‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 81 sur 323 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Témoignage tiré d'un auteur anonyme sur la doctrine

de la présence réelle.

Dans un manuscrit de la bibliothèque Vaticane, on trouve un traité en arabe, qui a pour titre : Questions ecclésiastiques selon la doctrine de l'église d'Egypte, qui doit avoir été copie sur une autre livre à l'usage des jacobilcs , comme en effet dans les articles qui regardent l'Eucharistie, il y a diverses expressions, qui sont plus conformes à leur opinion d'une seule nature en Jésus-Christ , qu'à celle des melcliites ou orthodoxes. On y reconnaît même les propres paroles que nous avons citées de Sévère, évêque d'Aschmonin, et des extraits de ses autres ouvrages, rapportés sous le nom d'Eustathe , religieux. Mais il faut savoir qu'il n'est pas extraordinaire de trouver dans les manuscrits orientaux, que des sectes différentes se servent des ouvrages les unes des autres dans des matières sur lesquelles il n'y a point de contestation , comme il n'y en a point sur la foi de la présence réelle; non seulement les auteurs se copient, mais ils transcrivent des ouvrages entiers , en y retranchant ce qui peut ne s'accorder pas à la doctrine de leur église. ! es commentaires d'Ebneltaïh , nestorien , sur rÉcrilure sainte, ont ainsi été adoptés par les jacobitcs , en retranchant ce qui avait rapport au ricsiorianisme;

et on trouve cet ouvrage de Sévère ou sans nom dauteur, ou sous un autre titre, dans les livres des niclchites ou orthodoxes, parce «lue sa doctrine sur l'Eucharislie était généralement approuvée. Ce traité est du nombre de ceux-là : carqiioique le mot de cophles ne signifie presque jamais dans le style commun, sinon les Égyptiens jacobilcs , il y a des preuves certaines qu'il a été fait pour les melchites ou orthodoxes. L'une est qu'on y trouve un traité contre 1;'S azymes, qui est le résult.^t d'une conférence tenue àConstantinople sous le patriarche Michel, Tan 1365 d'Alexandre, des Martyrs 7G0 , de l'hégire 445, qui répond à celle de Jésus-Ciirist 1023. C'est celle qui fut tenue entre les légats du pape et les Grecs sous Michel Cérularius , que Baronius met à l'année suivante , et les jacobites n'y eurent aucune part. La seconde prouve est que dans le manuscrit même il y a des notes d'un jacobile à la marge , qui réfute quelques expressions comme contraires à la créance de son église.

La seizième question est louchant l'Eucharistie, et elle est divisée en neuf articles , dont le premier regarde son in litulion , à quoi l'auteur rapporte tous les pass.oges de l'Écriture , qu'il explique selon le sens le plus littéral ; et il conclut qu'ils prouvent clairement que la puissance émanée de Notre- Seigneur Jésus- Christ est supérieure à tout ce qui se peut comprendre par tes créatures , et que c'est elle qui s'étanl répandue sur ce pain et sur ce vin , te fit son corps et son sang lorsqu'il les bénit et les consacra; qu'il tes donna à ses disciples , et à nous pareillement , pour nourriture et pour breuvage.

Le quatrième article contient l'explication de ces paroles : Je suis te pain vivant descmdu du ciel, etc. Ces paroles, dit l'auteur , signifient plusieurs grâces que Jésus-Christ nous a faites. La première en ce que lorsqu'il bénit ce pain et ce vin , il répandit sur eux son S.-Espri(, et tes fit un avec sa divinité , et non pas deux; parce que , par l'effusion du S. -Esprit et par ta consécration , ils sont faits ce qui est marqué , c'est-àdire, son corps et son sang, puisqu'il dit : « Le pain que je donnerai est ma chair, > ou < mon corps, i // ne dit pas que c'est la figure de mon corps, mais ce l'est lui-même, lia uni son corps qui était créé avec sa divinité qui est étermlle . en sorte qu'il s'en est fait une chose, et non pas deux ; de même qu'il a fait que le pain et le vin devinssent une même chose avec son corps, et non pas deux choses , puisqu'il dit : i Je suis le pain vivant , descendu du ciel ; celui qui mange de ce pain vivra étei'netlement. > Or on sait «fac le pain et le vin , connue aussi son corps qu'il a pris de la Vierge Marie, n'ont point été dans le ciel et n'en sont point descendus. Mais après que l'union les a faits une même chose avec la divinité , et non pas plusieurs choses , ce qui est dit d'eux par rapport à sa divinité, se dit aussi véritablement par rapport à l'union, et il est également vrai , comme prouvent /t'» témoignages qui ont été rapportés de C Evangile et des Épilres. Car on dit te corps de Jésus Christ et le corps du Fils de Dieu , et te corps du Verbe , et que le Verbe a clé fait chair.

