‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 237 sur 335 · SG · texte numérisé non relu

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chision. Et le principe de cette conclusion est, non (jue l'Église récite siinplemeni ces paroles, ut fiât corpus dHectissimi Filit lui, mais qu'elle les enleiid (I iiis le sens de la présence réelle. S'il avait su que !T.glise les prît en un autre sens , il aurait clé insensé d.' roproclicr comme il fait à ces personnes d'être (0 traircs au sons de toute l'Église. 11 suppose donc

saient que le dogme du péclié originel était reçu dans tout rOccidenl , et celui de Zwingle qui n'osait proposer sa doctrine, la voyant co.nlraire à celle de l'Église, comme nous avons vu. A cela M. Claude répond par celte distinction : Qu'il est vrai que Ut pélagiens se plaignaient que Vauloriié de S. Augustin avait fait recevoir cette opinion pres(iue dans toute romme un principe que toute r Église les prenait au l'Eglise latine, mais qu'il n'est pas vrai qu'ils avouassent

srns le la présence réelle; et par conséquent il suppose qii'tdie élail tout entière dans cette doctrine.

An^si il no le dit pas simplement comme une simple conrlnsioh qu'il lire de quelques preuves, il le dit {•(inimo une k-ériié d'expérience; et il assure que l'opinion de la présence réelle n'avait jamais été coml):i lue 01 niée dan-* l'Ég'iso que jinr dos liéiéliqiios. IJsqne ad prœseris nemo deerrûsse legitur , nisi qui de Lhrisio erraverunt. Et plus bas : Qiianivis ex hoc quidwn de ignornnlià errent , nento lamen est adliuc in aperlo qui hoc ita esse contradicat quod totcs orbis iredil et confuetur. Ainsi il allirine ce consentement (le l'Église dans celte doctrine on toutes les manières qu'on le peut afiirmer. 11 le prend pour principe, il le ronf<'rme d;uis ses conséquences, il le conlirme par l't X; érionce.

M. Claude a encore une autre déiaile pour affaiblir ces (énioignages de Pascbase , qui est qu'il vent les faire passer pour une adiesse et un -m- {\Ç)Ci). Tous Us iiinovaleurs , dit il , qui viennent par voie d'cxpUcaliun de la foi commune ne manquent jamais de protester que leur doctrine est ta vraie doctrine catholique, et d'abuser des expressions des Pères pour les mettre de leur côté. Et il ne faut pas que l'auteur nous dise que les pélagiins reconnaissaient la doctrine du péché originel, ni que Julien reprochait à S.Au' gusiin qu'il se servait du témoignage des artisans, car il est vrai que dès que la dispute fut ouverte ces gens se plaignaient que l'autorité de S. Augustin et la diligence de ses disciples avait fait recevoir te dogme qji'ils combattaient presque dans 'toute l'Église latine, qui, selon eux, était préoccupée de cette nouveauté. Mais il n'est pas vrai qu'ils reconnussent qu'avant que la dispute fût commencée toute l'Eglise fût dans ce sentiment-là. Qui s'étonnera donc que Paschase ail supposé de même que son dogme était l'ancienne et perpétuelle foi de l'Eglise, sous prétexte de quelques expressions communes et de quelques passages des Pères qu'il détournait de leur légitime sem? Il faut que M. Claude souffre, s'il lui plaît, qu'on lui remanpie dans ce discours plusieurs défauts peu dignes d'im homme sincère ; car il est vrai que cette manière de répondre n'est pas supportable.

L'auteur de la Perpétuité, pour réfuter ce que M. Claude avait dit dans son premier écrit : Que Pasctiase en assurant que toute l'Église était de son sentiment n'avait fait que suivre le procédé des liérétiques , avait répliqué qu'il n'est point vrai que ce soit la coutume des hérétiques de débiter leurs erreurs comme la (oi universelle de tous les fidèles de leur temps. Et il lui ^vait allégué l'exemple des pélagiens qui reconnais-

qu'avant que la dispute fût commencée, toute l'Eglise fût dans ce sentiment. Or cotte distinction conçue en ces termes : Il est vrai : Il n'est pas vrai, donne celte, idée que l'auteur de la Perpétuité avance ce que M. Claude soutient n'être pas vrai , et que sa preuve est fondée sur ce qu'on lui nie. C'est le sens de cet // est vrai : Il n'est point vrai. M. Claude veut faire semblant qu'il accorde l'un comme ne lui pouvant nuire, ei qu'il nie l'autre connue étant ce qui est soutenu par l'auteur de ta Perpétuité, et qui fait la question.

