CHAPITRE X
Des prétendus changements insensibles que 31. Claude compare avec celui qu'il veut faire croire être arrivé sur le sujet de l'Eucharistie.
Je n'ai plus pour achever la réfutation de celte in novaiion fabuleuse de la créance de l'Église sur l'Eucharistie qu'à dire quelque chose des exemples dont M. Claude s'est servi pour essayer de la rendre vraisemblable. C'est un artifice ordinaire des hérétiques de tâcher d'autoriser leurs plus déraisonnables prétentions par des exemples qui paraissent avoir quelque chose de semblable; et cet artifice est fondé sur la foiblesse de l'esprit des hommes , qui sont plus frappés des rapports apparents que des différences réelles, parce que pour juger que les choses sor<t semblables il ne faut que les concevoir confusément; au lieu que pour les distinguer il faut en avoir une idée plus nette , plus claire et plus distincte ; ce qui n'est pas comu.un à tant de personnes.
C'est proprement de celte faiblesse naturelle des hommes que M. Claude a voulu abuser, en prétendant faire voir la possibilité de son changement insensible dans la doctrine de l'Eiiciiarislie par l'exemple de quelques aulres changements qui sont arrivés dans la discipline de l'Église. 11 est vrai que ces exemples ont cela de commun que ce sonl des changements, et qu'il lui plaît de les appeler insensibles , quoiqu'il y en ail qui aient été très-sensibles et très-marqués, el que l'on en ail des histoires irès-cxactes, mais pour le reste il est difficile de rien inventer qui ait moins de rapport avec la chose dont il s'agit, et qui soit plus propre à faire conclure aux persoimes judicieuses tout le contraire de ce qu'il prétend.
L'auteur de la Perpétuité avait déjà dit sur le sujet de ces exemples beaucoup plus qu'il n'en fallait pour en faire voir les différences sensibles el palpables ;
9f,n Ll\. IX. LXAM. DE LA CUOYANCK DE L'ÉGL. DEPUIS LAN 890 JUSQU'AU SIÈCLE XI. Ofifl
r.-pcii(lAiU il n'a pas plu à M. Claude de s'en coillcn- prc.cnce réelle et de la Iranssubslaniialiou-. oi ,e 1er, el il déclare au contraire (p. 655) qu'on Ca si mal pense que personne ne se plaindra qu on ne l'ail pas satisfait sur ces exemples qu'il trouve bon de prier l'au- assez prouvé.
leur de la Pcrpcluilé de tes retoucher. Mais comme i! y D fallait donc que M. Claude nous produisit des
a des gens (lui ne se salislonl pas de la raison parce exemples de quelque erreur qui se soit emparée uni- (iu'cile les incommode et qu'elle les blesse, il est bon verscllentent dans un certain siècle des esprits de aussi de le prier d'examiner sérieusement de son oôié tous les chrétiens, non seulement dans l'F'Mise ■si la cause du peu de satisfaction qu'il dit en avoir re- maine , mais aussi dans toutes les sociélés séparées VU n'est point dans lui-même, dans sa mauvaise dis- Or non seulement il ne le fait pas, mais il n'y a pis, |)osition , dans sa préoccupation, et dans la passion seulement songé; et il nous produit au contraire dos qui le possède, qui rempèche de rien.approuver de exemples de cbangenicnts particuliers, de pratiques contraire à ses prétentions. el de cérémonies qui s'observent encore présentemenl
Pour lui aider à faire cet examen , je veux bien re- dans la plus grande partie du n)onde , el qui ne se loucher ces exemples et les lui remetlre un peu plus sont abolies qu'en certaines églises, et non pas ci; vivement devant les yeux, afin de lui faire voir avec tontes.
combien peu de raison il a comparé des choses si dit- H nous dit que la coutume de communier sous les férentes. deux espèces s'est changée dans l'Église laiine. Il est
Je ne m'arrêterai pas b la manière dont il rapporte vrai , mais elle s'observe encore par les Maroniies ces exemples , ni à remarquer en détail toutes les in- qui sont de la communion latine ; par les Grecs parjustices qu'il y commet ; son procédé ordinaire est de les Melchites ou Syriens , par les Moscovites , par les prendre pour principes les choses les plus douteuses Géorgiens, par les Nestoriens, par les Jacobites, par el les plus conlesiécs, et d'ajuster les faits à ses dé- les Arméniens, parles Cuplitcs, parles Abyssins. C'est sirs en changeanl les prétcnlions de ceux de sa secte donc un fort mauvais exemple d'un chan^'emenl unien décisions et en axiomes : mais il vaut mieux pren- versel.
