‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 209 sur 335 · G1 PERPÉTUITÉ DE LA FOI · texte numérisé non relu

G1 PERPÉTUITÉ DE LA FOI

foi et la onnciipiscenoe, il faui qu'il y ait par néce?siié un d()(il)le langage parmi les hoiniiics : rnii selon les sens on la coiir.npisc< iice ; l'iuilre , selon la raison ou hi fui. Il f.Hil i|iie < es den.\ iangiiges snhsistenl ensenil)le, et »|ne l'on se serve de l'nn pour niari|ner les ch.)se^ , ot (le Taulre ponr exprimer ce qu'elles sont vénlai>lenient. (ie double langage a des racines naturelles d;ins l'esprit (les hommes, pircc (jue l'e-prit n'es! jam MS :^i parlaiiemenl pe éué des idées de vériié, (|iril onlilie celles qu'il a Ibrmées par les sens ou p.^r la ( ()n( iipiscence. Ainsi lonl « e (pi'il penl faire est di' les corriger, el non pas de It^s anéaniir el de les deiruire. dsl pounjiKii le S. -Esprit même a liien vonlu s'assnjélir à cet usage : ce (|iii lui a fait dire que Dien a l'ail deuv grand.-, luminaires et les éioiles, en nommant ain i la Itnie un grand luminaire en comparaison des c.oiles , parce (ju'elle nous paraît aux yeux heancoup plus grande (jne les éioiles. Et par la même raison , parce que la cmieupiscence a donné le nom de biens aux riciicsses et aux plaisirs des sens , el le nom «le maux à la pauvreté elaux incommodilcs corporelles . il ne l'ait point de uifficullé de s'accommoder à ce l.ingage , pour désigner l'uîie el l'auire de ces choses, connue lorsqu'Âbialiam dit au mauvais riche : Fili , recordare quia rccepisti bona in vità luà , et Lazarus simititer ma'a , se réservant de montrer en d'autres endroits que ces biens el ces m lux ne sont point tels dans la vérité , puis(iu'ou n'est point heureux pour avoir les uns, ni malheureux pour souHrir les autres.

11 est donc clair, suivant ces principes du langage humain , qu'y ayant dans la doctrine des catho:i((ues sur l'Eucbarisiie de la contrariété entre les idées que les sens en forment cl le jugement que l'esprit en porte selon la foi , il doit y avoir par nécessité un double langage parmi eux. El ceux (pii n'auraient jamais lu aucims écrits des Pères, cl qui supposeraient, ce qui est en effet, qu'ils ont ions é'.é parfaitement callioliqnes, devraieiil conclure par la seule connaissance de l'esprit humain , el de la manière dont les honmies expriment leurs pensées , qu'il se doit trouver par nécessiié deux sortes d'expressions dans »ev;rs écrits : les unes tirées du langage des sens, et les anires tirées du langage de la foi. Us devraient conclure que lorsqu'il n'aura été question que de désigner TEncharisiie el d'en marquer la matière , ils ronl dû appeler pain , substance du pain et du vin , matière du pain et du vin : mais que lors(|n'ils auront eu dessein d'insiruire ceiiï à qui ils parlaient de ce que l'Eucharistie est véritablement selon la foi , ils ont dû l'appeler le corps de Jésus-Christ , el marquer qu'elle le contient véritablement. Et de là l'on doit juger qu'il ne serait pas ujoins impertinent de prétendre que tous ceux qui auront appelé l'Eucharistie pain , n'ont pas cru la transsubstantiation , que de ranuisser tous les endroits de Keppler ou de Galilée , O'J ils parlent du lever ou du coucher du S(deil, et lous ceux de M. Descaries, où il parle de la pesanteur des pierres , de la blancheur de la neige et de la

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noirceur du charbon , pour en conclure qu'on impose aux premiers quand on dit qu'ils ont été coperniciens, et qu'on impose au dernier quand on prétend (ju'il n'a pas cru (|ue la pesanteur et les couleurs soient des qualités réelles dans les corps (|ue l'on apj)elle ou pesanis ou colorés.

Voilà le plan qu'un homme Judicieux el intelligent fera sans d.nile de ce (|ui se doit trouver dans les Pères, en snpposai.t (pi'ds ont cm la présence réelle, connues. Tlunnas el le concile de Trente; et ce plaii ne le trompera hullemenl, car d trouvera ces doubles expression.> et ce double langage dans les pins grands IranssnbslanliaU'urs des derniers siècles, aussi bien que dans les anciens Pères, parce iin'il naît dans les uns el dans les antres de la même source , qui est la nature de l'esprit de riuimme. Il trouvera dans Pascliase, par exemple, que le mystère de rEucliarislie est célébré iluiis le pain ; « myslerium hoc in pane célébratur; i il trouvera qu'il est célébié dans la même substance : In eàdem subslunlià jure celebrulur; il trouvera que le corps de Jésus Ciirisl est dans le pain; « sicul caro Vc'l corpus in pane.t II ne s'étonnera donc pas que ces évéques grecs , assemblés à Constantinople , n'ayant aucun dessein de nous instruire de la nature de l Eucharistie, mais seulement de désigner la matière que Jésus-Christ a choisie ponr en faire l'imai^e de son corps , rappellent substance de pain ; et il s'étonnera seulement de l'usage que M. Claude fait des exclamalions , eu s'écriaut , sur le sens que l'on donne àcetlo expression : Quelle fuite pitoyable!

Mais , dit M. Claude, quand les dons retiendraient le nom de pain, ils n'en retiennent plus la substance.

Il est visible que M. Claude se mo(|ue de nous de nous faire de telles objections. Eh (pioi, les termes de 5!(6stance de pain ne soni-ce pas des mots aussi bien (|ue celui de pain? Ou lui accorde d(mc que l'Eucharistie ne retient ni l'être du pain ni la substance du pain ; mais elle retient et le nom de pain et le nom de substance du pain. Ces évêques ont pu l'appeler ainsi lt)r&qu'il ne s'agissait que de la désigner ; mais quand il s'agira d'exprimer ce qu'ils eu croient selon la foi et selon le jugement de la vérité , ils doivent parler autrement. Il faut qu'ils disent que le pain est fait le corps de Jésus-Ciirist, et que ce que nous recevons es/ proprement et véritablement le corps de Jésus-Utrist. Et ils l'ont dit eu effet , comme nous l'avons marqué cidessus.

Ces évêques n'ont donc fait que suivre ce double langage , qui est une suite naturelle de l'opinion de la présence réelle et de la transbubstantiaiiou. Ce qui fait voir (|u'il serait bon que M. Claude pesât un peu davantage les choses , lorsqu'il veut faire des exclamations.

Je l'avertirai encore en passant qu'il falsifie les paroles des iconoclastes , eu leur faisant dire que cette image est la substance du pain ; ils ne parlent point du tout ai si : ils disent que Jésus-Christ nous a commandé d'offrir une image, une matière choisie , c'est-à-dire la substance du pain; et dans cet arrangement, il cstciiir

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