CHAPITRE X
Vingt- neuvième preuve de ce même consentement ds l'église grecque avec la latine, sur le mysière de l'Eucharistie, par les livres ecclésiastiques des Grecs. Puisque nous avons conduit de siècle en siècle cette Iradilion de l'église grecque sur PEucharistie, depuis Bérenger jusqu'à l'année présente , il semble que nous devrions nous arrêter là, n'étant pas possible d'aller plus avant ; néanmoins , parce qu'outre cette tradition particulière on peut examiner une autre tr.\dilion commune, qui n'est pas attachée à un seul siècle, afin que M. Claude ne se plaigne pas qu'on la néglige, et qu'on traite les cîioses imparfaitement, je veux bien encore y ajouter ce". te preuve.
rERPÉTUITÉ DE L,\ FOI TOÏICîîVNT i;ElIC[lARiSTIE.
UT
Celle mdiiion, que j'appelle commune, se lire des livres ecclcsiasliqiies des Grecs, c'est-à-dire de leurs Liturgies cl des autres livres qui sont entre les mains on des prêtres ou du peuple ; i)?.rce que ces livres étant lus avec respect et avec dévotion p;»r tous .es (;recs, et leur foi élanl Cormcc sur ce qu'ils trouvent d;ui5 ces livres , ou ces livres étant formés sur leiir foi, on ne peut pas croire qu'il y ait de la diflerence f.iiie la créance des Grecs , et les opinions qui se trouvent dans cos livres-
Je ne m'urrèlcrai qu'à trois, qui sont l'Eucliologe, l'ilorologe et le Triode. Le premier comprend les Liturgies et les prières qui se font dans l'administration des sacrements. Le second est comme leur bréviaire , qui contient ce qui se récite parmi eux chaque jour, outre quelques offices particuliers. Et le troisième contient l'office du carême, depuis le dimanche où ils récitent l'Évangile du pubiicain, jusqu'à
Pâques.
Pour les Liturgies , on lit dans celle de S. Basile cette prière : « Nous vous prions, Saints des saints , par voire bonté, (pie voire Saint-Espril descende sur nous et sur ces dons qui sont devant nous ; qu'il les bénisse, qu'il les sanclifie, et qu'il fisse le pain le COUPS MÈîAE de noire Dieu cl de notre Sauveur Jésus- Christ, digne de tout respect ; a.ù-à tô Tt>icv awy.a to3
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calice, le sang même, digne de tout respect, de Notre- Seigneur, de noire Dieu et de notre Sauveur Jésus- Christ, «ÙTÔ TÔ «!//«, en les changeant par voire Saint- Esprit. »
Et dans celle de S. Cbrysostôme, on lit ces mêmes paroles : Faites ce pain le précieitx corps de voire Christ, et ce qui est dans ce calice le précieux sang de votre Christ, en les changeant par votre Saint-Esprit.
Que si l'on joint à cela cette remarque que les Grecs depuis Atiastase Sinaïte, S. Jean Damascène , «•l le second concile de Nicée , ont toujours enseigné que le pain n'était pas la figure du corps de Jésus- Clirisl ; qu'ils ont dit que Jésus Cbrisl n'ayant pas appelé le pain la figure de son corps, il fallait dire et croire que c'était son corps, et non sa figure : qu'ils ont marqué que par ce corps ils entendaient ce corps crucifié, ce corps né de la Vierge, comme dit Cabasilas ; il est visible que toutes ces expressions des Liturgies sont décisives, puisque toutes les fausses idées étant rejctées et condamnées par la doctrine commune des Grecs, ils ne pouvaient pas se former sur ces paroles des Liturgies une autre idée que celle du vrai corps de Jésus Christ substitué au lieu du pain.
