LIV. VII. FAAMEN DES AUTEURS GRECS
que les mots de substance de pain ne sont que des termes de dcsignaiioii , et non pns d'insirucliitn. Je veux dire qu'ils désignent scnlcmenl par là en (lucllc matière Dieu a mis celte image, et (|n'ilsne prélcndent point nous (expliquer ce qn'elle est. Mais en disant, connue M. Clauile leur fait dire, que celle image est la substance du pain , il semblerait qu'ils nous auraient voulu instruire de la nature et de l'essence de celle image , et c'est à quoi ils n'ont pas pensé.
M. Claude (p. .^77). — < De plus, i! faut remarquer qu'ils font une pcrpéluclleopposlion du vrai etproiire corps de Jésus- Christ au pain qui est son image, et qu'ils passent jusqu'à montrer les ra| p iris qu'il y a de Tmi à l'aulrc. L'un, disenl-ils, est In matière de la substance humaine, sans subsistance personnelle; l'autre est tme matière choisie , savoir la subslanct^ du pain , sans avoir tes traits de la figure humaine. L'un est son corps par nature , l'autre son corps par institution. L'un est saint, comme étant divinisé , l autre est rendu divin par quelque sanctification de grâce. L'un est sa chair qu'il a unie à soi , et qu'il a sanctifiée d'une sanctification qui lui est propre selon la natuVe, l'autre est sanctifié par la grâce du S.-Esprit , lorsque d'un étal commun il passe à ta sainteté. El (|iie veulent dire ions ces nppoi t- établis de celle manière, sinon que le pain de i'Eiioliarislie et le propre corps iln Seigneur soul deux sujets réellenienl dil!'érents? Que si.!,'ni(ie celle docfe et élégante dislinclion des dcuv Cnips, l'un TÔ /.«rà jjÛtiv, et l'antre , to Olset , c'est à-dire , l'un par nilnre , l'autre par insliUilion , sinon «[ue l'un esl son vmi et prop:e corps, el l'aulrc le sacrement de son roips, qui n'en a pas la nature , niais qui en lient la place; ou, comme parle Faeimdus, (pii ne re>t pas pro.ireincnt , mais en coniient le my-tèie. »
Réponse. — Av:\nt d'exannner ces rapports el les conséquences que M. Claude en veut lirer, il est juste de le i)rier d'en retrancber ceux qui ne subsistenl que sur la lai iliealion des paroles des iconoclastes, il y a, par exemple, dans le giec, eï/uv aùroO à/tàw; ôcà rijc^ ttyiefj/jcù jjàitTt Oc5u,«l v/i, c'i'sl-à-d re, que l' Eucliarislie qui est l'image de Jésus-Christ est sainte, étant divinisée par une fuveur tonte gratuite , par le moyen d'une certaine comécrulion. Car le mol jjâftn, joint à celui de Ceou/Asv»;, marque seulement que ce Iiaui état où la consécration élève le pain ne lui appurlieui point naturellement , mais que c'esl un pur effet de la bonté de Dieu. Et il ne marque en aucune sorte la qualiié de cet état, ni si la dignité où l'Eucbarisiie est élevée estd'éire simplement une source de grâce, un mysicre plein d'eflicace ei de vertu , comme disent les calvinistes, ou si celle dignité consiste en ce qu'elle est réellement le corps de Jésns-Chrisi selon la doctrine des callioliqucs C'est donc une lalsilicaiion à M. Claude d'avoir traduit ces pandes en celle manière : que l' Eucharistie est rendue divine par quelque sanctification de grâce, pour donner l'idée que celle sanctilicaiion consiste à eue renqdie de grâce et de vertu , ce qui n*cst point du tout dans le texte.
En second lieu , on ne sait ce que veulent dire ces