme, il s'esi un piMi trop laissé aller à ses préjugés ; el même on ne peni rcxcus»r de ce qu'il a passé sous silence l'Iusifurs < hos.'s (pii convenaient à son sujet beau •oiip plus que celles qu'il rapporte; el cela parce !p»'Hbs n'éiaienl pas Tivorables au système qu'il avait fan di- la créa;!! e des Élliiopiens Connue son ouvrage est entre les mains de tout le monde, el que même il s'en est fait des abrégés en diverses langues . nous suivrons son ordre pour donner une idée plus exacte de ce qu'il y a de vrai sur celle matière.

Les Éi!ii(i|)iens reçoivciil la sainie Écriture . et M i.ii;i,..i ( I. 3, c. ;>) a soin d'ajouter de son c.hi f qu'ils la regardent comme lu seule el unique règle de

tout ce qu'il faut croire et pratiquer; c'est-à-dire, qu'il les veut l'aire prolestants sur cet article. Il faut aussi dire qu'ils ne la reçoivent pas comme les protestants, selon Iccatmn des Juifs, mais qu'ils regardent comme canoniques les livres que nous n'avons qu'en grec, et que leur version de l'ancien Tesiament est selon les Septante, et non pas selon l'hébreu , puisqu'elle est faite sur la version cophie, dont l'original esl le lexte grec. En second lieu , on ne peut pas nier qu'ils no reçoivent l'autorité des canons des conciles, des Constitutions apostoliques , el d'autres beaucoup plus récentes qu'ils ont en leur langue, cl dont M. Ludolf a donné lui-même un abrégé. Il esl bien aisé de reconn:iîlre qu'ils ne les conservent pas par une simple curiosité pour n'en faire aucun usage , puisrpie leur discipline fait foi qu'ils observent la plus grande partie des pratiques que l'Église a établies , cl qui ne sont autorisées (pae par la tradition.

Ils n'ont aucune erreur sur la Trinité; et à l'égard de la procession du S. -Esprit, on ne trouve rien qui fasse croire qu'ils aient la moindre connaissance des disputes que les Grecs et les Latins ont eues sur cet article. Il est vrai qu'ils disent le Symbole sans addition, comme font tous les Orientaux; mais sans auirû raison , si ce n'est qu'ils l'ont reçu de cette manière. Dans le Missel imprimé à Rome sous Paul III , on y ajouta les paroles Filioque , qui ne se trouvent pas dans les manuscrits.

Sur le mystère de l'incarnation ils sont précisément dans l'erreur commune des jacobiles. et il n'était pas fort nécessaire que M. Ludolf se fatiguât à prouver qu'ils ne sont pas eutychiens , puisque les jacobiles disent analhèrae à Eulychès. Mais on ne peut l'excuser sur ce que sa tendresse pour les Éthiopiens lui a fait oublier le respect que tous les chrétiens, et les protestants mêmes rendent aux anciens conciles. Car il ne persuadera à personne que ceux qui , comme les Éthiopiens, condamnent le concile de Calcédoine, et qui l'appellent une assemblée tumultueuse de fous et d'apostats, enfin qui accusent de nestorianisme S. Léon et tous ceux qui reconnaissent deux natures en Jésus- Christ , puissent être regardés comme orthodoxes. Quand il dit qu'il a examiné ce que disent les jacobiles sur celle matière, il l'ail assez voir qu'à l'exception de deux ou trois passages tirés de livres imprimés, il n'en a lu aucun. Il ne s'agit pas de raisonnemenls et de conjectures sur des choses de fait , et il n'y en a pas qui soit plus éclairci que celui qui regarde ce dogme. Ce n'est pas sur les réponses qui peuvent lui avoir été faites par sou Abyssin qu'on examine de pareilles qne>tions, qn:uid elles sont expliquées par des pièces originales, telles (|ue la confession de foi qui est dans la Liturgie, et celles de l'église d'Alexandrie que nous avons ciiécs ailleurs. Ainsi on doit regarder cctiaw incontestable que les Éthiopiens , aussi bien qne'Cs Cophles , sont dans l'erreur des monophysic • «' (pi'ils y ont toujoin-s éié depuis plus de mille "^î de sorte (pie tout ce qu'on peut dire au co'*"*'"'^ "û servira jamais à les juslitier.

