‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 287 sur 335 · LIV. XI. DIFFÉRENDS ENTRE M. CLAU · texte numérisé non relu

LIV. XI. DIFFÉRENDS ENTRE M. CLAU

comme il renonce à rautorilé de l'Église , il n'a anciin lien commun pour embrasser tous les mystères; il n'a aucun ferme appui pour se soutenir contre les difûcultés qu'ils enferment lorsqu'elles le frappent vivement ; il n'a aucun contrepoids assez fort pour résister à l'Impression qu'elles font sur son esprit, ni pour empêclier qu'elles ne l'enlraîiient dans le dernier excès de riinpiélé.

Je sais bien qu'il alléguera qu'il est suffisamment retenu par l'autorilé de l'Écrilure ; mais qu'il est aisé à ^e^p^it humain de se rendre maître d'une règle morte, sans même la contredire ouvertement! qu'il est aisé de l'ajuster à son sens, et de se persuader qu'elle ne le combat point , quand on fait profession , comme font les calvinistes, de renoncer à l'aulorité de la tradition qui détermine ce sens !

Aussi c'est en suivant ces principes calvinisles que les sociniens ont rejeté absolument tous les articles qui choquent la raison humaine, sans néanmoins renoncer à l'Écriture, et en la tournant seulement à leur sens. Ils n'ont fait que marcher plus avant dans la voie que les calvinisles leur avaient tracée, et pousser plus loin les conséquences des maximes qui leur sont communes. Ils n'ont pu souffrir ces bornes de caprice que les calvinisles voulaient mettre à l'empire absolu delà raison sur la foi après en avoir reconnu la juridiction ; et ils ont conclu que si les calvinisles se permettaient bien de rejeter un dogme reçu par l'Église romaine , parce que leur raison en était choquée , ils pouvaient bien aussi rejeter des dogmes reçus par les calvinistes, qui ne leur paraissent pas moins contraire» à la raison.

Il est vrai que les calvinistes ne vont pas si loin qu'eux ; mais il est vrai en même temps que ce n'est que la fantaisie qui les arrête : ils s'appliquent aux preuves de certains mystères, et ils n'en considèrent les difllcultés que de loin ; et ainsi ils les reçoivent. lis considèrent les difficultés des autres mystères de près, et les preuves de loin ; et ainsi ils les rejettent. C'est le procédé que nous avons vu tenir à M. Claude à l'égard de la Trinité et de la iranssubslanlialion ; mais comme il n'est établi que sur un caprice sans raison, il est sujet à l'inconstance des caprices et des fantaisies humaines. Si l'imagination de M. Claude prenait un autre tour, je ne sais où elle le porterait , el j'avoue qu'il me fait une extrême peur quand il parle de la Trinité , et qu'il fait fort bien de se fermer les yeux pour n'en envisager pas les difficultés d'une manière si vive, puisqu'il n'a aucun ferme lien qni le puisse retenir, el qui l'attache à la vériié, et qu'il fail lout dépendre de la mobilité de son propre esprit.

Aussi on ne lui a voulu montrer que de loin ces difficultés , et d'une manière qui , étant capable seulement de lui faire voir le danger où il était, lui pût donner de la défiance d'une si mauvaise voie. Mais si ces difficultés l'étonnent justement quand il les regarde, parce qu'étant sous la conduite de sa raison il n'a rien de fixe ni d'arrêté, qu'il ne juge pas de même

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