CHAPITRE VI
Continuation des mêmes preuves tirées des livres grecs et orientaux.
Ce que M. Claude a employé pour prouver que les Grecs n'avaient aucun de ces soins qui marquent 1 1 foi de la présence réelle est si pitoyable, qu'on ne peut pas le regarder comme des preuves, puisque tout se réduit à quelques relations de voyageurs souvent peu instruits, qui leur reprochcnl l'irrévérence avec laquelle l'Eucharistie est administrée el cou-
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servée dans l'église grecque, el à quelques accusations d'auteurs qui, sur de fausses conséquences tirées de rites mal entendus , leur onl imputé des choses fort éloignées de la discipline qui s'y pratique depui» plusieurs siècles. Quelque jugement que les protestants aient fait des Liturgies grecques, el ils en onl fait de très-absurdes et insoutenables, aucun n'a encore ju^é qu'elles ne fussent pas plus anciennes que Paschase. et même que S. Jean Damascène. On y trouve un grand nombre d'oraisons, et elles ont toutes rapport à des actions sacrées et mystérieuses, dans lesquelles consiste la célébration du sacrifice non sai:glant. 11 y avait donc dans l'usage de ces prières quel(|ue chose de plus que ce que nous trouvons écrit dans les livres, ce qui a été depuis appelé rubriques. Chaque église les savait , comme il y a encore diverses cérémonies particulières à d'anciennes cathédrales, pratiquées depuis plusieurs siècles, qui souvent n'ont été écrites que fort lard. Les protestants ont donc tort quand ils prétendent rendre suspectes de nouveauté les rubriques qui se trouvent en diverses Liturgies, parce que rarement on les voit dans les plus anciens manuscrits, puisque les prières supposent des cérémonies. Par exemple, dans les anciennes Liturgies, il y en a plusieurs où on ne lit que les mots : Sancta sanclis, un peu avanl la communion. 11 est incertain si c'est le prêtre ou le diacre qui les prononce. C'est donc des auteurs grecs que nous apprenons qu'en plusieurs églises les prêtres les prononçaient, et en d'autres les diacres. Ces mêmes auteurs nous apprennent qu'en même temps on élevait la sainte Eucharistie. Donc lorsque dans une Liturgie grecque on lit à ce même endroit que le prêtre fait la sainte élévation, à/iV-vi C/wîtv, on ne doit pas juger que celte rubrique soil une marque de nouveauté, mais seulement que cet exemplaire a tous les rites qui manquent souvent dans les autres. Il en est de même de presque toutes les particularités qui regardent ratlenlion el lo respect envers les saints mystères qu'on a toujours observés dans l'église orientale, parce que toutes les prières el les cérémonies y conduisent ; el si on ne les trouve pas dans les Liturgies, elles sont marquées ailleurs.
Pour ce qui regarde la question présente, quand on ne produirait aucun autre témoignage de l'anliquiîé que ceux qui regardent S. Alhanase et S. Jean Chrysoslôme, ils suffiraient pour démontrer qu'on regardait comme un grand crime la profanation de l'Eucharistie. S. Alhanase répondant eux calomnies des ariens, dit ces paroles : Autant que celui qui fait injure au corps mystique est impie, celui qui insulte au sang de Jésus-Christ l'est encore davantage. Le reproche qu'il faisait à Paul de Constanlinople, qui faisait attacher l'Eucharistie au cou des prêtres orthodoxes, cl à Lucius qui la faisait jeter aux chiens , de même la I biintc de S. Jean Chrysoslôme au pape Innocent 1, de ce que le sang très saint de Jésus Clirist avait été répandu sur les habits des soldats , auraient élé ridicules, comme ils le seraient encore dans la bouche {Scpt.J
S0-> rKRrÉlUlTÉ DE LA 1 01 T
«les prolcstnnls, si ces saints n'avaient pas véritablcincnl cru la présence réelle, et si tous ceux pour qui ils écrivaient ne rayaient pas crue. Aussi les Jiistorions ont remarqué ces sacrilèges dont ils se plaignaient avec la même horreur qu'ils produisent dans l'esprit d'un catholique.
