‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 91 sur 323 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Preuve de la conformité de la créance des Grecs et dci

Orientaux avec l'Église latine sur la présence réelle,

tirée de l'adoration de l' Eucharistie

Parmi les points de discipline qui ont rapport à la présence réelle, il n'y en a point sur lequel les pro • testants aient poussé la témérité plus loin que sur l'adoration de rEucharislie. Comme ils l'avaient d'abord supprimée avant (jue d'examiner sur quoi elle élait fondée, el si c'était une pratique ancienne drt loule l'Église, ou un abus introduit par la suite de^ temps, il fallut chercher des rai&ons d'un changement si considérable dans la discipline. Elle élait telleinei:t ignorée dans les temps (jui précédèrent la réformalion, qu'il ne faut pas supposer que Luther et les autres premiers léformateins la connussent mieux que ne faisaient alors les pins habiles théologiens. Luther, Zwingle et Calvin l'ignoraient, et les préjugés qu'iis oui établis sans avoir jamais consulté l'anliipiilé ont fait une telle impression sur leurs sectateurs, qu'à peine il se trouve un protestant qui ail écrit supporlablcment do la disiplinc eueharist/(|ue. On pe2it

TERPÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE

donc dire sans exagération que ce n'a été qu'après avoir délruil l'adoraliou de l'Euciiaristic, qu'ils oui cherché des preuves dans l'anliquité pour justifier une innovation si liardie; cl ce qui est fort remarquable, c'est qu'ils n'en ont jamais produit que de négatives, (|ui dans la première chaleur de la réforme ont pu éblouir des ignorants; mais qui, étant examinées, ne sont fondées que sur ce faux principe, qu'on doit rejeter tout ce qui ne se trouve pas marqué dans rÉcriture sainte pour la célébration de l'Eucharistie. Ils ont assez fait voir eux-mêmes la fausseté de ce principe ; puisque de ce seul inotlèle parfait et original qu'ils ont cru voir dans l'Écriture sainte, ils ont formé un si grand nombre d'offices pour l'administration de leur cène, qu'il est impossible de concilier les uns avec les autres, et encore moins avec ceux de l'ancienne Église ; au lieu que la latine, la grec(iuc cl toutes les oi ienUilcs, conviennent en tout ce qu'il y a d'essentiel dans ces. prières sacrées. Est ce que les premiers chrétiens n'avaient pas l'Écriture sainte aussi bien que les premiers rélormalcurs, et ceuxci savaient-ils mieux ce que les apôtres avaient établi sur ce sujet, et que la iradilioa avaii conservé dans toutes les églises ?

Nos théologiens ont établi celle vériié pour ce qui regarde les premiers siècles, beaucoup plus solicleraent que les protestants n'oni prouvé le contraire; puisque ceux-ci ne peuvent alléguer un seul passage qui prouve que l'adoration de l'Eucharistie ail été regardée dans l'Église primitive comme une superstition , encore moins connue une idolâtrie. Lorsqu'ils enseignent, disait Érasme, que c'est une exr Irênie impiété et une idole'Urie que d'adorer Œucliarislie, ce qui s'est protique avant le 'cmps de S. Augustin et de S. Cyprien, et qui vient, comme on le doit croire, de la tradition des apôtres, ne condamnent-ils pus toute l'Église ? Qu'ils aient donc recours à cette église qui n'est connue de personne où. chacun puisse faire tou>. ce qu'il lui plaît (1). On ne croit pas qu'il y ait présentennnt des protestants assez ignorants pour vouloir rapporter le commencement de l'adoration de l'Eucharistie au temps d'innocent IV. [Plusieurs hommes très hal)iles ont fait voir que l'usage en est aussi ancien que l'Église. Si on ne trouve pas la cérémonie marquée avec détail, c'est que ce qui regardait la discipline n'était pas écrit dans ces premiers temps ; mais l'usage constant et immémorial de toutes les églises est une preuve incontestable de son antiquité.

Dès qu'on a cru que Jésus-Christ Dieu et honimc était véritablement pré ent dans le sacrement, il s'ensuivait par une conséquence nécessaire qu'on devait l'y adorer. C'est la remarque très-judicieuse (jue

(l)Cùmdoceantsummainimpietatemotidol()latnam esse adorare Eucharistiam , quod factum est anle aelalem Augustin! et Cypriani, et, ul est crcdendum, ab ipsistraditumapostolis, noiuie dannianl to:am Ecclesiam? Confugiani ipsi ad iilam nulli cogniiam eccfcsiam , sub cujus lilulo cniriue liccrot quod lubel. Erasiii , epist. ad fratr. Infcr. Ccrm.

