‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 174 sur 335 · CHAPITRE UI · texte numérisé non relu

CHAPITRE UI

Ce que ton attribue à M. Claude sur le sujet de la créance confuse. Injustice des reproches de mauvaise foi qu'il fait sur ce sujet à l'auteur de la Perpétuité.

Après ayoir vu ce que l'auteur de la Perpétuité a soutenu, et en quoi il a renfermé ses prétentions, il est bon de voir ce qu'il a imputé à M. Claude , pour satisfaire aux plaintes qu'il a faites, qu'on a corrompu son sens et ses paroles, et qu'on lui a fait dire ce qu'il n'a pas dit, et ce qui est entièrement contraire à ses senlimenls. Yoici donc ce qu'on lui a attribué. // s'agit de savoir , dit l'auteur de la Perpétuité , part. 2, ch. 2, si les fidèles ont pu demeurer mille ans dans l'Éijiise , en voijant tous les jours ce que l'on appelait le corps de Jésus-Christ; en assistant tous les jours au sacrifice que Ton nommait le sacrifice du corps et du sang de Jésus Christ ; en recevant souvent en leur bouche ce qu'on leur disait être le corps de Jésus-Christ , CORPUS CiiuiSTi ; s'ils ont pu , dis-je , demeurer en cet élal, sans former une pensée distincte et déterminée , si ce qu'ils voyaient était ou n'était pas le vrai corps de Jésus-Christ. L'auteur de la Réponse le prétend, parce que celte prétention lui est utile pour son dessein ; et il l'avance sans preuves , parce qu'il lui était impossible d'en trouver. C'est en quoi consiste celte créance confuse, opposée à la créance distincte que l'on attribue à M. Claude, cl il est vrai qu'on lui a imputé de l'avoir admise durant mille ans. Cependant il prétend que c'est une imposture et une infidélité ; qu'il n'a jamais admis celte créance confuse qu'au temps de Paschaseet de Bérenger, c'est-à dire, depuis le huitième siècle ; et il fait sur cela des reproches à l'auteur de la Perpétuité, qu'il est bon de rapporter en ses propres termes, afin qu' )n s'accoutume 5 ne prendre pas

de question est un fanlôtne de l'invention de l'auteur ; si je le surprends dans une dépravation visible de mo)i sens et de mes paroles ; si je fais voir que c'est une insigne mauvaise foi , et un manquement inexcusable de sincérité , que ferons-nous de tout ce qu'il a bâti sur un si méchant fondement ? Ne m'avoucra-t-on pas que cela est mal bâti , mal avancé , mal disputé? Il est raisonnable d'accorder à M. Claude tout ce qu'il demande, et je lui promets de ma part que, pourvu qu'il établisse bien ses principes , on ne se plaindra point de ses conséquences et de ses injures. Mais il csi juste aussi qu'il nous accorde de la sienne que s'il ne prouve nullement ce qu'il avance , si au lieu de surprendre son adversaire dins une insigne mauvaise foi, on lo surprend lui-môme dans une infidéiilé peu excusable; si c'est lui-même qui déguise le sens de ses paroles , et qui rclranche celles qui le découvrent clairement, il est juste , dis-je , qu'il m'accorde que ses reproches sont injustes, incivils, calomnieux.

Il est donc seulement question de savoir qui a raison ou qui a tort dans les suppositions que l'on lait d«. part et d'autre, puisque nous sommes d'accord des conséquences. M. Claude justifie les siennes en celte manière, p. 222 : J'avais dit dans ma cinquième observation que la vérité et l'erreur ayant également deux degrés, l'un de connaissance confuse, et l'autre de connaissance distincte, on ne peut qu'à peine remarquer de la difféi ence entre elles , pendant qu'elles sont dans ce premier degré de connaissance confuse ; d'oii il s'ensuit que le passage de l'un à l'autre est facile, et qu'une erreur vouvelle se peut aisément insinuer sous le litre d'éclaircissement donné à la véiilé ancienne. Et pour appliquer cette observation à la matière de l'Eucharistie , j'avais dit qu'avant que la transsubstantiation s'établit , chacun croijait que Jésus-Christ est présent au sacrement ; que son corps et son sang y sont vraiment reçv$ par les fidèles, et que le sacrement est le signe et le mémorial de la mort de Jésus-Christ ; mais qu'il y en avait peu qui connussent au juste la différence des deux opinions qui séparent aujourd'hui les réformés des romains, et qu'il y en avait même qui ne savaient la vérité qu'en gros ; et qu'ainsi quand l'erreur est venue , et qu'elle a déclaré qu'il faut croire Jésus-Christ prénent substantiellement et localement , que son corps et son sang y sont reçus de la bouche de notre corps , et que le signe de son corps est le corps même, ça été sans doute une nouveauté dont on n'avait pas ouï purler ; mais qu'il n'est pas étrange que beaucoup de monde y ait été trompé, et qu'ils aient pris cela , non pour une nouveauté , mais pour un éclaircissement de la foi commune. Et sur cela il fait celle petite réflexion : Jusque-là je reconnais mes paroles fidèlement rapportées par l'auteur de ia

6r;3 LIV. YI. CRÉANCE DISTINCTE DE LA

UéfiitalioM. Mats je ne vois pas que f aie du que i'ÊijUse ail pu demeurer inille ans sans savoir dislinclement ce que c'est que le sacrement , sil est ou n'est pas réellement le vrai corps de Jésus-Christ. Il suffit quelle suit tombée dans cette connaissance confuse de ia vérité avant que la transsi:bstantialio)i s'établit.

Il ii'esl nullement étonnant ([ue M. Claude ne voie point cotte conséquence dans les paroles do son livre, qu'il rapporte comme cilées dans le livie de la Perpétuité; mais la raison en est assez élonnantc : c'est qu'il ne rapporte pas les paroles de son traité en la manière qu'elles y sont et qu'elles sont cilées dans la réfutalion que l'on en afaiie; mais {[u'il en rolranciie celles où il aurait pu voir celle consc(incnce, pour avoir droit de dire (ju'il ne la voit pas, c'esl-à-dire, en un mot, que l'auteur de la Perpétuité -AViml cité un passage de douze lignes du livre de iM. Claude , et lui -'lyant attribué une conscqncr.ee qu'il tire très juslement des quatre lignes du milieu , M. Claude, pour le convaincre de fausseté, ne rapporte (jue le commencement et la fin de ce passage, et s'écrie sur cela qu'on lui fait dire ce qu'il ne dit pas dans ces lignes qu'il rapporte, miiis qu'il dit dans ces lignes du milieu qu'il lui plait de supprimer.

Voici le passage tout entier, tel qu'il est rapporté dans la Réfutation, page 162 : Celte considération est que l'erreur et la vérité ont également deux deyrés : l'un , de connaissance confuse^ l'autre de connaissance distincte, cl qu'à peine peut-on remarquer quelque différence entre elles pendant qu elles sont dans ce premier degré de connaistnnce confuse, à moins qu'on ne revienne à l'autre, qu'on appelle de connaissance distincte. Les idées en sont si semblables qu'on ne les peut discerner que bien difficilement.

Ou, dit-il, AVANT qu'une EP.nEUR AIT FAIT DU BKUIT, ET SE SOiT FAIT REMARQUER PAU LE COMBAT, LA VL\^ GRANDE

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