{il LIV. 11. ACCORD DES ORIENT

L'aulcur entreprend ensuite de prouver que ces choses qui parnissent incroyables ne sont pas impossibles, ayant dit d'abord que ^elui qui croit en Jésus-Christ n'a pas besoin d'aucune autre autorité que de ses paroles qui sont si claires. Que si on examine les choses naturelles, on conviendra que les plus grands philosophes qui ont expliqué les propriétés des choses naturelles , et ce que nous voijons arriver tous les jours dans ta nature , ti'cn ont presque jamais connu les causes ni les effets, et qu'il y en a plusieurs que nous croyons sans les comprendre ; que si la difficulté nous rebute , elle ne nous doit pas empêcher de croire ce qui regarde f Eucharistie , puisqu'il y a beaucoup d'autres mystères dans la religion chrétienne qui ne sont pas îjioî/js incompréhensibles. Enfin il ajoute : Lorsque Jésus-Christ a répandu sa puissance sur ce pain et sur ce vin, il les a distingués de ioute autre chose , et il les a fait son corps , sa chair et son sang, qui sont tmis à sa divinité... Que si quelqu'un demande ce que le pain et le vin étaient avant la consécration, on lui répondra que c'était un certain corps créé ; s'il continue à demander ce qu'ils deviennent après la consécration , on répond qu'ils sont faits le corps et te sang de Jésus-Christ. Si on demande ce que c'est que le corps de Jésus-Christ , et qu'on dise qu'il est créé , on dira à celui qui fera une pareille question : Si vous croyez qu'après la consécration la imturede l'Eucharistie soit lamême qu'avant la consécration, vous dites uneimpiété contraire à ces paroles de Jésus-Christ : i C est-là le pain descendu du ciel , » etc. // faut donc dire que le corps de Jésus-Clirist , selon sa nature humaine , est créé et produit de nouveau ; mais qu'à raison de ce qu'il est par l'union à la substance divine , il est éternel , vivant , vivifiant , et donne la vie et la rémission des péchés.

Il explique ensuite, la manière dont se Hut le changement , et c'est un extrait de la Catéchèse de S. Grégoire de Nysse , fondé sur la comparaison tirée ie la digestion naturelle , par laquelle les aliments sont changés en chair et en sang : Par cela , dit-il , nous sommes certains que ce pain qui est rompu au nom du Verbe de Dieu est changé et fait son corps , parce qu'il a été nourri de semblable aliment ; et de même que ce paindont soncorpsélail nourri était changé et devenait son corps , et que la puissance du Verbe divin qui lui était uni habitait en lui, c'est ainsi qu'on doit juger de celui-ci, puisque c'est la même puissance , il telle est la foi que nous en avons, en recevant les paroles qu'il a dites à ses disciples : ceci est mon coups , etc.; car l' avènement ou la descente du Verbe divin, qui sanctifia alors le pain et le fit son corps , sanctifie de même celui-ci par sa parole et par sa puissance.

On trouveensuite divers passages des SS. Pères, et le chapitre U du traité de la Foi orthodoxe de S. Jean Damascène, qui est appelé Jahia, fils de Maiisur ; Jahia signifie Jean, et le surnom de Maiisur a é;é donné comme on sait à ce docteur de ré;4lise grecque. Il est à propos de faire quelques réllexions sur ce que nous avons exlntil de ce traité , parce qu'il en fournil de irèsimporl.'iiacs sur la matière présente.