dre maintenant ces exemples tels qu'il le propose, ïl nous rapporte l'exemple de la coutume de com-
que de s'arrêter à ces discussions qui délourneiaient nnuiier les petits enfants, qui s'est changée dans l'Éirop l'esprit. glise latine, et mêinc dans la grecque ; mais elle s'ob-
Pour montrer qu'une chose est semblable à d'autres, serve encore par les Cophtcs, par les Abyssins, par il faut premièrement bien corinaître celle dont on les Arméniens, par les Maroniies. cherche des exemples cl à laquelle on compare les au- H rapporîe l'exemple du pain levé qu'il dit que Ton
1res. Il faut en avoir remarqué les principales circon- a changé dans l'Occident en pain sans levain pour en slnnces, afin de faire voir ces mêmes circonstances f^'ire la matière du sacrement de l'Eucharistie. C'est dans les exemples que Tt-n en apporte; car sans cela une opinion particulièi-e fondée sur quelques ar"uc'est com|)arer les noms et non pas les choses. Voyons kients négatifs da P. Sirmond , dont le principal est si M. Claude aura bien observé celte règle. que Pholius n'a point reproché l'usage des azymes aux
1° Il est certain qu'une des plus remarquables cir- Latins : ce qui n'est pas troj) solide, puisqu'il est consiaijcos de ce changement de créance sur le sujet Irès-possibie ou que Pholius n'y ait pas fait attention de l'Eucharistie, est qu'il faudrait supposer qu'il serait ou qu'il n'ait pas jugé ce lepioche raisormable et arrivé en même temps en toutes les parties du monde qui est peut être faux dans le fait, puisque rabré"é
de l'Histoire du concile de Florence, qui est à la tête de ce concile, cite certains traités manuscrits de Pholius oià ce repi'oolie des azymes est contenu. Mai.s quand ce ciiangement serait vrai , c'est un changement peu considérable et qui a pu naître de la seule commodité , qui l'emporte toujom's dans les choses indiirérentos. Quoi qu'il en soit, ce n'est point un cliangcineiil universel; car les Grecs, les Moscovites, les nestoriens , les Maroniies se servent encore de pain levé. Ainsi la marque d'universalité manque encore à cet exemple.
Il rapporte celui des hosties, qui étaient autrefois, dit-il, plus épaisses qu'elles ne sont à présent , quoiqu'elles aient toujours été fort petites, connue il paraît pur le canoii 6 du seizième concile de Tolède , qui dit que l'on ne doit pas offrir grande aliquid , sec, modicain lanliim oblalum necundnni quod ccclesiaslica consueludo retentat. Mais elles sont encore beaucoup plus épaisses dans les com.'nuiiions séparées de lÉglise romaine.
et dans toutes les sociélés chrétiennes, en Orient, en Occident, parmi les Latins, les Gi'ecs, les Moscovites, les Arméniens, les Nestoriens, les Indiens, lesCophles, les Élhiopicns. Celte universalité du changement contribue infiniment à en faire voir l'impossibililé, parce qu'il est contre la nature que l'esprit de tous les chrétiens du monde se soit trouvé disposé en même temps 3 embrasser une erreur contraire à leurs préjugés , à leurs sens et à leur raison; que toutes les passions qui portent une société divisée d'une autre à rejeter les opinions de celle dont elle est séparée, se soieiit étouffées en faveur de l'opinion du monde la plus capable d'attirer la contradiction, celte Kiême désunion subsistant à l'égard de toutes les autres opinions contestées.