George Cassaudre , théologien d'un grand mérite , a faite il y a longtemps sur ce sujet. 11 cite le fameux passage de S. A rabroise : C'est pourquoi par l'escabeau nous entendons la terre, et par la terre la chair de Jésus- Cliriat que nous adorons encore aujourd'hui dans les n^ystères, et que les apôtres ont adorée {\). S. Augustin suit la même explication : Dans l'incertitude oii je suis^ dit ce grand saint, je me tourne vers Jésus-Christ, et parce que je le cherche ici, je trouve comment on peut adorer sans impiété la terre et l'esct.beciu de ses pieds,. Il a pris la terre de la terre, dont la chair qu'il a prise de Marie a été formée. C'est dans cette chair qu'il a marché sur la terre, et il nous a donné cette chair à manger pour notre salut. Or comme personne ne mange celte chair sans l'avoir auparavant adorée , on trouve ainsi qu'on peut , non seulement sans pécher , adorer l'escabeau des pieds du Seigneur, mais qu'on pèche en ne l'adorant pas. S. Cyrille de Jérusalem, Théodorel cl plusieurs autres Pères marquent aussi clairement que l'adoration de l'Eucharistie était établie par un usage constant de toute l'Église.

On sait bien que les i)rotestaiitsont employé lotîtes sortes de subtilités pour éluder la fonc de ces passages, et nos théologiens ont assez fait voir combien elles étaient vaines et inutiles. Elles le |)araîlronl encore plus quand on fera réflexion qu'il ne s'agit pas d'expliquer un dogme, mais un fait, qui est si on adorait l'Eucharistie dans l'ancienne Église. Or il ne faut pas d'autre raisonnement que d'examiner quelle a élé la pratique de tous les siècles, depuis le temps de S. Ambroise et de S. Augustin jusqu'à nous. Il ne se trouve sur cela aucune variation ; et la preuve la plus certaine qui regarde principalement noire dessein, est que toutes les communions séparées de l'Église romaine il y a douze cents ans et iilus, ayant conservé la môme discipline, il est impossible qu'elle ail élé introduite par aucun abus, ni en conséquence de quelque innovation de doctrine. S'il y avait sur cela le moindre doute, ce serait à ceux qui le font naître à le prouver, ce que jamais aucun proieslanl «'a pu faire. Car, grâces à Dieu, nous ne sommes plus dans ces temps malheureux d'ignorance, où loul ce que disaient les premiers réformateurs élait cru sans autre examen, et une erreur entraînait en toutes les autres. Quand ils déclamaient si forlement contre la messe de l'Église latine, et qu'ils la supprimaient partout où ils étaient les plus forts, si on avait fait voir qu'ils attaquaient aussi bien 1 église grecque et toutes celles d'Orionl; que ce qu'ils allrihuaient aux innovations des papes était observé cgalemoni par ceux qui étaient séparés de la communion de fîome ; et que ce ([ue la réforme traitait d'abus cl d idolâtrie élait regardé comme une partie esseniielle du culte

(1) Ilaque per scabellum terra inlelligiiur, per terrain aulem caro Chrisli, quam hodiè quoque in mysteriis adoramus, et quan» aposloli in Domino Jeni, lit supra dJxiinus, adoràrnnt. Ambr., de S. Spiiilul.7,

U\. m. CI\OYANCE DES OKIENTAUX PROUVÉE PAR LEUR DISCIPLUNE.

.<• plus sacré, ils ii\iiiraienl peut-cire pas séduit tant J(i monde.

Car enfin quelles preuves les prolcslanls onl-ils données pour faire voir qu'il ne fallait pas adorer l'Kucharistic, sinon qu'il ne s'en trou' ail rien dans l'Écrilure? Ils ont cependant conservé un grand nombre de pratiques qui ne s'y trouvent pas, conmie on leur a fait voir. Mais en celle matière, toute leur llicologie roule sur ce faux principe, qu'ils prétendent avoir prouvé que l'Eucliarisiic n'est pas véritablement le corps et le sang de Jésus-Clirisl ; d'où il s'ensuit qu'il ne faut pas l'adorer. Si donc l'ancienne Église a cru le contraire, comme les Oiicntaux en sont persuadés, on ne peut douter qu'elle n'ait adoré l'Lucbaristie.