Cependant cette idée est très- fausse; car V L'auteur de la Perpétuité ne parle point du tout de ce que les pélagiens ont dit ou n'ont pas dit touchant le temps qui précède leur hérésie : il lui suffit qu'ils n'aient osé nier que l'Église de leur temps ne fût contraire à leur sentiment. Son raisonnement est uniquement fondé sur ce (ju'ils ont avoué de l'éiat présent de l'Église de leur lem|is; et c'est par-là qu'il prouve que l'impudence des lionunes ne |)eut aller juscpi'à ce point que d'assurer que l'Église tieime présentement uiie doctrine, lorsqu'il est clair qu'elle tient ime doctrine toute contraire. 2° M. Claude lait dire aux pélagiens tout ce qu'il lui plaît, tant il est accoutumé à ne rapporter jamais rien exactement. Ils ne parlaient point, Comme il dit, ni de S. Augustin, ni de son crédit, ni de la diligence de ses disciples : ce sont des visions do M. Claude. Mais de quolle manière que ce soit, étant certain que les pélagiens se plaignaient qu'une folle et lionteuse erreur, (par où ils entendaient la doctrine du pécbé originel) dominait dans l'Église; « quoniam, rébus in pejureni partent properantibus , in Ecclesiù quoque Dei adepta est sluUilia et turpitudo dominatum i (Jul. apud Augusl., in oper. Perf., 1. 1, n. 12), comment M. Claude empêchora-t-il qu'on ne voie par cet exemple qu'il n'est point vrai que ce soit la coutume des hérétiques d'assurer que toute l'Église est de leur sentiment? 3" Il ne sert de rien à M. Claude de distinguer le temps qui a précédé la dispute de S. Augustin contre les pélagiens touchant le péché originel de celui qui l'a suivie, si, étant contraint d'avouer qu'en ce dernier temps ils n'osaient pas se vanter que toute l'Église fût dans leur opinion, il ne montre du moins qu'ils s'en vantaient dans le premier, comme il dit que c'est la coutume des hérétiques. C'est donc ce qu'il devait justifier. Mais il a| bien fait de ne le pas entreprendre, parce qu'il n'y aurait pas réussi; car S. Augustin (I. 2 Retracl., el] episl. 23, c. 89) témoigne qu'il n'a écrit contre les! pélagiens sur le pécIié originel qi!'a|)rès la condamnation de Célestius dans un concile de Giriliage qui]

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LIV. Vin. EXAMEN DES AUTEURS LATINS DES Slî:CLES VII, YIII ET IX.

fut tenu sur la fin de l'an 411. C'était donc alors que Célesliiis étant accusé de nier le péché originel devait dire, selon la coutume des hérétiques, à ce que prétend M. Claude, que la créance de ce péché était inconnue à toute l'Église. Mais il n'eut pas celle impudence , parce qu'elle n'est pas humaine, comme Pascliase ne l'aurait pas eue s'il avait été effectivement un innovateur.

II se contenta de s'échapper le mieux qu'il pouvait, en disant qu'il était en doute touchant ce péché , parce qu'il en avait ouï parler diversement à des prêtres catholiques , les uns le niant et les autres le soutenant. Mais étant interpellé de les nommer, il fut réduit à ne pouvoir nommer que Ruffin ; et quoiqu'on

donnés ne so portent j;unais : cl la raison en est quo les honnnes règlent toujours leurs paroles par (juc)quc espèce d'utilité et d'avantage <|n'ils espèrent en tirer. Or il ne leur est jamais mile d.j passer pour im pudcntson pour inst-nsés. Ainsi, comme on ne poiii atlribuor à Pascliase avec la moindre apparence ni cet excès de folie ni cet excès d'impudence , on :i droit de conclure que quand il assure |.osi;ivomcni , comme il fait, que loute l'Église était dans la doctrine de la présence réelle et que personne n'avait jamais osé contredire formellement celle doctrine, il disait ce qu'il pensait, et que ce qu'il pensait dans une chose de cette nature ne pouvait pas être faux. Ces paroles de Paschase : Je m'étonne de ce queveulent

le pressât d'en nommer d'autres, s'il en connaissait , dire maintenant quelques-uns ; que ce nest pas eff'ectiveil ne l'osa faire , quelque intérêt qu'il y eût , parce nient la vérité de la chair de Jésus-Christ, mais la v,rlu qu'il s'agissait d'éviter d'être condamné, comme il le de la chair, et non la chair même, qui est contenue dans ce

fut en effet.

Voilà qui est dans la vraisemblance. L'auteur d'une nouvelle opinion peut prétendre que d'autres ont eu ou ont encore la même pensée , et il en peut nommer quelques-uns ou en mentant, ou parce qu'effectivement il y en a quelques autres à qui la même nouveauté est venue dans l'esprit. Mais de vouloir que la coutume de ces introducteurs de nouveaux dogmes soit d'assurer , comme fait Paschase , que toute la terre est dans leur sentmient, c'est un paradoxe qui est digne de M. Claude.

i° Néawnoins il a bien vu qu'il aurait de la peine à le faire recevoir, et c'est pourquoi , voulant changer adroitement la question , il suppose faussement que le raisonnement de l'auteur de la Perpétuité esl fondé sur ce que Paschase disait que son opinion était conforme aux Pères. Or c'est à quoi il n'a jamais pensé. Il sait qu'il esl assez ordinaire aux héréli(iues de se fortifier contre le jugement de l'Église présente par l'autorité des Pères , qu'ils s'aitribuent hardiment , parce que ces Pères ne parlent plus pour les démentir, qu'ils haïssent les témoins vi\anls, qui ne souffrent pas qu'on leur impose , et qu'ils aiment à se prévaloir des morls , qui ne peuvent plus s'opposer à l'abus que l'on lait de leurs paroles.