Et c'est pourquoi non seulement ces passages qui marquent un changement réel, une opération réelle , la substilulion du corps de Jésus Christ au lieu du pain, font voir clairement la toi des Grecs; mais les passages mêmes les plus communs sont décisifs , en supposant ce (jui a déjà été prouvé lant de lois, que les Grecs ne déUiurnaient point le mot de corps de Chiisi à la signification de figure et d'image
Ainsi, qu;uid il est dit dans îa Liturgie de S. Basile •
Faites, Seigneur, que nul de nous ne soit participant du SAINT CORPS ET DU SANG de Nolre-Scigneur Jésus-Christ à son jugement et à sa condamnation : quand i". est diî dans la même Liturgie, aussi bien que dans celle de S. Cbrysostôme : Seigneur Jésus-Christ, regardez nous de voire sainte demeure, et du trône de la gloire de voire royaume ; et venez pour nous sanctifier , vous (jui êtes dans le ciel assis à la droite de voire Père, et qui êtes ici présent invisiblemenl avec nous ; et daignez par votre main toute-puissante nous rendre participants de votre COUPS sans tache, et de votre précieux sang, et tout le peuple par notre ministère : quand les prêtres disent à Dieu : Accorder nous , Seigneur ^ que la participation DU SAINT CORPS et DU SANG de votre Christ, opère en nous une foi qui ne «oif point confondue , une charité sans déguisement : quand ils disent en rompant le pain, scion la Liturgie de S. Clirysoslôme : L'Agneau de Dieu et le Fils du Père est distribué ; mais il n'est pas divisé : on le coupe en diverses parties; mais ses membres ne sont pas séparés les uns des autres : on le mange toujours ; nmis on ne le consume jamais : quand le diacie , demandant la communion, dit : Seigneur, donnez-moi LE SAINT ET PRÉCIEUX CORPS de Notre-Scigneur Jésus - Christ : quand le préire en le donnant dit ; Je vous donne le précieux, saint et très-pur corps de Notre- Seigneur Jésus Christ : ([uand le préire, en comninniaiit, dit : i Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans la maison de mon âme qui est souillée ; mais coamie vous avez bien voulu éire mis dans I.i caverne, dans l'étable des animaux sans raison , et que vous avez reçu dans la maison de Simon-le-Lépreux une femme pécheresse qui me ressemblait , daignez aussi entrer dans l'éiable de mon âme privée de raison , et dans le corps tout souillé d'un homme mort et couvert de lèpre, comme je suis. Et comme vous n'avez point eu d'horreur de cette pécheresse lorsqu'elle baisait vos pieds, n'ayez point aussi horreur, Seigneur, d'un pécheur comme moi ; mais faites-moi participant, par votre bonté , de votre trèssaint CORPS, et de votre très-sacké sang ; > enfin quand le diacre, allant conuuunier nu calice, dit : Je VI approche du Roi immortel; et (jue le prêtre lui répond : Diacre, serviteur de Dieu, vous recevez le saimt ET PRÉCIEUX CORPS , et le saint et précieux sang de Notre- Seigneur Jésus-Christ ; toutes ces expressions , dis-je, ne signifiant point la figure du corps de Jésur,- Christ, n'imprimaient point par conséquent d'autre idée que celle du vrai corps de Jésus-Christ.
il est bon de remarquer sur le sujet d'un des passages que nous venons de citer de ces Liturgies, qui est celui où il est dit : Daignez, Seigneur, par votre main toute-puissante , nous rendre participants de votre corps sans lâche , et de votre précieux sang, etc. , que M. Claude , en y répondant , fait une observati(!n loutà-fait rare : car comme il ne perd point d'occasion d'accuser son adversaire de faussetés, il làclie de rendre cette traduction suspecte en cette manière : Je trouve , dit-il, dans la Liturgie de S. Chrysoslùme, non ces termes que nous dit fauteur : Daionez var voire
649 LIV. IV. ACCOril) DES GRECS ET DES
main puissante nous donner voire corps; mais ceux-ci , selon la version d'Erasme : Rendez-nous dignes de votre main puissante, afin que nous soyons participants de lUre corps.
Mais , pour répondre bien précisément à celle objeclion , il suffit de lui dire que s'il trouve ce qu'il dit dans la version d'Erasme, il trouvera ce que dit l'aiileur de la Perpétuité dans tous les originaux grecs des Liturgies de S. Basile et de S. Chrysosiôme, où il
y a en fermes fonuels y.a.l y.ara|iWTS^, t-^ y.çv.rc/Aa. cou X^f-?^ /tE-aSoûvat ^,oiîv ToD à;(f«v:ou aûy.o(.-:ôi aov zaj toO xtitioxj odiJ.K-o;,
Les prières de l'Eucliologe parlent le même la.igage. Eîi voici une que l'on fait sur les nouveaux autels : y eus vous prions, Seigneur de miséricorde, de remplir cet anlel de gloire, de sainteté et de grâces ; afin que les liosties de votre très- pur corps et de votre précieux SA.VG , que ron offrira dessus , soient changées pour le salut de tout le peuple et pour te nôtre, quelque indignes que nous en soyons.
