‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 257 sur 335 · PEUPÉTL'ITÉ DE LA FOI · texte numérisé non relu

PEUPÉTL'ITÉ DE LA FOI

P n'en est pas de même de la doctrine de la présence réelle. On ne l'aurait pu faire recevoir qu'en dissimulant qu'elle fût nouvelle : et c'est ce qui était impossible, puisque les évêques et les ecclésiastiques qui en auraient entendu parler auraient bien su qu'ils ne l'avaient point trouvée dans l'Église : de sorte qu'il eût fallu condamner au moins toute l'Église du temps où l'on commença de la publier ; il eût fallu que chacun se fût condamné soi-même d'une honteuse ignorance; et c'est ce qui fait voir l'impossibilité évidente de ce changement.

Et que M.Claude ne nous dise pas, sur un passage de Gélase, que l'on croyait dans l'ancionne Église qu'il n'était pas permis de communier sous une espèce, et que c'était une chose défendue do droit divin, car c'est se moquer du monde que de prétendre établir un dogme universel et reçu dans toute l'Église sur un seul passage d'un pape rapporté par Gratien , qui reçoit beaucoup d'explications très-raisonnables , et d'opposer ce seul passage à la pratique constante de toutes les églises du monde qui ont communié les fidèles sous une espèce en plusieurs occasions ; car ces occasions font voir clairement que l'Église ancienne n'a point regardé la communion sous les deux espèces comme un précepte indispensable , et qu'ainsi ce qu'elle a fait pour de certaines raisons se peut faire encore pour d'autres raisons que l'Église juge justes, comme la forme de baptiser par effusion, que l'Église ne pratiquait autrefois que dans la nécessité et dans des rencontres fort rares, est devenue la pratique universelle de l'Église latine, et même des calvinistes, dont la fantaisie ne s'est pas tournée à contredire l'Église romaine en ce point-là.

M. Claude est encore plus inexcusable en ce qu'il avance sur le sujet de la communion des enfants , car il ne se contente pas de dire que l'ancienne Église a pratiqué cette coutume, ce qui serait véritable; mais il soutient même qu'elle en a fait un dogme , et qu'elle a cru l'Eucharistie nécessaire au salut de ses enfants. Et néanmoins, en suivant les opiiiions de ceux de sa secte, il rejette également et celte pratique et cette doctrine , comme étant contraires à rinslilution de Jésus-Christ; de sorte qu'il paraît qu'il n'en veut faire une doctrine universelle de l'Église que pour avoir le plaisir de fouler aux pieds son autorité avec plus d'éclat , et de rejeter un dogme de tradition. U ne l'attribue pas à toute l'Église pour la suivre, mais pour la mépriser plus hautement , et pour s'autoriser par là dans le mépris qu'il lait d'un grand nombre d'autres traditions indubitables.

Je sais bien qu'il y a sur ce sujet quelques passages de S. Augustin et d'Innocent I qui sont difficiles ; mais M. Claude sait bien aussi que S. Fulgence et Bêde ont expliqué ces passages. Il sait bien que M. le cardinal du Perron et plusieurs autres auteurs catholiques y ont répondu; et ainsi il n'a pas droit de prendre pour fondement une chose si contestée : outre qu'il devait juger lui-même que ces passages, tels qu'ils soient, ne soûl nullement suffisants pour attribuer cette doctrine

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à toute l'Église , n'y ayant aucun exemple ni aucun passage dans tous les Pères où ils aient témoigné douter du salut d'un enfant baptisé parce qu'il n'aurait pas communié , quoiqu'ils aient pu prévoir ce cas, et qu'il pût arriver plusieurs rencontres qui obligeassent de séparer la communion du baptême. Ce serait un moyen sûr de renverser toute la doctrine de l'Église que de faire des dogmes et des opinions générales sur deux ou trois passages difficiles qui se rencontrent dans quelques Pères.

Une quatrième circonstance qui distingue encore étrangement ce changement prétendu dans la doctrine de l'Eucharistie de tous ces autres changements , est la nature même de cette doctrine; car il est clair que si elle eût été nouvelle, elle aurait dû surprendre extraordinairement tous ceux qui n'en avaient point ouï parler ; c'est-à-dire , toute l'Église.

