‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 82 sur 323 · ACCORD DES ORIENTAUX AVEC L'EGLISE ROMALN'E · texte numérisé non relu

ACCORD DES ORIENTAUX AVEC L'EGLISE ROMALN'E

ués, surtout lorsqu'ils sont fondés sur le dogme particulier de chaque secte , qu'il faut avoir dans l'esprit pour juger sainement du sens des auteurs. Ce sont des prières publiques récitées ou entendues tous les jours dans les églises, par des hommes sans lettres et sans théologie, dans les assemblées, et particulièremenl dans le ministère sacré de la Liturgie et de la com« munion. Ce n'est donc rien supposer qui ne soit trèsvéritable et conforme à la raison que de prétendre qu'on ne peut donner un autre sens aux expressions qui s'y trouvent fréquemment, que le simple et le plus littéral : d'autant même qu'elles sont en trop grand iioiiiLre, pour pouvoir dire qu'elles y aient été mises au hasard , encore moins qu'elles aient échappé à ceux qui ont composé ces prières, puisqu'on ne trouve pas que depuis le commencement de la réforme aucun de ceux qui ont composé tant de différents offices de la cène soit tombé dans une pareille faute. Ce n'i.-st pas à ces prières, ni à toutes les formules qui se trouvent dans les Liturgies et autres offices puklics, qu'on peut appliquer des explications métaphoriques : on parle liltéralemenl au peuple ; et quand un ministre protestant, donnant la communion à un homme de sa secte, lui dit qu'il prenne le pain et le calice en mémoire de la mort de Jésus-Christ, et toutes les autres exhortations qui se disent dans leurs offices, il ne lui dira jamais que ce qu'il lui donne est le vrai corps et le sang de Jésus-Christ; pas même ceux qui, comme les luthériens, croient qu'on le reçoit véritablement. Les Grecs et les Orientaux, non seulement n'évitent pas de le dire en distribuant la communion, mais c'est dans toute la Liturgie qu'ils parlent de cette manière , et dans des termes qui donnent une idée simple de la présence réelle.

Ainsi il n'y a rien de plus ordinaire que de trouver dans les prières préliminaires qu'on demande à Dieu le changement des dons proposés ; que Jésus-Christ est sur l'autel ; son corps sur la patène sacrée , sou sang dans le calice; qu'il est entre les mains des prêtres ; que les fidèles le reçoivent dans leurs mains, dans leurs bouches; qu'elles sont teintes de son sang précieux ; que les anges assistent avec tremblement, et plnsiems pareilles expressions qui se trouvent dans les témoignages des théologiens qui ont été rapportés.

Tout l'office , et en particulier ce que le diacre dit au peuple , est un avertissement d'être dans la modestie , dans la crainte et dans le tremblement, eu aliendantle miracle qui se doit faire à la consécration. Dans la Liturgie syriaque de S. Jacques, le diacre dit : Soyons remplis de crainte et de terreur, de modestie et de sainteté, parce qu'on va offrir le sacrifice; la Majesté commence à paraiirc ; les portes du ciel s'ouvrent, et le S. -Esprit va descendre et reposer sur ces saints mijstères. Après la préface et les prières qui la suivent , le prêtre prononce à hante voix les paroles de la consécration , et le peuple témoigne sa foi en répondant : Amen, dans le rit syriaque. Dans le rit égyptien, cet acte de foi est rcpélé plusieurs fois entre

U7 PEUI'ÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EIJCHARÎSTIÎ

lis

oliaque parole, et à la fia le peuple dit : Cela est ainsi vâritablement. Après la bénédiction du calice : Nou» le croyons^ nous le confessons, nous vous rendons gloire, cela est ainsi. La Liluigie éihiopieiine a une formule e;:C(>re plus expresse; car le peuple, après avoir dit irois (bis amen, dit: ^ous croyons, nous sommes certains que c'est là vérilublemenl voire corps, que c'est véritablement voire sang, et nous vous en louons, Seigneur notre Dieu! On peut faire quelque difficulté sur le sens de celte confession, et il est difficile de le déterminer ou à la vérité du changement, ou à celle des paroles de l'Évangile sur laquelle elle semble pouvoir tomber; mais cela revient toujours au même, comme on fera voir lorsqu'on parlera de la prière solennelle, appelée Vinvocation du S.-EsprU.

Dans la Liturgie cophtc de S. Basile, à l'oraison de la prothèse, lorsqu'on apporte les saints dons de ]a crédence à l'autel, le prêtre dit ces paroles adressées à Jésus-Christ : Nous vous prions et nous demandons de votre bonté que vous fassiez paraître votre face sur ce pain et sur ce calice , que nous avons mis sur cette table sacerdotale. Bénissez-les, sanctifiez-les, purifiez-les et les changez ; en sorte que ce pain soit fait votre saint corps, et le vin mêlé d'eau qui est dans ce calice soit fait votre sang précieux. La niônie prière se trouve dans la Liturgie des Éthiopiens; les mots des trois langues égy[)lieiine, arabe et étliiopienne, signifiant la même chose que les mois grecs et latins dont on se sort pour exprimer un changement réelle et véritable.