L'oraison pour planter une vigne porte ces paroles : Considérez cette vigne que votre-main a plantée , apn qu'elle rende en son temps ses fruits dans leur maturité, et que nous puissions un jour vous les offrir ,
tOiJR ÊTRE CHANGÉS AU SANG DE VOTRE ChKIST.
Le livre appelé Triode, qui est, comme j'ai déjà dit, roHice du carême parmi les Grecs, contient une chose fort considérable sur ce sujet: qui est que le premier dimanche de carême , que les Grecs appellent le dimanche de l'orlhodoxie, on lit dans l'église un recueil d'anatlièmes et de canons , intitulé : Synodique. 11 est attribué dans le tilre au septième concile , parce qu'il est particulièrement lait contre les iconomaques; mais il comprend outre cela la condamnation de diverses hérésies anciennes ei nouvelles; elles nouveaux Grecs y ont même inséré leurs opinions particulières. Or , entre les hérésies qui y sont condamnées , celle des calvinistes s'y trouve expressément en ces termes :
< Anathème à ceux qui, ne rejetant pas ce que Notre-Seigneur a dit touchant la célébration des divins mystères qu'il nous a laissés par ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi ; mais, expliquant en un mauvais sens cette manière de célébrer sa mémoire , ont la hardiesse de dire que ce sacrifice qui s'offre tous les jours par ceux qui célèbrent les sacrés mystères, selon que iNotre-Seigneur, le Maître de toutes choses, l'a enseigné, ne fait que renouveler, comme une image
ET une figure , LE SACRIFICE DU PROPRE COUPS ET DU
PROPRE SANG DE Jésus-Christ , offert par notre Sauveur sur la croix pour la rédemption et la réconciliation commune de la nature humaine ; et qui introduisent ainsi un sacrifice différent de celui que Jésus- Christ a célébré , et qui ne se rapporte à ce sacrifice de Jésus- Christ que comme une image et une figure : anathème à ces personnes, comme anéantissant le mystère du terrible et divin sacrifice , par lequel nous recevons le gage de la vie future; notre divin Père S. Chrysostôme déclarant en plusieurs de ses cxpii-
LATINS DEPUIS LE XV SIÈCLE, etc. 550
calions sur S. Paul, que ce n'est qu'un même et nuique sacrifice. »
Il ne faut pas être bien sublil pour reconnaître qu'ils désignent en cet endroit l'erreur des calvinistes, qui veulent que l'Eucliarislic ne soit qu'un sacrifice do mémoire , qui soit l'image et la figure de relui de la croix ; mais qui ne contenant pas la même victime ne soit pas aussi le même sacrifice.
Et il serait inutile de dire que les calvinistes , na reconnaissant pas que l'Eucharistie soit un sacrifice , ne peuvent pas êlre condamnés par un canon qui condamne ceux qui, reconnaissant qu'elle est sncriiice, ne voulaient pas qu'elle fût un même siicrifice avec celui de la croix. Car il est clair que le mol de sacrifice est pris ici en une signification plus élendue, selon laquelle les c;ilvinislcs ne refusent pas de l'appliquer à l'Eucharistie. Et ainsi, quand les Grecs condamnent dans ce canon ceux qui disent que le sacrifice de la messe n'est que l'image et la figure de celui de la croix, ils condamnent en effet les calvinistes, et ont eu dessein de les condamner; puisqu'il n'y a qu'eux qui ont voulu changer le vrai sacrifice de la messe en un sacrifice de pure commémoration et do pure ressemblance.