L'auteur de la Perpétuité ne dit donc point ce que M. Claude lui impute; mais ce qu'il dit esl que ce

sacrement; < Miror quid volunt quidam nunc diacre, non in re esse veritatem carnis Christi vel sanguinis, sed in Sacramento virtutem quamdam carnis, et non carnem, i nous fournissent encore une preuve de niême nature ; car elles font voir que celle solution de vertu était nouvelle, et que Pascliase ne l'avait apprise que depuis peu. Oi c'est ce qui n«; se peut accorder avec l'innovation prétendue que iui attribue M. Claude. Car s'il avait éié le premier auteur de la doctrine de la présence réelle , il n'aurait pas ignoré qu'il aurait été autrefois lui-même dans ce sentiment que fEucharistie ne contenait ic corps de Jésus Christ qu'en vertu et en figure, et quelle ne le contenait pas en vérité. Il n'aurait pu ignorer que ions les autres qui n'avaient pas découvert comme lui ce nouveau secret n'en avaient point d'autre pensée, et il n'aurait jamais eu l'impudence de dire en parlant de l'opinion qu'il aurait trouvée dans l'Église , et ([u'il aurait su être répandue partout , qu'il s'étonne de ce que quel' ques-uns veulent dire maintenant. Cela fait voir manifestement que ce langage était nouveau ; et il ne le pouvait être que l'opinion des sacramentaires ne le fût aussi, puisque, dépendant absolument de ce langage , elle ne peut être dans tous les lieux où ce langage n'est point , parce qu'il est clair que quand on ne détourne point les termes ordinaires parmi les chrétiens, qui appellent l'Eiicliaristie corps de Jésus*

n'est point l'ordinaire des hérétiques de prétendre Christ, vrai corps de Jésus-Christ, propre corps de Jeque leur doctrine soit conforme aux seminients pré- sus Christ, au sens chimérique de vertu et de figure, seuls de l'Église de lem- temps. El il soutient que c'est on ne les |)eut entendre que dans le sens propre uneextravagance toute pure que de supposer, comme et naturel, c'est-à-dire dans celui de la présence fait M. Claude , (»u que Paschase ail pu demeurer réelle.

toute ^a vie si grossièrement abusé que de s'imaginer Enfin Frndegard même, à qui Paschase a écrit sur

que touie l'Église croyait avec lui ce qu'il croyait la fin de sa vie pour lever qu<'l(|ues dnnies qu'il avait seul contre le jugement de toute l'Église, ou qu'il ait sur ce mystère, peiii servir encore à convaincre la

fausseté de la fable de M. Claude qui prétend que personne ne pouvait avoir l'idée de la présence réelle s'il ne la prenait dans le livre de Paschase. Dicis, lui dil Pa-chasc, le sic autea credisse, et in libro queni de Sacramenlis edidi ila Lgisse ; scd profiteris poslea te in libro tertio de Doctrinà chrislianà U. Augiistiiii /t- 4'impudence où les plus effronlés et les pîus aban- gisse qubd tropica sii locutio. L'ordre qu'il marque

en assez de hardiesse pour l'écrire et le répéter dans se» livres contre sa conscience et contre le sens com-

num.

La première de ces suppositions renferme un excès de loiie où les illusions ordinaires des hommes ne peuvent pas arriver ; et la seconde contient un excès

dans ces paroles (a\1 voir que la doctrine de la présence réelle est la foi dans hKiiieile il avait élé élevé : Dicis le sic antea credidisse ; que la lecture du livre de Paschase l'y avait confirmé : Et in libro qiieni de Sacramenth edidi ila legisse; mais qu'un passage de S. Augustin l'en faisait douter : Sed poslea te in libro tertio de doclrinâ Christianâ B. Augustini legisse qubd tropica sil locuiio : au lieu que selon M. Claude il aurait dû dire qu'il avait cru au commencement que tontes ces expressions où il est dit que l'Eucharistie est le corps de Jésus-Christ étaient métaphoriques, que le livre de Pascliase l'avait fait changer de sentiment, et que ce livre de S. Augustin l'obligeait à reprendre sa première opinion.

Je ne pense pas qu'ayant considéré sérieusement tontes ces preuves on puisse seulement s'imaginer que Paschase,en déclarant que l'Eucharistie est la vraie chair de Jésus-Christ prise de la Vierge, ail proposé une doctrine nouvelle, et je ne puis croire qu'entre les calvinistes mêmes, d'autres que M. Claude se veuillent fipiniâlrer à soutenir une faussetés! évidente et si capable de faire connaître à tout le monde l'excès de la hardiesse de quelques-uns de leurs ministres.

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