‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 229 sur 335 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

Qail est hicoticevable que les peuples aient pris ces

ternies d(ms le sens des calvviistes. - Excès de ta

rliélo)i(pie de M. Claude.

Avant de sortir de cette matière, je ne me puis empêcher de représenter ici un transport de l'éloquence de M. Claude, qui mérite hicn qu'on le considère; car il est rare et singulier en son genre, et il fait voir parfaitement ce que c'est que de smvre impétueusement la chaleur de son imagination , et d'écrire sans discernement tout ce ([u'elle présente à l'esprit.

M. Claude ne se contenue pas de soutenir que les peuples , en se servant continuellement des paroles qui expriment formellement la pi'éseuce réelle, comme de dire que l'Eucharistie est levrai corps et le propre corps de Jésus-Christ, n'ont point eu l'idée de celte présence; il veut même qu'il soit sans aucune apparence qu'ils en aient jamais eu la moindre pensée, et il prétend que cela est si clair, qu'il le met en exclamation et en figure, comme si l'on avait tort de n'en pas demeurer d'accord tout d'un coup sans lui doiiner la peine de le prouver. Quelle apparence tj a-t-il (ce sont ses termes , pag. 502) que les peuples se soient d'euxmêmes imaginé la transsubstantiation et la présence réelle, c'est-à-dire une opinion éloignée de la vue ordinaire des hommes ; une opinion que tontes les lumières de la nature et de la religion combattent, et qui même aujourd'hui qu''elle est formée et proposée en termes clairs et distincts, ne se peut concevoir qu'avec peine! Quelle apparence y a-t-il qu'avant que Paschase en eût (ait cette première explication , les hommes aient abandonné leurs sens , leur raison , les enseignements de l'Écriture , les autres instructions du christianisme, la nature du sujet dont il s'agit, les exemples fréquents des locutions sacramentales , les familiers et faciles éclaircissements que les saints Pères donnaient ; en un viot , tout ce qui s'emploie à la conduite de l'esprit humain , qui les povssait à donner un sens métaphorique à ces expressions dont nous parlons, pour aller inventer cette présence invisible du corps de Jésus-Christ en terre, à la façon d'un esprit ?

Si l'on veut savoir le sens de celte figure débarrassée de tous les grands mots dont elle est offusquée, le voici en peu de paroles : c'est que M. Claude demande quelle apparence il y a que quand on disait aux peuples, ou que les peuples disaient que l'Eucharisiie était le vrai corps , le propre corps, et le corps même de Jésus Christ, ils conçussent que

ATUNS DES SIECLES VII, VIII ET IX. S3a

celait le vrai et le propre corps de Jésus-Christ, Et ainsi la réponse est bien aisée ; car il n'y a qu'à lui dire qu'il y a toute .«orle d'apparence qu'ils concevaient ce (lu'ils disaient, puisqu'ils ne le disaient (jue parce qu'ils le concevaient.

il n'assure pas moins fièrement que les peuples voyaient sans peine et tout naturellement le sens des calvinistes dans toutes ces expressions. C'est une chose incompréh:]nsible, ôH-W, que les peuples sachant d'un côté que le sacrement est du pain et du vin par le rup' port fidèle de leurs sens , j)ar le jugement de la droite raison, et par les expressions formelles de Jésus-Chrisl et de S. Paul; sachant de l'autre que le corps de Jésus- Christ est un vrai corps humain , de même forme et de même matière que les noires, et qu'd est au ciel en gloire et e*i félicité, et n'ayant au reste jamais ouï parler distinctement et positivement de cette présence substantielle de Jésus-Christ, du corps et du sang de Jésus-Chiis. dans l'Eucharistie; mais , au contraire, ayant dire tous les jours que le pain et le vin sont les sacrements , les mémoriaux, les figures et les gages du corps et du sang de Jésus-Christ; il est incompréhensible, dis je , qti'ils aient d'eux-mêmes renoncé à toutes ces bonnes i.umiîîhes qui les induisaient à donner aux paroles des Pères un seiis naturel, clair et facile, pour en imaginer un écarté, pour lequel toutes les abstractions de la métaphyuique se trouvent courtes, et qui est singulier, sans exemples , sans proportion , sans appui, ni dans la nature ni dans la religion.

