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et les erreurs de son paiiiarche. Que s'ils l'ont sonf" fert pendant quelque temps ; si «luehines Grecs même lui ont adhéré, c'est une marque de l'oppression de celte églife sous la tyrannie des Turcs, et de la làclu'lé inlércssée de queliucs personnes; mais ço n'est nullement une preuve du sentiment de l'église grecque, il faudrait nioiilrer pour cela que l'on eût aboli du temps de Cyrille lEucoIogo, l'Ilorologe et les autres livres ecclésiasliquos. Mais pendant que les Grecs les auront entre les mains, on ne peut croire avec la moindre appa'-ence qu'ils aient d'antre créance que celle qui y est si clairement exprimée, ni qu'ils embrassent une doctrine entièrement contraire à celle dont ils font tous les jours profession par la récitalion de ces prières.
CIIAPITRE Xî
Réflexion sur le jugement que les calvinistes font de Cyrille. Conclusion de ces trois livres.
Mais ceci me donne occasion de faire une autre remarque sur le jugement avantageux que les calvinistes font de leur Cyrille Lucar, qui fera voir que celle secte n'a aucun véritable principe de religion, et qu« l'esprit qui l'anime est plutôt un esprit de faction et de cabale conire l'Église catholique , qu'un esprit de zèle pour l'établissement d'aucune véritable piété. Car nous venons de voir que les livres ecclésiastiques des Grecs conticiment très-clairement la doctrine de l'Église touciiant l'Eucharistie, et qu'on y voit manifestement la vérité de ce que dit Sandi, protestant anglais , dans son Miroir de l'Europe : Que les Grecs sont d'accord avec les Romains sur la transsubstantiation, sur le sacrifice, et sur tout le corps de la messe.
11 n'est pas moins clair qu'on y trouve tous les autres points que les calvinistes prétendent procéder de la boutique de Satan, et pour lesquels ils déclarent dans leur confession de foi qu'ils condamnent les assemblées de la papauté; tels que sont l'invocation des saints, la vénération des reliques, l'honneur des iuîages, la prière pour les morts, les vœux monastiques, li'S défenses du mariage et de l'usage des viandes, l'observation cérémoniale des jours, la confession auriculaire. Or il est indubitable que Cyrille, qui a été successivement palriarche d'Alexandrie et de C-ons» tantinople, n'a pu s'empêcher de faire le service divin dans ces églises, selon ce qui est prescrit par ces livres; car on sait assez que les Grecs, qui sont irèsaltachés à leurs cérémonies , ne l'auraient jamais souffert.
Cependant les calvinistes se vantent cux-mèmcs qu'il était entré dans leurs sentiments avant que d'être élevé à ces dignités de patriarche de ces deux premiers sièges d'Orient, qu'il ne pouvait exercer, selon leur pensée, sans violer la loi de Dieu en une inimité de rencontres, par un culte superstitieux et idolâtre. Et en même temps ils nous font entendre, par les louanges qu'ils lui donnent, qu'ils le regardent comme un excellent serviteur de Dieu , comme un saint et comme un martyr. 1! faut donc qu'ils croient que i»
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piété pcul subsister avec une aussi daninable liypocrisie qu'est celle d"èlr« dans lo cœur d'une religion et d'en professer extérieurement une autre tout opposée ; de condamner d'idolàlrie et de superstition le culle que l'on rend dans une église, et d'être en même temps le principal ministre de ce culle que l'on croit superstitieux et idolâtre ; de regarder la qualité de sacrilicatcur que les hommes s'allribueul , comu)e un outrage fait à Jésus-Christ , et ne pas laisssr de se faire donner celle qualité en qualité de prêtre cl d'évèquo, el d'en faire publiquement les fondions.
\oici encore une autre preuve de la bonne conscience de ce Cyrille, el de quelle sorte il accommodait sa foi à ses intérêts. L'ordre qui s'observe dans la consécration des évoques porte que celui qui doit être consacré fait trois difl'érenles professions de foi. La première est le Symbole de Nicée : la seconde contient une explication plus ample de la Trinité et de l'incarnation : la troisième , oulre une répétition de ces deux mystères, conlienl entre autres choses ces trois articles. Le premier pour les traditions, on ces termes : Je crois aussi louclianl Dieu et les choses divines , les iradilions et les expositions de Vunique Église catholique el apostolique. Le second louchant les saintes images, en ceux-ci : Je suis aussi adorateur des saintes images de Jésus-Christ , de la très-pure mère de Dieu , et de tous les saints , d'une adoration relative et non de latrie, et je rapporte l'honneur que je leur rends à ce <ju\lles représentent, et je rejette, comme étant dans ferreur, ceux qui sont d'autre sentiment: par où il ma-rque assez qu'il met les iconomaques au rang des hérétiques auxquels il dit anathème en général, après en avoir marqué quelques-uns en particulier : Anathème à tous les hérétiques : Anathème à chacun des hérétiques. Le troisième est un éloge el une invocation à la sainte Vierge , par laquelle celui qui doit être consacré fmit sa profession de foi : Je confesse et je reconnais sincèrement et véritablement pour notre maîtresse , Marie mère de Dieu , comme ayant enfanté en chair Jésus-Christ notre Dieu, Cune des personnes de la Trinité; el je désire que cette sainte Vierge m'assiste, me secoure et me protège tous les jours de ma vie. Amen.
