‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 80 sur 323 · LIV. II. ACCORD DES ORIENTAUX AVEC L'ÉGLISE ROMAINE · texte numérisé non relu

LIV. II. ACCORD DES ORIENTAUX AVEC L'ÉGLISE ROMAINE

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ioufferte pour nos péchés. Nous voyons son véritable corps élendn dans le disque eucharistique, de même qu'il avait été mis dans le sépulcre, et son sang r/pandu dans le calice, comme il Cuvait répandu pour nos péchés sur la cioix.

11 csl dit dans riiomélie snivante^qne dans le baptême noiis avons été instruits de la foi que nous devons avoir de la sainte Trinité et du mystère de r Incarnation, duquel nous devons croire que le Fils qui est une des trois personnes divines, est Dieu (ait homme, un seul Seigneur et un seul Dieu dans sa divinité et dans son humanité, en sorte que l'humanité visible est véritablement te Fils de Dieu, éternel et invisible... Que l'apàtre S. Jean nous avertit de ne nous pas laisser séduire par Ceux qui nous voudraient détourner de celle créance, qum appelle de faux chrétiens, et avec raison, puisqti'ils ne reconnaissent pas que Dieu a pris un corps, dans lequel il est venu à nous, non seulement dans le temps nuquel il s'est manifesté à ses disciples, mais toujours. Car il se manifeste à nous incarné dans le disque eucharistique et dans le calice. Notre Dieu se joint au pain cl au vin par une union véritable, cl il se manifeste à nous f)ar une inanifeslalion véritable, puisque nous le voyons et que nous le touchons.

Dans mie liomclic sur le corumenceoicnl de PÉpîtrc -de S. J.icqucs : Jésus-Christ iwus a donné de sa propre main le pain céleste , en disant : i Ceci est mon corps. » El en un autre endroit il a ajouté que < le Fils de l'homme vous donnera celui que le Père a marqué , > parce que sa nature divine, née du Père avant tous les siècles , lui est unie par une union véritable , telle que l'union de rame avec le corps ; union qui est selon la nature , parce que la divinité invisible est unie au pain visible , afin que celui qui croit que ce pain lui est uni obtienne la béatitude, dont le Seigneur a dit : t Bienheureux celui qui ne voit pas , et qui croit néanmoins. >

Dans la première lioniélie des diinanclies après la Peiilecôle : La nourriture que nous a donnée le Fils de Dieu qui s'est fait homme est son corps vivifiant, qui a été fait céleste lorsque sa nature divine qui vient du ciel lui a été unie, de la mên\e manière qu'il a pris par l'uuton un corps delà Vierge Marie.

Dans une aulre sur ces paroles de S. Jean: « Jesuisie pain vivant : % Comme nous étions encore enfants , et que nous ne pouvions pas nous nourrir de la seule divitnté , Jésus Christ notre Dieu l'a mêlée avec la nourriture ordinaire dont nous usons , afin que nous pussions nous en nourrir. Cela s''est fait en cette manière : Lorsqu'il s'est incarné, funiou de sa divinité et de son humanité a fait un seul Christ. Il a pris sa nature humaine de la chair et du sang de la sainte Vierge Marie , et il s'est nourri des mêmes aliments que nous , ayant été fait semblable à nous en toutes choses , excepté le péché. Notre chair et notre sang se forment de ce que nous mangeons et de ce que nous buvons. La chair que Notre Seigneur avait prise de la chair de la Vierge était ainsi formée de pain, cl le sang qu'il avait pris de son sang était de même formé de vin mêlé d'eau , qui est la boisson ordinaire des hommes. De même , lorsque Notre Seiqneur prenait delà P. DE LA F m.

nourriture , sa chair était augmentée par le pain , et son sang par le vin et par l'eau qu'il buvait. Lorsqu'il fut près de mourir, il nous accorda par une grande bonté que sa chair et son sang nous demeurassent toujours, afin que nous pussions nous en nourrir, et que ce fût dans le pain et dans te vin , auxquels sa divinité serait unie , de même qu'il s'était uni la chair et le sang c/uil avait pris de ta Vierge Marie. Ainsi wjlre Dieu est toujours avec nous de la même manière qu'il était présent lorsqu'il sou/frit ta mort pour ncus , et qu'il répandit son sang, ayant été percé d'un coup de lance. Son corps est dam te disque sacré comme il était dans le sépulcre , afm quequand nous le voyons, nous rappelions cnnoir.-niL-moire li grandeur de ses bienfaits, qu'aucunes paroles ne peuvent expliquer.