Tout cet embarras de paroles veut dire en un mot (|H'il est inconqjiéheiisible que toutes les nations du monde , en disant que l'Eucharistie était le vrai corps et le propre corps de Jésus-Christ , n'aient pas conçu que c'était une figure pleine, une figure efficace, une vertu déployée, un pain inondé de la puissance du corps de Jésus-Christ. C'esl-là ce qu'on appelle un sens naturel , clair et facile, dans le langage de M. Claude ; au lieu q»e d'entendre par les mots de vrai corps de Jésus-Christ, le vrai corps de Jésus-Christ, et par les mots de propre corps de Jésus-Christ, le propre corps de Jésus-Christ, c'est les enlendre on un sens écarté, métaphysique, inouï, selon M. Chiude ; tant il f;iil un étrange usage des termes, quand il se laisse aller à ses fougues et à ses saillies !

Mais puisqu'il lui plaît de nous interroger ainsi avec ces figures insultantes, il nous perincttia de lui dire froidement et sans chaleur que ce qu'il nous représente comme étant sans apparence, a toutes les aj)parences du monde; que ce qu'il cmit incompiéhensible est si aisé à comprendre, qu'on le conçoit sans peine, non seulement comme possible, mais aussi comme certain et indubitable ; et qu'au contraire ce qu'il crnii facile et aisé à concevoir, est impossible et inconcevable, et doit être rejeté comme ridicule par tous ceux qui suivront la raison et le sens commun.

Tout ce qui a donné sujet à cet étrange empoilemeiit de M. Claude , est qu'il ne distingue point deux choses, qui sont extrêmement différentes : car il y a des incompréhensibililés d'opinion, et des incompré-

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liensibilités d'expression. J'appelle incompréhensibilité d'opinion, quand l'opinion en soi est iiiconipréhcnsible, quoiqu'elle soit exprimée en termes clairs, rappelle incompréhensibililé d'expression , lorsqu'il n'y a aucun rapport, ou qu'il n'y a qu'un rapport éirangement éloigné entre l'expression et la chose signifiée, quoique cette chose signifiée soil d'ellemême aisée à comprendre. Ainsi la Trinité est um niyslère incompréhensible d'une iiicompréliensibiiié d'opinion, parce qu'il surpasse toutes nos pensées, qu'il paraît contraire aux lumières ordinaires de noire raison , et qu'il n'a nul appui dans !a nature et dans l'esprit des hommes, comme parle M. Claude. Ainsi l'incarnation, le péché originel, sont incompréhensibles par la difficulté de l'opinion ; et cette sorte d'incompréliensibililé convient à la plupart des mystères; mais cela n'empêche pas qne ces mêmes mystères ne puissent être exprimés Irès-neltemeut , et que les paroles qui les renferment d.ms rÉcrilure et dans les conciles ne soient claires elinielligibies. Au contraire, l'opinion de Pelage et de Julien sur le péché originel était fort aisée à comprendre, et n'était nullement inconcevable en celte manière. Mais les expressio:is de S. Paul, de l'Écriture et de l'ancienne Église, devenaient incompréhensibles dans le sens qu'ils leur donnaient ; et c'est ce qui arrive dans la plupart des hérésies : elles sont très-concevabies dans les opinions, parce qu'elles déiruisent les mystères, et très-incompréhensibles dans les expressions, parce qu'il faut qu'elles délournciit les paroles de l'Écriture et de la tradition à des sens auxquels ces paroles n'ont aucun rapport.

Or il faut remarquer que ce ne sont point du tout les incompréhensibilités des opinions en elles mêmes qui embarrassent les peuples : la docilité que la foi produit, l'habitude de se soumettre à l'autorité de l'Église, la reconnaissance des ténèbres et de la faiblesse de l'esprit humain, l'idée que la foi donne de la puissance et de la grandeur de Dieu, adoucit tellement les difficultés des mystères, et étouffe de telle sorte le soulèvement de la raison, que ceux qui paraissent les plus inconcevables ne leur donnent pas plus de peine à croire que ceux qui paraissent plus proportionnés à leur lumière.

Qu'on demande à tous les calholiques s'ils ont bien de la peine à croire la Trinité, l'incarnation, l'éternité des peines d'enfer, le péché originel ; et la plupart répondront qu'il ne leur est jamais venu aucune pensée de doute contre ces mystères , et qu'ils n'ont pas moins de facilité à les croire que les vérités les plus simp]e^.

