CHAPITRE Vin
D^une plainte que M. Claude pourra faire, qui est que l'on tourne souvent sa rliétoriqiie en ridicule.
Après avoir satisfait aux principales plaintes que M. Claude fait conlre l'auleur delà Perpétuité, je crois en devoir prévenir une antre, que la connaissance que l'on pt'ut avoir de son humeur par son livre donne sujet de prévoir : car s'il a été si sensible à quelques petits reproches q\ie l'auteur de la Perpétuité lui avait faits, ou a sujet de craindre qu'il ne Irouve pas fort bon qu'on ail fait voir en plusieurs endroits les défauts de sa rhéiorique ; ce qu'on ne peut guère faire sans la rendre ridicule.
Je suis d'autant plus obligé de lui rendre raison de ce procédé, qu'il est contraire à ma première inclination et à mon piemicr dessein. Les matières qui font le sujet de notre con'estation sont si grandes et si sérieuses , l'état de ceux qui sont engagés dans l'hérésie est si misérable , et le danger où ils sont de périr éternellement est si terrible, que la foi qui nous découvre ces grands objets semble ne nous permettre pas de nous occuper des moindres, et principalement de ceux qui ne paraissent pas si sérieux.
D'ailleurs comme nous devons avoir pour but de gagner ceux mêmes avec qui iious disputons , et que la charité nous oblige de prendie les voies les plus naturelles pour y réussir, elle nous doit éloigner de tout ce qui peut aigrir le cœur, et rendre l'esinit moins disposé à recevoir la vérité. Je puis assurer M. Claude que j'ai toujours été dans cette disposition , et que j'aurais extrêmement désiré que cette dispute se passât entre nous d'une manière, non seulement civile, mais pleine de respect et de déférence, et qu'il ne m'eût pas obligé de faire remarquer en lui d'autre défaut que celui de ses preuves et de ses raisons.
C'est aussi par un effet de celte inclination qu'il ne trouvera rien de personnel dans cette réponse : si on lui fait quelque n proche, il faut qu'il naisse des choses mêmes ; on ne le conn lît queparson livre, comme je l'ai déjà dit ; on ne s'amuse pas à fouiller dans son cœur, ni à deviner les motifs secrets qu'il peut avoir eus dans tout ce qu'il dit, quoiqu'il ait donné lieu autant qu'aucim antre à ces sortes de divinations et de conjectures.
11 est vrai qu'on n'a pu étendre cette retenue jusqu'au point où l'on aurait désiré, (;t que l'on s'est cru obligé en quelques endroits de faire diverses peintures du caractère de son esprit, et surtout de faire remarquer les défauts de cette ïmmpeuse riiéiorique qu'il a affectée dans tout son livre ; mais je crois que, pourvu qu'on veuille considérer les raisons qui ont obligé à cette conduite, il faut avoir bien peu d'équité pour ne la pas approuver, et pour !a croire contraire à cette disposition de charité qu'on doit avoir dans le cœur, et qu'on doit témoigner par ses paroles à ceux que l'on désire de rappeler à l'unité de l'Église.
Le principal but des réponses que l'on fait aux écrits de ceux qui attaquent b doctrine de l'Eglise, e.sl de