\UX AVEC LÉGLÎSE ROMALNE. u%

Le manuscrit est fort ancien, et quoiqu'on n'y trouve pas la date du leinps auquel il a été transcrit, il est marqué quil avait clé copié sur l'original, écrit l'an de l'hégire 627, qui est l'an de Jésus-Christ 1229, par Abulferge Ebnassal , et la copie que nous avons vue à Rome en 1701 ne paraît pus fort éloignée de ce temps-là. On ne sait pas qui était cet Ebnassal , sinon qu'il n'est aucun des deux qui ont le même surnom , cl qui sont souvent cites dans cet ouvrage; car ils étaient frères et tous deux jacobiles égyptiens ; au lieu que celui ci devait être melchile , c'est-à-dire orthodoxe; car il paraît que ce recueil était fait pour les Grecs , puisqu'on y irouve la dispute sur les azymes contre les Latins, qui fit un des points principaux de la conférence tenue à Conslanlinople entre les légats du pnpe et Michel Cérularius.

La première remarque qu'on doit faire sur cet ouvrage est qu'il a été fait pour des Grecs schisniaiiques qui étaient dans dos pays oîi on parlait arabe. Ils ne pouvaient donc êlre latinisés , puisqu'ils ont traduit, approuvé et adopté , ce que Cérularius avait dit de plus fort contre les Latins, et qu'il est marqué à la fin du traité que les légats du pape n'ayant pu persuader aux Grecs de réformer plusieurs coutumes que les Latins condamnaient, ils fulminèrent une sentence d'anathème contre les Grecs, et la laissèrent sur l'autel de Sainte -Sophie. On reconnaît aussi la mauvaise foi de ceux qui ont traduit celte pièce, puisqu'ils donnent à entendre qu'outre le point principal, qui était celui des azymes, il ne s'agissait que de choses assez indifférentes, entre autres de ce que les Latins voulaient obliger les Grecs à raser leurs barbes, et à exclure les euiuiques des ordres sacrés. Ainsi on ne peut soupçonner ni les auteurs, ni les traducteurs , ni les copistes de ce traité , d'avoir été latinisés.

Secondement, comme il a déjà été remarqué, on y trouve non seulement la même doctrine, mais encore les pensées, les comparaisons et les expressions dont Sévère, évêque d'Aschmonin , a expliqué le mystère de l'Eucharistie ; il est même aisé de reconnaître que ce traité est un extrait de ceux de ce théologien jacobitc, qui sont extrêmement loués par tous ceux de sa communion. Par conséquent, puisque des melchites ou orthodoxes ont adopté sa doctrine et ses expressions , et les ont attribuées à un autre auteur non suspect , il est certain qu'il n'y avait aucune différence de sentiments entre les orthodoxes et les jacobites siu- l'Eucharistie. Cette remarque est d'autant plus importante que dans le même mamiscrit on Irouve quelques noies marginales sur ces paroles de S. Jean Damascène : Le corps qui est uni à la divinité n'est pas une seule nature ; mais la natitre du corps est une, et celle de la divinité qui y est unie en est une (mire ; en sorte que l'une et l'autre ne sont pas une nature , mais deux (1). Comme ces paroles dolruiscnt l'erreur des

/liu /xèv TOÛ aùnxrot Tni ôèjîvw//£v»;; aùrû Otoi-nxoi i-ipx ,

monophysilcft , le jacobile a mis en marge : Cela est conforme à Popinion des melcltiles , mais nous t'avons réfutée ci-dessus, c'esl-à dire en d'aiilres notes semblables qui se trouvent à côlé de quelques expressions de S. Jean Damascène, ou de celles que les melchilcs avaient substituées à d'autres de Sévère d'Asclimoiiin , qu'ils ont copiées comme il a été dit, mais en corrigeant ce qui avail rapport au dogme des jacobites.

Troisièmement, il est à remarquer que l'autour de ce traité cite les témoignages des Pères les plus propres à confirmer la doclrine de la présence réelle; comme la Caléehèse de S. Grégoire de Nysse, S. Cyrille de Jérusalem et S. Jean Damascène, pour ne pas parler des autres. Il rapporte leurs paroles comme devant èlrceiilendues simplement, et il n'y fait point de commentaires. Il s'ensuit donc que l'auteur et le jacobile qui le critiquait par ses noies marginales , ne croyaient pas qu'on dût les onîendre autrement. Par conséquenl ils étaient forl éloignés de les entendre selon les commcnlaires embarrassés d'Auberlin et les subtilités de M. Claude.