En quelque disposition qu'on suppose les fidèles , il est certain , selon M. Claude même, que si Paschase en eût été l'inventeur, les peuples n'auraient jamais conçu Jésus-Christ aulre pari que dans le ciel ; et que tous les principes communs , qui font regarder comme impossible qu'un corps soit en même temps dans le ciel et dans la terre , auraient subsisté dans leur esprit ; et il est certain, selon la raison, qu'il est impossible de proposer la doctrine de la présence réelle à des personnes ainsi disposées sans les surprendre, sans les choquer et sans irriter toutes les passions qui s'opposent naturellement à ceux qui veulent nous montrer que nous avons été dans l'ignorance et dans l'erreur. Toutes ces choses contribuent étrangement à rendre impossible ce prétendu changement insi^nsible de l'Eucharistie, parce qu'elles portent à l'éclat, au soulèvement, à la résistance, aux disputes, aux contestations, qui empêchent le changement ou qui le rendent sensible. Or nulle de ces choses ne paraît dans les exemples de M. Claude.

Car est-ce une chose fort surprenante, qu'une église croyant que Jésus-Christ était tout entier sous chaque espèce , et les recevant séparément en plusieurs occasions, ait enfin, pour divers inconvénients, changé la pratique extraordinaire de ne le recevoir que sous une espèce, en pratique commune et ordinaire? Estce une chose fort surprenante, qu'on ail pris prétexte des cabales et des troubles qui arrivaient dans les élections où le peuple avait part , pour lui ôler la part qu'il y avait ; et même que l'Église ait été obligée de conseniir à la pratique qui s'est introduite en quelques lieux, en abolissant les élections canoniques? Est-ce une chose fort surprenante, et qui choque les sens, de diminuer la grosseur des hosties, ou l'austérité des jeûnes? Ya-t-il en cela rien d'extraordinaire, et qu: choque nos passions? Peut-on donc témoigner moins de justesse d'esprit, que de comparer des choses si disproportionnées, et qui sont si différentes, que par les mêmes raisons que l'on conclut qu'il est impossible que la doctrine de la présence réelle se soit établie par un changement insensible , on conclut qu'il en peut arriver dans ces autres , que M. Claude

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faux jours, et des obscurcissements passagers , (jui

prend pour exemple? Mais, comme j'ai dit , quand on n'a dessein que de tromper le monde , on se contente que les choses puissent recevoir les mêmes noms, et que loiit cela s'appelle cliangetnent , pour conclure , par le plus faux de tous les raisonnements , que si les uns sont possibles , l'autre l'est aussi ; le commun du inonde n'allant pas d'ordinaire jusqu'à ces différences , à moins qu'on ne les lui marque comme j'ai fail.

Je pourrais marquer encore d'autres différences; mais celles-ci ne sont que trop sulfisanles; et si M. Claude n'en est pas satisfait , peut-être que les autres ne seront pas de son humeur.

CHAPITRE XL Conclusion, oh l'on fuit voir en quel dcgi-é de certitude est C impossibilité de ce changement.

Je ne puis mieux finir, ce me semble, cet examen de l'impossibiliié de ce changement chimérique , ni représenter plus vivement l'aveuglement de ceux qui établissent leur religion et l'espérance de leur salut sur cette fable , qu'en faisant voir jusqu'à quel point on a sujet d'être assuré qu'il est faux , suivant les règles par lesquelles les hommes jugent de la cerlilude. Les philosophes n'en reconnaissent point de plus grande que celle des démonstrations, et principalement de celles des maihématiques , parce que les principes de cette science ont une netteté et une clarté particulières.

