LIV. 11. ACCOKD DES ORIENTAUX AVEC L'ÉGLISE ROMAINE
côlê percé pour nous sur le Calvaire près de Jérusalem. Vous êtes l'Agneau de Dieu qui ôtez tes péchés du monde. Pardonnez-nous nos péchés, remettez-nous im crivies, et nous donnez place à votre droite. II n'y a pas de preuve plus assurée de la persuasion cerlaine de la présence de Jésus-Clirisl sur l'autel et entre les mains des prêtres, que de pareilles prières qui lui sont adressées dans le temps que le prêtre tient l'iioslie entre ses mains.
On trouve à la fin de ce même office une oraison composée par Denis Barsalibi , dans laquelle après qu'il a dit que Jésus-Christ a vérilablenicnt souffert pour nous dans son corps et répandu son sang, il finit par ces paroles : Emmanuel est un, il n'est point divisé après Cunion inséparable des deux natures. Nous le croyons, nous le confessons, et nous sommes persuadés que c'est là le corps de ce même sang, el que c'est là le sang de ce même corps.
Dans la Liturgie des nesloriens , et dans l'orfice commun qui sert aux deux autres, attribué à S. Thadée et à S. .Maris, qu'ils révèrent comme les fondateurs de leur église : Jsaie a baisé un charbon de feu sans que ses lèvres fussent brûlées , les hommes mortels reçoivent du feu dans du pain qui conserve leurs corps, et qui consume leurs péchés. On voit par ces paroles que celle expression qui se trouve souvent dans les offices des orihodoxes et des jacobiles est aussi ordinaire aux nesloriens, ce qui fait voir qu'ils n'ont point de sentiments différents sur l'Eucbarislie.
Dans une autre oraison : Lorsque le prêtre monte au sanctuaire, les armées spirituelles le voient ronipanl et divisant le corps de Jésus-Christ pour la rémission des péchés. On dit ensuite dans un hymne : La table est placée dajis le Suint des saints; les prêtres vénérables l'environnent comme des séraphins; le prêtre invoque le S. -Esprit, qui descend et habile dans le pain, et qui se mêle dans le calice. Dans un autre : Tous nous autres qui approchons pour recevoir les vénérables et divins viystères, rendons grâces el adorons avec crainte et charité le Seigneur de l'univers ; recevons avec amour cl avec (oi le corps du Fils, du Christ, qui a été immolé pour nous donner la vie, el qui a réconcilié son Père avec nous par l'effusion de son sang. Voici qu'il est porté sur l'autel (envoyé) de la droite de son Père; et qt^oiqu'il soit un et indivisé là-hmt (dans le ciel) , il est tous les jours immolé, quoique d'une manière impassible, dans l'Église pour nos péchés. Approchons-nous avec respect du sacrifice de son corps qui sanctifie tout, invoquons-le tous, et disons-lui : Cloire soit à vous.
Les oraisons suivantes contiennent la même doctrine : Fidèles , venez avec un nouvel esprit , et confessons tous sans aucun doute que tious voyons sur le satnt autel l'Agneau de Dieu, qui est tous les jours immolé sacramentellement , qui étant vivant éternellement, est distribué à tous sans être consumé. Ailleurs : Mon âme tombe en défaillance. Église fidèle, lorsque nous voyons l'Agneau vivant , qui est porté sur votre autel glorieux ; ce qui est répété peu de paroles après : Jésus- Christ a établi un autel dans son Église, sur lequel sont
portés son corps et son sang. Dans rilorologc , ou livre des prières ordinaires des mêmes nesloriens , ils adressent ces paroles à Jésus-Christ : Les chérubins demeurent en respect devant vous , et les séraphins ne peuvent soutenir vos regards : et nous vous voyons tous les jours sur l'autel , et nous participons à votre corps et à votre sang précieux. En une autre prière : Le corps de Jésus-Christ et son sang précieux sont sur l'autel; approchons-en avec crainte cl avec charité, et disons lui avec les anges : Saint, saint, saint. Seigneur Dieu. De môme dans le livre du ministre ou du diacre , se'on le rit jacobiie : Celui que Moïse avait vu sur le mont Sinat, et Ezéchiel sur le chariot mystique , voici qu'il est offert sur l'autel , les peuples le reçoivent et obtiennent la vie. Peu après le diacre dit avant la communion : Prions dans ce temps auquel il a plu à la divinité d'abaisser sa majesté , el qu'elle a sanctifié ce pain produit de la terre et l'a fait un corps venu du ciel ; comme elle a consacré le vin, fruit de la vigne , et l'a fait le sang de Dieu pour
les fidèles qui le boivent Réitérons nos prières à Dieu
par le moyen de cette oblation pure et sainte, et le sacrifice de propitiation qui est offert , et qui est le premier né et le Fils unique qui s'est revêtu d'un corps pris de Marie , par lequel il a donné la vie éternelle aux pécheurs qui le reçoivent.
Nous eu passons un assez grand nombre qui disent la même chose, et nous finirons cet article par les extraits d'une autre sorte de prières publiques , qui sont lus bénédictions des vases sacrés, selon qu'elles se trotivent dans le Pontifical du patriarche Gabriel.
Dans la bénédiction du disque sacré, qui répond à noire palène : Étendez votre main divine sur ce disque béni, qui doit être rempli des parties et des restes de votre suint corps, qu'on ofl'rira sur l'autel du sanctuaire de celte ville. Pour le calice : Étendez votre main divine sur ce calice, sanctifiez le et purifiez-le, afin qu'on y porte le sang précieux , etc. Pour la cuiller : Seigneur, qui avez daigné faire voir à Isate , votre serviteur , un chérubin qui avait une pincette avec laquelle il prit un charbon de Caulel , et le lui mit dans la bouche, étendez. Seigneur tout-puissant, votre main sur cette cuiller, dans laquelle on doit recevoir les membres du corps saint, qui est le corps de votre Fils unique, Noire-Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ.
Ces expressions n'ont jamais paru outrées à ceux qui les trouvent dans les livres de leurs églises, et il n'y en a presque aucune dont les anciens Pères ne se soient pas servis. Les calvinistes les veulent expliquer métaphoriquement dans les Pères; il paraît assez que les Orientaux les entendent à la lettre, puisqu'ils les insèrent dans des prières qui ont d'abord été pour le peuple, incapables de toutes les subtilités, sans lesquelles ces expressions donnent d'abord une idée toute contraire au sens figuré. Mais quand elles en seraient capables , les cérémonies qui accompagnent ces prières les déterminent à toute autre chose ; ce que nous expliquerons dans la suite en parlant de la discipline, qui ebt l'inlerpreie la plus certaine de la doctrine.
PERPÉTUITÉ DE LA FOI TOtJCIIANT L'EUCHARISTIE.
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