Afïi» de faire voir que les Grecs des temps posléricurs n'ont pas éic dans une pratique diiïérenlc de celle dos Latins touchant le respect pour TEucharislic, nous commencerons par le témoignage de Théodore Ikilsamon, un des plus grands ennemis qu'ail eu jamais l'Éylise romaine. Dans ses réponses aux questions de Marc, patriarche d'Alexandrie, qui lui avait demandé quelle pénitence il fallait imposer à celui qui avait vomi après la sainte communion, il répond (Juris or. I. 5, quiesl. 12, p. ZGS) : Celui qui conserve sninlcment les choses saintes sera sanctifié, et celui qui trahira ta grâce sera mis au rang des profanes. Si donc celui qui a reçu les divins mysthes a vomi par intempérance, il sera puni par de plus rudes pénitences :si c'est par un accident d'infirmité, il sera traité plus doucement, selon ta discrétion de révêque, car cela même est une action qui marque un abandon de Dieu. Dans le même écrit (qurcst. 11), il résout que le jour qu'on a reçu la tainte communion, il n'est pas permis de prendre le bain ni de faire d'autres remèdes, sans une nécessité pressante. La raison exige justement que ceux qui ont célébré tes saints mtjstères , devant et après te sacrifice, fléchissent les genoux devant Dieu avec piété et componction, pour lui rendre grâces de ce qu'il a bien voulu les faire participer au corps et eu sang du Seigneur; mais ils ne doivent pas s'amuser à des délices et à une mollesse comme est celle de prendre les bains d'eau chaude. Que s'il arrivait une maladie mortelle, on pourra ce jour-là siiigner le malade. Dans les Pcnilenliaux grecs, parmi •es questions que le confesseur fait au pénitent, on lui demande s'il n'a point vomi après la communion. Suivant celui qui porte le nom de Jcan-le-Jeûneur, la pénitence est telle : Celui qui a vomi après la divine communion sera séparé pendant quarante jours de la sainte table ; de plus il chantera tous les jours te psaume 50 , et fera chaque jour cinquante métanées ou prosternements jusqu'à terre, quand même cela lui serait arrivé par pur accident. Car encore qu'il ne croie pas y avoir donné occasion , cela lui doit être arrivé néanmoins à cause de quelques péchés. Dans un nuire Ponilenliel anonyme qui se trouve en divers maïuiscrils, avec l'abrégé des canons de Blastarez : Le prêtre ou le diacre qui renverse les dons sacrés fera pénitence durant deux ans; il fera de plus dire douze Liturgies , et il jeûnera , ne mangeant que des choses s'ches ; il fera cent prosternements, et il chantera sur le lieu même le psaume : Deati immacnlali. Il est ordonné ensuite que le prêtre qui n'aura pas assez de soin des choses saintes qui lui auront été mises entre les mains, en sorte qu'elles soient consumées par quelque animal immonde , fera une pénitence de trois ans. Dans les articles suivants : U },rClre qui, en rompant et distribuant te pain cucharisti-
ULCIIANT L'EUCHARISTIE. ÎGl
que, en (aissera tomber quelque particute, fera deux cents prosternements.
