‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 199 sur 335 · PEUPÉTUITÈ DE LA FOI · texte numérisé non relu

PEUPÉTUITÈ DE LA FOI

à Eiisèbc Émissène. Ce corps, dit-il (liomil. 5, de Pasch.). '/«^ '^ prêtre dislribue est aussi grand dans la phis petite partie de Hiostie que dans l'hostie tout entière; i Tantiim est in exigno quantiim esse constat in loto. > Elle se Iroiive dans Samonas, évèquede Gaze. Le pain consacré, dit-il (disputât, cum Acm. Sarac), et changé au corps de Jésus-Christ par la puissance divine el par l'avènement du S.-Espril, quoique divisé, demeure entier en chaque partie; ôlà-Alri^o) xai cwsv h

11 serait ennuyeux de rapporter en détail tontes les autres chicaneries d'Auljerlin. Elles sont dn niêiiie genre que celles que nous avons réfutées, et il semble que cet auteur se soit voulu mettre à couvert des réponses qu'on lui pourrait faire, en grossissant son ouvrage de tant de petites objections, qu'on ne peut même les rapporter sans se rendre exltnordiuaircnent ennuyeux : c'est pourquoi j'achèverai ces réflexions sur ce traité de Germain par deux considérations générales qui renversent plusieurs de ces petites raisons.

Jésus-Christ étant réellement dans PEucharislie, y étant réellement olfort à Dieu en qualité de vicùnie, et ayant eu pour but, dans l'institution de ce mystère , de nous faire ressouvenir de sa mort et du sacrifice sanglant qu'il a olferl sur la croix, ces grandes vérités qui surpassent toutes les pensées et toutes les expressions des hommes , produisent par nécessité plusieurs expressions métaphoriques, qui sont toutes fondées sur la vérité réelle de la présence de Jésus- Christ sur nos autels, et sur celle de son sacrifice non sanglant , qui renouvelle la mémoire de sa passion, et qui la représente par la manière dont il s'opère.

Il faudrait que les hommes eussent changé de nature et d'esprit, pour ne s'être jamais servis que d'exi)ressions littérales et simples, pour faire comprendre de si grands objets, puisque c'est la grandeur des objets qui excite l'esprit, et qui le porte à chercher des expressions qui les puisse représenter en quelque manière.

Mais comme ce sont ces vérités mêmes qui produisent ces métaphores, il est entièrement contre la raison de se servir de ces métaphores pour détruire ces vérités. On dit, par exemple, que Jésus-Christ est immolé sur nos autels, parce qu'il y est, et qu'il y est offert en sacrifice commémora lif de celui de la croix. C'est cette vérité simple qui produit cette expression qui est métaphorique, en prenant le mot A'immolé pour actuellement privé de vie. Ainsi c'est un argument ridicule, que de conclure, comme fait Auberlin : II n'y est pas réellement immolé; donc il n'y est pas réellement. La vérité réelle et simple produit l'expression métaphorique comme une suite nécessaire ; mais elle s'en distingue facilement par le bon sens, et par mille circonstances qui se sentent, el qui ne font nulle peine aux personnes qui ont tant soit peu de bonne foi.

Celte même vérité, de la présence réelle de Jcsus-

rOlICHANT L'EUCllAlUSTIE 73Î

Christ dans le sacrifice de la mc-iso, est encore ce qui a fait que l'Église*, pour entrer dans l'esprit et dans la fil) de ce mystère, l'a accompagné d'un granJ nombre de saintes cérémonies, qui représentent toutes Jésus-Ciirist et diverses circonstances de sa vie et de sa mon , et qu'elle a eu soin de graver dan^ les habits, dans les paroles et dans les actions des prêtres , des figures et des images de divers mystères, el même de celui de l'Eucharistie , de sorte que ceux qui , comme Germain, e:itrepren:ieni d'expliquer les significations mystérieuses de ces cérémonies, sont obligés, par une suite de leur dessein, de mettre devant les yeux des fidèles plusieurs choses qui ne sont vraies qu'en figure , et qui ne se passesit pas en vérité..

C'est en cette manière que Germain dit que l'entrée du prêlre à l'autel, accompagné de diacres, ei l'hymne chérubi(iuc qui se chantait au même temps, mar(iuent la venue de Jésus- Christ à son sacrifice, accompagiio des anges et des saints, et porté par des mains matérielles : car il est bien vrai que ce n'est encore qu'une figure, puisque la consécration n'est pas encore faite; mais c'est une ligure fondée sur la vérité, lÉglise n'ayant proposé cet objet mystérieux aux yeux el aux esprits des fidèles, que pour leur représenter par avance ce qui s'opère réellement dans la suite de la Liturgie. Or, comme dans les discours ordinaires des hommes, quoique l'on n'avertisse pas que l'on se sert tantôt d'expressions simples , et tantôt d'expressions métaphoriques, néanmoins le sens commun les distingue sans peine, et cela ne produit aucune confusion dans l'esprit; de même, quoiqu'il y ait par nécessité, dans les Liturgies et dans les traités que l'on en fait, un mélange de cérémonies et d'expressions figuratives, qui représentent des choses absentes, et de cérémonies et d'expressions simples, qui représentent des vérités présentes, cela se distingue sans peine par les circonstances, el l'on n'a pas droit d'en conclure , ni que tout s'y passe sans figure, parce qu'il y a quelque chose qui s'y passe en vériié, ni que rien ne s'y passe en vérité, parce qu'il y a plusieurs choses qui ne sont que des figures.

Les plus grands transsubstanliateurs du monde, expliquant les cérémonies de la messe , parlent tous comme Germain : ils mêlent les figures et les vérités, les mystères réellement opérés cl les mystères seulement représentés; et ils ne craignent point pour cela qu'on leur objecte qu'ils ne croient pas que le corps de Jésus-Clirist soit aulrenieiit qu'en figure dans l'Eucharistie.

En voilà assez pour faire voir que cet auteur ne pein guère contribuer à l'éclat de ces beaux jours de l'Églisi! de M. Claude , et pour montrer l'absurdité de la réponse qu'il fait à ce qu'on avait allégué de cet auteur, que le Saint-Esprit change et fait les dons proposés U corps cl le sang de Jésus-Christ ; sur quoi il se cou tente de dire, page 277, que c''est un changement mystique, qui na rien de commun avec le préjugé de l'auteur . car il est bien permis à un catîiolique, qui iro-.ive

733 LIV. VIL EXAMEN DES AUTEURS GRECS en termes formels que le pain csl cliangé an corps de Jésus-Christ, de ne se point mellre en peine de prouver que c'est du corps de Jésus-CIuisl qu'on eniend parler; mais il est contre toute sorte de raison que ceux qui délournenl ces paroles à un sens niélapliorique se dispensent de l'autoriser, et cependant il se Iriiuve que ks catholiques prouvent fort bien que le siMis naturel auquel ils ex|)li(|uent le passage de Germain est le véritable, et que M. Claude ne se met pas seulement en peine d'appuyer son sens mélaphoriciue de la moindre petite raison ; mais qu'il nous le propose comme un premier principe, qu'on serait obligé de recevoir sur sa seule autorité.

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