LIV. I. EXAMEN DES EGLISES D'OUŒRT Al] SÎMET DU CONSENTEMENT, etc. 00

Oii ne iiouî (loulcr qiie lîS.Élliiopions n'aieni la ■iiémc cl()( irine que l'église d'Alevamlrie sur les safi'cmoiils, puis(|uc leur discipline et leurs prières poulies adiiiiiiislrer sont les mêmes. Mais M. Ludolf , qui vent partout les faire lulliérieus , établit qu'ils n'eu croient que deux. H |!0uvail prouver qu'ils n'en croient i.ucuii, car toute sa preuve roule sur ce qu'il demanda k son Abyssin s'ils avaient sept mnslîres ou sept sceaux de la foi. Cet étranger aurait eu beaucoup de pciue à reconnaître l'idée de sacrement dans des paroles si obscures, et qu'on ne connaissait pas avant la réforme. Mijsterii vocabiilo, dit M. Ludolf, uluutur, qnoticscumque arcamtm pnriicipationis corporis et sanguinis Cliiisti inmiere volunt; ctlins ueccssariunt non pntnnt ni sigilla fidei alio quodani cuinninni nomine qnod Sciiptura ignorel complectamur , mit de numéro multiim disputemus. On demande à toute personne raisonnable si avec dos questions aussi ambiguës on ne peut pas faire tout dire à des ignorants et à des barbares. Si un lulbéricn questionnait un paysan parmi nous ou mi homme du peuple, ei qu'il lui dematidiil s'il y a sept sceaux de la foi , ou s'il connaît le mystère de la cène et le secret de la participation du corps et du sang de Jésns-Clirisl , et que l'autre répondît qu'il ne sait ce que c'est, pourrait-on conclure que les catholiques ne croient ni sept sacrements ni rEucharislie? C'est encore plus de faire de pareilles (pieslions à des honmies qui n'ont aucune connaissance de notre foi ni de nos mœurs. Comment M. Ludolf a-t-Ll donc pu conclure qu'ils ne reconnaissaient pas les sept sacrements , parce qu'ils ne les ont pas compris sous le nom général de mystères , puisqu'ils n'appellent pas ainsi le bapiéme ni l'Eucliaristie , quoiqu'il l'assure sans le prouver, et il avoue néamnoins qu'ils les regardent comme sacrements. Ils apfiellent l'Eucharistie korban, ablation, sacrifice, comme les chrétiens lorsqu'ils parlent en arabe; comment cet Ethiopien aurail-il entendu quelque mot bizarre dont M. Ludolf se servit pour signifier la cène luthérienne , ou sa définition de rEucharislie , à laquelle on ne comprend rien , sinon qu'elle jieut également convenir à ceux qui nient et h ceux qui croient la présence réelle?

Or les Éthiopiens la croient cerlaincnient , puisque réglise d'Alexandrie la croit; qu'ils expriment comma elle cette créance par la confession qui se fait avant la communion , avec des circonstances et des cérémonies si parliculières , qu'elles ne peuvent avoir lieu où on ne croit pas la présence réelle. Ainsi , puisqu'ils ont la même prière, il Tant quils aient la môme créance. C'était sur cela que M. Ludolf devait interroger son Étliiopien , et lui demander s'il ne croyait pas ce que cette prière signifie, c'est-à-dire , que ce que le prêtre montre en disant : Sancta sanctis , et qu'il distribue au peuple, est le véritable corps et le sang de Jésus Christ. Car quand il lui lait dire que c'est le corps mystérieux et représentatif , corpus mytteriosum et reprœsentativuni , il lui fait dire ce que l'église d'Alexandrie a toujours condamné , puisque Sévère f en expliquant les paroles de Jésus-Christ et le

doi.'mc de l'Eucharistie , marque expresséinciil (|;î"tl ne faut pas les entendre selon le sens métaphorique , ni croire qu'il y ait aucune parabole ou représentation. Que si cet Élliiopien ne comprenait pas la transsubstantiation, et qu'il disait que c'était un mystère, cela ne prouve en aucune manière qu'il ne l'a crût pas ; cl les catholiques qui la croient en diront autant; mais il pouvait encore en dire davantage, puisqu'on pe-/' supposer que M. Ludolf faisait une étrange peinte de notre créance à un homme qui n'était pas capable de reconnaître si on lui disait la vérité.