Il se trouve plusieurs semblables constitutions dans un Nomocanon donné au public par M. Cotelier (Monum. eccl. Gr., 1. 1, c. 57) : Le prêtre qui dormira avec sa femme , et qui célébrera la Liturgie le même jour sera en pénitence un an , et fera par jour cent prosternements. Au chapitre 57 : Le prêtre qui aura répandu l'Eucharistie sera deux ans en pénitence ; il fera célébrer douze Liturgies. Si c'est le pain qui est tombé, il le prendra; si c'est le vin , on mettra ce qu'on en pourra recueillir dans un trou qu'il fera sous l'autel. S'il tombe quelque chose d'immonde , il le faut mettre à part et le jeter dans le feu ; les choses saintes qui restent , il les faudra prendre avec du vin. Dans la version de M. Cotelier, TroivjTw >stToupvîaî t^, est ainsi traduit : Duodecies officium reciicl , qu'il récite douze fois l'office , et ce n'est pas là le sens. On voit bien que ce savant traducteur trouvait une difliculié très-bien fondée pour ne pas interprc-, ter ces paroles de la messe; car il n'y avait pas d'apparence qu'un prêtre en pénitence la pût célébrer ; puisque la première règle était que durant ce lemps- Ih, il était exclu du ministère des aulels. Mais les Pénitcntiaux syriens , entre autres le traité de Denis Darsalibi , nous ont donné l'écliircisscment nécessaire ; car on y trouve la même chose. On voit donc que parmi les œuvres de pénitence, on ordonnait de faire célébrer une ou plusieurs Liturgies , pour lesquelles il fallait donner une rétribution, en sorte que c'était une es] ccc d'aumône introduite également pour les laï(iuos et pour les prêtres. Au chapitre 58 : Le prêtre qui néglige les choses saintes , en sorte qu'elles soient mangées par quelque aninml immonde , fera pénitence pendant trois ans. Chapitre 90 : Celui qui durant la messe, par la malice du diable ennemi de tout bien, aura le malheur de répandre l'Eucharistie , fera un an de pénitence, et tous les jours, excepté le dimanche et le samedi, il se prosternera cent fois. Mais cette pénitence est étendue jusqu'à trois ans dans un autre canon rap porté au nombre 143. Au clmp. 273 : Celui qui ayant communié, et qui ayant encore te saint don dans la bouclie, le crachera de manière que quelque animal domestique , un mouton , une abeille s'attachent dessus , fera pénitence durant quatre ans, se prosternant cent fois. 11 se trouve plusieurs semblables canons dans d'autres Pénilonliaux ; et il n'est pas nécessaire d'en rapporter un plus grand nombre, puisque les Grecs ont asseî témoigné dans ces derniers temps combien ils étaienl offensés et surpris de la hardiesse de M. Claude.
C'est ce qu'ils ont marqué dans le synode de Jérusalem en 1C72, que le patriarche Dosilhée, qui y pré sidait, a fait imprimer en Moldavie plusieurs année! après. Voici donc comme il y est parlé de l'objeclioi de M. Claude : C'est au reste ta chose du monde la plu. ridicule , que de conclure que tes Crées ne reconnaissen pas le changement réel et véritable du pain au corps d Jésus-Chrisl , parce que quelques prêtres orientaux con servent te pain sacré dans des vases de bois dans t'églist mais hort du sanctuaire , le tenant suspendu à une di
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colonnes. Nous ne nions pas que quelques pauvres pr^Htres liennent le corps de Noire-Seigneur dans des vases de bois; car Jésus-Clirisl n'e^l pas honoré par des marbres et d'aulrcs pierres de prix ; mais H demande de nous vue foi saine et une conscience pure. C'est ce qui a rapport à ce que dit S. Paul : i Nous avons un trésor dans dfs vases de terre. > Hais où les églises ont le moyen de le faire, comme ici en Jérusalem , le corps du Seigneur es( conservé avec honneur dans le sanctuaire de chaque église; étant toujours éclairé d'une lampe à sept branches. Je m'étonne aussi comment tes hérétiques ayant vu en (juelque église le corps de Notre-Seignevr suspendu hors du sanctuaire, dont peut-être les murailles lombnient de vieillesse , en ont conclu de pareilles absurdités ; et qu'ils n'ont pas vu que sous l'hémicycle du sanctuaire , Jésus-Christ est représenté sous la forme d'un enfant dans la patène , ce qui aurait dû leur faire connaître que comme les Orientaux ne représentent pas dans la patène te type , la grâce ni aucune autre chose, mais Jésus Christ même , ainsi ils croient que le pain de I'Faicharistie n'est point autre chose quelconque , mais qu'il est fait substantiellement le corps de Notre-Seigneur. Le mirncle que rapporte Ncciarius, d'une purlicule des présaiiclifics, qui, éianl irouvée dans une église de Candie, après un long espace d'années, jeta une odeur merveilleuse lorsqu'on la mil sur le feu pour la desséclier, est encore une preuve inconlcslable du respect qu'onl les Grecs pour l'Eucliarislie. Il faut présentement parler des Orientaux ; mais ce sera après avoir fait une remarque dans laquelle on reconnaîtra la mauvaise foi avec laquelle le ministre Claude a traité celle malière.