Puisque le dessein de cet ouvrage est de ne s'allaclicr qu'à ce qui regarde la créance des Grecs modernes et des communions orieuLilcs, c'est à quoi nous nous arrêterons; d'autant plus que cet usage conservé hors de l'Église latin?, aussi bien que dans sa communion , est une preuve incontestable de son antiquité. Car on ne peut rien supposer de plus ab- .'iurde que l'introduction insensible d'un tel change- Bient; et ce n'est pas une moindre absurdité que de i;rctcndre qu'il se soit fait sans qu'il en paraisse le moindre vestige dans tout ce qui nous reste de monuments anciens de l'iiistoire ccclcsiaslifiuc , et sans que personne se soit opposé à une cérémonie qui, selon les préjugés des protestants, n'est pas seulement un abus, mais une idolâtrie.

On ne peut pas douter que même avant le concile rie Florence les Grecs n'adorassent l'Eucbarislie, conuiie le prouve Siméon de Thossalonique, dont l'autorité est très-grande parmi eux , cl qui vivait avant ce temps là. Voici ses paroles : Après roraison, la paix et rinclination de tclc qui marquent notre soutnission envers Dieu, et l'union, on fait l'élévation du pain vivifiant, qui représente le crucifiement de noire Sauveur pour Camour de nous; que Jésus- Christ même vient, qu'il se donne lui-même à nous , et qu'il est te fjijème qui a été crucifié pour nous. Ensuite il marque qu'on dit à liante voix : Ta âyia tsï? «yc'ei?, les choses suintes sont potir tes saints; puis la confession de foi : Il n'y a qu'un seul Seifjneur Jésus Christ ; la division ou fraction, l'union des deux espèces; ensuite la communion de l'évêqne, des prêtres cl des diacres; après quoi il dit : Ensuite, après qu'on a apporté les sacrées reliques du pain divin dans te calice sacré, it montre cela à tous, c'est-à-dire, Jésus-Christ ei ce qui est son propre corps et son sang véritablement qu'il a sacrifiés pour nx)us, son peuple, qu'il a acquis ; qu'il nous donne el qu'il nous permet de (jouter, de voir et de toucher. C'est pourquoi te sacré peuple le voit {du fond) de l'ùme, H l'adore, el il lui demande ce qui est nécessaire pour le

sr.lut El il faut adorer de toute son âme, en se

prosternant jusqu'à terre , le pain vivant, qui avec le iung est dans le calice.

On trouve aussi Tadoralion marquée dans les Li- Wrgics di m les Gi'CS se servent, cl Qu'ils ont impii

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niées eux-mêmes pour leur usage. 11 y est marqué que quand on montre lEucliarislie un peu avant la communion , le prêtre l'ait son adoration dans le lieu où ii est, ainsi que le diacre , disant lout bas : Seigneur, soyez propice à moi pécheur ; ensuite que tout le peuple l'adore avec révérence. Le palriarcbe Denis, dans l'altestation solennelle qu'il donna de la créance de l'église de Consiantinoplc en 1G72, dont l'original est à la Bibliotlièque-du-Roi : Ce mystère de l'Eucharistie est tin véritable culte divin , comme it en porte le nom ; car en lui on adore d'un culte qui convient à Dieu te corps divinisé de JSotre-Seigneur Jésus-Christ. Le synode de Jérusalem de la môme année déclare que le corps et le sang du Seigneur qui sont dans le mystère de l'Eucharistie doivent être honorés exlraordinairemcni, et être adorés du ctdle de latrie ; l'adoration qui est rendue à ta sainte Trinité étant ta même que celle qui est due au corps el au sang du Seigneur. C'est ce qui se trouve pareillement dans un grand nombre d'acies et d'attestations , ainsi que dans les ouvrages que le patriarclie de Jérusalem Dositliée a fait imprimer eu Moldavie depuis ce lemps-là, el en dernier lieu dans la sentence synodale de Callinique, palriarcbe de Constantinople, contre les erreurs de Jean de Caryopbyl!eenl(j91.