On trouve dans la Liturgie cophte de S. Grégoire, qui est la seconde de celles dont se sert l'église d'Alexandrie , ces paroles : Purifiez-nous, Seigneur notre Roi, comme vous avez sanctifié ces oblations qui ont été offertes, et les avez faites invisibles de visibles qu'elles étaient. On ne peut pas donner un autre sens à ces paroles que celui-ci , qui est que par la consécration elles ont été faites quelque autre chose que ce qu'elles étaient auparavant, et qu'on ne reconnaît pas par les yeux. Or cela piouve trèscerlainement qu'elles ne sont plus ce qui pareil, c'est à-dire du pain et du vin ; mais ce qu'on ne voit point, c'esl-àdire le corps et le sang de Jésus-Christ. Car il n'est pas dit qu'elles sont remplies de quelque chose d'invisible, c'est-àdn-e, de vertu et de puissance pour produire la grâce intéricurenicut; mais qu'elles sont faites invisibles, ce qui ne se peut entendre que du corps et du san<^ de Jésus Christ. "

Dans la Lilurgic éthiopienne de S. Kyriaque, métropolitain de Benhsa, (|ui est la troisième des imprimées à Home avec le nouveau Testament en même langue, et qu'on irot.ve conforme aux manuscrils un peu avant la conun.uMOM, le diacre parle ainsi nu licuple : De même que le Fils est descendu du plus haut des ceux pour faire justice et miséricorde; ainsi ce pain (en est descendu), ce qui a rapport à ces paroles • • .e tuis le pam vivant descendu du ciel;» il est accusateur, ,1 est juge, et il fait miséricorde. Ne regardez donc

pas ce pam comme un pain terrestre, car c'est le feu de la divinité. Quelle bouche le mangera, quelle langue le recevra, ou quelles entrailles pourront le contenir ! C\st pourquoi levons les yeux et disons : Selon votre miséricorde. Seigneur, et non pas selon nos péchés.

Dans celle de Dioscore que Wanslèbe, étant encore luthérien, fit imprimer en Angleterre avec sa traduction, le diacre dit en ce même endroit de la Liiwrgie : Que personne ne s'imagine que ce corps soit sans âme et sans esprit ; le corps, le sang et l'esprit sont un (ou pour mieux dire ils sont ensemble et ne font qu'un) , de même que son humanité qui ne fait qu'un avec sa divinité. Ces paroles un peu obscures sont trèsclaires en les inlerprétant selon la foi des jacobiles , qui ne reconnaissent qu'une nature en Jésus-Christ. Ils disent donc ici que ce corps est animé, et le propre corps de Jésus-Christ ; de même que le corps qu'il avait pris de la Vierge était uni intimement à sa nature divine, et ne faisait qu'un avec sa divinité.

Dans la Liturgie des jacobites syriens , un peu avant la communion , le diacie dit au peuple : Inclinez vos têtes devant le Seigneur miséricordieux, devant son autel propitiatoire, et devant le corps et le sang de Notre-

Seigneur Jésus-Christ Les puissances célestes sont

ici avec nous , honorant de leur minislère le corps du Fils de Dieu qui est immolé devant nous. Lorsque le prêlre fait la fraction et l'intinclion de l'hostie, il dit ces paroles : Seigneur, vous avez mêlé votre divinité avec notre humanité, notre humanité avec votre divinité, votre vie avec notre mortalité ; vous avez pris ce qui était de nous, et vous nous avez donné ce qui était à vous. Faites, Seigneur, que nos corps soient sanctifiés par votre saint corps, et nos âmes purifiées par votre sang propitiatoire. Kn la même Liungie syriaque, dans une oraison qui est comme la poslcomniunion : Seigneur, que le feu ne. me dévore pas , moi qui ai mangé votre corps ; que mes tjeux auxquels je l'ai appliqué voient votre miséricorde; le feu craindra d'approcher démon corps, parce qu'il sera arrêté par l'odeur de votre corps et de votre sang.

Dans la Liturgie aj)pelée de S. Pierre : Vous avez daigné, Seigneur, que nous touchassions de nos mai7is de chair celui que plusieurs rois et prophètes ont souhaité de voir, et qu'ils n'ont pas vu....; ce feu dévorant que nos doigts ont tenu , ce charbon vivant que nous avons touché avec nos lèvres, et qu'un séraphin ne peu! soutenir, que le prophète a reçu et par lequel il a été purifié, l'uiifiez. Seigneur, les bouches, les lèvres et les mains qii ont reçu votre corps, et sanctifiez les corps, tes âmes et les esprits qui ont reçu votre sang. Ces mômes |)arules se liouvent dans la Liturgie de S. Cyrille , dans celles de Jean B^MSussan , de Jean , palriarche , de Philoxène, de Jacob Barackit, de Jacques d'Édesse, de Joan Acœaiète cl de Grégoire, catiiolique, surnommé Abulfarage.

Dans im ordre particulier de Liturgie jacobile syriaque, il est marqué que le prêtre , lorsqu'il tiendra riiostie entre ces mains, dira ces paroles : Vous eus Jésus-Christ notre Dieu ; vous êtes celui qui aveu eu U

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