Dans Plioniélie suivante sur ces paroles : « Sicuî misil me vivens Pater, » etc. Lorsque Dieu s'est fuit homme, et lorsqu'il est mort pour nous en son corps, il a donné aux enfants d'Adam son corps divin et son sang vivifiant , afin que lorsqu'ils les recevraient en mangeant cl en buvant avec la préparation et la pénitence convenable, la divinité unie avec le pain et le vin habitât en eux.

Ensuite l'auteur continue ninsi : Jésus-Clmst a dit que ce pain était son corps , qu'il a certainement pris d la sainte Vierge; et il dit que « il csl descendu du ciel i pour confirmer son union avec la nature divine qià en est descendue , afin que la chair fût faite véritablement Dieu , à cause de l'union , quoique sa nature corporelle, autant que nous ta pouvons voir , ne soit point changée; cependant par son union avec la nature divine elle est véritablement Dieu. C'est vourquoi te Seigneur répète ce qu'il avait déjà dit, que t il était descendu du ciel; » car c le Verbe a clé véritablement fait clinir , » sans que su divinité ail été ctiangée , et te corps sans aucun changement est véritablement le Verbe. Le créé est l'éternel, et l'éternel est te même que le créé. Le visible est le même que l'invisible, et l'invisible est visible; un seul Jésus- Clirist et un seul Seigneur.

Il ne sera pas inutile de faire voir par les paroles qui suivent dans la même homélie comment les jacobites cniendenl ce que Jcsus-Clirist dit après celles qui ont clé expliquées ci-devant : Telle est la doclrine que proposa te Seigneur, parlant aux Juifs à Captiaruaiim. Plusieurs disciples l'ubandoniièrcnl, après lui avoir entendu dire qu'il ferait que son corps serait véritablement viande et son sang breuvage. Plusieurs furent scandalisés de ce discours , disant : t Ces paroles sont bien dures , qui peut les écouter? » Jésus qui connaissait les clioses les plus cachées, voyant ses disciples troublés , leur dit: t Cela vous scandalise t il ? Que sera-ce donc , si vous voyez te Fils de l'homme mouler où U était auparavant? > // leur fil entendre par ces paroles qu'il n'était pas simplement un homme qui n'avait pas te pouvoir de leur donner sa chair à manger et son sang à boire, mais qu'il était le vrai Dieu céleste., tout-puissant ; ce qu'il signifiait en leur disant qu'il monterait où, il était auparavant. Mais comme il est Dieu , par sa divinité , il s'unit toujours au pain et an vin , et ils sont faits son corps et son sang, demêmeque le corps ' {Cinq.)

PERPÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'LICIIARISTIE. UO

et le sang qu'il prit de la Vierge Marie. Si vous voyez, dit-il , le Fils de l'honimc mouler Oii il était auparavant , et par C€S paroles il leur donna à entendre l'union de sa divinité avec son humanité, c'est-à-dire qu'il était Dieu qui s'était (ail homme. Cesl pour cela qu'il appelle sa nature divine le Fils de Dieu , et sa nature humaine le Fils de l'homme, quoique véritablement il soit un, selon sa divinité et selon son humanité, un seul Fils, un seul Seigneur, un seul Christ... Il dit aussi à ses disciples , leur reprochant qu'ils doutaient de ce qu'il avait dit, que l'esprit vivifiait ci que la chair ne servait de rien ; c'est comme s'il leur avait dit : Vous avez entendu mon discours qui est spirituel, divin, puissant , vivifiant, et vous l'avez pris dans un sens purement corporel. Une pareille pensée corporelle ne sert de rien : car si j'étais simplement un homme , comme vous votes l'imaginez , comment pourrais je faire ce que vous venez d'entendre? Mais parce que je suis Dieu , et tout puissant , et que par mon esprit je puis faire que ma chaire et mon sang deviennent viande et breuvage de vie à ceux qui croient en moi, je vous ai dit ces paroles divines, desquelles vous doutez, parce que vous ne connaissez pas ma divinité : Mes paroles sont esprit et vie. C'est que ce que je vous dis, que le pain est fait mon corps et le vin mon sang, n'est pas un discours qui doive être entendu d'une manière corporelle , mais selon l'esprit et selon la vie , comme il est dit : L'homme ne vil pas seulement de pain , mais de tout ce qui procède de la bouche de Dieu ; car l'esprit de vie descend et repose sur le pain et sur le vin , il les consacre et les sanctifie , en sorte que je m'unis à eux , et je tes fais mon corps et mon sang , et par la puissance divine , je descends et je prends un corps toujours et en tout lieu.

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