G55 LIV. IV. ACCOUD DES GRECS ET DES
partie de la piété. Il dit ensuite qu'ayant eu un de ces Ilorologes d'un Grec de Chypre , il avait reconnu que r invocation et le culte superstitieux des saints, et principalement de la vierge Marie , n'était pas moins établi dans réglise grecque que dans le royaume du pape.
Ainsi, par l'aveu même de ce Uitlicrien, ce livre de rUnroioge est entre les mains de tous les Grecs ; c'est l'A B C de tous les enfants ; c'est le bréviaire des prêtres, des religieux et des laïques. El ce livre néanmoins éiablit si olaironient la réalité du corps de Jésus-Christ dans l'Eucharislie, que ce serait le plus grand de tous les miracles que ceux qui le lisent tous les jours conmie un livre oriliodoxe, ne prissent pas ce sentiment.
El il ne servirait rien de dire qu'étant écrit en ancen grec, il n'est pas entendu par ceux qui ne savent que la langue grecque vulgaire. Car ce que dit Cliytreus n'est nullement vrai, que le grec vulgaire est aussi différent du grec ancien, que le latin Test de l'italien ; et j'en ai fait moi-même l'expérience depuis PlU ; puisque n'ayant jamais lu auparavant de grec vulga.re, et ayant été obligé d'en lire dans le livre d'Agapius qui n'est point iraduif, je n'y ai pas trouvé de diflicullé considérable. Ce qui m'a fait croire qu'il était encore plus aisé à ceux qui savent le grec vulg;dre, d'entendre le grec ancien ; puisque ces deux langues sont plus différentes par l'inlroduclion des nouveaux mois et des nouvelles expressions dans le grec vulgaire, que p;ir l'abolition des mots anciens et des expressions anciennes. Et ainsi , étant certain que la plupart de ceux qui lisent THoroldge renicndent, et que ceux qui l'eniendent en approuvent la doctrine , il est certain aussi que les Grecs tiennent la présence réelle qui y est si formellement enseignée.
Et cela fait voir encore , qu'il n*e«t pas au pouvor d'un patriarche de changer la foi des Grecs sur ce point, et que c'est en vain que les calvinistes allèguent leur patriarche Cyrille comme témoin de leur créance. Un patriarche pourrait peut-être quehjue chose sur la foi des peuples dans les matières spéculatives éloignées de leur connaissance : mais dans les choses de pratique , qui sont connues distinctement du peuple, et dont la créance est entretenue par des livres qui sont continuellement entre ses mains, les piiriarclies ?»'ont nul pouvoir ; et il était aussi peu en la puissance de Cyrille de faire (pie les Grecs ne crus- 5cnl pas la présence réelle, que de les empêcher de croire que Jésus-Christ était le Christ. Et ainsi la confession qu'il en a dressée, est aussi peu la confession de réglise grecque, que s'il avait fait une confession de foi toute arienne ou toute socinienne. Il a pu exprimer ses sentiments , et comme il était calviniste, il n'est pas étrange qu'il ait renfermé dans un écrit les erreurs de Calvin : mais il n'a pas pu expiimcr ceux du peuple et du reste de l'église, dont il ne disposait pas, et qui ne laissait pas d'adorer toujours Jésus-Christ présent dans l'Eucharistie, suivant les prières de son bréviaire, nonobstant les imapjnations
P. DE LA F. 1