IX PROUVÉE PAR LEUR DISCIPLINE
ministres prouvent donc tant qu'ils voudront que les termes les plus.clairs et les plus simples dent on puisse se servir pour exprimer la foi de la présence réelle ne la prouvent point ; une cérémonie qui la suppose de toute nécessité détermine le sens de ces parolesd'une manière à ne laisser aucun doute Le plus hardi ministre, quand il se serait déclaré aussi fortement contre la présence réelle et la transsubstantiation qu'ont faii Aubertin et M. Claude, aurait-il jamais osé pratiquer aucun de ces points de discipline que nous Venons d'expliquer, les regardant comme des actions de bienséance el non pas de religion ? Si nu autre qui ne serait pas connu comme calviniste les pratiquait, toutes les explications qu'il donnerait selon les idées de ces deux ministres , suffiraientelles pour le justifier auprès de ceux de sa conunu- Rion?Lcs premiers réformateurs les ont-i!s jugées indiflerenles ou compatibles avec leur doctrine, puisqu'ils les ont abolies ? On est par conséquent obligé de convenir que ceux qui les pratiquent croient nécessairement la présence réelle, puisque ceux qui ne la croient point les suppriment avec tant de soin.
Après donc avoir expliqué en assez grand détail ce que les Orientaux observent à l'égard de rEucharistie , lorsqu'on distribue la communion , nous ajouterons plusieurs antres remarques qui ont rapport à ce soin religieux qu'ils ont de ne pas donner lieu à la moindre profanation des espèces sacrées.
L'usage de la cuiller pour administrer la communion aux laïques n'est pas une moindre preuve que les autres de celle attention pleine de respect pour les saints mystères. L'opinion commune des Grecs est que la coutume en fut établie par S. Jean Chrysoslôme; el quoique cette tradition ne soil pas certaine, au moins l'antiquité de celle pratique est incontestable , puisque les nesloriens et les jacobites la conservent pareillement ; ce qui fait voir qu'elle est plus ancienne que les schismes de ces deux sectes. Tous les auteurs qui en ont parlé conviennent que la communion donliée de cette manière a été introtiuile pour prévenir l'effusion du calice ; précaution fort inutile , el qui ne peut venir dans l'esprit à ceux qui ne croient pas qu'il contienne autre chose que du vin , et que les protestants n'ont jamais prise. Pourquoi donc leurs ministres ne parlent-ils point de ce point de discipline, qu'on ne dira pas avoir été imité de l'Église romaine qni ne la pratique point? Le nom de ).</.ëli , qui signifie une pincette , el qni fait allusion au cbarlx)n que le cbérubin prit sur l'autel pour loucher les lèvres d'Isaïe, fait assez voir l'opinion qu'ils en ont , aussi bien que la consécration qu'ils en font, dans laquelle , selon le Rituel du patriarche Gabriel , il est dit qu'elle servira à contenir les menibres ou les pirlics du corps de Jésus-Christ.
Après la communion , les Rituels et les rubriques recommandent aux prêtres et aux diacres de nettoyer avec un très-grand soin le disque, le calice el la cuiller, prenant garde surtout qu'aucune particule sacrée
Sn • PEUPÉTUITÉ DE LA FOI 1
n'édiappe à leur vue. L'eau avec Laquelle on les lave est bue par le diacre par manière d'ablution ; le cé- Icbianliave ensuite ses mains par trois fois, cl boit cette eau pareillement, de sorte qu'il n'esl pas permis de la répandre à terre, et c'est ce que prescrit le patriarche Gabriel.
En d'autres constitutions plus anciennes de l'église oophte, il est défendu aux prêtres de donner à aucun laïque le soin de lacer le caliceel les autres vases sacrés, ou de permettre qu'ils boivent feau de fablution, qui ooit êlre bue par les prêtres et par les diacres q^n ont officie ; et ceux, ajoutent ces constitutions, qui manqueront à quoi que ce soit de ces articles de discipline, seront soumis au jugement de Dieu. Echniinii, qui est encore plus ancien , finit ce qu'il rapporte sur ce sujet en disant que les prêtres et les diacres doivent apporter un très-grand soin afin qu'il ne reste rien de l'Eucliaristie, de peur qu'ils n'en soient punis très rigoureusement comme les enfants d'IIéli, que le Saint-Esprit fil périr, à cause quils administraient négligemment les sacrifices qui étaient offerts au Seigneur ; car ce châtiment est bien plus à craindre pour ceux qui administrent négligemment le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, croyant que c'est une nourriture corporelle et non spirituelle.