Or les calvinistes assurent eux-mêmes, comme nous avons déjà dit, que les conférences que Cyrille avait eues avec un Fuxius, docteur de leur secie dans la Transylvanie, lui avaient inspiré leurs senliinenls sur les Iradilions, sur l'invocation des saints, et par conséquent encore sur les images, longtemps avant qu'il fût élevé sur le siège d'Alexandrie. Et ainsi voilà ce s«jn/qui,parune ambition sacrilège, se fait consacrer évêque en renonçant à la foi qu'il avait dans le cœur, el en faisant profession de reconnaître les traditions de l'Église, lorsqu'il les détestait comme des songes et des fanUisies des hommes; d'être adorateur des saintes images, et d'analliématiser ceux qui refusaient de les révérer, lorsque lui-même con(bmiiait cet honneur d'idolàlrie avec son maître Calvin ; el d'invoquer la sainte Vierge, afin qu'elle le secourût et l'assistât ' 4ous les jours de sa vio, lorsqu'il avait reconnu ,
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comme dit Ilotlingor, la vanité des subtilités que le» superstitieux apportent pour l'invocation des saints.
Cette conduite a si peu déplu aux prétendus réformés, que ce sont eux qui ont le plus contribué à l'élever au patriarcat de Conslanlinople, afin d'y continuer avec plus d'éclat ses détestables sacrilèges; car on ne peut donner d'autre nom à ce qu'un disciple de Calvin, comme il se nomme lui-même , était obligé de faire dans une charge, doiil les fonctions les plus solennelles el les plus sacrées ne pouvaient passer dans son esprit que pour d'horribles impiétés, et des abominations de l'Antéchrist.
Que s'ils disent qu'ils l'ont enfin obligé de faire ime déclaration de sa foi, qui est conforme à leur doctrine, on leur peut répondre, que c'est ce qui rend encore ce procédé plus étrange, et qui fait voir davantage que l'hérésie conduit insensiblement à l'irréligion et à l'athéisme. Car s'il y avait eu quelque ombre de piété dans l'union des ambassadeurs de Hollande et d'Angleterre avec ce faux patriarche, ils ne l'auraient pu porter à se déclarer pour leurs dogmes, selon lesquels l'église grecque csl toute remplie de superstition et d'idolàlrie, comme ils le disent eux-mêmes, qu'en le portant en même temps à se séparer de cette église corrompue, comme eux-mêmes se sont séparés de la romaine, pour aller chercher, selon leurs senlimenls, la vraie église de Christ dans la conmiuni-jn des calvinistes. Mais bien loin d'agir ainsi, la gloire qu'ils s'imaginaient que ce leur serait d'avoir un patriarche de Conslanlinople de leur sentiment, et la facilité qu'ils croyaient avoir par-là de tromper le monde, en faisant croire que toute l'église greccpie était devenue calviniste, leur firent employer toutes sortes de moyens pour le maintenir dans une dignilé qui l'exposait à faire conlinucUcmcnl des actions de religion contraires à sa créance, el pour le faire rétablir dans son siège, comme ils l'ont lait plusieurs fois, lorsque sa propre église l'en faisait chasser.
S'ils ne Iroiivcnl rien en cela qui blesse leur conscience, ils se condamnent eux-mêmes d'avoir déchiré sans nécessité la robe de Jésus-Christ par un schisme très- pernicieux. Car pour(|uoi ne pouvaient-ils pas demeurer dans l'Église romaine, s'ils ont cru que leur Cyrille pouvait demeurer dans la grecque, qu'ils ne devaient pas estimer moins corrompue? El non seulement y demeurer comme particulier, mais comme le chef de celle église, (ju'ils sont obligés de considérer, selon leur pensée, comme un des principaux sièges de rAnt€cIirist, tout ce qu'ils appellent les abominalions de la Babylone de l'Apocalypse y étant aussi établi que dans Rome même.
C'est pourquoi on ne voit pas ce qui les empêcherait d'être dans la même disposition au regard de l'ancienne Rome, qu'ils ontélé au regard de la nou- ' velle. Sans doule qu'il ne tiendrait pas à eux qu'ils ne poussassent au cardinalat, el de là s'ils pouvaient à la papauté, un homme qu'ils auiaient prévenu do leurs sentiments, comme ils en avaient prévenu Cyrille, À ce prix ils souffriraient qu'il dit la messe, qu'il in-
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voquât les saillis, qu'il révérât les images, qu'il fît des prêtres avec pouvoir de sacrifier, comme i!s n'ont point trouvé mauvais qnc leur Cyrille fil toutes ces cliosos à la vue de tout l'Orient.