On ne peut douter , à moins de vouloir croire M. Claude préférablement aux tcn)oignages de toute !a Grèce, que l'adoration n'y soit génér.demenl pratiquée, quoique divers auteurs aient dit le contraire, et qu'ils aient trouvé créance parmi quelques callioliques. Le principal de ces témoins est Antoine Caucus, arclicvèr|ue de Corfou, anleur le plus méprisable qui puisse être allégué sur de pareilles matières. L'origine de cette erreur , et ce qui l'a persuadée à d'aulics, vient de ce (pié ceux qui l'ont reprocbée les premiers aux Grecs, n'ont pas entendu leurs rites, et n'avaient dans l'esprit que ceux de l'Église latine ; même ils ne la connaissaient que selon les usa[^es. présents, sans avoir la moindre lumière sur la disci- Itlinc ancienne. Ils Yoyaie::l dor.c que les Grecs u'c- Icvaicnt pas rEncliarislic au même endroit de la Liturgie que les Latins , el il n'en Callut pas davantage pour faire conclure ([ne puis(;u'ils n'avaient pas l'élévation, il n'y avait point d'adoration. De ces deux fai^ts également faux, ils ont tiré une consé jucnce encore i)lus fausse , qui est que l'église grecque n'adorait pas l'Eucbarislie.

Il est vrai que les Grecs n'élèvciil pas les dons sacres dès que le prètic a pronosicé les paroles sacraincnlales de Noire Seigneur ; parce qu'en conlinuani les prières, ils disent sans interruption l'invocation du Saint-Esprit, après laquelle ils regardent la consécration comme aclicvée el consommée. Ce n'est j)a3 comme quebiues auteurs l'ont avancé, qu'ils nient que les paroles de Jésus-Christ opèrent dans la cOiisécration ;ils citent souvent à ce sujet les passages da S. Jean Cbrysoslôme , donl nos théologiens se servent pour combattre les Grecs moderiies , et il n'y a aucune Liturgie grecque et oricnlale où elles ne s;j

rEUlÉTlllTÉ DE LA FCI TOUCilAYr L'ELCUAPaSTlC. fiJ

iroiivent, si on en esceplc deux ou trois qui ne sont pus fort en usage, el qui sonl nianilcblenient allcrccs. Ce sonl les syriaques jncobiles de S. Sixte, de S. Pierre cl de Denis Barsalibi , où \\ paraît (jue les copistes ont fait un sens eontinu de ces paroles : Ar.cJpHect comcdite, et des autres : Jn remissiouem pcccctorum, omcitaiil ce'.lcs-ci : Hoc f.st corpus melm qmd pro vobis iradelitr, qui se trouvent dans toutes les Liturgies de quelque langue et (pichiue secle (ju'cllcs soient, sans aucune variation. Ils disent bien i|:!"aprcs rinvocation du S.-lCspril la consécration est rr/nsoniniéc ; mais ils n'ont jamais combattu ce qui est Je loi dans l'Église catholique; ils ont seulement délendu la discipline de leur Liturgie, et refficacité des prières sacerdotales , contre les scolastiques qui les avaient attaqués sur Tune et sur l'autre.

Ainsi, selon leur discipline, ils n'élèvent les saints mystères que peu de temps avant la comnmnion ; ce qui a fait croire à ceux qui n'avaient pas examiné leurs rites avec assez de soin , qu'il n'y avait parmi eux aucune élévation de l'hostie, et par conséquent point d'adoration. Il y a encore un autre fondement »!e celle accusation qui n'est | as moins faux , c'est qu'on ne trouve dans les Liluigies a!;cionhes rien de marqué pour l'adoraiion.

La première raison csi enlièroment détruite par l'usage constant de toutes les églises d'Oiie::t, qui pratiquent cette cérémonie après ([u'on a dit : Sancta sanctis, el cela suffit : car quand on adore l'Eucharistie en quchpie partie de la Liturgie ([ue ce soit, on ne |)eul pas dire ([u'on manque à l'adoration. Dans la messe des prcsanctiliés , (jui n'est en usage parmi lions que le vendredi-saint, on n'élève pas entièrement rLuLliarislie, à peine la montrc-t-on un peu avant ia communion du prèlic; on ne dira p;^s pour cela qu'on i:C l'adorç point.