Non seulement l'incompréhensibilité des mystères en soi n'empêche pas qu'ils ne soient crus facilement du peuple , mais ils sont en quelque sorte plus facilement crus par le peuple que par de certains esprits remuants et indociles, qui donnent beaucoup de liberté à leurs pensées, el qui soumettent tout à leur examen. Ces mystères surpassent tellement notre intciligence, qu'ils égalent tous les esprits. Les plus

TOUCHANT L'EUCHARISTIE. 8i0

subtils n'y voient pas plus clair que les plus simples et les plus pesants; les savanls y pénètrent aussi peu que les ignorants. Il n'y a qu'une foi humble et docile qui y puisse atteindre; et cette docilité est une qualité qui doit être commune à tous les (idèlcs , et qui se trouve même plus ordinairement dans le peuple. De sorte que l'on peut dire que plus les mystères sont incompréhensibles à tous les esprits des hommss , et plus ils sont proportionnés à toutes sortes d'esprits.

Il n'eu est pas de même des expressions incompréhensibles ou difficiles par le défaut de rapport des termes à la chose signifiée : car il est visible que la difficulté les rend entièrement disproportionnées aux esprits communs et aux simples fidèles. Il n'y a que les esprils subtils, abstraits et métaphysiques, qui s'imaginent y voir ces sens éloignés; tous les aulres ne voient que le sens naturel des paroles, et tel qu'il soit, s'il est proposé sous l'autorité de Dieu, ils le croient simplement; de sorte que s'U était faux, ils seraient induits à erreur.

M. Claude n'a qu'à appliquer celle distinction à la matière de l'Eucharistie , pour reconnaître son égarement, et combien ses figures sont peu raisonnables. Il est vrai que le mystère de l'Eucharistie est incompréhensible ; mais c'est d'une incompréhensibilité d'opinion, qui lui est commune avec les autres mystères ; et il ne s'ensuit nullement de là que les peuples doivent avoir eu de la peine à le concevoir de cette manière simple dont on conçoit les choses inconcevables, el par laquelle on comprend qu'elles sont, quoique l'on ne comprenne pas comment elles sont, cette incompréhensibilité ne le rendant nullement disproportionné à l'esprit des chrétiens , puisque l'on doit supposer dans tous de la soumission et de la docilité, et qu'il ne faut que cela pour le croire. Aussi ne fait-il pas plus de peine aux catholiques que les autres vérités de foi. Leur soumission les embrasse toutes sans distinction ; et ils ne s'amusent pas à considérer si elles sont en elles-mêmes plus faciles ou plus difficiles à concevoir les unes que les autres : il leur suffit qu'elles soient égalemiinl attestées par l'autorité de Dieu que l'Église leur annonce.

Mais si ce mystère est incompréhensible en cette manière, il ne l'est, nullement en celle que nous avons appelée incompréliensibililé d'expression , c'est-à-dire que les expressions qui le renferment ne sont nullement difliciles. Elles sont, au contraire, très-naturelles et très-simples : car il est mal aisé d'exprimer plus-simplement cl plus naturellement que fEucharislîe est le vrai corps , le propre corps de Jésus^ Christ , qu'en disant qu'e//e est le vrai corps , le propre corps de Jésus-Clirist, qu'elle est proprement et vérilO' blement le corps de Jésus-Christ. Ces expressions sont toul-à-fait intelligibles; et il n'est pas possible qu'elles répondent plus précisément à ce que l'on veut signifier.

Ainsi par cette clarté elles sont très-proportionnées à l'esprit du commun du monde ; car les peuples ont

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LIV. YlII. EXAMEN DES AUTEURS LATINS DES SIECLES VII, YIII ET IX.

