SÎ
PERPÉTLIiÉ DE LA FOi
^ous prévoyons assez que celte coiifesaion abrégée sera comme un signe de contradiction pour ceux à qui il plaît de nous calomnier, et de îwuk persécuter injustement. Mais nous avons cette confiance en Notre- Seigneur Jésus-Christ, qu'il n'abandonnera pus la cause de ses fidèles, et qu'il ne laissera pas le sceptre des indignes dominer sur l'héritage des justes.
Mais j'aime mieux demander à M. Claude s'il croit en sa conscience que Cyrille suivît les opinions de réglise grecque, lui qui condamne si positivement le culte des imnges dans l'addition de celte conFession de foi et rinlcrccssion des Saints, lorsqu'il enseigne dans l'arlicle VIII : Qu'il nij a que Jésus-Christ qui (lit soin de l'Église, pour exclure, comme il s'en est expliqué lui-même, l'intercession des Saints? Sont-ce là les senliincnts d'une église dont Uornbec dit, qu'elle se prostitue honteusement à la vénération des Saints? Turpiler se prostituunt in Sanctorum cullu Orientales ; et dont Chytreus dit qu'il est clair, par les formules qui sont en la bouclic de tous les Grecs, avec coud)ieM de superstition ils adorent et révèrent, non seulement les saints qui sont dans le cicL mais aussi leurs images. Je lui demande si un liomme comme Cyrille, qui n'admet que deux sacrements, représente les sentiments de l'église grecque sous Jéiémie, qui lait une profession si ouverte de croire les sept sacrements dans ses réponses aux luthériens? Je lui deîiiande s'il croit de bonne foi que la doctrine de la jusiificaiion de l'homme par la foi, qui nous applique la justice de Christ, soit la doctrine de l'église grecque, et s'il peut dire que c'est celle qui est contenue dans les réponses de Jérémie, et que Chytreus luthéricii impute aux Grecs? Je lui demande s'il est persuadé que les Grecs croient que les âmes de ceux «pii meurent jouissent toutes de la gloire, ou souffrent les tourments de l'enfer, comme il est dit dans le dernier article de cette confession; ei si c'est donc faussement que Hornbec et Chytreus, et tous ceux qui ont traité des opinions des Grecs, leur attribuent d'admettre, outre le paradis et l'enfer, un certain Heu triste, ténébreux et plein de misère, dans lequel les âmes sont purgées après cette vie?
11 n'y aurait rien de si facile que de convaincre M. Claude que cette confession de foi est toute contraire, dans ses principaux articles, au sentiment des Grecs, non seulement parles lémoignages des auteurs {irecs , mais aussi par l'aveu de tous les calvinistes et luthériens. Mais la facilité même m'empêche de l'entreprendre , parce ([ue je ne saurais croire que M. Claude veuille s'engager à le nier. J'aime mieux le supposer ici , et lui déclarer qu'il n'oserait soutenir que la confession de Cyrille soit conforme au sentiment des Grecs. Et cela supposé, je lui demande , avec quelle conscience , étant persuadé, comme il est impossible 'lu'il ne le soit , qu'elle est tout opposée à 1;\ créance des Grecs , il nous peut produire l'arliclo où il est pailé de TEucharisiie, pour faire voir la foi de i'cgiise grec(|Ufi sur ce mystère? Et si ce n'est pas be moquer de Dieu et des hommes que de nous citer
TOUCilANT L'EUCllAUISTlE. 53^
cet auteur avec cette préface : Mais pourquoi, dit il, cherchons nous ta vraie créance des Grecs ailleurs que dans la confession de Cyrille, leur patriarche , qui porte en termes exprès la r éjection de la transsubstantiation ? Voilà une ligure digne de l'éloquence de M. Claude , qui n'a jamais mis entre les règles de sa rhéloriqiw celle de parler raisonnablement. Que ne nous dcmande-t-il aussi pourquoi l'on cherche la foi de l'église de Constanlinople sur la personne de Jésiis-Christ ailleurs que dans la confession de Neslorius? Pourquoi l'on cherche la foi de l'Église romaine ailleuis (jue dans l'Institution de Calvin ? Un Grec se lie avec les calvinistes; il reconnaît Calvin pour son maître ; H renonce, comme il dit lui-même, aux superstitions des Grecs; il condamne dans une confession de foi les articles qui sont constamment reconnus pour être h\ doctrine des Grecs par les calvinistes mômes ; il est chassé plusieurs fois de son sié:^e durant sa vie, et condamné et anaihémaiisé après sa mort , comme nous (lirons ci-après. M. Claude ne [leut ignorer toutes ces choses ; il n'oserait s'engager à soutenir le contraire; et cependant il nous dit froidement, comme si c'était la chose du monde la plus constante, pourquoi nous cherchons la créance des Grecs ailleurs que dans la confession de Cyrille leur patriarche.
Je ne sais pour qui M Claude prétend écrire; mais certainement il ménnge mal sa réputation à l'égard des personnes sages et judicieuses. Est-ce donc qu'il prétend prouver par cette confession de Cyrille que l'on n'honore point les images dans l'Orient; que celte prière n'y est plus en la bouche de tous les Grecs: Mère de Dieu , reine de tous, la gloire des orthodoxes , confondez le faste des hérétiques , qui n'adorent et îie révèrent pas, ô fierge toute pure, votre vénérable image? Est ce que leur llorologe, qui est comme le bréviaire des Grecs , et que non seulement les religieux , mais un très-grand nojiibre de laïfjues récitent tous les jours, n'était pas tout plein, au temps même de Cyrille, d'oraisons adressées et à la Vierge et aux saints? Est-ce que leurs Liturgies n'en sont pas toutes remplies ? Est-ce que l'on a cessé d'y prier pour le repos des morts ? Que si la confession de Cyrille n'a rioii cliaiigé dans la foi des Grecs à l'égard de tous ces points , et si elle ne peut servir de preuves , ni qu'ils ne les aient pas tenus auparavant, ni qu'ils aient cessé de les tenir nonobstant les erreurs de leur patriarche , pouniuoi M. Claude nous l'allègue-t-il connue une preuve de leur foi sur la transsubstantiation et la présence réelle , qui n'est pas moiris établie dans la créaiice distincte de tous les Grecs, que ces autres points; qui est encore jdus l'objet de leur piété , et qui est confirmée, comme nous verrons , parles livres que les plus simples ont entre les mains ?