Quatrièmement, on voit que les chrétiens, non seulement melcbites, mais les jacobites mémos , ne regardaient pas S. Jean Damascène comme un novateur toi que les calvinistes tâchent de le représenter; puisqu'ils ont copié ce qu'il avait écrit sur l'Eucharistie, ils l'ont regardé comme orthodoxe, et s'il n'avait pas parlé le langage de toute l'Église, le jacobile, qui le censure sur la doclrine des deux natures en Jésus- Christ, ne l'aurait pas ménagé sur l'autre dogme.

Enfin , puisque dans ce traité il n'y a presque aucun passage de l'Écriture sainte louchant l'Eucharistie qui ne s^oM rapporté et expliqué, et qu'il n'y en a Itas un seul qui ne soit pris dans le sens littéral ; que le sens métaphorique est rejeté expressément, il s'ensuit que les Orientaux ont de tout temps entendu simplement el liliéralemenl ces mêmes passages de l'Écriture, aussi bien que ceux des saints Pères.

Ces rcfloxions doivent s'étendre aux autres lémoignages des Orientaux qui ont clé rapportés jusqu'ici; on y trouve tous les passages de l'Écriture sainte expliques selon le sens littéral , qui est celui des catholiques ; et ces passages parallèles que les calvinistes veulent faire considérer comme la règle qui doit servir à l'intelligence des premiers selon le sens figuré, n'y sont rapportés que pour avertir qu'on ne doit pas entendre en celle manière les paroles de Jésus-Christ, mais qu'elles doivent être reçues et crues avec la même soumission que toutes les nuires. La répugnance des sens et de la raison , les objections philosophiques, l'impossibilité d'un miracle aussi grand que le changement du pain el du vin au corps et au sang de Jésus-Christ , ne sont pas des I>reuves , comme elles le sont purmi les calvinistes ; ce sont des objections auxquolies les Orientaux oppo^

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sent îa vérité des paroles de Jésus Christ et la Coulepuissance de Dieu, à laquelle nos faibles lumières ne doivent pas mettre des bornes. Tous conviennent que ce changement se fait par miracle , et que ce miracle est si grand, qu'ils le comparent à celui qui surpasse tous les autres, c'est-à-dire au mystère de l'Incarnation. C'est pourquoi ils établissent comme un dogme certain que le pain et le vin dans le mystère de l'Eucharistie sont faits aussi vérilablemont le corps el le sang de Jésus-Christ, qu'il est vrai que le Verbe s'est fail chîiir , et que l'homme dans lequel s'est incarné le Fils de Dieu estdovcnu le Fils de Dieu Par celle raison quelques théologiens jacobiles oui dil que comme l'homme éiail devenu Dieu dans l'incarnation, aîrtK le pain étant le même corps devenait divin à cause ds l'union avec le Yeibe, et les jacobiles signilienl beaucoup plus par ces paroles qu'elles ne paraissent signifier ordinairement, puisque l'union, selon qu'ils l'entendent, est telle qu'en Jésus-Clirisl il n'y a qu'une seule nalure.

On doit aussi remarquer que lous ces théologiens oiientaux disent que ce changement se f.iit par l'opcration du S.-Esprit, c'est-à-dire surnaturellement. par sa descente sur les dons proposés, ce qui prouve que son opération divine agit invisiblemcnl sur leur matière sensible ; ils en déterminenl le temps auquel ils commencent à adorer l'Eucharistie; ils se servent tous de la comparaison de la digestion, par laquelle le pain est char.gé en chair, suivant la manière dont S. Grégoire de Nysse a expliqué ce mystère , et ils rcntondenl à la lettre. Us entendenl ainsi toutes les expressions des Pères, qui disent que Jésus-Christ est sur l'autel , immolé de même que sur la croix , entre les mains des prêtres; que les chrétiens le reçoivent dans leur bouche, qu'ils boivent son sang ; el il ne se trouve pas un seul théologien grec, ou de toutes les autres nations ou sectes d'Orient , qui ail averti que tout cela devait être entendu niétaphoriqucment, encore moins les passages de l'Écriture sainte qui sont cités si fréquemment. Si ceux qui s'expliquaient ainsi ne croyaient pas la présence réelle, il faul supposer la chose du monde la plus absurde, qui est rpie des églises entières , séparées non seulement par la distance des lieux, mais par l'hérésie ou par le schisme, se soient acrordées, depuis plus de mille ans, à choisir les termes les plus propres à faire entendre qu'ils la croyaient. Enfin on demande à tous les prolosiants, si, supposant qu'ils la crussent, ils pouvaient choisir des expressions plus nettes et plus simples pour s'eipliquer sur cet article ; ce qu'on ne croit pas que personne puisse nier, après avoir lu les passages qui ont été rapportés.

