PARTIE 1. RÉPONSE GÉNÉRALE AUX
livre. Car il ne faudrait que mclire en preuve ce qu il met en objection , et en objeciion ce qu'il met en preuve ; et cela suffirait pour le rendre aus-^i conforme à la vérité qu'il y est maintenant contraire, et aussi bon qu'il est maintenant mauvais.
11 est donc visible que quand on se contente simplement de produire quelques difficultés apparentes contre un dogme contesté, ce n'est encore rien avancer, si l'on ne prouve de plus qu'on ne les doit pai mettre au rang des difficu'.tés, mais qu'on les doit prendre pour les lumières sur lesquelles on doive régler sa foi. Or c'est ce que l'on ne peut bien faire qu'en les comparant avec les preuves qui établissent ce dogme, puisque c'est par cette comparaison que l'on doit juger ordinairement ce que l'on doit prendre pour raison et ce que l'on doit prendre pour difficulté.
C'est ce que l'auieur de celte réponse devait entreprendre , s'il voulait traiter cette matière de bonne foi. En s'engageant dans celte voie , il fallait y entrer tout de bon et satisfaire aux clioses auxquelles elle oblige. 11 devait proposer ses raisons, ses passages, ses difficultés dans leur juste étendue, et non pas dans ces abrégés confus et captieux ; et faisant voir ensuite toutes les preuves des catholiques , montrer, s'il pouvait, que les siennes ont quelque avantage audessus des leurs. Mais la raison lui devait faire connaître que c'est se moquer du monde de vouloir persuader par un petit recueil de difficultés entassées dans un traité particulier, oii l'on n'en fait aucune comparaison avec les preuves contraires; puisque ce serait être sans jugement que de former son jugement et d'établir sa créance sur un fondement si faible et si peu solide.
L'Église catholique ne craint point celte comparaison générale de ses preuves avec celles de ses adversaires : elle croit, au contraire, qu'elle lui est plus avantageuse que les discussions particulières, qui sont d'une part moins décisives, et de l'autre plus capables de chicanerie. Mais il faut que celle comparaison se fasse d'une manière sincère, et que l'on expose aux yeux des hommes les raisons sur lesquelles elle se fonde, et les objections qu'on lui fait; les autorités qu'elle emploie, et celles qu'on lui oppose, et que l'on ne lui fasse pas cette injustice que de faire envisager seulement les diflicullés de ses mystères , sans permettre qu'on en envisage les lumières.
Pourvu qu'on y agisse de celte sorte , elle se lient assurée do demeurer victorieuse de Terreur. Car comment serait-il possible qu'un homme de bon sens n'aimât mieux foimer sa créance sur un nombre inlini de passages, qui contiennent nettement et littéralement ce qu'elle enseigne de l'Eucharistie, que sur une douzaine de passages obscurs, qui sont produits par les calvinistes, et qu'ils inuUiplient en les rebattant sans cesse, ou en les joignant à d'autres qui n'ont aucune difficulté, et qui ne contiennent que les expressions ordinaires qui sont en la bouche des catholiijues?