TROISIÈME OBSERVATION
Et c'est ce qui fait voir en passant la faiblesse d'une raison dont M. Claude se sert contimiellenient, qui est que l'incompatibililé des termes, dans les propositions qui afiirmeiitquele pain est le eorpsde Jésus- Chrisl, n'a j:tmais permis aux fidèles de se former l'idée (le la |)résencc réelle, el les a toujours obligés d'avoir recours h un sens métaphori(|ue; car il n'y a point d'ineonipaiibililé ap|tarente (|ui puisse empêcher l'esprit de concevoir l'union de deux termes, de celte inaiiière inlellectnelle doni je parle, quand celte union est proposée comme une vérité révélée de Dieu, cl aveccwtie auiorité S(iu\eraine (pii emporie nos esprits; il n'y a rien alors «pii ne devienne croyable, et à (|uoi l'esprit ne puisse consentir. Si l'inconipaiibiliié a|)parenie empêchait resjirit de concevoir l'union des termes, p<Tsonne ne croirait le mystère d • la Trinilé, ni celui de l'Inearnalion ; cl ci'pen(l;inl la loi de l'un et de l'antre ariicle est répandue par loule la terre. Ou croit que Irois personnes ne sonl (ju'un Dii'U ; on croit que deux natures disiincl(!s ne font qu'une personne, (juoi(pie s'arrèlant à la lumière naturelle de la raison, on ne comprenne ni l'un ni l'autre comme vrai ni comme possible.
Mais il n'en faut point d'autre exemple que le mystère même de l'Euchaiislie ; car quoi(|ue les calvinistes prélendenl qu'il est tout rem|)li d'impossibililés, de contradictions et d'inconipalibiliiés réelles, néanmoins, inalgiéces iirétendues imp(tssil)ililés, coulradiclions. inc(Mnpalibilités, la piésence léille ne iais^e pas d'éire crue par toute la terre, (|Uoique entre ceux qui la croient personne ne puisse concevoir, par l'imagination, l'étal où Jésus-Christ est dans ce mysière.
Cela lait voir qu'il y a une certaine idée de présence réelle et de Vest réel, (pii ne dépend point de notre imagination, el i\m se conçoit dans les ( lioses qu'on ne peut imaginer, qui est loul ce que je veux conclure par celle remarque.