‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 211 sur 335 · DEPUIS LE VU* SIÈCLE JUSQU'AU XI · texte numérisé non relu

DEPUIS LE VU* SIÈCLE JUSQU'AU XI

paroles dans la traduction de M. Claude , que l'Kucluoistie passe d'un état commun à un état de sainteté , et cela donne toujours l'idée de celle sainteté accidentelle qu'il accorde à l'Encliarislie. Mais les paroles grcc(pies détruisent cette pensée : car elles portent expressément qu'il a plu à Dieu que l'Eucharistie, comme image non trompeuse de sa chair naturelle , fût faite le corps de Jésus Christ, étant consacrée pcr l'avé~ nement du S. -Esprit et par te minislère du prêtre, qui offre les dons, lorsqu'ils sont transférés de l'état commun en l'état de consécration, ûi rà «/nv. Or l'effel de celte consécration est , selon ces évoques , de devenir le corps de Jésus-Christ.

Ces faux avantages étant retranchés, il est assez dil'ficile de comprendre ce que M. Claude peut conclnre de loiil le resie ; car qui doute que Ton ne puisse remaripier entre le corps naimel et l'Eucharistie, contenant ce même corps , tous ces rapports marqués par les iconocI;isles? Que le corps naturel de Jésus Christ ne représente point une personne humaine subsistante séparément de la personne divine? Que l'Eucliarislie ne représente point une ligure bum;iine? Que le corps naturel de Jésn>-Christ est sanctilié et divinisé, et que l'Euchaii tie est aussi divini ée? Que le corps naturel esl tel pu- la naiure, ■/.K-x pÛTtv, (pie rEi:chari lie n'e.-l son eorps <pie par iiislilntion , cl par un nouvel élat.bssement el une nouvelle acliui, bisn.

Mais cou< lure, comme failM. Claude, que l'un esl son \rai el projire corjis, el l'antre seulemenl le sacreuient de sou corps <pii n'en a pas la naiure, mais qui en lie 1 la place, c'est substituer ses propres ( ensécs à celles de ces évoques, ou plutôt c'esl < ontredire l'oiniellemeni les pandes de ces évé pies : car d se Irouve ipieinui seulement les icooclasles disaient que rEucliari.>>iic éloil lai:e, dao-j e&ijcc, le corps de Dieu ; m lis ils disaient que ce qu'un r<cevaii dans la cnnimiknion était proprement el véritablement le corps de Jésus' Christs comme non> l'aviuis dit plusiems fois. Ainsi ils liiait!iit inie coibéquence direclemenl op|)osée à celle que M. (.luude leur alliibue sur ces vaines coiijeciures.

M. ('laide (p. 578). — » Mais il faut considérer que par ions ces rapports qu'ils établissent entre le corps naturel du Seigneur el le pain du sacrement, ils veulent (pie le pain soit une image cl une figure bien exiresse du mystère de rincarnalion, selon la doctrine coinmune des Pères, mais ccmnnenl serait ce une image vraie et non trompeuse, «/^îùôv;? tUm, du mystère de l'I cainalion, si la sulistai.cedu pain était détruite et changée par la sancl.lication? C'en serait, an contraire, une image bien trompeuse, pitisipie la chair de JésnsChrisi n'est point abolie par son élévation à riinion hyposialiipie. >

Réponse. — Il ne faut pas s'étonner si ceux qui raisonnent sans prin-ipes, comme M. Claude, ne tirent que de mauvaises conséquences : car ce n'est pas de ses fantaisies, mais de la connaissance d(^ l'hérésie des iconoclastes, qu'on doit apprendre la véritable raison

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pour laquelle ils appellent FEucliaristie une image non comme signe, étant invisible et inconnue aux hommes, trompeuse. Toutes les images de Jésus-Christ, selon Pourvu que les hommes soient toujours frappés des

ces hérétiques, étaient trompeuses, parce, disaientils, ou qu'elles représentaient l'humanité séparée de la divinité, et subsistante par elle-même , ou qu'elles figuraient la divinité confuse et mêlée avec l'humanité , et qu'ainsi elles portaient à l'erreur de Nestorius, ou à celle d'Euiychès (1).

Afin donc que l'Eucharistie fût une image non trom>peuse, selon les iconoclastes, il fallait qu'elle n'eût point ces inconvénients des autres images. Et il est clair que si elle n'eût été selon eux qu'un pain rempli de vertu comme les calvinistes se l'imaginent, ils auraient eu de la peine à l'en exempter, puisqu'on pourrait dire qu'elle représente aussi bien un corps subsistant à part, que toute autre peinture de Jésus-< Christ. Mais ils prétendaient l'éviter entièrement en disant que l'Eucharistie était le corps même de Jésus- Christ uni à la divinité. Par ce moyen, selon eux, celte image n'était point fausse, puisqu'elle enfermait et le corps de Jésus-Christ, et sa divinité, et la plénitude du S. -Esprit, qui réside dans l'humanité de Jésus- Christ. C'est ce qu'ils signifiaient par ces paroles, que, comme Jésus-Christ avait déifié la chair qu'il a prise dès le moment de l'Incarnation, par une sanctification qui lui convient selon la nature, de même il avait voulu que le pain de r Eucharistie, comme étant l'image non troni' peuse de sa chair 7iaturelle, étant consacrée par favénement du S. -Esprit, fût faite le corps de Dieu C'est es» cela qu'elle n'est pas selon eux une image trompeuse. Ainsi tant s'en faut qu'il soit nécessaire que Jésas-Chrisl ne soil pas réellement présent, afin que l'Eucharistie ne soit pas une fausse image ; qu'il est nécessaire, au contraire , selon les iconoclastes , qu'elle contienne Jésus-Christ tout entier ; et c'est par la vérité du corps de Jésus-Christ rempli de la divinité, et résidant dans l'Eucharistie qu'ils l'exemptaient de l'illusion qu'ils disaient être enfermée dans les autres images.