On voit aussi dans l'office du jeudi saint plusieurs témoignages de la foi des Grecs. Dans les bynmes qui se cliaiilent à l'égli-se il est dit dans un verset, qu'étant lui-même la Pùque de ceux pour qui il devait mourir, il se sacrifia par avance, en disant : Mangez mon corps, et vous serez fortifiés dans la foi. Et dans le verset suivant il est dit que Jésus-Christ s''est sacrifié lui-même en disant : Buvez mon sang , et vous fortifiez dans la fci. El dans un aulrc : Jés'us-Clirîs!, le céleste et divin pain, a fait un festin au monde. Venez donc, amateurs de Jésus Christ, et, dans des bouches de terre et des cœurs pleins de faiblesse, recevons avec foi celui qui a sacrifie la Pâqne, et qui est lui-même sacrifié parmi nous.
Il faudnâl presque transcrire tout l'office de la communion, qui fait partie de l'IIorologe des Grecs, si l'on voulut rapporter tout ee qu'il contient de clair et de convaincant pour la présence réelle, la Iranssubslar.tialion et l'adoration de Jesus-Christ dans l'Eucharistie : car il est tout composé d'oraisons et d'hymnes par lesquelles les fidèles s'adressent à Jésus-Christ, ou pour lui demander qu'il leur f;isse la grâce de participer à son cor|;s, ou pour lui rendre grâce de l'avoir reçu.
Il commence par ce verset : 0 Seigneur , plein de miséricorde, que votre saint corps me soit un pain de. vie éternelle, aussi bien que voire précieux sang. Lo verset qui suit est : Ayant profané mon âme par mes péchés, misérable que je suis, je suis indigne de la participation de votre très -pur corps et de votre divin SANG, à laquelle vous voulez bien néanmoins me recevoir. Et un peu après : Voici la table toute sainte du pain dé vie que la miséricorde a fait descendre du ciel, pour donner une nouvelle vie au monde. Permettez - moi , quelque indigne que j'en sois , de goûter ce pain , et de participer à la vie qu'il communique. Et ensuite : Verbe de Dieu , qui êtes Dieu vous-même, faites que le charbon
PERrÉTUlTÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EUClIARISTiF.
ardent de votre corps éclaire mes ténèbrçs, et que votp.e 8ANC neiloie mon âme impure.
Il V .1 plusieurs autres versets scn»b!ables, 1rs prières ^(.s Grecs éianl d'ordinnire très-longues ; et ensuise il V n des oraisons plus étendues, où il est parlé en cent irianlères diflerenles de la participation réelle du corps (le Jésus-Clirisl. En voici quelques-unes : « Jésus- Christ, mon Dieu, je sais que je suis indigne et que le ne mérite pas que vous entriez dans la maison de mon âme , parce qu'elle est toute déserte et tout en ruine , et que vous n'avez point de lieu dans moi où vous puissiez seulement reposer la tête ; mais comme de la hauteur infinie de voire majesté vous vous êtes rabaissé pour nous , daignez encore vous proportiojiner à ma bassesse. Connue vous avez souffert d'être enfermé dans l'anlre de votre sépulcre et dans l'étable où vous êtes né, ne refusez pas d'entrer en mon corps (]uoiqne souillé. Conmie vous avez bien voulu entrer dans la maison des pécheurs, et manger avec eux dans la maison de Simon le^Lépreux, daignez aussi entrer dans la maison de mon âme, à quelque bassesse qu'elle soit réduite, et quoiqu'elle soil couverte de la lèpre du péché. Comme vous n'avez point reji té celle fenmie ])échercsse qui me ressemblait, lorsqu'elle s'est approchée de vous, ayez aussi compassion d'un pécheur qui s'approche de vous, et qui prétend vous toucher. Comme vous n'avez point eu d'horreur de la bouche souillée et tout iiupure de celte femme qui donnait des baisers à vos pieds, n'ayez point aussi horreur ni de ma bouche qui est encore plus souillée que la sienne, ni de mes lèvres si profanes, ni de ma langue qui est encore plus in>pure que le reste. Que le charbon ardent de votre saint corps et de votre sacré SANG soit la sanctification, la lumière et la force de mon âme ; qu'il diminue le poids de mes péchés ; qu'il me préserve des attaques des démons; qu'il arrête mes mauvaises habitudes ; qu'il amortisse mes passions ; qu'il me fortifie pour accomplir vos commandements ; qu'il augmente en moi vos divines grâces , et qu'il m'acquière