d'ordinaire deux qualités : ils sonl dociles et flexibles , pour embrasser sans peine les vérités qui leur sont proposées de la part de Dieu ; ils sont grossiers et incapables d'inventer des sens éloignés des paroles, et toutes les choses qui ont besoin de finesse , de philosophie , de subtilité , ne sont point à leur portée. Ils sont donc proprement dans la disposition où il faut être pour croire la présence réelle. Ils ne raffinent pas sur les divers sens des paroles; et ainsi lorsqu'on leur a dit que rEucliaristieélail le vrai corps de Jésus-CInisly ils ont sans doute conçu qu'elle était le vrai corps de Jésus-Christ. Ils sont dociles et soumis, pour assujélir leur esprit à l'autorité de Dieu et de son Église , quelque incompréhensible (jue soit en soi-même ce qu'on leur propose ; et ainsi les dillicullés du mystère de l'Eucharistie ne les auront pas rebutés. Ils auront donc cru shw^hmenl que f Eucharistie est le vrai corps de Jésus-Clirist;el c'est ce qu'on appelle croire la présence réelle : de sorte qu'en considérant la disposition de l'esprit des peuples, et la manière dont la doctrine de l'Eucharistie leur a étd proposée , non seulement il' y a de l'apparence qu'ils ont pris ces expressions dans le sens de la présence réelle, mais il y a certitude qu'ils les ont prises en celte manière ; et il faudrait renverser toute la nature des hommes, pour s'imaginer qu'ils les aient pu entendre d'une autre sorte.

La raison nous oblige de conclure tout le contraire de l'opinion des calvinistes , parce qu'elle a des qualités toutes contraires : Elle n'est nullement incompréhensible en elle-même , quoique les ministres tâchent quelquefois de la rendre difficile , par des expressions mystérieuses qui ne signifient lieii. C'est nu pain qui figure Jésus-Christ ; et quand on le prend, Jésus Christ agit selon eux , sur les àuies des fidèles qui songent à sa passion , et il leur communique les grâces qu'il a méritées par son corps. Voilà tout le iiiysière ; et c'est ce qu'on nous débile sous les mots de pain inondé , de figure efficace , de figure pleine , de mystère rempli de la force de Jésus-Christ , de la vertu vivifiante du Verbe incarné déployée dans le pain.

Mais en récompense, rien n'est plus incompréhensible que les expressions dans lesquelles ils prétendent qu'il est renfermé. 11 faut concevoir que quand on dit que l'Eucharistie est le corps de Jésus-Christ , cela veut dire qu't;//e est le signe du corps; que quand on dit quelle est le vrai corps, le propre corps, cela veut dire qu'elle est un mystère rempli de l'efficace du corps de Jésus-Christ; que quand on dit que c'est le corps de Jésus-Christ dans la vérité, cela veut dire que la vertu vivifiante du Verbe incarné déploie son efficace dans le pain. Il faut concevoir que quand on dit que le pain

Jésus-Christ , mais son corps même et son propre sang , cela veut dire que ce n'est pas une figure vide, mais une figure pleine de ce corps et de ce sang.

Toutes ces solutions sont certainement très-fines, très-subliles , Irès-mélaphysiques , pour ne rien dire davantage; et c'est ce qui fait voir qu'il est impossible que les peuples les aient trouvées d'eux-mêmes , et qu'ils aient pris ces expressions dans des sens si écartés. Il n'y a que des imaginations échauffées parla dispute qui lésaient pu produire; et j'aimerais autant dire que les plus simples du peuple sonl capables d'entendre et d'invenler tout d'un coup tous les excentriques et tons les épicycles du système de Ptolémée,et toutes les démonstrations d'Archimède, que de dire qu'ils sonl capables d'entrer d'eux-mêmes dans ces sens si éloignés, si abstraits et si raffines.

Il faut que M. Claude trouve bon que je lui dise que pour inventer ces explications, il faut avoir deux (|ualités qui ne sont nullement populaires. 11 faut avoir l'esprit exlrêmement remuant, et propre à tourner les choses en mille sens ; car jamais un esprit un peu simple et grossier n'inventera rien de pareil. Pour moi je lui puis dire avec vérité que je trouverais plus facilement l'art de faire la machine du monde la plus composée, que d'inventer que le vrai corps de Jésus-Christ signifie une figure pleine de Pcfficace du corps de Jésus- Christ. Cela me passe infiniment. Il est vrai que je ne me plains pas en ce point de ce défaut de subtilité, et que je puis dire avec un ancien : Ut me tardiorem esse non molesté feram. Il iaut en second lieu avoir l'esprit «xlrêineinent faux, ou naturellement, ou par passion : car un peu de justesse desprit doit faire concevoir d'abord qu'il y a si peu de rapport de ces expressions avec la chose que l'on veut niar(|uer, qu'il est impossible que Ici hommes se soient exprimés de la sorte, pour l'aire eniendre que l'Eucharistie contient la vertu du corps de Jésus-Christ.