Mais afin de citer aux protestants un témoin qai ne puisse pas leur êlre suspect, nous rapporterons ce qu'Arnould Boolius, outré calviniste .s'il en fut jamais, écrivait à Ussérius touchanl le Commentaire de Denis Barsalibi sur les Évangles, que celui-ci lui avait prêté, et dont il se trouve plusieurs passages parmi ccu.\ que no'is oyons rapportés ci-dessus. Voici

Uo LIV. 11.

les paroles (1) : £n parcourant votre Chaîne syriaque sur les Évangiles, y ai trouvé (ju'outre les salles allégories dont je vous avais parlé déjà d'abord que j\'us jeté les yeux dessus, il y avait beaucoup de choses sérieuses, et qui méritaient fort d'être lues. J'y ai aussi trouvé assez de choses qui ont rapport aux controverses entre nous et les papistes ; mais qui sont telles pour la plupart, qu'elles paraissent leur être plus favorables qu'à nous. Assurément il parle de la sainte communion , de même que s'il reconnaissait très-clairement la Iranssubslantialivn du pain et du vin ; de sorte que si quelque papisle voulait faire parler quelqu'un des anciens en faveur de sa cause , et choisir à sa fantaisie les paroles <iu'il lui feruil dire, je ne vois pas ce qu'il pourrait souhaiter davantage. Cosl ainsi que parlait Bootius pour avoir vu seulement le Commentaire de Barsalibi sur les Évangiles, quoiqu'il paraisse qu'il ne l'avait pas lu fort exactement , puisque ce n'est point une Chaîne, et qu'il se l'est imnj^iné, parce qu'il y a beaucoup de citations de Pères et de ceux qui passent pour tels parmi les jacobiles. Si donc il a reconnu que cet auteur parle du changement du pain et du vin dans l'Eucharistie, comme pourrait faire un catholique, celle reconnaissance doit s'étendre sur tous les auteurs (|ue nous avons rapporter, qui parlent de mênie, et quelques-uns encore plus forlcmenl , puisqu'ils marquent expressément le changemcul de nature et de substance, comme Élic-le-Calholique, et Abusebah, auteur du traité de la Science ecclésiastique. Or il est trèsdifficile d'en trouver aucun qui ne se serve des pensées, des expressions et des mots mêmes de B:ir alibi ou de Sévère. Il s'ensuit donc qu'ils parlent tous comme s'ils avaient cru la transsubstantialion , en sorte que les catholiques, s'ils les avaient lait parli!i', n'en auraient pu dire davantage; et cela étant, quelle raison peuvent alléguer les prolestants pour supposer qu'ils ne l'ont pas crue?

CIIAPI-.RE Vin.

Preuves de la crcance des Orientaux louchant ta présence réelle, tirées des Liturgies et antres livres qui sont en usage dans les églises.

Les preuves que nous allons rapporter sont d'un . genre tout dill'éient des précédentes. Ce ne sont pas des explicalions du dogme comme dans les homélies les plus s'.n'.ples , encore moins des raisonnements Ihéologiques difficiles à concevoir, comme il y en a quelques-uns dans les extraits que nous avons don-

(1) Dùm tuam in Ev:mgelia Catenam Syriaram percurro, obiter deprehcndi qtiôd prieler ineplas illas aUegorias de quibiis jam lum ex prima ii.spectione R. D. T. lociilus fuerani, muUa eliam sena ac kctu omninô digna conlineat; sod et non paiica ibi repeii ad coiitroversias hodiè inler nos et pontilicios agiiaii solitas speclanlia ; et quidem ejusmodi parlim, ut ipsis potiùs quàm nobis lavere videantur. Sane de sacra commiinione ila loquitur. ac si panis et vmi trans substan'.ialioncm, ut nunc loquimur, planissime agnosceret; adeo quidciu ut si quis papislarum velit vcte-, rum qucmpiani pro siià causa loquentem introducere,' non videani quid ultra desiderare possit. Inler eptst. Vsierii 198.

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