CHAPITRE PREMIER
Considération fondamentale de fauteur de la réponse , que Con n'a point eu dans Canliquilé une créance distincte de la présence ni de rabsence réelle. Il est aisé de reconnaître, en examinant les remarques par lesquelles l'auteur de la réponse s'efforce de rendre vraisemblable ce changement prétendu , que les calvinistes veulent faire croire être arrivé sur le sujet de l'Eucharistie, que celle dont il a fait la cinquième considération est le fondement de toules les autres, et qu'elles s'évanouissent d'elles-mêmes si l'on fait voir la fausseté de celle-là. Ainsi, comme il n'a pas suivi le véritable ordre, nous ne sommes pas obligés de le suivre dans ce désordre. Et c'est avec raison que nous commencerons l'examen de ces considéralions par celle (jui est tellement la principale, que les autres n'en sont que des suites. Cette considération est que rerreur et la vérité ont également deux degrés : run de connaissance confuse, et l'autre de connaissance
distincte; et qu'à peine peut-on remarquer quelque différence entre elles, pendant qu'elles sont en ce premier degré de connaissance confuse, à moins qu'on ne vienne à l'autre qu'on appelle de connaissance distincte, les idées en étant si semblables, qu'on ne les peut discerner que trèsdifficilement. Or, dit-il, avant qu'une erreur ait fait du bruit et se soit fait remarquer par le combat , la plus grande partie de l'Eglise, le peuple et une bonne partie des pasteurs se contentent de tenir la vérité dans ce degré indistinct dont je viens de parler. El ainsi il est aiaé c une erreur nouvelle de s'insinuer et de s'établir dans let esprits , sous le titre d'éclaircissement donné à la vérité ancienne; le passage de l'idée confuse de la vérité à l'erreur étant aisé, sous le prétexte de donner du jour, de la distinction et de la perfection à nos premières connaissances. Pour appliquer cette observation générale à la matière de l'Eucharistie, il dit qa'avanl que la transsubstantiation s'établît , chacun croyait que Jésut- Christ était présent au sacrement, et que son corps et son
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RÉFUTATION DE L\ RÉPONSE D'UN MINISTRE
sang y aortv vraiment reçus par les fidèles qui commu- maxime générale ; il la fait regarder en cette géiiéniaient , et que le sacrement est le signe et le mrmorial ralilé dans laquelle on ne peut pas encore dire qu'elle
de la mort de Jésus-Christ et de sa passion ;que c'était-tà la foi de toute la terre ; mais qu'il ne se trompera pas en disant qu'il y en avait peu qui portassent leur méditation assez avant pour marquer au juste ta différence des deux opinions qui séparent aujourd'hui les réformés des romains ; qu'il y en av il même qui ne savaient la vérité qu'en gros; qu'ainsi quand l'erreur est venue là dessus, et que bâtissant mal sur un bon fondement , elle a déclaré qu'il faut entendre que Jésus-Christ est présent dans l'Eucharistie substantiellement et localement ; que son corps et son sang y sont reçus de la bouche de noire corps, c'a été sans doute ime nouveauté bien extraordinaire, et dont on n'avait point encore oiii parler ; nmis qu'il n'est pas étrange que beaucoup de monde y ait été trompé, et qu'ils aient pris cela non pour une nouveauté, mais pour un éclaircissement de la foi commune. Sur ce principe, il reprend l'anlour de récrit d'avoir supposé que tous les fidèles aient toujours eu une connaissance distincte, ou de la présence substantielle, ou de l'absence substantielle ; et il suppose au contraire , que le commun des chrétiens n'avait qu'une créance confuse de ce mystère; qu'ils croyaient Jésus-Christ présent; mais qu'ils ne distinguaient pas si c'était seulement en signe, en vertu ou en substance ; qu'ils n'avaient aucune pensée vositive de la présence réelle ; mais qu'ils n'avaient pas aussi une idée positive de l'absence réelle, mais une négation de l'une et de l'autre; que l'Église est demeurée dans celte ignorance jusqu'au temps de Bérenger, dans lequel même la plus grande partie des chrétiens, dit-il, ne savait ce que c'était, et la plus grande partie des pasteurs ne le savait guère bien.
On ne doit pas nier qu'il n'y ait de l'adresse dans ce discours, et que l'auleur n'y fasse, pour soutenir la cause qu'il défend et pour affaiblir celle qu'il combat , tout ce que peut fture un homme d'esprit. Mais
soit fausse , et ensuite il en conclut brusquement que c'est ce qui est arrivé sur le sujet de l'Eucliarislie, sans considérer aucune des circonstances qui lui eussent pu faire voir l'absurdité de cette application.
Il n'y a donc, pour rendre cet artifice inutile, qu'à lui faire remarquer ce qu'il a voulu dissimuler ou à soi-même ou aux aiiires, ci à représenter distinctement ce qui est enfermé dans cette supposition , par laquelle il a prétendu s'échapper.