A l'égard des Liturgies , la plupart des raisonnenscnls que les prolestants, el même qutbiues cathorupies en tirent, est souvent fondée sur des conjectures tiès-fausscs : les uns prétendent qu'on ne peut s'en servir, parce ([u'elles ne sonl ni anùeimes, telles que les Grecs les supposent, ni authentiques, à cause de la diversité des c.\enu)laires ; et les autres ne b.ila)icent pas à les traiter connue des pièces fausses, parce qu'elles ne peuvent pas être aussi anciennes que les auteurs à (|ui on les a attribuées; et ces remarques j.)inb,;nt parliculièremeiit sur celle de S. Jean Clnys>..slôme.

Ce n'est pas coimaitre les Liturgies que d'en juger ainsi. Les prétendues marques de nouveauté, allé- {.'uces par divers auteurs, même catholiques, prouvent que les manuscrits sur lesquels ont été faites les preniièris éditions étaient peu anciens; mais à l'égard des Liturgies en elles mêmes, cela un prouve rien. On se moiiuerait d'un lionnne (pii prétendr;;il prouver que le canon latin esl du tenips de Charlemagne, parce (pie plusieurs des plus beaux el des plus anciens r.tanuscrils qui restent dans les biblothcqucs sonl du lC!i;i)s do ce grand empereur, sous lequel l'Église a

été si florissante par les lettres, ipi'il favorisait e-ïtrè mement, et qu'il fil revivre, autant que par les grand:* hommes qu'il éleva aux premiers sièges, et par les fondations qu'il (il avec tant de magnilicence. LesLir lurgies grec(|ues et les orientales étaient en usage longtemps avant les dates des manuscrits les plus anciens qui nous restent. Elles n'étaient pas l'ouvrage des particuliers, mais c'était des prières publiques, auxquelles l'usage continuel qu'en faisait l'Église donnait plus dautorité qu'elles n'en pouvaient recevoir par les plus cél>:bres docteurs elles p'us saints évoques. Cet usage est prouvé incontestablement de siècle en siècle , et c'est cela qui fait l'an'oritéct raulhenticilé des Lilur- S'e-;.

On n'y trouve pas ordinairement de rnbri([ues, noit pins que dans les anciens sacrameiitaires latins; mais comme ce défaut n'empêche pas qsi'on ne sache certainement les cérémonies (jue l'Église latine joignait aux prières, on sait de même celles de l'église grecque par lus auteurs qui les expiiqticntou qui les indiquent. La manière dont les fidèles recevaient la conmuniion dans l'église de Jérusalem n'est pas nn.rquce dans la Liturgiequilui était propre, et qui était celie de S. Jacques; niais S. Cyrille l'a marquée dans ses Catéchèses d'une n^.anièrc fort précise, comme il se trouve plusieurs endroits dans S. Jean Clirysoslôine (pii font connaître les rites pratiqués à Constantineple. Ce n'est donc pas uiie marque de supposition ou de nouveauté de trouver ces mêmes cérémonies écrites dans les manuscrits du moyen âge ; c'est au contraire nue. pieuve certaine de l'usage luiblic qu'on en faisait, puisque même on le sait d'ailleurs, el que la praliijue contiiuiée jusqu'à ces derniers tenips le confirme.

C'e,-.t aussi celte pratique ([ui a établi l'adoration parmi le^ Coidites, avant même (jne les cérémonies fussent insérées, con)mc elles l'ont été depuis da.îS les Li:urgies. La grecque de l'église d'Alexandrie, qui est a|)pelée de S. Basile, nianiue l'éléxation dans le len)ps où se dit : Sancta snïiclis, elle est appelée ûjio*îi,-. La cophte, en plusieurs bons manuscrils, en parlo (le cette manière : Le prêtre prend l'asbodicon, c'est-:;d.i'e, tj&u.a. ScïTTOT'./.àv , le corps du Sciyneur, el l'élcti autant qnil vcul,criiinl en mêuie temps : « Sancta sanctis. » Selon un autre exemplaire, dans lequel sont manpiés les ritiS si;iv;'.nl le liiluel du patiiarclie Cabriel : Le prêtre élève le corps du Seigneur, étendant SCS mains, el incUnanl sa léle; puis il crie à haute roix :

I Sancla sanctis; t cependant tous ceux qui sonl présents se prosterneroHl le visage contre lerre. Un aulte manuscrit ajoute : Tous ceux du peuple, c'est-à dire, les laï p:es, se prosterneront , udoranl Dieu en crainle cl Ireuiblcmenl , demandanl Us larmes aux yeux, el en se fritppanl la poitrine avec componction , la réniisdon de leurs péchés, etc. L'auteur du irailé ialiluié ; De science ecclésiastique, de'crivan: fort au long la Liturgie solennelle, dit : Le prêtre, se tournant vers l'Orient av.c respect, prendra une parue du corps s.inl qu'il élèvera, a eu même temps ou élèvera la croix el les cierges.

