PARTIE I. RÉPONSE GÉNÉRALE AUX
natt que ce mystère surpasse rinlclligcnce de tous les hommes, et que Ton n'en doit appuyer la foi que sur la vérité et la toute-puissance de la parole divine : Spiritus sanclns siipervenit, eaque efjicU quœ oralioiiis facutlatem ac mentis intellhientium excedunt. Nec quidquam amplius nobis pcrspecluni atque exploraliim est, quàm qnod verbum Dei verum sit, et efficax, atque omnipotens.
Yoilà comment les Pères parlent quehpiefois de rEucliaristie. Et il est vrai qu'ils parlent aussi quelquefois en général des difficultés incompréliensibles de la Trinité, comiuc S. Grégoire de Nysse le fait dans sa Caiéclièse , c. 3, et S. Basile dans sa lettre 43, et les autres Pères de même en quelques endroits qui ne sont pas trop fréquents. Mais quand ils e\plii|ucnt en particulier en quoi consiste l'unité de la nature divine, quoiqu'il paraisse ircs-claireiiient par plusieurs lieux qu'ils admettent une unité individuelle, comme la loi le demande, ils se servent néamnoins en d'autres de comparaisons qui ne marquent d'elles-mêmes qu'une unité spécifique, et qui ne comprennent rien d'étonnant et d'incompréhensible, sans nous avertir que très-rarement de l'étrange disproportion de ces comparaisons qu'ils emploient. On voit, par exemple, dans tous les Pères grecs et latins cette comparaison qui leur sert d'argument contre les ariens : Que le Fils de Dieu est consubstanliel à son Père dans la même nature divine , comme les enfants des hommes sont consubstanliels à leurs pères dans la nature humaine; et que si les hommes cl les animaux mêmes engendrent bien des cnlants qui sont de même nature qu'eux , Dieu peut bien engendrer un Fils qui ail la même nature que lui. Us disent que les trois personnes divines sont de même nature, comme plusieurs hommes sont de n)ême nature , comme trois pièces d'or sont de môme nature d'or: Qu est-ce que c'est, dit S. Augustin, que d'être de même substance? C est, dit-il, que si le Père est or, le Fils est or, le S.-Esprit est or. Le même saint Augustin nous avertit en quelques lieux assez rares de la disproportion de ces comp.uaisons , qui consiste en ce que plusieurs hommes ne sont pas le même homme, et plusieurs pièces d'or ne sont pas la même pièce d'or , au lieu que les personnes divines sont le même Dieu. Mais il ne le fait pas en plusieurs autres; et il y a des Pères grecs qui, au lieu de les éclaircir, en augmentent infiniment la difficulté , car l'on trouve dans leurs écrits ces expressions si étranges : Neque enim Petruin, Paulum et liurnabam 1res où^ic^, ia est, subslantias dicimus, sed unam. Et unain dicent.s substantiam, cujus est Pater, et Filius, et Spiritus sauctus, consequenter dicimus unum Di'um. El igilur Petrus, et Paulus, et Barnabas secundiim id quod est liomo, unus liomo, et secundiim hoc ipsum quod est liomo, plures esse nequeunt ; dicuntur autem muUi homines abusiune quâdam , et non propriè. C'est ainsi que parle S. Gréguire-de-Nysse. L'on peut voir les mêmes expressions en quelques endroits de S. Cyrille d'Alexandrie, et on en trouve même de plus dures dans le martyr Maxime. 11 n'y a rien de même