‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 176 sur 335 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Etrange procédé de M. Claude dans la manière avec

laquelle il prétend réfuter ce que l'on a dit , que les

fidèles ont toujours eu une créance distincte de la pré'

sence ou de l'absence réelle. — Deux défauts notables

dans lesquels il est tombé.

C'est une étrange disposition d'esprit que celle dans laquelle on entre, quand on entreprend de réfuter un écrit à quelque prix que ce soit ; et certainement il n'y en a guère qui dérègle plus le jugement, et qui fasse même perdre davantage la mémoire. On est tout occupé de ce qu'on a dessein de combattre; on met tout en œuvre pour le détruire; ou ne fait plus de discerneaient des raisons. Ainsi, en voulant (oui contredire, ei ne demeurer d'accord de rien , on se trouve enfin aussi peu d'accord avec soi-même qu'avec les autres.

C'est ce qu'on va voir dans les premières démarches de M. Claude sur le sujet de celle créance confuse, que l'auteur de la Perpétuité lui reproche d'avoir admise durant plus de mille ans. Son esprit de réfutation le porte à l'accuser sur cela d'une insigne mauvaise foi , cl d'un manquement inexcusable de sincérité; à l'appeler maître en déguisement, et à employer fort mal-àpropos la facilité qu'il a de faire des amplifications et des antithèses.

Je viens de faire voir qu'il n'y a rien de plus injuste que ces accusations. Mais s'il n'est pas vrai , comme il le prétend , qu'il ait admis cette créance confi;«e pendant dix siècles, et s'il l'a renfermée , comme il dit, dans le neuvième et le dixième, il s'ensuit donc qu'il reconnaît que pendant huit siècles les fidèles avaient une connaissance distincte du mystère de l'Eucharistie; et ainsi l'auteur de la Perpétuité , prétendant qu'ils l'ont toujours eue, ne serait en différend avec lui qu'à l'égard de deux siècles seulement, savoir du neuvième et du dixième, et n'aurait à combattre celte connaissance confuse que dans ces deux siècles, ce qui ne serait pas bien difficile.

M. Claude se ravise donc , et il trouve qu'il lui est plus avantageux de ne rien accorder du tout à l'auteur de la Perpétuité, et de soutenir que même pendant ces huit premiers siècles les fidèles n'avaient pas de connaissance distincte de la présence ou de l'absence réelle. Il divise pour cela les fidèles de ces siècles en diverses classes et en divers ordres, cl il prétend quo

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