Quant à celte réflexion de M. Claude, que si le pain ne subsistait plus, cela voudrait dire que la nature humaine de Jésus-Christ ne sui3sisle plus, ce qui rendrait celte image trompeuse, c'est une spéculation métaphysique qu'il lui plaît de faire, et à laijuelle les iconoclastes n'ont point pensé. H n'y a rien de si aisé que de faire de ces rapports arbitraires, et d'en conclure ce que l'on veut. Je dirai de même, contre M. Claude, que si le pain, figure de Jésus Chrisl, était seulement rempli de vertu et d'efficace, cela voudrait dire que l'humanité do Jésus-Christ n'est remplie que de la vertu de la divinité, et qu'elle ne lui est pas hypostaliqnement unie, et qu'ainsi son opinion porte à l'erreur de Nestorius.

La subsistance ou la destruction du pain ne fait rien du tout pour rendre le signe vrai ou faux, parce que celte subsistance ne fait point partie du signe

(1) Suvaj^flïiffeTKt Si TOïg oùvoç Xjsis-toO élxàvKyp&pstv otofihoti ^ Td ôetov ntpl'/pKTZTOV x«i tvj aocpxl trvyxvdh, r, ri yûnc^ toi XpicTOÛ <xOîw-dv x«t ôt'xow^Evov. Conc. Nic. 11,

apparences du pain et du vin, le signe demeure tout entier. Que les couleurs de l'arc-en-ciel soient vraies ou fausses, cela fait-il que le signe qu'il contient de la réconciliation de Dieu avec les hommes en soit plus ou moins véritable? Et ne serait-ce pas un argument ridicule, que de prétendre réfuter les philosophes qui nient la réalité des couleurs dans les objets, par cet argument , qu'il s'ensuivrait donc que Dieu aurait donné aux hommes un signe qui serait faux? Pour si' gnifier ce que Dieu veut faire entendre aux hommes par l'arc-en-ciel, il suffit que nous voyions un arc dans le ciel. De même, afin que l'Eucharistie conserve sa qualité de signe et d'image, il suffit que nous y voyions toujours, selon les apparences extérieures, du pain et du vin, qui nous figurent toujours également tous les mystères que Dieu a voulu représenter par lo choix qu'il a fait de celte matière.

M. Claude (p. 578). — « Enfin il faut remarquer ces paroles : Jésus-Christ a commandé d'offrir une image, une matière choisie, c'est-à-dire la substance du pain, qui ne représente aucune forme d'homme, de peur que l'idolâtrie ne s'introduisît. Accordez , je vous prie, ces termes avec la créance de la présence réelle, qui, selon l'aveu de l'auteur, est iuséparabla de l'adoration. Supposons ce que l'auteur veut, que ces Pères aient cru que l'Eucharistie est réellement le corps de Jésus-Christ, et qu'ensuite ils l'aient adorée : n'est-ce pas la dernière de toutes les exsravagances que de dire que Jésus-Christ n'a pas voulu donner à l'Eucharistie la figure humaine, de peur que ridolâlrie ne s'introduisît. Est-ce donc que l'Eucharistie en est moins adorable pour n'avoir pas la forme de l'homme? Esl-ce que si Jésus-Clirist y paraissait en sa véritable forme, ce serait une idolâtrie que de l'adorer, au lieu qu'y paraissant sous la figure du pain, te culte souverain qu'on lui rend est légitime? El qu'est ce que fait la figure d'homme ou de pain pour faire d'une bonne adoration une idolâtrie, ou d'une idolâtrie une bonne adoration ? A ce compte les apôlres auront idolâtré; les anges et les saints du Paradis, et tous les fidèles du monde seront des idolâtres, puisqu'ils ont adoré et qu'ils adorent encore, ou qu'ils adoreront un jour Jésus-Christ, non sous la figure du pain, mais sous la naturelle figure dhomme. i\ssurément si l'on suppose qne ces prélats aient été caiholi(|ues romains delà manière qu'on l'est aujourd'hui, il faut conclure qu'ils avaient perdu le sens. >

Réponse. — Que M. Claude ne se mette pas en peine : il y a bien moyen d'éviter une conclusion sj dure, par une petite supposition qui n'est pas fort difficile à prouver, qui est que l'éloquence de M. Claude lui a fait produire et grossir monstrueusement une chimère. Ce passage des iconoclastes, que Jésus- Christ n'avait pas voulu que l'image qu'il avait établte dans l'Eucharistie eût la figure humaine, de peur que l'idolâtrie ne s'introduisît , peut avoir trois sens : le premier que Dieu n'avait pas voulu que l'Eucharistia

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