‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 208 sur 335 · LIV. VII. EXAMEN DES AUTEURS GRECS DEPUIS LE VIP SIÈCLE JUSQU'AU XV · texte numérisé non relu

LIV. VII. EXAMEN DES AUTEURS GRECS DEPUIS LE VIP SIÈCLE JUSQU'AU XV

s'anéantit, et même les accidents; de sorte qu'un corps mort n'a rien de réel qui lui soit commun avec MU corps vivant, et que les accidents mêmes ne sont plus les mêmes qu'ils étaient auparavant.

Il y a maintenant des piiilosophes célèbres qui nous veulent persuader que les animaux n'ont point d'àme ni de vie, que ce sont de pures machines ; que les couleurs que notre imagination place dans les du Lion et de la Vierge, comme étant ceux qui nous

miste ne pourrait pas même dire que les corps do iiog rois sont enterrés à S. -Denis , parc- que, selon ses principes, un corps mort est un nouvel être ipii n'a rien de réel do ce qui a éié dans le corps vivant. Les astronomes coperniciens ne pourraienl plus aussi parler du lever et du coucher du soleil ; il ne leur serait plus permis de regarder les signes de rÉcrevisse,

corps ne sont que des impressions de nos sens ; que toutes les autres qualités sensibles ne sont point non plus dans les objets ; que nous nous trompons quand nous croyons que le feu est chaud, que les arbres sont verts; que tout ce qu'il y a de vrai en cela est que le feu produit en nous le sentiment de chaleur, et que les arbres impriment dans nos yeux le sentiment de verdeur. On sait aussi qu'un grand nombre d'habiles astronomes croient avec Copernic que le soleil et les étoiles sont immobiles, et que c'est la terre qui, par ses divers mouvements.

font Télé; mais il faudrait qu'ils dissent qu'à notre égard les signes d'été sont le Capricorne, le Versed'eau et les Poissons. On ne pourrait point appeler le soleil et la lune les deux grands luminaires du ciel ; cl c'aurait été une imoeriinence à un poète latin d'avoir dit :

Micat inler otimes Julium sidus, veliit inler ignés Luna minores.

Peut-être que si M. Claude en était cru, il ferait ime loi pour autoriser ce nouveau langage; mais cq

fait le jour et la nuit, et la diversité des saisons; qui est très-certain, c'est que cette loi n'est point en-

qu'ainsi quand on croit que le soleil se lève vers l'Orient, et se couche Vers l'Occident, c'est la terre qui en tournant sur son centre d'Occident en Orient, lui présente successivement les diverses parties de son globe ; et que quand on s'imagine que le soleil est dans le signe du Bélier, et passe de là dans celui du Taureau, c'est la terre qui est dans le signe de-la Balance, et qui passe de là dans celui du Scorpion. Enfin il est indubitablequ'il n'y a point d'étoile du firmament qui ne soilbeaucoup plus grande que la lune, elqui n'ait en soi beaucoup plus de lumière, puisqu'elles en ont toutes par elles-mêmes , au lieu que la lune est un corps sombre comme la terre, qui n'éclaire que par le soleil.

Qui voudrait en parlant suivre ces jugements de la

core laite, et que les hommes sont dans un usage tout contraire. Ils ne sont pas assez sages pour parler tour jours selon la foi, ni assez peu sages pour parler toujours en philosophes ; et malgré la philosophie, quand tous les hommes seraient ou cartésiens, ou thomistes, ou coperniciens, on dira toujours que les animaux vivent, que les arbres sont verts, que l'on voit la lur mière, que le feu est chaud, que les pierres sont pesantes, que nos rois sont enterrés à St.-Denis, que le soleil se lève et se couche, et que la lune luit parmi les étoiles comme un grand astre parmi de moindres. Que M.Claude apprenne donc, par ces exemples, que les jugements que nous portons de la vérité des choses, quoique contraires aux idées des sens et de la concupiscence, ne changent pas les noms ni le

foi, ou ces principes philosophiques, il faudrait chan- langage ordinaire, et que le moyen que les hommes

ger entièrement le langage des hommes. Il faudrait dire, par exemple, qu'il est arrivé un grand malheur à une personne, parce qu'elle a hérilédedixmille livres de rente ; qu'une autre a laissé par testament de grands maux à ses enfants, parce qu'elle leur aurait laissé de grands biens. Il ne faudrait appeler sages et prudents que les gens de bien. Aristote et tous les savants du paganisme n'auraient place que parmi les aveugles et les simples, et l'on ne nommerait savants et habiles que ceux qui connaissent Dieu et eux-mêmes; car c'est ainsi que l'Écriture parle quelquefois, et que l'on devrait parler selon le langage de la vérité. Au lieu d'appeler les choses froides ou chaudes, nous les appellerions plus qu'échauffantes et refroidissantes; on bannirait le nom des couleurs, parce que notre imagination est accoutumée à les placer dans les objets mêmes; il ne serait plus permis de parler de*la lumière, parce que ce mot nous trompe, et nous la fait regarder comme hors de nous, et il faudrait se réduire à n'exprimer toutes ces choses que par les mots

ont trouvé pour accorder le langage avec les opinions de l'esprit n'est pas de renverser celui dont ils se servaient, mais de l'unir avec leurs opinions, en marquant et désignant les choses par des termes conformes aux idées des sens, et en y joignant ensuite les idées de la foi ou de la raison pour les corriger.

Un philosophe cartésien dira que son cheval est mort quand il sera mort. Il dira, aussi bien que les autres hommes, que les animaux vivent : mais quand on lui demandera s'ils sont vivants en effet, il dipa que non, et que ce ne sont que des machines qui se remuent par ressorts. On dit de même que les riches ont une abondance de biens; mais l'on pense parla foi que ces biens sont de grands maux, parce que ce sont de grands empêchements pour le salut, et l'on instruit de cette vérité ceux que l'on veut désabuser de la fausse idée qu'ils ont des biens de la terre.

On appelle donc les choses par les mêmes mots que le commun des hommes, afin de les désigner ; et on y joint les opinions de l'esprit et les idées de vérité ,

d'impression de nos nerfs. Il ne faudra plus dire que quand on veut instruire les hommes de ce qu'elles les animaux sont vivants, mais les appeler seulement sont. Ainsi toutes les fois, comme j'ai dit , qu'il y a des machines et des automates. Un philosopiie tho- de la contrariété entre la raison et les sens , entre la

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