11 a affirmé dans sa première réponse, sans jamais s'en être rétracté , que toutes les sectes et communions séparées de l'Église romaine avaient ignoré l'adoralion du S. -Sacrement el la réililé; cl une de ses preuves est qu'on n'y connaît pas Ions ces inconvénients, qui sont des suites nécessaires de la présence réelle. Une affirmation aussi positive suppose une connaissance exacte de la discipline de ceux dont on parle; et il est clair qu'il ne savait pas senlcmcnl leurs noms; qn'iî n'avait jamais vu un seul de leurs livres ; et que quand il a demandé qu'on lui prouvât qu'ils observaient celle discipline fondée sur l'opinion ^e la présence réelle , il a cru qu'on ne pourrail jamais le faire. Or, nous espérons montrer cl.iirement, non par des raisonnements , mais par des preuves de fait, combien il s'est trompé sur ce sujet.
Quand on n'aurait pas de connaissance du détail de plusieurs pratiques qui regardent le respect que les Orientaux rendent à l'Eucliaristie, on a si solidement prouvé leur créance, l'adoration qu'ils lui rendent, et les autres points essentiels, qu'en di pute réglée on pourrait supposer que toutes les suites de celle créance doivent s'y trouver nécessairement. On serait aussi en droit de demander aux protcslanls qu'ils prouvassent, par de bonnes autorités, qu'en Orient on n'a pas I>ius d'égard à ce qui resie après la communion qu'à du paw et a d» vin ordinaires ; que la praiique coni-
PUOUYÉE PAR LEUR DISCIPLl.NE. 205
mune est de ne pas donner la communion aux malades; qu'on no se met p\s en peine quand l'Eucliarislie est profanée ou ié|)and;ie; et assurément ils ne le pourraient prouver. Mais, grâces à Dieu, les catholiques n'ont pas besoin de s'en tenir à ces prouves négatives, et ils en ont assez de positives pour confondre sur cet arlicle les ennemis de l'Église , ainsi que sur tous les aiiires.
Ce qui a été rapporlé ci-dessus des principales cérémonies observées dans la célébration de la Liturgie, pourrait suffisamment prouver le respect avec lequel les Orientaux lionorent l'Eucharistie, puisque cette attention jusqu'aux moindres circonstances marque certainement qu'ils la regardent comme le véritable corps cl le sang de Jésus Christ. Le prêtre qui doit célébrer doit passer la nuit dans l'église, ou au moins veiller en priant; cl en quelques églises, surtout parmi les nesloriens, comme l'ont rapporté des personnes dignes de foi , il emploie une partie de la nuit à préparer le pain eucharistique , ce qui se fait dans la sacristie avec d'assez longues prières.
C'est un point de discipline observé dans tout l'Orient , qu'on cuit le pain qui doit être cmi>loyé au sacrifice la nuit ou le jour précédent ; que les prcires et les diacres y sont employés, cl que cela se fait avec un très-grand soin. C'esl ce que marque Eclmiimi , au'.eur égyptien , dans sa Collection de canons , cliap. U. Barsalibi, dans son traité particulier sur la célébration de la Liturgie , dit qu'il faut choisir les grains de froment l'un après l'antre, les éplucher avec soin, et prendre de même toutes les précautions pour le vin qui doit cire consacré. Pierre, évoque de Méliklia , jacobite, reproche aux Francs ou aux Laiiiis qu'ils se servent de pain cuit depuis quehiues jours. Jacques d'Édesse el Jean de Talala, rapportés par Abulfarage dans son Nomocanon, prescrivent la même discipline que Barsalibi.
Le prêtre qui célèbre la messe doit s'être séparé de sa femme, en cas qu'il soit marié, m\ ou jjlusieurs jours, et même les laï(iues (piand ils doivent connnunier. C'est ce que Sévère , évcque d'Asclimonin , marque dans son traité du jeûne des mercredis cl des vendredis. Denis Barsalibi, dans ses Canons péniientiaux , prescrit à ceux qui y manqueraient une pénitence de mille prosternemenls, des aumônes, el d'être séparés pendant un temps de la communion. A l'égard du prêtre qui a usé du mariage la veille du jour qu'il célèbre la Liturgie , il le soumet à la pénitence des fornicaleurs. De même Jacques d'Édesse, Michel, évêciue de Mélikha , el d'autres , cxclucnl de l'autel celui auquel il est arrivé quelque illusion pendanl la nuit. Ils défendent aussi le bain, la saignée el d'aulrcs remèdes semblables, à moins d'me nécessité pressante, le jour de la communion, de nicnic que les Grecs.
