Ô03 LIV. IV. ACCORD DES GRECS ET DES
\aiont Inné connaîiro leur sentiment sur d':uilrcs painls sans dccoiivrir ce qu'ils croyaient de ce niyslère. F.l celle manière d'élaltiir la transsul)slanliati()n esi iii{iiiin]eiil plus forte que s'ils en avaient fait des Iraiés entiers; puisqu'elle fait voir que ci'tte doctrine n'avait pas même hesoin d'être prouvée, comme étant reconnue généralement de tout le monde. La secoi.de remaniue, qui est une suite de la première, Cit (juc nul de ces auteurs qui parlent le plus fortement pour la prési'uce réelle et la transsubstauii;ition, ne fait |»:ir:iître rju'il eùl aucun soupçon que ces dogmes fussent révoqués en doute parquol(|ues Grecs. Ce r|!ii faii hien voir qu'il n'y avait en elfel aucune dispi'.ti'sur ce point parmi les Grecs; et qu'ainsi ch.icun de CCS auteurs peut passer pour un téumin irréprochable du sentiment de toute ré,:,'lise grecque. La troisième est que quoique: les mois de changement et de conversion, et les autres dont ils se servent pour exprimer la transsubstantiation, soient d'eux-mêmes déterminés à ne signifier, dans cette application, qu'un changement réel et substantiel, néanmoins toutes les cbiciincs dont les calvinistes se servent à l'égard des passages des anciens l'creSj n'ont aucun lieu à l'égard des auteurs nouveaux. Car comme les Grecs scbismatiques savaient de quelle sorte les cat!ioii<|ues prenaicni les ternies de chancjement et de conversion, ils n'auraient pas man(|ué de les éviter s'ils n'avaient eutemlu la même chose; et si les Grecs CiUboliques avaient cru qu'il y eût des Grecs qui n'entei, dissent par ces termes (|u"un changement de vertu, ils y amaienl ajcuiié d'autres mots pour les déterminer. Ainsi, quand on voit dans les uns et dans les autres le même langage, et qu'ils assurent également que le pain et le vin sont changés au corps et au sang de Jésus Christ; comme il est certain que les catlio'i(pies prenaient ces termes dans le sens 1 itérai, il est certain aussi qu'ils étaient pris au ntême sens par Ifsscl.ismaliques.
Outre celte guerre, qui se fil avec la plume entre les Grecs schismaliques et cathoiicpies, dans laquelle Oii voit la transsubstantiation unanimement établie de pari et d'autre, il s'en lit une autre plus réelle par des pioscripiions et des dépositions d'évêques, les plus .forts ayant voulu faire recevoir leur sentiment par la forse à ceux qui éiaieni de contraire avis ; et celte seconde guerre ne montre pas moins que l'autre la parfaite union de tous les Grecs dans celle doctrine. Mélr.ipliane, approbateur du concile de Florence, ayant été élu patiiarclie au relourde l'empereur, sans s'étonner du soulèvement de divers particuliers, entreprit de faire recevoir le concile de Florence par tout son patriarchat. Il punit les désobéissants ; il eu chassa quelques-uns de leurs évêchés, et en substitua d'auires en leur place, qu'il choisissait entre ceux qui lui étaient soumis. Ce procédé irrita les autres patriarches et évêques encore plus que l'union : de sorte que Philothée, patriarche d'Alexandrie, Dorothée, patriarche d'Aniioche, et Joachim, patriarche de Jérusalem, s'élanl assemblés en un synode qu'ils
LATINS DEPUIS LE XV SIÈCLE, etc.
tinrent à Jérusalem, prononcèrent une sentence de déposition et d'excomunuiicalion contre Métrophane et contre les évêrjues qu'il avait créés, lesquels ils appellent par mépris, melropolitcUos episcopillos , /^■/jTf07ro)tôi« sTTiarxsiTtSijc. Ils nienacérent même l'empereur de l'excommunier, s'il continuait de protéger Métrophane et d'adhérer aux Latins. C'était là le tcmp«, ou jamais, de reprocher à ceux qui avaient consenti à l'union, la transsubstantiation qu'ils avaient approuvée dans le concile de Florence, puisqu'il s'agissait de justifier une entreprise si insolente et si hardie contre un patriarche et un empereur. Cependant ils ne font rien moins que cela. Ils apportent nniqueuu-nt pour raison de leur sentence l'apprubalion que le concile de Florence avait faite de l'addition au Symbole, qu'il avait déterminé (lue le S.-Espril procédait du Fils, et qu'il avait permis de célébrer le sacrifice avec drs azyimis: ConcessiKiue azy ma apud nos quoqite in sacrificiwn o/ferre.
Je p.'use que M. Claude reconnaîtra présentement cpi'il n'avait pas raison de traiter avec tint de mépris cet argument (|uc l'on a tiré du concile de Flolence, pour faire voir que les Grecs tenaient en ce temps-là la présence réelle et la Iranssubslantiatioii , <t qu'il eûi bien fait de s'y arrêter un peu davanta;4e, s'il avait eu (piehpie chose à nous dire sur ce sujet. Je lui avoue de bon cœur qu'il ne m'est pas possible de le deviner; si ce n'est que ce soit (piehpie raisonnement semblable à celui qu'il emjtloie en passant, qui est que, si, en vertu de la réunion , les Grecs semblent avoir souffert tacitement la transsubstantiation des Latins, les Latins de même ont tacitement souffert le stercoranisme des Grecs : et l'on n^a pas, dil-il, plus de droit d'en conclure que les Grecs sont Iranssubslantiateurs, que j'en aurais d'assurer que les Laiins sont sterconinistes : car pour des raiiounemenis do celle sorte, il est vrai qu'il n'en peut jamais manquer. Il n'a qu'à écrire au hasard tout ce qui lui viendra dans la fantaisie sans aucun discernement; et il est difiicile qu'il écrive rien de moins raisonnable que ce (pi'il dt en ce lieu. Ce stercoranisme des Grecs, qu'il comj)are si mal à propos avec la transsubstantiation des Latins, esi une pure chimère. Il n'a nul fondement solide, principalement à l'égard du commun des Grecs. Humbert en avait accusé, il y a plus de six cents ans, Nicélas par une conséquence mal fondée, qu'il lire d'une opinion qui ne lui en donnait aucun sujet, comme nous l'avons montré : mais il n'en paraît aucun vestige ni aucun signe dans tous les écrits des Grecs; et tant s'en faulqu'il.y eu paraisse, (|ae le contraire s'y trouve, parce qu'ils ont tous pris pour règle de leu, sentiment sur l'Eucharistie S. Jean de D.unas, qui condamne formellement celle erreur.
Les Latins n'ont donc eu aucun sujet de soupçonner les Grecs de siercoranisme ; et s'ils les en eussent soupçonnés, ils se seraient éclairois de leur sentiment, et ils les auraient obligés de l'abandonner. Mais il n'est nullement douteux ni incertain si les Latins tenaient la iranssubstuniialioii ; et il n'est point