‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 203 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Réfutation de la distinction imaginaire des figures creuses, et des figures pleines, dont M. Claude se sert pouf éluder le concile de Nicée, et les auteurs des septième^ huitième et neuvième siècles.

Les auteurs font d'ordinaire le tableau de leur esprit en faisant celui des choses dont ils écrivent, parce qu'ils nous les représentent telles qu'ils les pensent, et que les pensées prennent la forme des esprits qui les produisent, et contractent même une impression secrète de toutes leurs passions et de tous leurs inouvernenls intérieurs. Mais il n'est pas toujours facile de se former sur leurs écrits une idée nette et uniforme de ce tableau, parce qu'ils en répandent souvent les divers traits en tant de lieux différents, qu'il est difficile de les rassembler pour les considérer tout d'une vue.

Il semble que M. Claude nous ait voulu délivrer de celte peine, et qu'après avoir gravé les caractères de son esprit en plusieurs endroits de son livre, il ait pris soin"lui-mcme de les réunir dans un seul chapitre, et de s'y faire voir en raccourci, afin que nous ne pussions pas le méconnaître, ni nous en former une fausse idée. Ce chapitre est celui où il traite des deux conciles qui se tinrent en Orient auhiiitième siècle sur le sujet des images : l'un à Constantinople, l'autre à Nicée. Son dessein est d'y montrer que le second con cile de Nicée n'établit en aucune sorte la présence réelle ni la Iranssubstantialion, et que le concile de Constantinople les détruit entièrement. Et parce que l'auteur de la Perpétuité s'était assez étendu sur ce point, et qu'il avait fait voir qu'il n'y aurait pas de sens conmiun dans le discours et dans le raisonnement des Pères de Nicée, en les expliquant au sens des calvinistes, il prétend montrer que tout ce qu'il dit sur ce sujet n'est qu'une ergoterie de collège, qui na ni fond, ni force, ni vérité.

L'entreprise était digne de M. Claude; et pour nvA j'avoue que j'eus d'abord quelque curiosité de voir Comment il s'en acquitterait : je lus ce chapitre avec empresse ment, et après l'avoir lu, je ne pus m'empêcher d'être touché du dérèglement de l'esprit humain. Je vis, ce me semble, plus clairement que j< n'avais encore fait, que la passion de soutenir ses opinions n'a point de bornes, et qu'elle est incapable d'être arrêtée par la raison; (jue c'était en vain qu'on s'efforçait de porter les choses jusqu'au plus haut

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