Pour la distribution des saints mystères , elle C£l prescrilc dans le plus grand détail. Il sst ordonné l>ar le llitue! du patriarclic Cauricl que , quand U diacre porte le calice pour donner la communion , ii
PERPÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE
prenne grand soin de ne rien répandre; et pour plus grande sûreté, H est défendu de le faire administrer par un jeune diacre , de peur que faute d'expérience il s'en acquitte mal. Dieu ne permette pas , ajoule-l-il , qu'il s'attache quelque chose des particules aux doigts des diacres, ou au voile de soie qui couvre le disque et le calice, ou que quelque partictde tombe à terre. Cest pourquoi le diacre doit prendre garde que si la cuiller tombait dans le calice , il ne la retire pas , qu'il ne l'essuie pas à ses manches et qu'il ne la laisse pas tomber à terre; car cela lui attirerait Cindignation des hommes et la colère de Dieu, à cause de sa négligence. Par celle même raison , dans la Collection de canons d'Echmimi , chap. 14, il y a un canon attribué à S. Basile, qui prescrit que les particules sacrées soient divisées de telle manière que chaque communiant les puisse recevoir commodément et les manger, de sorte qu'il ne tombe rien à terre.
Gabriel, fils de Tarich, patriarche jacobite d'Alexandrie soixante-dixième , qui fut ordonné l'an de Jésus-Christ H51, parle ainsi dans ses constitutions synodales : Celui qui n'est pas avancé en âge ne portera pas le calice , de peur qu'il ne s'en répande quelque chose , ce qui serait un très-grand péché; mais on en chargera celui qui sera capable de bien faire cette fonction.
Dans la Collection de canons d'Ebnassal, cliap. IZ, il est ordonné qu'on n'emplira pas le calice jusqu'aux bords, de peur qu'il ne se répande et qu'il en tombe quelque chose à terre.
On trouve dans toutes les Collections orientales un recueil de canons appelés les seconds préceptes des ai)ôtres, et au chapitre 44 on y lit ces paroles : Chacun aura grand soin de prendre garde qu'aucun infidèle n'approche des sacrements ; on ne prendra pas moins garde que quelque rat ou autre animal ne les mange, ou qu'il en tombe quelque chose à terre , puisqu'ils sont le corps et le sang de Jésus-Christ. C'est pourquoi tout fidèle qui en sera participant ne doit pas être négligent à cet égard. Il ne faut pas non plus qu'il se répande rien de dedans le calice après qu'il a été béni au nom de Dieu , et que chacun le reçoit , parce que c'est le sang de Jésus-Christ. Prenez donc garde qu'il ne s'en répande rien , de peur que tes esprits immondes ne le profanent , et que vous ne deveniez coupable du sang de Jésus- Christ ; de ce sang par lequel vous avez été racheté et que vous méprisez.
Dans un ancien recueil de questions et de réponses sur des matières canoniques louchant les prêtres et les religieux , on trouve cette question : Lorsqu'il arrive au prêtre ou au diacre de laisser tomber q7telque chose du corps et du sang sur C autel, sur les ornements, ou hors de l'autel, que faut-il faire? Voici la réponse : Quand il tombe ainsi quelque chose sur l'autel , eu hors de l'autel , vous , ô prêtre, êtes responsable de cet accident. Il faut donc que le prêtre auquel cela est arrivé se retire pendant quarante jours du ministère de l'autel et de la communion, pendant lesquels il continuera la prière , le jeune et l'ubsinence de toute chose grasse ;
chaque nuit il fera cinquante prouernements , après quoi il retournera à son ministère. Celte discipline se trouve en propres termes dans plusieurs autres canons.