II est néanmoins certain que les Éihioplens, outre cette confession tirée de la Liturgie cophle , l'ijivocation du S. -Esprit et presque toutes les autres prières, en ont de particulières , qui ne peuvent être dites qu'en conséquence de la foi de la présence réelle. Ne regardez pas, dit le Diacre, ce pain comme quelque chose de terrestre ; c'est le feu de la divinité qui consumera ceux qui en approchent indignement ; et dans une autre formule : Que persotme ne croie que ce corps qu'il reçoit ne contienne pas le sang et l'esprit, ou que dans ce calice qu'il boit , il y ait du sang , mais sans le corps et sans l'esprit. Le corps , le sang et l'esprit son' ensemble, de même que sa divinité qui est une avec son humanité. On entrera dans un plus grand détail de preuves, lorsqu'on examinera la créance générale des Orientaux sur l'Eucharistie. Celles que nous avons rapportées suffisent pour faire voir que M. Ludolf pouvait citer tout autre chose que des réponses ainbiguës , tirées d'im honmie ignorant par des questions captieuses. Il a eu au moins la bonne foi de ne pas le citer pour prouver que les Élbiopiens n'adoraient pas l'Eucliaristie ; cela n'est élabli que sur le témoignage de Zagazabo, qui vint en Portugal, et dont Damici» de Goez tira une partie de ce qu'il a inséré dans le livre de Moribus JEthiopum. Encore môme Zagazabo dit seulement qu'crt son pays on n'élevait pas CFAicharistie , comme il la voyait élever en Portugal, 11 disait vrai, car ce n'est pas après les paroles de Jésus-Christ qu'on élève l'Eucharistie en Orient , c'est lorsque le prêtre se tourne vers le peuple, un peu avant la conununion, et que lui ou le diacre disent à haute voix sancta sanctis. On ne trouve pas dans la Liturgie éthiopieime, non plus que dans plusieuis autres, les cérémonies qui se pratiquent à charpio partie de la messe ; mais il ne s'ensuit pas que parce qu'il n'y en a point de marquées on doive croire qu'il n'y en a aucune. Ou sait avec le dernier détail qu'à ce même endroit dans l'église coplite le peuple se prosterne ; il y a donc raison de croire qu'avec les prières tirées des livres de cette même église, les métropoli-tains qui étaient ordonnés en Egypte prati(|uaieiit et faisaient prailcjucr aux autres les rites qu'ils y avaient appris.

M. Ludolf lire encore un autre argument de ce que les Éthiopiens en rapportant les paroles de Jésus" Christ, ne disent pas : Ceci est mon corps; mais ce pain est mon corps; paroles, dit-il, qui, selon l'f.pinion de quelques missionnaires , ne pouvaient paa

Si

PERPÉTUITÉ J)E LA FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE

être valides pour la consécration. Ce n'était pas cela qu'on lui aurait dcaiandé, puisqu'il no s'agU pas de savoir si par le déAiut de la forme de ces paroles on consacre ou non en Ethiopie ; et ces tiiéologiens que cite M. Ludolf sur le lémoigiiagc du P. Tellcz se réduisent à deux scolastiqn.es. Au'ocriin a prétendu iirer de ce même passage que les Élliiopiens ne croyaient pas que l'Eucharistie fût autre chose que du pain; sophisme puéril et qui ne peut rien prouver. Car quand le prêtre dit : Ce pain , il est certain que la coniécralion n'est pas encore achevée, selon nous; et les Orientaux qui ne la regardent coninio consommée qu'après les prières suivantes, surtout l'invocation du S.-Esprit, ne peuvent être frappés d'une objection aussi frivole. Ainsi, sans nous arrêter davantage à r»xam!ner, ni tontes les autres qui y ont rapport, nous croyons pouvoir dire avec beaucoup plus de certitude , que comme l'église d'Ethiopie dépend entièrement de celle des Cophics , tout ce qui csl cru parmi ceux-ci doit êlre regardé comme la foi des Élhiopiens , excepté dans des points que les piUriarches d'Alexandrie ont condamnés comme des abus , et qu'ils ont souvent lâché de réformer.

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