‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 111 sur 335 · J9 . PERPETUITE DE LA FOI · texte numérisé non relu

J9 . PERPETUITE DE LA FOI

,iu'il no les rapp'>rie pas; et comme si l'on employait t.,i:joiirs toutes les raisons qui se peuvent employer.

Eiisiiiio il passe à ceux qui tenaient que le corps de JéMis-Ciuist cuiii corruplible. El:iprcs avoir exagéré, comme Aulnrlin, i'absurdilé de cotle opinion, il en concWA linisqiicmenl ([u'ils n'ont pas cru la Iranssub:,ta:itialion. .Mais il suffit d.; lui dire que Nicé(as, qui en clait plus informé que lui , déclare qu'ils Tout crue ; et qu'il est cmlre le sens commun d'opposer de vaincs conjectures aux témoignages précis et formels des historiens qui ont écrit ce qui s'est passe de leur temps , et principalement d'un homme connue Mcélas Cl.o uiatc, qui était un ministre d'élal, savant d;u;s les affaires de TÉglisc, qui ne pouvait ignorer l'état vériliible d'une (pieslion agitée dans Constanlinople, où il drmeurait.et dans laquelle l'empereur même avait pris parti.

Ainsi, au lieu que M. Claude conclut que cette question ne pouvait s'élever dans une église qui aurait cru la transsubstantiation , il faut dire au coniraire qu'elle ne pouvait s'élever que dans une église trèspcrsuadée de la transsubstantiation : car l'un el l'autre parti la supposait manifestement. Ceux qui disaient que Jésus-Clirisl y éiait incorruptible, et qu'cm le recevait tout entii r , disaient, après S. Chrysoslôme, qu'il éiail dans le ciel el dans la terre; et, aiuès Eulychius, qu'il élail disiribué tout entier à tous , c'està-dire, (lu'ils enseignaient la présence réelle. El ceux qui disaient (pic les mystères étaient corruptibles se fondaient ayssi sur la même doctrine; puisfiue c'est en supposant le changement du pain en la chair de Jésus-!. Iirist qu'ils disaient qu'on n'y recevait qu'une partie du corps de Jésus-Christ, qu'il y élait mort et iiianiir.é : ce qui serait ridicule, si on entendait tout cela d'im pain qui ne serait (p'.e la figure de Jésus- Christ, » u qui ne contiendrait (jne sa vertu ; puisque ce pain n'est point la figure d'une partie de Jésus- Uirist, cl ne contient peint la vertu d'une partie de Jésus-Clirisl.

Il y a encore dans Nicélas un autre passage assez considérable, pour faire connaître son senliment et celui de l'église grecque sur l'Eucharistie; et nous n'aurons encore qu'à nous en rapporter au traducteur W'olphius, calviniste, sur la conséquence qu'on en doit tirer.

Cet auteur décrit sur la fin de son Histoire les cruautés et les excès eifroyables (lu'il dit avoir é'.é commis par l'armée des Latins dans la prise de Constanlinople en 1203. H les accuse enlr'aulres choses d'avoir répandu le sang de Jésus-Christ, et d'avoir jeté à terre son corps ; On voyait de ses yeux , ce qui est même horrible à entendre, que te divin corps de Jésns- Christ éiail jeté à terre , et son sang était répandu. Sur cela le traducteur Wolpliius a mis cette note à la marge : Absit ut Christi corpus in cœlis sedens liutni ubjiciatur. El isla fichant ab iis qui isliusmodi islas opiviones umpleclunlur. lia Deus superslitiosorum operà ulebatur , ui nliorum idolomaniain eradicaret. C'est-àdire : A Dieu ne plaise que le corps de Jésus-Clirisl^ qui

est dans le ctel , puisse être jeté à terre! Cependant ca choses se faisaient par des personnes qui étaient de celte opinion : Dieu se servant des actions des Français enga^- (jés dans cette superstition , pour corriger Tidolatuis des Grecs.

Il est assez éirange que ceux qui ont eu soin de l'impression de ITIistoire Byzantine, ([u'on a faite au Louvre depuis quelques années, y aieisl laissé en cet endroit , et en plusieurs aulres, des notes manifestement héréliques : mais celle-ci liéanauiins est mile pour prouver que ce traducteur calviniste a eu assez de sincérité pour reconnaître que les Grecs sont idolâtres sur l'Eucliaristie , se!<m le sentiment des religiounaires; c'est-à-dire, qu'ils sont en ce point du senliment de l'Ég'ise romaine.

Voilà comment parlent les calvinistes mêmes, quand ils n'ont pas un adversaire en tête, el qu'ils expriment leur véritable senlimenl.

Pour Zonarc, il n'y a qu'à lire les paroles que nous en avons rapportées : que le pain que l'on offre sur r au tel est cette chair même de Jésus-Christ qui a été sacrifiée et ensevelie, afin de se moquer des vains raisonnements de M. Claude. Un homme qui a seulement la haidiesse de raisonner conîre une telle évidence , ne mérite pas d'être écouté ; et on ne le fait qu'afin qu'on connaisse mieux quel est son esprit, en le voyant opposer à des preuves si claires de si faibles raisonnements.

Comnient, dil-il, Zonare a-t-il pu embrasser les deux partis, et les joindre ensemble, en disant que les mystères sont au commencement corruptibles , parce qu'ils sont la chair de Jésus-Christ, et qu'ensuite ils deviennent incorruptibles ? Je pourrais demander à M. Claude par quel droit il prétend nous rendre garants de l'esprit de Zonare, et de la vraisemblance de ses pensées? Qu'il ait eu raison , ou qu'il n'en ait point eu d'embrasser ces deux opinions, que s'ensuivra-t-il de là? Zonare estil le premier qui ail eu des pensées peu vraisemblables? Et faut-il, pour un inconvénient si ordinaire, démentir ses yeux et sa raison, et croire qu'un homme ne dit pas ce qu'il dit , el qu'il veut signifier tout le contraire de ce qu'il exprime?

Mais d'où vient que M. Claude, qui a lant d'adresse pour se tirer des lieux qui sonl contraires à ses sentiments, ne veut pas faire le moindre effort pour dissiper les vaines difficultés qu'il lui plaît de trouver dans ces passages? Zonare étant plus ancien que Nicélas , et étant mort avant le temps auquel Nicéias marque l'origine de la dispute louchant la corruplibilité et l'incorruptibilité des mystères, il n'esl pas nécessaire de lui faire prendre parti dans cette contcsiation; et l'on peut croire avec raison qu'il a prétendu que les mystères sonl corruptibles en un autre sens que ceux dont Nicélas a parlé. Car il est probable que cet auteur abuse du mol de corruption , et qu'il étend ce terme à tous les changements qui arrivent au corps de Jésus-Christ, non en lui-même, mais à l'égard du voile qui le couvre. Ainsi, être coupé, selou lu;, o^l une corruption : Si cnim incorrupiibile esset , r.ott ad'

ai

Page 1