II criera i: haute voix : i Sancla sanctis, ; et le saù:l

-Ido LIY. 111. CROYANCE DES OIllE.NTAlX

corps demeurera ahm élevé penaant une demi-heure. Tous Ls luiq-cs qui seront dans ré(j(ise crieront : t KïniE Lir.'.soN, Sdaneur, ayez pitié de nous, > étant à genoux tl la tê!e découverte, si c'est nn dimanche; les autres jours ils se prosterneront le visage contre terre, et quitteront leurs bonnets.

Dans le RiUiel ilu pali iaicho G;il)iiel, la iiiaiiicre do (iisliiîiuor la caïuiiuiuioii osl ainsi prescrite : Le diacre prendra le calice, et le portera d'abord au côté du Sndi, étant accompagné d'un diacre portant un cierge allumé; tous les ministres qui servent à C autel l'ndorewnt, inclinant leurs têtes, jusqu'à ce que le diacre se soit , arrêté au côté du Septentrion. En même temps, le prêtre partant ki patène dans laquelle ed le pain consacré au corps de Jésus Christ, et se tournant v^rs l'Occident, descendra hors du sanctuaire; il donnera la bénédiction au peuple, en faisant le signe de la croix avec lu pathie, et tous adoreront, se prosternant juiff/t'à Urre, petits et grands, puis on commencera à donn£)- la communion. Chaque Idljue en la recevant se prosternera jusqu'à terre devant l'autel de Dit u, et chacun communiera la tête découverte. Après qitc les hommes auront communié, le prêtre donu ru comme auparavcmt la bénédiction avec la patène, et il ira à l'endioit oii sont les femmes précédé d'un diacre portant un cierge allumé; et lorsqu'il passera, tous les Iniques découvriront leurs têtes et se prosternerqnt devant bicu... Lorsque le prêtre sera arrivé au lieu oii sont les lei}imcs, avant que de leur donner la communion , il fera la bénédiction comme auparavant avec la patène, ainsi qu'après, et de même lorseju'il sera revenu à l'autel il se retournera vers l'Occident, et donnera la bénédiction au peuple , qui cependant éUim prosterné jusqu'à terre , et adorant le Sei^jneur, dira : i Sonvonez-vous de nous. Seigneur, lorsque vous vioidrez en votre rotjantne ; » la confession : « // n'y a (ju'ua Père saint, » etc., et celle qui rcgaide ta foi de l'iLuchaiislie, doiil il a é;é iiaric ci-dessus.

Dans un Irailé iiililulé : Canon pour recevoir le saint ^orps, il e.il dil , que celui qui doit recevoir la commu- Kton doit demeurer debout derrière le prêtre durant toute la Liturgie , sa)ts parler à personne et sans s'appuyer, sinon pur un extrême besoin ; ensuite être incliné respectueusement devant le Seigneur, jusqu'à ce qu'il ait reçu riuLcharislie des mains du prêtre, se prosternant trois fois devant le saiitt corps, ei ayant la tête découverte.

Ou ne sait pas avec le même délail les céréinoules qui se praruiueiil parmi les Syriens. Il y a dans le NdinocanoM d'Albui'arage une aneieiiue consliliilion de Jaci|ues d'ÉJ'Sse.qui nianpie que le prêtre ayant ilil : Sancta sanclis, élève et me)tlre au peuple les sacrés viyslcres pour témoignage; qu'ensuite se dit la confession : « Unus Pater sancliis, » el le reste. On ne l'eul douier que ces paroles ne t^ignilient {iiiei(|ues prières k.euii)lables à celles que nous avons tapporiées, tant Je IJarsalibi que de la Lilnri;ie, el de^ liynnies que les iiacres chantcîit dans 1 ejjiise jacol)ilc syrienne, aiiSoi liicn (jue parmi les ncsloriens el les orlhodoxc^, donl le bcai: se rapporte à la présence réelle; cl loul ce

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