‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 32 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Que l'auteur de la réponse ne propose aucun exemple de changement insensible qui ait quelque rapport avec celui qu'il prétend être arrivé sur le sujet de rEucharislie.

Je n'ai plus , pour finir cette seconde partie, qu'à dire un mot de quelques exemples que l'auteur rapporte de changements insensibles, qui nous obligeraient àdelonguesdiscussions, s'il fallait réfuter toutes les erreurs qu'il y mêle. Mais parce que tous ces exemples ont ce défaut commun qu'ils n'ont rien de semblable avec celui dont il s'agit , il suffit de les rejeter tous par cette raison commune. Si l'on avait avancé généralement qu'il ne peut arriver dans l'Église aucun changement imperceptible, non pas même dans les pratiques cérémoniales, ou dans les opinions spéculatives et nullement populaires, tout exemple contraire détruirait cette maxime. Mais on s'est bien donné de garde de la proposer dans celte généralité. On l'a restreinte et limitée aux mystères capitaux e( connus par tous les fidèles d'une foi distincte , et qui oblige ceux qui ont des sentiments contraires sur ces ^ points à s'entreregarder les uns les autres comme \ des impies et des sacrilèges.

L'on dit, par exemple, que tous les chrétiens croyant de foi distincte que Jésus-Chrisi est Dieu , il est impossible qu'il s'établisse insensiblement dans l'Église une errçiu* contraire à cette foi , et que ja plu-

103 PART. III. CilAP. I. EXEMPLES DES MAUVAIS RAISONN. DE L'AUTEUR DE LA RÉP. im

part des chrétiens viennent à croire formellement que Jésus-Christ n'est pas Dieu, sans que l'on sache comm'ent cette opinion se soit introduite. On dit que tous les fidèles sachant qu'Adam a éié le premier homme, il était impossible que l'opinion contraire se répandît dans l'Église, sans faire de bruit, et sans y êlre aperçue. On dit qu'il est impossible que, tons

des exemples qui n'oiit rien de semblable à celui-là. Car il est très-possible, par exemple, qu'uno pratique qui a toujours élé licite en certains cas devienne ensuite plus commune, et même générale dans l'Église, comme celle de la communion sous une espèce. Il ne faut point pour cela changer de créance, ces deux pratiques subsistant avec la foi rju'on a lou-

les fidèles croyant présentement irès-disiinclcmcnt'^ 'jours eue que Jésus-Christ càt tout eniier sous chaipie et très-universellemeiU que le baptême est nécessaire espèce.

au 'salut, la coutume du baptême vienne à s'abolir insensiblement dans la plus grande partie de l'Église. El enfin l'on dit que le mystère de l'Eucharistie ayant toujours été le plus populaire de tous, et tous les fidèles ayant été obligés d'en avoir une créance plus distincte que d'aucun autre, parce qu'elle était continuellement renouvelée par la célébration des mysières et par la sainte communion , il est impossible qu'on ait inspiré insensiblement et universellement à tous les peuples de l'Église une erreur directement opposée à cette foi qu'ils avaient. D'où il s'ensuit que si l'on a cru la présence réelle au commencement de l'Église , l'absence réelle n'a pu s'introduire insensiblement, et sans causer des divisions et des troubles; et si l'on a cru l'absence réelle, la présence réelle ne pouvait de même s'introduire sans tumulte et sans contestation. Nous voyons la première de ces suppositions accomplie du temps de Bérenger, et toute l'Église soulevée pour exterminer l'opinion de l'absence

Les rois ont de tout temps pris quelque pari aux élections des évêqucs en certaines occasions. Ce fut Théodose qui choisit Nectaire. Et nos rois de la première et seconde race ont souvent pratiqué la niêaia chose, quoique les élections aient été souvent rélablies. Lechangemenl qui s'y est fait, n'est ni iusen sible, ni admirable : on en sait le commencement et les progrès ; la cause en est tout évidente. H n'y a donc rien do plus mal à propos que ces exemples.

L'élévation de l'Hostie n'est qu'une ccrcmonie ; uku-j il est faux qu'elle soit nouvelle : l'auteur l'avance sans preuve , tî nous donne la liberté de le lui nier sans preuve.

Les vérités de la grâce n'ont jamais clé populaires dans toutes les conséquences qu'on e:i tire dans la The;)htgie ; et il est faux qu'elles ne le soient pas encore dans les points principaux et essentiels. Il n'y a point de catholique qui ne prie pour sa conversion, cl pour celle des autres ; et qui ne confesse par ses prières

réelle, lorsqu'elle commença de p;iraîlre. Elle a pro- que c'est Dieu qui convertit et change le cœur. Il n'y

duil ce qu'elle devait naturellement produire, et elle a excité les troubles et les divisions qu'elle devait exciter.

Mais comme l'autre n'en a jamais fait, et qu'elle s'est trouvée paisible et dominante dans l'Église, sans

en a point qui ne lui rende grâces de ses bomies œuvres , et qui n'avoue par là qu'il en est le premier et le principal autour. Eiifiu l'instinct et la lumière comninne de la pieté portent tous les gens de bien à reconnaître Dieu comme auteur de tout le bien, et à no

que personne se soit jamais aperçu de sa naissance s'attribuer que le mal et le péché. Cela suffit pour ni de son accroissement, nous en avons conclu avec faire voir la différence de ces exemples que lauleur

raison qu'elle n'avait point d'autre origine que celle de l'Église même , et que de ce qu'elle n'a jamais causé de bruit , c'est qu'elle a été toujours constamment et universellement embrassée par tous les fidèles.

Voilà ce que l'on a dit, et les bornes auxquelles on s'est renfermé; et c'est ce (pi'on ne peut détruire par

de la réponse rapporte de ce changeuient univers;! de créance, qu'il prétend êlre arrivé sur le sujet de l'Eucliaristie. Il ne reste plus qu'à examiner quelques points particuliers qui regardent l'histoire de ce cliangemenl imaginaire, et qui, fiisant la 111' partie de l'écrit de l'auieur, feront aussi le sujet de la UT partie de celte réfutation.

"Stroi^umc ^mth.

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