Cette seule circonstance l'ait voir clairement l'impossibilité de ce prétendu changemen?, ; el c'est pouronoi nous avons cru êli'e obligés de montrer avec tant aetcnfiue que toutes les sociélés séparées de l'Église rojiiain« étaient unies avec elle dans 'e point de la
établissement universel d'une doctrine extraordinaire , ce qui ne peut subsister avec la diversité infinie d'esprits, de vues , d'inclinations, qui se rencontrent en tant de différentes sociétés qui , étant divisées sur les moindres choses, n'auraient eu garde de
Il rapporte la coutume de jeûner jusqu'au soir qui s'est changée dans l'Église latine en celle de rompre le jeûne à midi. On en voit la cause : c'est le re!âc!iement des mœurs des chrétiens ; il ne la faut point chercher ailleurs. 11 n'est pas besoin que la raison
soit corromjme pour cela , il suffit que la volonté le s'unir dans une doctrine si choquante qu'il est étrange
soit, et que l'Église ensuite tolère cette faiblesse de ses enfants. Mais l'ancien jeûne s'observe néanmoins encore dans tout l'Orient et dans tontes les autres communions schismaliques avec autant de rigueur que jamais , l'austérité plus grande n'étant pas une marque certaine ni do la vraie foi ni de la vraie vertu.
Il nous rapporte la coutume de faire prendre aux
qu'elle eût trouvé seulement quelque petit nombre de sectateurs, à moins qu'elle n'eût toujours été autorisée par un consentement universel.
Ce même défaut se rencontre dnns l'exemple pré cèdent de la coutume de donner du lait et du mie! aux nouveaux baptisés , qui a été abolie. Ce n'est pa« un établissement, c'est une cessation ; et celte cessation n'a rien produit d'uniforme , les différentes so
nouveaux baptisés du lait et du miel, qui s'est, dit- ciélés pratiquant différentes cérémonies da-is le bap
il , changée. C'est un exemple fort bien choisi pour le comparer avec l'éiablissement de la doctrine de la présence réelle, et qui fait voir quel est le discernement et la justesse de l'esprit de M. Claude; mais pour ce qui regarde l'universalité , il devrait avoir fait voir auparavant que cette coutume ait été générale dans tomes les églises, ce qui n'est nullement vraisemblable.
L'exemple que M. Claude allègue de la coutume de donner part au peuple dans l'élection des évèques a mille défauts. Jamais changement ne fut moins insensible. On en sait tous les degrés , et ces degrés sont marqués par des canons de conciles, des lettres de papes ou des concordats. Le petit peuple fut exclus de l'élection des évoques dans la plupart des églises d'Orient dès le quatrième siècle. On l'attribua absolument aux métropolitains dans le septième et le huitième concile général. Le peuple, ou plutôt les personnes qualifiées, ont retenu plus longtemps en Occident quel<iue part aux élections , comme il paraît par diverses lettres de Grégoire Yll. Ainsi c'est un changement qui a été fait en l'espace de sept ou huit siècles au vu et au su de tout le monde. Mais outre les autres défauts il a encore le défaut d'universalité, non dans la coutume changée, mais dans la coutume établie. Car en ôtanl au peuple la part qu'il prenait aux élections, on n'a pas établi partout une même forme d'élection; au contraire il n'y a rien de plus différent que l'usage et les coutumes des diverses églises sur ce point. On les choisit d'une manière en France , d'une autre aux Pays-Bas , d'une autre en Allemagne , d'une antre en Italie , d'une autre en Grèce , d'une autre en Étl>io|iie , dont le patriarche est toujours élu par les religieux éthiopiens résidant en Jérusalem. Cepeiid.mt c'est de quoi il s'agit, car il n'est pas que^tion d'une coutume universellement abolie , mais d'une doctrine nouvelle universellement établie , ce qui est extrêmement diflérenl. Une incommodité générale peut bien abolir universellement une coutume ; mais quand il s'agit de remédier à un abus, chacun se parlnge et suit ses vues di/Térentes dans le choix des remèdes : et c'est ce qui fait voir parliculièrement l'impossibilité du changement sur le sujet de l'Hucharisiie ; car il faudrait dire que ce serait un
lême, en conservant !e même esprit, qui est d'expri mer par des signes extérieurs les eiTels intérieurs (!e ce sacrement. Il n'y a proprement que les calvinisies qui aient changé sur ce point la docirine de l'Église en abolissant par un attentat sacrilège toutes les cérémonies du baptême autorisées par toute l'antitiuiié, et en faisant de ce retranchement une partie de leur prétendue réformai ion.