Il faut néanmoins reconnaître qu'il y a quantité de choses dont on n'est pas moins convaincu que de celles-là , quoique l'on n'en ail pas de démonstration , cl que souvent la multitude des hasards qu'il faudrait assembler pour faire une chose fausse est lelle, que l'on juge cet assemblage impossible. Il n'y a point de personne qui se crût en aucun danger, si elle était obligée à perdre la vie au cas que certaines nouvelles publiques et constantes se trouvassent fausses; comme, par exemple, la mort du Pape Alexandre VII, l'embrasement de Londres , et le tremblement de terre qui a renversé une partie de la ville de Raguse ; ou bien, au cas qu'un aveugle, assemblant au hasard des lettres d'imprimerie , rencontrât l'Enéide de Virgile. La ceititude que nous avons que cela n'arrivera pas, cl que ces nouvelles sont véritables , suffit pour nous ôler toute crainte raisonnable, et pour faire que l'on hasarde sur cela sa vie sans témérité, pour le moindre intérêt. Et en effet, on la met tous les jours, en sortant dans les rues, infiniment plus en danger qu'elle ne serait par la fausseté possible de ces nouvelles , ou de ces événements.

On peut dire même qu'il y a quelque chose qui pé- ' nètre plus l'esprit , et qui est en quelque sorte plus intérieur dans la certitude que nous avons de certains faits que dans les démonstrations mêmes; et je ne [ sais s'il y a des mathématiciens assez fermes dans leurs principes pour n'aimer pas mieux exposer leur vie sur I la certitude de l'embrasement de Londres , que sur I celle de leurs plus claires démonstrations. Car dans Ces choses spiriiueiles et abslraites, quelque certaines qu'elles soient, il peut venir néanmoins de certains

arrêtent un peu l'esprit , el qui sonl capithles de causer au moins quelque crainte de se tromper; mais l'on ne craint point du tout que la nouvelle de l'embrasemenlde Londres, ou de la mort du papcdéliint, soit fausse. On en est assuré; et cette assurance pénètre tellement l'esprit, qu'elle ne lui laisse aucun moyen d'en douter.

Or, comme entre ces faits et ces événements certains il y en a qui dépendent de la volonté des hommes, et d'autres qui dépendent purement d'un assemblage de plusieurs hasards, si Ton compare maintenant la certitude des uns et des autres, on trouvera que, quoique pour rendre faux ces faits dépendants des hommes il faille un moindre «lomhrc de cautes, nous en sommes néanmoins plus assurés que des événements qui ne dépendent que du hasard.

On a sujet, par exemple, d'être assuré qu'un imprimeur aveugle, qui se met à arranger autant do caractères qu'il en faudrait pour composer l'Énéidu de Virgile, ne rencontrera pas cet ouvrage tout entier; mais la certitude que nous avons que cet assemblage n'arrivera point n'est pas néanmoins si grande quo celle que nous avons que Londres fut à demi-brùlée il y a deux ans. Car enfin un habile matliémalicien peut assigner combien il y a d'arrangements de ces lettres qui sont possibles ; et entre ces arrangements possibles, celui qui fait l'Énéidc de Virgile en est un, et n'est pas moins possible que les autres; chacun en particulier étant aussi impossible que celui-là. Cependant en arrangeant au hasard ces caractères , on tombera par nécessité dans quelqu'un de ces arrangements, dont chacun déterminément est regardé comme impossible ; et ce peut être celui qui lait l'Énéide de Virgile aussi bien qu'un autre.

Je puis donc craindre, avec quelque petite apparence, que cet imprimeur aveugle ne rencontre tont d'un coup l'Enéide de Virgile. Je vois et je sens la raison de celle crainte ; mais je n'en vois aucune do craindre que l'embrasement de Londres soit Ciiix, ni dépenser que lepapedéfunt nesoitpas mort. L'esjirit ne balance point là-dessus, et il est en un entier repos.

Cela vient sans doute de ce que la certitude de cci événement ne dépend pas purement d'un assemblage de hasards, mais que la volonté des hommes y a part: car il est certain que de tous ceux qui ont dit que la ville de Londres avait été brûlée il n'y en a aucun qui ne l'ait voulu dire ; et comme il est impossible, si elle n'avait point été effectivement biûlée, qu'entre tous ceux qui l'ont dii il n'y en eût une terrible quantité qui sussent q>ie cette nouvelle serait fausse, il faudrait avoir perdu le sens pour s'imaginer qu'ils ont tous eu des raisons pour aimer mieux dire ce mensonge que la vérité; [arec que tous les lionmies qui mentent, ne mentent que par quelque intérêt et par quelque vue humaine. Or il est impossible qu'il ne fût venu dans l'esprit de qneliiu'un qu'il ét;(il beau de dire cette vérité, ci do desabuser le niondvdc ttifcj

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lîneur ; et que même il n'y en eût eu qui auraient irouvé leur compte à le faire.