Les Orientaux ne se contentent pas d'imposer des pénitences à ceux qui par négligence ou par accident laissent tomber à terre l'Eucharistie ; ils ont aussi ce« précautions qui , selon les calvinistes , naissent île l'opinion de la présence réelle. Car dans le Nomocanon des jacobites , recueilli par Albufarage , qui était mofrian ou catholique , et par conséquent la seconde personne de son église dans le patriarcat d'Antioche, cette discipline est ainsi expliquée : Lorsqu'une partie cule du saint corps est tombée , on la cherchera avec grand soin , et lorsqu'elle aura été trouvée , l'endroit sera raclé en cas que le terrain soit de poussière ; de cette raclure on en fera de petites pâtes qu'un donnera aux fidèles. Si on ne la trouvait pas, on ne laissera pas de racler le lieu aux endroits oii elle pourrait être tombée. Que si le sang a été répandu , et que le lieu soil pavé de pierre , on mettra dessus des charbons ardents. Cette règle est appuyée par l'autoriié de Jacques d'Édesse , qui dit : Si le saint calice est répandu contre la volonté de celui qui célèbre , il faudra racler l'endroit , soit que le teirain soit poudreux ou qu'il soit couvert dt planches ; la raclure sera brûlée. Si le lieu est pavé de pierre, on mettra dessus des charbons ardents.
Denis Darsalibi, dans le traité de la célébration de FEucliaristie. Le prêtre, dit-il, doit apporter un grand soin afin qu'il ne tombe rien de r Eucharistie ou du calice sur la terre ou sur le trône , c'csl-à-dire, sur le milieu de l'autel. Si cela arrivait, l'endroit sera lavé avec de l'eau qu'il boira ensuite, et on brûlera l'endroit avec un cierge. Cest pourquoi il ne faut pas qu'il porte l'Eucharistie hors de la circonférence de la patène ; et celui qui communie approchera sa bouche le plus près qu'il pourra, afin que si quelque chose tombait, ce fût dans la patène. Le diacre doit bien prendre garde à faire tout dans l'ordre lorsqu'il porte le calice , de peur qu'il ne se répande quelque chose à terre , afin que la colère de Dieu ne tombe pas sur lui si le calice se répandait. On lit au même endroit une constitution du patriarche d'Alexandrie , Théodose : que si le sang était répandu sur les habits des séculiers , on les lave avec grand soin avant que de s'en servir.
il se trouve en plusieurs manuscrits une coUeclion de décisions , sous le titre de : Questions et réponses suivant la doctrine des Pères , où on propose cette dif« ficulté : Si quelqu'un vomit après avoir reçu la sainte communion , que faut-il faire à son égard? Voici la réponse : Si le vomissement est involontaire , et par un accident causé par une raison naturelle , il ne sera obligé à aucune autre pénitence , sinon à se prosterner cent fois , et il pourra communier au bout de trois jours. S'i est prêtre , et qu'il n'y ait personne que lui dans l'église qui puisse célébrer la Liturgie, il pourra le faire en cas de nécessité dès le second jour, après avoir accompli nombre des prosternements. Mais on aura soin de ce qu a été rejeté par le vomissement , et on le jettera dans di
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i eau courante; ou bien on l' enterrera dans un lieu pro vre el décent , par respect pour CEucharhtic. Si le va ■ jji'SS(?iH?«. est arrivé par intempérance el par excès de vin , la pénitence sera de quarante jours.
On propose ensuite celle qucslioti : Si celui qui jette continuellement de la pituite peut communier. Voici la !é|)Oiisc : Si cela arrive exlraordinairement , il ne communiera pas; si c'est une incommodité longue et habituelle , il pourra communier. Cependaiil lorsqu'il lui arriicra de cracher après la communion , que ce ne soit pus à terre ; mais qu'il conserve ce quil a rejeté pour le jeter dans la mer, ou dans l'eau courante, ou quil Cen- (erre en quelque endroit propre et décent.
Micliel , évêque de Mélikha , dans ses réponses canoniques, décide qu'il ne faut pas donner la communion à celui qui est travaillé d'un vomissement continuel, sinon après avoir expérimenté d.urant quarante jours s'il ne sera pas soulagé par une grande diète. Et au même traité, question 2 : Celui qui par intempérance dans le boire ou dans le mangera vomi l'Eucharistie, sera séparé de la communion pendant quarante jours.
Dans d'aulres Canons pénilenliaux , nombre 94 : Celui qui a craché du sang ne peut pas communier le même jour , cl au nombre 106 : Il n'est pas permis à celui qui a reçu le corps de Jésus-Christ de cracher le vicme jour, d'aller au bain ou de se faire raser, sinon sur le soir.