II n'y a rien de moins universel que le chaiigem-rut que M. Claude prétend être arrivé sur le sujet des images : il ne peut attribuer loi même l'opinior. qu'il ne fallait pas les honorer d'un culte religieux, qu'aux seuls évoques assemblés à Francfort ; et il ne s'ensuit pas de là qu'elle fût de tous les évèques de France, et encore moins do tous les ecclésiastiques et de tout le peuple. Mais il est certain que ce n'a jamais élé celle des papes, et qu'elle était expressément condamnée en ce même temps par les évêques d'Orient : de sorte que l'opinion de ces évoques dé Francfort étant si particulière , il ne faut pas «lemander, comme fait M. Claude, comment le sentiment contraire a pu prévaloir, mais comment ces évêques ont pu entrer dans ce sentiment. Car pour la cause du changement do ce qu'ils avaient voulu établir, elle est toute visible : c'est que tout le corps de l'Église a entraîné la partie, et que la raison l'a emporté sur une opinion déraisonnable et qui se contredisait.
Ces évoques admettaient le culte de la croix. Or les cr(»ix que nous avons dans les églises ne sont que des images de la vraie croix.
Ils adnictiaienl l'usage historique des images, c'està-dire l'emploi que l'on en fait pour conserver la mé- A nioire des personnes et des actions ; et ils condamnaient les iconoclastes qui les brisaient et les étaient des églises. Or le moyen de séparer l'usage historique des images du culte relatif des mêmes imagos sans faire violence à la nature? Car le même mouvement de l'àme qui fait que nous sommes bien aises d'avoir des signes qui nous fassent ressouvenir de ce qm nous aimons et que nous respectons , nous porto aussi à aimer et à honorer intérieurement ces signes qui ne se présentent jamais à nous sans l'idée d'une chose que nou's honorons ; et cette révérence miérieure étant légitime , rien ne peut empccfier de ia
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que les miiii^ires? Les conciles mêmes qui ont élabU une autre discipline ne sont- ils pas demeurés d'accnnJ que Ton en observait autrefois une autre pour do bonnes raisons? Le concile de Trente ne marque-t-il pas expressément que l'on communiait autrefois sou^ les deux espèces , et que Ton donnait la communion aux enfants? Et n'approuve-il-pas celle pratique à l'égard de l'Église ancienne , en condanuiant la immérité des hérctiriues qui la veulent faire passer absolument pour une erreur contraire à l'insiitulion de Jésus-Clirist?
Voilà donc déjà deux différences bien expresses, et qui dislinguent étrangement ces changemonls que M. Claude nous propose comme élanl aussi difficiles que celui de l'Eucbarislie. La troisième ne l'est pas moins, et elle en comprend plusieurs. C'est qu'il y a une différence extrême enire les cbangemcnls de pratique et de discipline, et les cbangemenis d'opinion et de diigme , parce que la discipline est d'elle-même sujclie au ciiangemenl , el que ruiiliié en dépend des circonslances qui sont changeâmes : mais les dogmes sont immuables par leur nature , ce qui est vrai en un temps Icianl toujours. Chacun est prévenu que la discipline peut changer, el chacun est prévenu que les dogmes ne peuvent changer. On n'a pas lieu de condamner une discipline pour être nouvelle : et c'est une marque certaine de fausseté dans une doctrine que d'être nouvelle. Ainsi pour introduire une nouvelle discipline, il n'est pas besoin de tromper le monde ni de faire croire qu'elle est ancienne; mais, . pour introduire un nouveau dogme, il faut nécessairement en déguiser la nouveauté, ce qui est souvent impossible. Enfin la créance d'un dogme emporte nécessairement la condamnation de l'opinion contraire, au lieu que l'on peut embrasser une discipline différente d'une autre sans condamner pour cela celle que Ton quitte.
Ces différences que la raison nous fait découvrir entre les dogmes et les points de discipline nous font voir tout d'un coup que tous les ch;ingcmcnls allégués par M. Claude sont très-possibles, et (jne celui (ju'il prétend être arrivé sur le sujet de rEucbarislie est trèsimpossible.