Il est donc visible que la certitude que nous avons de rimpossibililé de certains événements humains , dépendant de l'esprit et de la volonté des hommes, qui ue seraient possibles qu'en faisant agir les iiomnies contre leur nature, est en quelque sorte la plus grande certitude humaine qu'on puisse avoir après celle des sens ; et je ne sais même si ce que nous avons éprouvé par les sens, ne subsistant plus que

que l'on a que c'est une fable et une fawsseié n'est pas moindre que celle que l'on a que ces cent mille personnes ne se sont point unies pour faire croire aux Français un faux eii.brasementde Londres ; parce que pour faire réussir celle innovation, il faudrait faire agir les hommes d'une manière encore plus contraire à la nature, et unir plus de personnes dans des des-

sems extravagants.

r 11 faut supposer que la doctrine de la présence réelle étant inconnue à tous les chrétiens, du monde,

dans la mémoire, nous en sommes plus assurés que ait été proposée par un jeune religieux, dans quatre

de ce que nous savons en cette manière. On est, p:ir ou cinq chapitres d'un livre, comme l'unique doctrine

exemple, tout aussi certain qu'il y a une ville de Rome, de toute l'Église. Cela est fort difficile. 2° Il faut sup-

quoique l'on n'y ait jamais été, qu'on l'est qu'il y a poser qu'après cette entreprise insensée personne

une ville de Rouen, après qu'on l'a vue et qu'on y a logé.

Or la certitude de la fausseté de l'innovation prétendue que les ministres supposent être arrivée au dixième siècle est proprement de ce dernier genre. C'est une certitude qu'on a qu'un fait humain, dépendant de la volonté des hommes, est faux. Et si l'on en considère bien toutes les circonstances, on trouvera qu'elle n'est pas moindre que celle de l'embrasement de Londres. Pour en être persuadé , il

n'ait eu la charité, trente ans durant, de l'avertir qu'il était fou. Cela est encore très-peu probable. 3" Il faut supposer que cette nouvelle doctrine, si contraire à la raison, aux sens et au consentement public, n'ait jamais été condamnée par aucun jugement ecclésiastique, et qu'elle n'ait même été déférée à aucun tribunal. 4° Il faut supposer que tous les lidèles ayant passé de l'état de ne pas croire la présence réelle, à l'état de la croire, aucun n'ait parlé de son changement, n'ait déploré le temps de son ignorance, et n'ait

n'y a qu'à comparer les fondements de l'une et de témoigné de la joie d'avoir appris un secret si impor-

i'autre.

Toute la certitude que l'on a en France de l'embrasement de Londres est fondée sur peut-être dix mille lettres qui sont venues de Londres et qui s'accordent toutes dans le récit de cet événement ; sur peut-être

tant. 5° Il faut supposer que de dix millions de personnes qui auraient dû s'employer à persuader aux autres la présence réelle, nulle ne s'est mise en peine de faire aucun livre pour l'établir. 6" Il faut supposer que dix millions de prédicateurs de la présence

quatre on cinq mille Français, qui ont été depuis ce réelle auraient tous résolu, d'un commun accord, de temps-là en Angleterre, et qui, l'ayant vu de leurs ne rien écrire, ni de leurs progrès, ni de la résistance yeux, l'ont rapporté à leur retour; sur le rapport qu'on leur faisait; de ne se planidre point de la dureté

d'autant d'Anglais qui l'ont dit en venant en France ; sur ce qu'y ayant un très-grand nombre de personnes en Angleterre et en Hollande, qui savent ce qu'on en croit en France, et qui ne pourraient ignorer que ce bruit serait faux s'il l'était efiectivement, il n'y en a aucune qui ait pris la peine de détromper les Français. Mais quoi qu'il en soit, il est certain que le nombre de ces témoins qui savent la chose par eux-mêmes, et qui savent en même temps ce qu'on en croit en France , n'est pas infini. Qu'il monte, si l'on veut, à cent mille personnes, il s'ensuit toujours de là que s'il était possible que cent mille personnes, dont la plupart ne se connaissent pas, s'unissent dans le dessein de publier et de soutenir un mensonge tel que celui-là, sans qu'aucun se démentît, il serait possible que l'embrasement de Londres fût faux. Mais parce que nous savons certainement, par la connaissance que nous avons de l'esprit des hommes, qu'ils ne sont pas capables d'un si étrange dessein, nous regardons avec raison cet événement comme impossible, et nous en avons une certitude pleine et entière.