Or ni Tune ni l'autre de ces qualités ne convient aux l)cr.soniies qui font la plus grande partie des peuples. Ils n'ont l'esprit ni assez remuant, ni assez faux. Us suivent la nature en ce qu'ils conçoivent, et ne s'en écartent pas beaucoup; ils iie sont pas capables des faussetés trop philosoiihi(iues, comme celle qui est renfermée dans le sens que les calvinistes donnent à ces expressions.

El tout cela nous donne une raison légitime de conclure qu'il est impossible que les peuples aient entendu les expressions dans lesquelles on leur a proposé la doctrine de l'Eucharistie, et dans lesquelles ils l'ont eux-mêmes renfermée , au sens que les calvinistes y donnent. Et nous aurions tout sujet de rendre à M. Claude ses figures et ses exclamations, et de lui de-

est changé et converti au corps de Jésus-Christ , cela mander Irois ou quatre fois : Quelle apparence y a-t-il

veut dire qu'il est rempli de l'efficace morale du corps de Jésus-Christ; que (juand on dit que quoiqu'il nous paraisse du pain, r'esf en vérité de la chair, cela veut dire que quoiqu'il nous paraisse du pain simple , c'est néanmoins du pain qui a la vertu de la chair. Il faut concevoir que quand on dit que ce n'est pas la figure et l'image de p. DE LA ¥. I,

que les peuples aient entendu ces expressions en un autre sens que dans le sens catholique ? Quelle apparence y at-il qu'ils les aient prises en un sens aussiabstrail et aussi métaphysique , que celui des calvinistes , s'il n'avait ea quelque sorte rendu toutes ces figures importunes et odieuses par le mauvais usage qu'il en a lait?

fVingt-sept.J

PERPÉTUITÉ DE LA FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE. 8il

II me suffit de lui dire, pour terminer ce point, que s'il ne veut pns céder an raisonnement dont je me suis servi contre lui, il devrait au moins céder à la preuve du monde la plus convainc inle cl la plus sensible, ijui est celle de rexpérience. Il dii qu'il est incompréliensibie que ces expressions aient été prises au sens des calholiiiues ; je dis qu'il est iiicom|iréliensil)le qu'elles aient élé prises au sens des calvinistes. M. Claude ne nous veut pas croire : il serait injus:e qu"il voulût exiger que nous le crussions. Prenons donc pour juge commim l'ex; érience ; ei jiigeons de reiïel que ces paroles doivent produire par celui qu'elles oui proilidt. Toute ia terre, en les entendani, est entrée dans l'opiniini (les catliidiques: mille soeié:é n'est entrée d'ellemême d.uiS le sens des calvinisles. Vnilà notre différend jugé d'une nianièrc à laiiuelle il n'y a que des esprits déraisonnables (jui soient c ipaides de résister. Ce qui a élé conçu par toute la terre est assurément Irès-conipréliensible; et il n'y a point de plus grande

mais par celui de pour tious, ad nostramsalutem. Voilà pour le premier point.

Mais ce mol, fid.libus, ne fournit pas seulemeni à M. Claude des remarques de ciiliiiue. il en lire des consé(|uences bien effeciives : car il nous voudrait porter à en conclure que l'Eucliaristie n'est le cor|is de Jésu>-Clirist qu'aMX fidèles, par opposition aux méchants, ([m n'ont point de foi; par conséquent (pr<'IIe ne l'e>t aux bons qu'en vertu de leiu- foi et par leur foi. C'est ainsi (ju'un pelil mot lui doime occasion do re idie Flore entièrement calviniste, et de le f.dre condtaitre la foi de son siècle. Mais ponr l'obliger .i modérer im peu celle facilité trop grande qi 'il a de tirer des consé.piences à son avantage , il suffit de le prier de considérer que par un argiuuent tout send)lable, il prouverait que Paschase n'a pas cru la prése^ice réelle : car cet auteur dit aussi bien que Flore que Jésus-Clirist nous accorde, par sa grâce, que CEucliarislie soil à nous son corps et son sang : i Ecce quid

niiirque qu'une expression est inconcevable , dans un Cliristus induisit, ul nobis sit corpus et sanguis Christi. >

cerl;iin sens , au commun du monde, que de voir que ce sens n'a été conçu que de très-peu de personnes , qui l'ont découvert par des spéculations philosophiques.

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