‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 171 sur 335 · CINQUIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME OBSERVATION

Il est encore plus clair que la créance distincte de Tabsence réelle n'enferme aucunement le désaveu formel des conséquences de la présence réelle, et de la manière de présence réelle , que les catholiques ont été obligés d'expliquer distinctement , à cause des objections des hérétiques. Car croire l'absence réelle de Jésus-Christ de l'Eucharisiie, c'est croire qu'il n'y est point du toul, et qu'il n'est que dans le ciel ; comme croire l'absence réelle du roi à l'égard de Paris, c'est croire qu'il n'est point du tout à Paris, et qu'il est présentement aux Pays-Bas ; comme croire l'absence réelle du roi Henri lY à l'égard de sa slaïue, c'est croire que celle stalue n'esl que du bronze qui le représente, et que son corps n'est qu'à S. -Denis.

Il n'est donc pas nécessaire pour croire la pré- 6ence réelle, de nier formellement la présence visible et la présence invisible, la présence corporelle el la présence incorporelle. Il n'est pas même nécessaire de savoir qu'on puisse seulement inventer une présence spirituelle et invisible; il suffit de nier absolument toute présence. Qui nie le genre absolument, et sans aucune exception , exprimée ou sousenlendue, nie toutes les espèces; mais il ne fait pas attention distincte à toutes les espèces. Qui dit que le roi n'est pas à Paris, nie qu'il y soit visiblement et invisiblement; mais il ne fait pas attention pour cela s'il y peut êlre invisiblement ou non.

C'est ce qui fait voir que, quand l'auleur de la Perpélniié a dit que si les fidèles n'avaient pas cru la présence réelle, il faudrait par nécessité qu'ils eussent cru l'absence réelle, il ne s'est point engagé par là à soutenir que ces fidèles auraient rejeté distinctement et expresséuicnt la présence spirituelle et invisible de Jésus-Christ à l'cgard de rEucharistie. Mais il a dit seulemenl qu'ils auraient cru que l'Eucharistie n'élait le corps de Jésus-Christ qu'en signe et en figure ; qu'ils auraient cru que Jésus-Christ n'esl présent que dans le ciel, et qu'il n'est nullement présent dans la terre ; qu'ils auraient été, à l'égard de l'Eucliaristie et du corps de Jésus-Christ, au même état que tous ceux qui sont à Paris sont à l'égard de la sialuc et du corps de Henri IV ; au même état que les catholiques sont à l'égard des images et des corps des sauils; au même état où il-; sont à l'égard do

que les images ne sont pas les corps mêmes des saints qu'elles représentent; connue ils savent de même que les croix d'argent ou de pierre ne sont pas la croix même sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié. H s'est si clairement cxpli(iué sur ce sujet, qu'il n'a donné aucun lieu de prendre en un autre sens les paroles dont il s'est servi. Il a dit positivement, page 244, que celte idée distincte de l'absence réelle, qu'il prétend que les fidèles auraient eue, s'ils n'avaient pas eu celle de la présence réelle, était semblable à celle qu'ils ont présenlement, que toutes les croix d'argent ou de pierre ne sont pas la vraie croix. Il a dit, page IG7, qu'îV s'agissait seulement de savoir si les fidèles ont pu demeurer mille ans, en voyant tous les jours ce qu'on appelait le corps de Jésus-Christ, en cissistaiit tous les jours au sacrifice qu'on nommait le sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ, sans former une pensée distincte et déterminée, si ce qu'ils voyaioit était OU n'était pas le vrai corps de Jésus-Christ.

Page 1