‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 281 sur 335 · CHAPITRE \n · texte numérisé non relu

CHAPITRE \n

Où l'on fait voir que M. Claude est aussi peu juste dans ses railleries que dans ses plaintes.

Comme Tailleur de la Perpétuité n'a point donné à M. Claude de juste sujet de plainte, il ne lui en a point aussi donné de faire des railleries de ses paroles ; et son air assurément est assez peu propre à être tourné en ridicule. Cependant M. Claude, qui savait que ce genre d'écrire n'a pas peu de force pour s'insinuer datis

dues dans son livre, d'une manière qui témoigne qu'il a cru que c'étaient des pensées rares et ingénieuses. 11 a ciioisi d'abord à ces railleries la place la plus bonorable qu'il a pu, en les mettant dans sa préf;ice même, comme les jugeant propres à donner d'abord une impression favorable de sa cause. Je n'ai pas cru, dit-il, que je me dusse servir de ce nouveau et plaisant moyen, que raideur a inventé pour réfuter le livre de M. Aubertin, en mettant, dit-il, en preuve ce qu'il met en objection, et en objection ce qu'il met en preuve. En effet, c'est vouloir faire comme Alexandre, qui coupa le les esprits, a voulu aussi nous montrer ce qu'il y savait nœud qu'il ne put dénouer : c'est au moins traiter les

faire, et il a lâcbé en plusieurs endroits de divertir le monde aux dépens de l'auteur de la Perpétuité. Ce qu'il a cru le plus propre pour ce dessein, est une parole qu'il dit en passant, que pour trouver dans le livre d'Aubertin un excellent livre, il ne fallait que changer les objections en preuves et les preuves en objections. Ce mot ayant fait produire à M. Claude une grande quantité de pensées qu'il a cru fort agréables , il les a rép;indues en divers endroits, comme nous verrons tout à l'heure, afin de ne consumer pas tout d'un coup tant de belles choses. Certainement s'il n'avait point fait de fautes plus considérables que celles qu'il a commises en ce point, on ne s'arrêterait pas à les relever ; mais puisque nous sommes en train de vider les différends personnels de ces deux auteurs, je pense qu'il ne sera pas inutile d'examiner aussi celui-là, puisqu'on sait que ces railleries n'ont pas peu servi au succès du livre de M. Clauile. Quand une personne en traite un® autre de ridicule, il est certain qu'il y a quelqu'un de ridicule, mais ce n'est pas toujours celui qui est alla que ; c'est aussi souvent celui qui l'attaque mal à pro

matières fort cavalièrement. Je me suis souvent étonne de voir que, dans la communion romaine, les hommes deviennent grands disputeurs du soir au lendemain, et à fort grand marché; mais je ne m'en étonne plus tant, puisque l'occupation des gens d'esprit d'aujonrdliuiue consiste presque plus qu'à abréger le travail. Ce ne sonl que méthodes nouvelles, que manières faciles, et en vingtquatre heures on fait d'un écolier un puissant controversiste. Vingt quatre heures ! C'est trop, il ne faut que deux moments pour apprendre à dire : Je change les preuves en objections, et les objections en preuves. Les pauvres ministres ont beau se tuer; ils suent, ils se consument trente ans durant pour composer de gros volumes, pleins de savoir et de force, et ils ne prennent pas garde que sept ou huit mots abattent tout leur ouvrage. Que l'année soixante-quatre est heureuse d'avoir produit une si favorable i}tvention que tous les siècles passés avaient ignorée ; et que nous sommes redevables à l'auteur d'avoir voulu nous divulguer son secret ! Car nous disputerons maintenant à peu de frais. Les tms changeront les preuves en objections, et les objections en preu^

pos. Il faut donc voir si c'est l'auteur de la Perpétuité, ves ; et les autres remettront les preuves en preuves, et ou si ce n'est point au contraire M. Claude ; et Ton en jugera facilement par la remarque suivante.

Les meilleures choses étant répétées, perdent beaucoup de leur grâce, parce qu'il paraît que celui qui les rebal en est trop occupé; ce qui est toujours incommode. Néanmoins la nécessité peut excuser la répétition des raisons et des preuves, et obliger à passer

les objections en objections. Car puisque l'art est devenu commun, il ne nous sera pas moins facile de rétablir le livre de M. Aubertin, qu'il l'est à l'auteur de la Réfutation de le renverser.

Yil-on jamais un homme plus plein et plus satisfait d'une raillerie? Il ne saurait la quitter : il la tourne en diverses manières, tant elle lui paraît agréable. Il

par-dessus la délicatesse de ceux qui s'en rebulent. n'a pu nicme en demeurer là. Comme il en était i.os-

Mais comme il n'y a nulle nécessité de répéter des sédé, il la répète dans son livre tout de nouveau, avec

railleries, on a sujet d'en être choqué; jiarce que la même effusion. N'est-ce pas, dit-il (p. iU) après

c'est un signe que ceux qui le font ont trop de com- avoir rapporté les mêmes paroles, une agréable mé-

j)laisai!ce pour des bagatelles, qui ne sont supporta- thode pour terminer tout d'un coup bien des différends,

blés que quand elles échappent sans réflexion. gt poxir réfuter à bon marché un livre tel que celui de

Ce défaut est encore plus grand quand on étend ces M. Aubertin? L'invention en est bonne, pleine d'esprit,

railleries, qu'on les met en vue, et que l'on s'y arrête et propre pour faire gagner les mauvaises causes. Il ne

longtemps. Que s'il se trouve avec cela que ces rail- faut que prendre pour preuve ce qui est en objection, et

leries soient fausses et contre le bon sens, elles sont tout à-faii ridicules, et elles marquent un défaut d'esprit fort considérable.

M. Claude m'excusera si je lui dis qu'on peut remarquer tous ces différents degrés dans les railleries qu'il fait sur cette parole de l'auteur de la Perpétuité,

pour objection ce qui est en preuve. Elle serait fort à l'usage de ceux qui ont mal administré l'argent public, qui rendraient admirablement bien leurs comptes si l'on voulait changer les articles de la dépense en recette, et ceux de la recelte en dépense.

Il pousse encore la chose bien plus loin dans cet

dont j'ai parlé. Car ses railleries sont fausses, étant enoroît, c.'uime ceux qui en ont le loisir peuvent voir; fondées sur un f\iux sens qu'il lui plaît de donner à mais jo craindrais de lasser le monde si j'en rapporces paioles : et cependant elles sont répétées et élen- lais davantage.

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