Que l'on prenne maintenant la peine de comparer l'événement de l'innovation que ces messieurs prétendent être arrivée, et qu'on en examine toutes les circonstances, en y joignant les faits certains et qu'ils ne pcuveal démentir, et l'on trouvera que la certitude

des peuples, et de ne se réjouir point des bénédictions que Dieu répatidait sur leurs travaux. 7" Il faut supposer que de cent millions d'hommes à qui on aurait dû proposer cette doctrine durant le dixième siècle, nul ne se serait mis en peine de la combattre par écrit. 8" Il faut supposer que l'esprit de cent millions d'h )mmes se serait trouvé tourné à embrasser, durant un siècle, une opinion contraire à leur raison, à leurs sens, à leur coutume, à leurs préjugés, à la foi dans laquelle ils avaient été nourris. 9" 11 faut supposer qu'un très-grand nombre d'expressions très-communes, très-populaires, et qui éiaient dans la bouche de tous les chrétiens du monde, auraient changé de sens par toute la terre, sans que personne s'en soit aperçu, et qu'on aurait commencé d'y substituer une idée toute nouvelle, en entendant le vrai corps de Jésus- Christ sous les mêmes termes par lesquels on ne comprenait autrefois que sa figure. 10° 11 faut supposer que toutes les passions qui portent à contredire ceux qui nous veulent montrer que nous avons été dans l'ignorance et dans l'erreur pendant une jiartie de notre vie se seraient éteintes, et n'auraient point fait leur effet ordinaire dans ce siècle. 11° Il faut supposer que les haines et les animosités qui divisent les sociétés d'Orient de l'Église romame n'auraient empêché aucune d'entre elles de recevoir l'opiniou de

977 LIV. X. CONSÉQUENCES DE L'ACCORD la présence réelle, qui aurait été inventée dans l'Église l;siine au neuvième siècle. iT 11 faut supposer que ces sociétés ne se seraient montrées dociles qu'en un seul point ; que leurs passions n'auraient cessé d'agir que duns un seul point, et qu'ayant toutes pris de l'Église romaine la foi de la transsubstantiation, elles n'auraient voulu la suivre dans aucun des autres, pour lesquels elles se sont divisées d'elle. 13" Il faut supposer qu'il y aurait eu au dixième siècle un nombre infini de missionnaires inconnus, qui, ayant beaucoup plus fait que les apôtres, auraient néanmoins caché leur nom à la postérité. IA° 11 faut supposer que tous ces missionnaires inconnus auraient eu partout le même succès , et qu'ils n'auraient jamais manqué de convertir tous ceux à qui ils auraient annoncé celte doctrine. ltj° Il faut supposer qu'après cette instruction générale de toutes les sociétés clirélieniies, elles convinrent toutes dans le dessein de cacher à la postérité qu'elles n'eussent commencé qu'au dixième siècle à croire la présence réelle. 16" 11 faut supposer que tous ceux qui ont écrit les vies des empereurs, des princesses, des saints du dixième siècle, se sont rencontrés, ou sont convenus, dans le dessein de cacher la part que ces princes, ces princesses et ces saints auraient dû avoir dans l'établissement de celte doctrine. 17° 11 faut supposer que tous les auteurs qui ont parlé de l'Eucharistie se sont unis, ou par hasard, ou de concert, dans la résolu! ion de cacher à la postérité que l'Église fût divisée de leur tenips sur ce mystère. 18" 11 faut supposer une patience admirable dans toutes les sociéiés et les églises du monde à se tolérer les unes les autres, pendant

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