‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 236 sur 335 · LIV. MU. EXAMEN DES AUTEURS LATINS DES SIÈCLES VII, VIII ET IX · texte numérisé non relu

LIV. MU. EXAMEN DES AUTEURS LATINS DES SIÈCLES VII, VIII ET IX

premier lieu où ce livre fut répandu : on ne pouvait pas manquer de l'y entendre, puisqu'on y avait Pasfhase même pour interprète. Tous ceux qui y étaient n'avaient jamais ouï parler de la présence réelle selon M. Claude. Ils devaient donc en avoir tout l'éloigiiemcnt que la nature, les sens, la raison, l'accoulumance à d'autres idées, la honte de reconnaître qu'on a été trompé, en produisent nécessairement. Cependant il faut que M. Claude nous dise que sitôt que celte doctrine leur fut proposée ils l'embrassèrent

tra omnem Ecclesiam. (Epist. ad Frudcg.) Il dil que personne n'avait encore osé contredire ouvertement celte doctrine qu'il enseignait, ni s'opposer à ce que toute la terre confesse être vrai : Ideb quamvis quidam de ignorantià errent, nemo tamcn est adliuc in operlo qui hoc ita esse contradicat quod toths orbis crédit et confitctur. Enfin il accuse d'un grand crime ceux qui se servant des prières communes de l'Église, les expliquaient en un sens de figure et de vertu contre le consentement de tome la terre : Nefandum erqo sce-

toussansexception et sans résistance ; car s'il y en eût lus est orare cum omnibus et non credere quod ipsn vé-

cu quelqu'un qui l'eût rejotée, il eût donc contredit P.ischase, il l'eût averti que c'était une folie, il lui eût fait connaître qu'elle était contraire au sentiment de l'Église.

Jamais orateur ne persuada généralement tous ses

nias testatur, et ubique omnes cniversaliter verum esse falentur.

L'auteur de la Perpétuité avait déjà proposé cos passages ot ce raisonnement à M. Claude ; cl connue il s'en semait pressé, il a tâché d'y répondre : Ce n'est

auditeurs dans les causes les plus favorables, jamais àil-W, qu'une conséquence que Paschase tire d'une prière

prédicalotu' ne convertit tout le monde par les vérités 7He l'Éçilise faisait dans le canon : Ut fiai corpus et san-

les plus sensibles, les miracles mêmes ne touchent </'"« dileclissimi Filii lui Domini noslri Jesu Citristi,

qu'un certain nombre de personnes : et M. Claude ^ T'oi le peuple répondait : Amen. D'où il conclut que

MOUS voudra persuader qu'un jeune religieux ayant c'était un grand crime que d'assister à celte prière et de

enseigné dans un livre une doctrine inouie, contraire s'opposer néanmoins à l'opinion qu'il voulait établir de

aux sens et à la raison, et l'ayant enseignée presque s;ins preuves ; vivant dans une grande communauté, ayant commerce avec un grand nombre de religieux, d'abbés et d'évêques, n'ait été averti de personne qu'il avançait une erreur contraire à la doctrine de l'Eglise, et que non seulement on ne l'en ait pas puni, mais que dans l'espace de trente ans personne ne lui ait témoigné d'être étonné de sa doctrine : en sorte qu'il n'ait appris que par le rapport d'autrui, et trente ans après la composition de son premier livre, qu'il y avait (pielques personnes qui y trouvaient à redire. Si M. Claude trouve cela fort facile à comprendre, il faut avouer qu'il a l'esprit autrement fait que le reste des hommes.

Est-il fort probable que s'il prenait fantaisie à quelqu'un de publier dans l'Église que toutes les images de papier qui représentent le roi ou le pape , sont réellement le roi ou le pape, celui qui aurait jtroposé cette extravagante opinion pût vivre trente ans dans une société religieuse, y être élu à la supériorité, assister à des conciles, avoir des liaisons avec tous les grands hommes de son siècle, sans trouver un seul ami qui l'avertît qu'il serait fou? Estil fort probable qu'il fût obligé d'apprendre par le rapport d'autrui qu'il y eût quelques personnes qui ne 'joutassent pas sa doctrine? C'est néanmoins ce que M. Claude nous veut persuader élre arrivé à Pascliase. Non seulement il ne fut repris par aucun de ses supérieurs, de ses amis, de ses frères durant sa vie, mais il a toujours cru que toute l'Église était de son sentiment; car dans les écrits qu'il a faits sur la fin de sa vie il presse ses adversaires inconnus dont on l'avait averti par l'autorité de (oute l'Église, et il dit nettement qu'on ne peut combattre la doctrine de la présence réelle sans s'opposer à '"Église universelle : Videal qui contra hoc ven'^ voluerit muQis ouàm credere, quid agat contra ipsum Dominnm, el cvn-

la présence réelle. Or il y a, dii-il, bien de la différence entre assurer positivement que toute l'Église croit de foi distincte et non contestée une doctrine, et le vouloir induire par des conséquences tirées de quelques expressions que vous croyez être favorables à cette doctrine, mais qui ne le sont pas tellement qu'elles ne soient (uissi à l'usage de ceux qui croient une doctrine contraire. C'est ce dernier que Paschase a fait ; et il ne le faut pas trouver étrange, puisque les hommes sont d'ordinaire adorateurs de leurs pensées. L'auteur veut qu'il ait fait le premier ; ce que je lui nie formellement. Voilà une distinction tout-à-(ait digne de l'esprit de M. Claude, qui sait admirablement faire semblant de répondre lorsqu'il ne répond rien, et séparer par des lermcs qui n'ont point de sens ce que la raison ne peut séparer. Que ce soit une conséquence ou que ce n'en soit pas une, il est certain que Pascliase a cru que ces paroles du canon, ut fiât corpus dileclissimi Filii lui, étaient entendues par toute l'Église dans le sens de la présence réelle; car il reprend ces personnes à qui il parle, non de ne réciter pas ces paroles, mais de les entendre dans un sens contraire à celui de toute l'Église : Et non credere cum omnibus; d'avoir une foi différente de celle de tous les autres. L'auieiir de la Perpétuité n'en demande pas davaiilago. Ce n'est, dit M. Claude, qu'une conséquence. Je le veux. Qu'estce que M. Claude en peut conclure? Est-ce que les auteurs ne sont pas persuadés des conséquences qu'ils tirent, et qu'ils ne les avancent pas comme vraies aussi positivement que leurs principes? M:iis il esl faux de plus que ce ne soit qu'une conséquence; car cetlc proposition, que toute l'Église croyait la présence réelle, était renfermée et dans le principe et dans la cuiiclusion de l'argument de Pascliase.

Il conclut que ceux qui nient la présence réelle commettent nu crime détestable en s'opposant à la foi de toute l'Église. La voilà renfermée dans Ia con-

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