DIFFICULTES CONTRE L'EUCHARISTIE. .W
Comment n'aurait-il pas plus d'égard, dans un mystère dont la créance a ionjours éié populaire, aux passages produits par les catholiques, qui sont tirés pour la plupart des instructions que les Pères en donnent asix peuples pour leur enseigner ce qu'ils en doivent croire, et qu'ils en donnent à ceux mêmes qui n'en avaient aucune connaissance , comme aux nouveaux baptisés, devant lesquels ils élaient sans doute obligés de parler plus précisément et plus nettement, qu'à ceux que les calvinistes produisent , qui sont tirés ordinairement de lieux écartés, où les Pères ne parlent pas à dessein de l'Eucharistie, et où ils eir parlent à des personnes savantes, qui pouvaient sup pléer par leur intelligence au défaut de l'expression Car il est clair que c'est sur la première sorte de pas sages que la foi des peujiles s'est réglée, et qu'ils oiu cru que les instructions de S. Ambroise , de S. Grégoiro-de-Nysse, de S. Cyrille de Jérusalem, de S. Gaudence , de S. Chrysostôme, de S. Eucher, leur ont imprimé naturellement dans l'esprit. Et il est clair, au contraire, que les passages tirés des livres de Tertullien contre Marcion, de l'Épître de S. Augustin à Bonii'ace , des Hvres contre Adimante , des Dialogues de Thcodoret, des livres de Facundus et de Gélase , n'ont en rien contribué à former cette créance des peuples, puisqu'ils leur ont été inconnus. Ainsi, en entendant retentir continuellement à leurs oreilles que Œuchamlie était le corps de Jésus-Christ; quil ne fallait jms consulter ses yeux, mais sa foi ; qu'après la consécration ce que nous voyons n'était plus pain, quoiqu'il parût pain ; qu'il étqit changé et transmué au CORPS et au sang de Jésus-Christ; que ce changetnent se faisait par l'efficace de la parole qui avait créé le ciel et la terre; que le corps de Jésus-Christ était présent sur C autel, comme il l'avait été dans la crèche; que les anges y étaient présents pour l'y adorer, ils n'ont pu s'empêcher de recevoir en leur esprit l'idée que ces paroles y forment sans force et sans violence.
Combien toutes les difficultés des calvinistes paraîtront elles peu de chose à une personne qui envisagera comme il faut toutes ces autorités, s'il considère de plus que la foi de l'Église romaine touchant ce mystère est la même que celle de toutes les églises schismatiques séparées d'elle depuis plusieurs siècles, ce consentement de toutes ces églises avec i'ÉgUso romaine étant si notoire sur le point de l'Eucharistie , que Bi érevod , célèbre professeur d'Angleterre, qui a écrit de l'état de toutes les religions du monde, ne le conteste que sur le sujet des Arméniens, r,t encore avec peu de fondement, comme on le fera voir en un autre lieu ? s'il considère l'impossibilité de ce changement chimérique que les calvinistes supposent sans preuve et sans apparence être arrivé dans la créance de l'Eucharistie, sans que personne s'en soit jamais aperçu ; s'il considère que Bérenger même, après plusieurs changements auxquels ses passions et ses intérêts le portèrent durant sa vie , lorsqu'élant prêt de mourir il kit obligé de faire un dernier choix dans lequel il ne pouvait plus regarder
RÉFUTATION DE LA RÉPONSï