Dans les Questions et Réponses suivant la doctrine des Pères, ce qui regarde cette discipline est exposé avec détail. Voici la question : Après la communion, lorsque la Liturgie est finie, et que le prêtre, ayant lavé les vases sacrés, a bu reau de l'ablution, s'il trouve une particule du saint corps sur la table de l'autel ou dans le corporal, que doit il faire? La recevra t-il après avoir pris l'ablution ? L\-au qu'il a bue doit-elle être regardée comme lui ayant fait rompre son jeûne ou non, à cause qu'elle est entrée dans la patène et dans le calice qui étaient imbus du corps saint et du nang précieux? Rc[tonse : Lorsque le sacré ministère de la Liturgie est achevé, que le prêtre a lavé les vases sacrés et qu'il a bu l'eau de leur ablution, s'il se trouve quelque particule du corps, ainsi qu'il a été dit ci dessus, il ne doit pas la prendre en aucune manière; mais il examinera s'il y a là quelque prêtre de ses collègues, ou quelque diacre qui ait communié et qui n'ait point pris Feau de l'ablution ; et s'il s'en trouve <iuelqiiu)t, a lui donnera celte particule du saint corps qu'il a trouVée. Ensuite il lavera encore ses mains dans la patène, et il donnera l'eau de l'ablution à boire à celui qui aui a reçu la particule. S'il n'y avait aucun tcclésiaslique ou laïque à jeun et en étal de recevoir ta communion, le préire se gardera Lien de la prendre, uprès qu'il aura pris l'eau de l'ablution des vases sacrés ei de ses mains, la Liturgie étant finie, et la distribttlion du corps de Jésus-Christ étant faite, parce qu'il a rompu son jeûne par -l'eau qu'il a bue, et qu'ainsi il ne peut recevoir la communion du saint corps. Il mettra donc cette particule qu'il a trouvée dans la patène, et il allumera autour deux cierges et une lampe du côté de l'Orient : puis lui-même demeurera à ta garae de ce corps jusqu'au letidemain ; et quand on célébrera la Liturgie, il le recevra à jeun sans faire aucune fonction à
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t'auiel, et il lavera ses mains avec de l'eau qu'il boira. Après tout cela, il fera une très-rude pénitence, à cause de la négligence qu'il a eue à l'égard du corps et du sang du Fils de Dieu qui a éle répandu pour le salut des créatures. Que s'il ne pouvait seul veiller à la garde dit saint corps jusqu'au lendemain à cause de la veille de la nuit précédente, il pourra se faire relever par quelqu'un des prêtres ou des diacres les plus craignant Dieu.
Dans une autre collection : S'il arrive qiCau jour de quelque fête solennelle il reste quelque chose de l'Eucharistie, il faut l'honorer, et le jour suivant les prêtits le partageront entre eux et en communieront. S'il ne se trouvait personne qui le pût recevoir, il faudrait l'ensevelir en quelque lieu avec respect, 'et ne le pas brûler; car la dignité des corps saints ne permet pas qu'on les brûle; mais on les enterre. On convient que cette raison n'est pas démonstrative ; mais ce n'est pas de cela qu'il s';jgit, c'est du fait par lequel on reconnaît assez qu'on évitait par toute sorte de moyens la profanation de rEiicbaristic.
Dans un Ordre général de la célébration de la Liturgie, selon les jacobiles, après avoir marqué le soin avec lequel le prêtre doit nettoyer la patène, il est ordonné (ju'il dira ces paroles : S'il reste quelque membre ou particule du corps de Jésus-Christ, il demeure recommandé à votre sa<j,esse. Seigneur, qui avez créé le monde. Si quelque particule est demeurée, soyezen le gardien, et nous faites miséricorde.
Dans le Nomocanon syrien, on lit une constitution du patriarche Théodose, qui ordonne que si une partie de Coblation se trouve moisie pour avoir été gardée trop longtemps, on la doit consumer par le feu.
Jacques d'Édesse ordonne cependant que celte Eucharistie moisie soit mise dans du vin et prise par les prêtres, sans que les laïques soient présents ; mais qu'on ne la jette pas dans l'eau.
Ou sait que dans les premiers siècles de l'Église les fidèles emportaient avec eux rEucharistie, et qu'ils la conservaient dans leurs maisons; et celte coutume f'Jl abrogée dans la suite. Elle s'était néanmoins conservée apparemment assez longtemps, puisqu'un apprend par un passage de Jacques d'Édesse rapporté dans le Nomocanon syrien, qu'il y avait des persoii nés qui la pratiiiuaient encore, ce qui donna lieu à cette constitution : // est défendu aux fidèles de conserver des particules de l'Eucharistie par manière de rc ligues, et de les porter pendues à leur cou. El ensuite . Ceux qui enferment des particules de l'Eucharislie dans du parchemin, ou les portent dans une croix pendue leur cou, ou les mettent dans leurs lits et dans leurs chambres avec des ossements des martyrs, qu'ils cessent de le faire, ou qu'ils soient excommuniés. On leur peut donner de l'eau et de l'huile qui auront été mis avec foi sous la table de vie pendant la célébration des saints mystères, et ils pourront s'en servir, s'ils le demandent, rour le soulagement des malades. On pourra aussi leur donner de la poussière de l'autel, seulement peur mêler rvcc leur ncuriiturc ou avec leur boisson, non pas pour