Si ce sont là leurs saints et leurs martyrs, ils sont d'inie nouvelle espèce que l'antiquité n'a point connue : car tous ceux qui ont un peu de religion seront plus disposés à mettre dos gens de celle sorte au rang des libertins et des athées, que non pas en celui des saints. Pour nous, c'est le jugement que la foi callioli(iue nous oblige d'en porter. Nous attendrons que M. Claude nous expli(]ue plus particulièrement ce qu'il en pense, et qu'il nous découvre les princijies sur lesquels peuvent èlre appuyés les grands éloges que lui et ses confrères ont donnés jusqu'ici à ce disciple de Calvin, travesti en patriarche, et que l'on peut dire n'avoir fait autre chose que jouer la comédie dans l'église de Constantinople, puisqu'il n'avait aucune créance à tout ce qu'il y faisait : qu'il y offrait le sacrifice non sanglant pour ses péchés et ceux du peuple , selon les paroles des Liturgies, ce qu'il croyait ne se pouvoir faire sansanéantir la vertu du sacrifice de la croix : qu'il y disait la messe des dons présanclifiés, c'esi-à -dire consacrés quelques jours auparavant; ce qu'il devait croire n'être fondé que sur l'opinion d'une transmutation véritable et permaneiile du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Chtist, laquelle lui paraissait une grande erreur : qu'il y communiait les malados du pain consacré dès le jeudi-sainl; ce qu'il croyait comme cahiniste être contraire à l'insiitulion de la cène : qu'il y invoquait les saints comme il esl marqué dans les Liturgies en beai;coi:p plus d'endroits que dans la messe des catholiques ; ce qu'il croyait être oulragcux à Jésus-Clirisi notre seul Médiateur envers le Père : qu'il y priait pour les morts; ce qu'il croyait être suporstiiicux et inutile, n'étant point en lieu, selon son opinion, oij ils puissent avoir besoin de rafraîchissement : qu'il s'inclinait devant les images de Noire-Scigneur et de la Vierge, comme les Liturgies portent expresséuiei;t que lo prêtre et le diacre doivent faire avant que de commencer la messe; ce qu'il croyait être une véritable idolâtrie : qu'il y p\ibliait l'entrée du carême au sejil:cme dimanche avant Pàque, appelérupopayo^; ce qu'il croyait enfermer une pratique condauniée par S. Paul, qui, selon le sens des calvinistes, a voulu que l'on regardât comme des apostats en la foi ceux qui défendraient l'usage de certaines viandes: qu'il y recevait les vœux des moines, qu'il ne prenait que pour des inventions pernicieuses, procédées de la boutique de Satan,
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En attendant que M. Claude nous révèle le mystèra de celle conduite, qui ne nous parait qu'un mystère d'iniquité, nous nous contenterons de lui dire qu'il peut tant qu'il lui plaira faire un saint de cet apostat sans religion, et que nous ne nous en étonnerons pas davantage, que de voir qu'ils regardent Luther comme un grand serviteur de Dieu, quoi(]u'iI les ait traités pendant toute sa vie d"hcréli(jues et d'arcliidiablcs.
Mai<, quoi qu'il fasse, et quchpie résolution qu'il prenne de ne se pas rendre aux vérités les plus manifestes, par un malheureux engagement dans une mauvaise cause, on n'a pas grand sujet de s'en mettre en peine; parce (pi'on est bien assuré qu'il ne saurait rien dire qui ait la moindre apparence, contre les preuves que nous avons apportées pour montrer le consentement de l'église grecque avec la latine sur le sujet de l'Eucharistie; car elles sont si fortes et si invincibles, que la seule chose que j'appréhende est qu'on ne trouve mauvais que je me sois tant arrêté à prouver une chose qui est plus claire que le jour.
Je pense néanmoins que l'on jugera que cela était nécessaire pour surmonter l'opiniâtreté de ceux qui nient les choses les plus constantes, tant qu'il leur reste le moindre prétexte pour les pouvoir embrouiller. L'auteur de la Perpétuité s'était peu arrê:é sur ce point, parce qu'il le croyait manifeste, comme il l'est véritablement. H s'était contenté de reprocher à M. Claude la hardiesse qu'il avait eue de le contester dans sa première réponse ; et il avait cru qu'il suffisait de l'appuyer de queiiiues preuves en petit nombre, quoique très-fortes et très-convaincantes. Mais comme M. Claude n'en est devenu que plus fier, parce qu'il a cru qu'ayant peu d'ennemis à combattre, il en viendrait aisément à bout , il a été nécessaire de lui en opposer un plus grand nombre, et de lui mettre les choses dans un si grand jour, que toute sa fierté ne puisse pas empêcher que tout le monde ne reconnaisse le tort qu'il a eu de ne pas profiler de la remontrance charitable qu'on lui avait faite à la fin de la réfutation de sa première réponse: Qu'il n'était pas excusable de s'opiuiàlrer à soutenir, comme il avait fait, que les Crées ne sont pas d'accord avec l'Église romaine sur le sujet de l" Eucharistie, et que celte hardiesse, à nier les choses les plus évidentes , et tes vérités de fuit les plus constantes, devait faire reconnaître à tout le monde combien il est difficile d'allier la sincérité et la bonne foi avec la passion de soutenir, à quelque prix que ce soit, le parti oit fon se trouve engagé.