le droit de votre royaume. Car vous savez, Jésus mon Dieu, que ce n'est pas par mépris que je m'approche de vous, mais par la confiance que j'ai en votre bonté ineffable, et dans la crainle que, me privant de participer à vous, je ne devienne la proie du loup invisible qui cherche à me dévorer. Je vous prie donc. Seigneur, qui possédez seul la sainteté , de sanctifier mon âme et mon corps , mon esprit , mon cœur, mes reins, mes entrailles ; de me renouveler tout entier, de graver profondément votre crainte dans ma chair, d'imprimer en moi une sainlelé qui ne s'efface jamais. Soyez mon secours et mon support ; faites-moi passer en paix celte vie , et donnez-moi place à votre droite avec les saints, par les {tières et l'intercession de votre très-pure mère, des esprits qui vous servent de ministres, des troupes toutes pures de vos anges , et de tous les saints qui Vous ont clé agréables depuis le con'.mencement du «londe. »
I! y (u a plusieurs de celle sorte po'ir réciter de-
vant la communion : il y a des cantiques qui contiennent les mêmes expressions. Conmiunier , c'est toujours prendre Jésus-Christ, toucher Jésus-Christ, recevoir Jésus-Christ dans son corps , sur sa langue, sans qu'il soit jamais parlé de ce pain inondé et revêiu des droits du corps de Jésus-Christ, ni des autres imaginations de M. Claude.
Lorsque les fidèles sont près de s'approcher de la sainle table, on leur prescrit dmis cet olfice de faire un acle de loi en cette manière : Je crois et je confessa que vous êtes véritablement le Christ, le Fils de Dien vivant, qui êtes venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier. Je crois que ceci est VOTRE corps 5IÊME pte'.n de pureté , que ceci est votre précieux sang. Je vous demande miséricorde et le pardon des péchés que j'ai commis, volontairement ou ini)olontairement, par paroles, par œuvres, avec connais., sance, par ignorance ; et rendez-moi digne de recevoir vos sacrés mystères sans y recevoir ma condamnation ; faites que j'y trouve le pardon de mes péchés, et la vie éternelle. Lorsque les Grecs se lèvent pour aller communier, on leurs prescrit de réciter des vers d'une hymne dont voici le sens : Je m'en vas approcher de la communion divine. 0 ! mon créateur, ne me brûlez pas lorsque j'y participerai ; car vous êtes un feu qui brûlez les indignes. Mais pour m'en rendre digne, purifiez-moi de toutes mes souillures. El un peu après: Tremble, mon Ame, en voyant le sang de Dieu : car c'est un feu qui consume les indignes. Après la communion, ils multiplient de même les prières et les actions de grâces, en parlant toujours à Jésus-Christ comme présent dans eux. Voici entre autres le commencement d'une hymne attribuée à Métaphrasie : Seigneur, qui m'avez donné par votre bouté votre CHAIR pour nourritm-e; qui êtes un feu qui consumez les indignes, ne me brûlez pas, ô mon Créateur. Pénétrez plutôt toutes les parties et toutes les jointures de mon corps, de mes reins, de mon cœur. Réduisez en cendre toutes les épines de mes péchés. Et le reste.
Enfin je mets en fait qu'il n'y a aucun de ces petits livres des catholiques , qui s'appellent : Exercices de la communion: Méthode pour la communion, i\m injprime plus fortement l'idée d'une présence réelle, (piporte plus à adorer Jésus Christ comme présent dans ce mystère, comme reçu sur nos lèvres et dans notre bouche, que ces oraisons que les Grecs mènent en la bouche de ceux qui comnmnient.
Mais peut-être que ce livre de l'IIorologe est de pou d'autorité parmi eux. Il ne faut qu'entendre sur cela ce que Chytreus en dit dans son discours de l'état des religions. La plupart des Grecs, dit-il, n'apprennent à lire dans les écoles, qu'à dessein de réciter Cliorologe, qui est ce que les Latins appellent le bréviaire, ou les prières que l'on fuit aux diverses heures du jour; la coutume, non seulement des prêtres et des religieux, mais aussi d'un grand nombre de laïques étant de réci ■ ter ces prières tous les jours, comme les nôtres récitent les heures canoniques, et les religieuses le Psautier ; et i's victtenl d.ins la récitation de ces vrières une oortn,.