‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 78 sur 323 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Continuation des mêmes preuves tirées des témoignages des théologiens orientaux.

Quoique nous ayons encore à citer plusieurs auteurs jacobites , nous rapporterons ici , à cause de J'antiquilé, le témoignage d'un nestorien fort considérable dans sa secte, qui était Élie, élu l'an HOO de Jésus-Christ, catholique ou patriarche de Babylone, et non pas d'Antioche, comme a cru Golius. Élie avait été métropolitain de Jérusalem, puis de Nisibe, avant que d'être élu catholique. Celte gradation paraît extraordinaire , et elle est fort contraire à la discipline des autres églises, qui, suivant l'ancienne disposition (11) concile (Je Niçée , honorent le siège de Jérusalem,

et lui donnent le rang après les premières églises patriarcales , quoique les jacobites ne paraissent pas l'avoir observée. Mais les nestoriens ont non seulement renversé l'ancienne discipline par l'autorité qu'ils ont attribuée contre toutes les règles à leur catholique, soumis dans son origine aux patriarches d'Antioche , et par les translations qui n'ont jamais ailleurs été si fréquentes , mais aussi par les rangs qu'ils ont donnés à leurs métropoles , car Jérusalem était la vingt-deuxième. On fait cette remarque afin de prévenir les critiques qui se pourraient faire sur cet auteur ; car on trouve des ouvrages de lui sous trois différents titres. Il composa celui dont on va produire un extrait lorsqu'il était métropolitain de Jérusalem ; et c'est une exposition abrégée de la religion chrétienne selon la créance des nestoriens. Au chapitre 12, qui est de l'Eucharistie, il parle de celte manière :

Lé second précepte qui a été proposé aux chrétiens est l'Eucharistie, qui est un ministère sacré de religion, dans lequel , par le moyen des choses corporelles , les plus petits s'approchent du très-grand , et les faibles de celui qui est puissant , avec l'espérance d'obtenir la rémission de leurs péchés et tout ce qu'ils demandent. Les anciens offraient dans leurs sacrifices des animaux et le sang dex victimes. Mais l'Évangile nous apprend que , parmi les chrétiens, le Verbe divin s'élant manifesté dans l'humanité qu'il prit de Marie , avait établi son corps pour être le sacrifice qui devait être offert à son Père pour la vie du monde. C'est pourquoi Jean , fils de Zacharie, dit : t Voici l'Agneau de Dieu qui ète les péchés i du monde. > L'Évangile enseigne aussi par des paroles très-claires que son sang a été répandu pour confirmer le nouveau Testament , pour la rémission des péchés de plusieurs , en disant : c Dieu a tant aimé le t monde , qu'il a donné son Fils unique , qui a été fait < une offrande ou un sacrifice vivant , spirituel , que f Dieu recevrait pour l'expiation de tous les siècles. » Mais comme il était impossible de réitérer ce divin sacrifice en la manière et en la forme selon laquelle il avait été offert sur la croix pour le salut de tout le monde , Dieu, par une très-grande bonté envers le genre humain, leur a accordé qu'au lieu de la loi des sacrifices par l'immolation des animaux, il s'en établît un autre beaucoup plus excellent. C'est pourquoi, la finit qu'il avait résolu de se livrer pour la rédemption et le salut de tout le monde, afin de confirmer la certitude de la résurrection et la vérité des promesses de la béatitude éternelle , selon ce que dit le saint Evangile, il prit du pain entre ses mains pures et saintes, il le bénit , le rompit et le donna à ses disciples , et leur dit : t Ceci est mon € CORPS , qui est brisé pour la iie du monde et pour la t rémission des péchés, i Ensuite ayant mêlé du vin et de l'eau dans le calice, il rendit grâces dessus , et dit : € Ceci est mon sang du nouveau Testament, qui est rét pandu pour plusieurs, etc.; prenez-les donc tous , « mangez de ce pain et buvez de ce calice, et faites ainsi « lorsque vous vous assemblerez pour célébrer ma nié- « moire. > Ces paroles saintes sont le ferme appui de la

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