On a pu changer la coutume de communier sous les deux espèces en celle de communier sous une espèce, le pain levé en |iain sans levain, les hosties é|)aisses en hosties minces, h\ coutume de donner du lait et du miel en une autre cérémonie, la forme ancienne des élections en une nouvelle forme, la rigueur du ]eûn(î ancien en un jeûne plus modéré : on a pu ôter aux enf.uils la comnmnion , (|ui ne leur a jamais été nécessaire. Ce ne sont que poiiils de discipline qui sont soumis au pouvoir de l'Église. Il n'a point été besoin pour les changer de tromper personne, ni de déguiser le changement ; il n'a point fallu dissimuler (|ue la prati(l(ie qu'on autorisait était nouvelle; il n'a point fallu condanmer l'ancienne; enfin on a pu embrasser ces nouvelles pratiques en conservant toute l'estime el iGlitÇ la vénération qu'on avait pour l'antiquité ; mais
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témoigner par des actions extérieures qui , ayant pour principe un respect que la religion cause et qui ne naît pas dune opinion purement humaine , s'appellent religieuses.
Aussi l'on voit que les saints , comme entre autres S. Grégoire (1. 9 Ind., n. 2 ; episl, 109 ; 1. 7 Ind., n. 2; episl. 5; idem, 1. 7 Ind., n. 2, epist. 5), qui semble, en condamnant l'action d'un évêfjue de Marseille, qui brisait les images jiour empêcher que le peuple ne tombât dans l'idolâtrie , ne parler que de l'usage historique , n'entendaient pas néanmoins un usage historique séparé des mouvements naturels qu'il produit, qui sont un culte et une révérence religieuse : et c'est pourquoi il approuve qu'on se prONlernc devant les images , et que si on les transporte d'un lieu en un autre, on le fasse avec révérence et avec respect.
Il n'est donc nullement étrange que l'opinion parliculière de ces évêques , contraire à la nature , à la raison et au consentement général de tout le reste de l'Église, se soit abolie, et (juc les papes qui curent cette sage condescendance pour eux que de ne les pousser pas sur ce point, el d'attendre que le temps dissipai celle illusion , aient eu le succès qu'ils espéraient d'une conduite si charitable. Tant s'en faut qu'il soit étonnant que cela soit arrivé, qu'il faudrait s'étonner si cela n'était point arrivé. Et c'est en vérité se moquer du monde que de vouloir se servir de ce changement si peu surprenant pour rendre croyable celui que les ministres prétendent être arrivé sur le sujet de l'Eucharistie.
Quand il n'y aurait point d'autre différence que celle-là, entre ces exemples du changement que M. Claude rapporte et celui dont il s'agit , c'en serait bien assez pour faire voir qu'il est contre le sens commun de les alléguer : mais eu voici d'autres qui ne sont pas moins sensibles.
Rien n'est sans doute plus étonnant que cet oubli universel que l'on trouve dans le onzième siècle, qu'il y eût jamais eu d'autre doctrine [larmi les chrétiens que celle de la présence réelle; et c'est en cela que consiste une des plus grandes impossibilités de ce chaiigcmenl suppo. é par les ministres. Car il faut pour cela étouffer, comme nous l'avons montré, toutes les passions naturelles qui devaient porter et les paschasisles et les prétendus beilramisles à faire un éclat sensible qui eût empêché ce! oubli.
M. Claude nous devait donc montrer cette terrible circonstance dans les exemples qu'il rapporte. Mais le moyen qu'il le lit, puisqu'il n'y en a aucun dans lequel h contraire ne paiaisse? A-l-on oublié dans l'Église romaine que l'on y ait autrefois coivnmnié sous les deux espèces, que les hosties étaient autrefois |this épaisses, que l'on y jeûnait aulre<"ois jusqu'au soir, que l'on donnait aux nouveaux baptisés du lait el du miel , que les évê(iucs asscnibiés à Francfort avaient eu une opinion particulière touc'^ant les images, que le peuple ait eu part aux éleciions? Les catholiques ne sont-ils pas aussi informés de ces ch;;scs
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