‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 33 sur 335 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Divers exemples des mauvais raisomiemenls de l'auteur de la réponse en celte troisième partie.

L'auteur de la réponse tâchant de soutenir en la lU* partie de son écrit l'histoire fabuleuse qu'Aubertln a dressée de ce changement prétendu dans la créance de l'Eucharistie , il ne fait presque autre chose que répéter ce que l'on a déjà ruiné dans le premier écrit, sans y rien ajouter qui rende le récit qu'il en fait plus vraisemblable. Ainsi l'on peut dire avec vérité que si toute cette réponse n'a rien de solide

P. DE LA F. L

dans le fond, ellccsl néanmoins beaucoup plus lliiblu et moins colorée dans celle partie que dans les deux autres. Car il faut avouer qu'il y avait quelque chose d'assez ingénieux dans ces considérations générales, que nous avons réfutées , et même que cet amas de difficultés sur l'Eucharistie qu'il propose ensuite , était capable de faire quelque impression sur les esprits faibles.

Mais on ne voit dans cette troisième partie fjue l'esprit ordinaire de ceux de son parti , que l'on peut proprement appeler un esprit de dispute, et qui consiste à soutenir toujours son opinion à quelque prix

{QuatreJ

RÉFUTATION DE LA REPOiNSE D'UN MINISTRE. m

se rcnJrc Venais à la vérité , lors cl prétend que le synode de Crcssy était contraire k

s::;:;;; i:vo;;;"ïem^oyer tontes s^^^^^^ r^lssans discernement; à ne consulter pn.a, "on sens, et enfin à avancer témerairemen des choses irès-fausses, et à désavouer hard.ment les plus certaines. Je ne désire pas quon m'en cro>c sur La parole, et j'espère en donner des preuves assez claires pour en convaincre l'auteur même de celte réponse , pourvu qu'il veuille rentrer dans cet espnl de sincérité, qu'il semblait nous promettre dans le commencement de son écrit. Et c'est pourquoi, afin de ry obliger davantage, cl de lui faire mieux comprendre ce que c'est que ce mauvais can>cierc , je lui rapporterai d'abord quel.iues exemples de raisonne- Mu-nis peu justes et peu sincères, que l'on trouve dans cette troisième partie.

r' EXEMPLE.

Pour montrer que Bertram est un auteur embar- Tassé , et qui n'est pas si clairement favorable aux calvinistes , que des catholiques ne le pui-'.sent cxpliouer en un bonseus, et confonue à la doctrine de VÉglise, on s'est servi de l'autorité de Triièmc, qui le loue comme un écrivain ortbodoxe ; ce qu'il n'aurait jamais fait, s'il était visiblement contraire à la créance d,; l'Église Romaine, dans laquelle on ne peut d-mter que Trilème n'ait été, après les louanges qu'il donne à Lanfranc et i Guilmond.

Cet argument était assez vraisemblable; aussi l'auteur de la réponse n'a pas voulu le dissimuler. Il tâche donc de s'en tirer par cette pointe : Uabbé Tritème, dit-il, a donné des louanges à Bertram , je le crois bien; mais c'est qu'il est en effet louable, et cela ne fait qu'accroître son autorité. Sans doute que l'auteur aurait bien de la peine à donner un sens raisonnable h ces paroles. Un discours de l'Eucbarislie n'est louable on effet scion lui que lors(iu'il combat clairement la doctrine de la présence réelle : ainsi quand il dit que Trilème a loué Bertram , parce qu'il était en effet louable , cela veut dire dans son sens , que Trilème a loué Bertram parce qu'il combattait claire- Hient la présence réelle. Or Tritème était calholuiue , il ne le désavoue pas, et wi répimd rien à ce qu'on a dit pour le prouver. Il vent donc que Trilème catholique, cl croyant la présence réelle, ait loué Bertram })arce qu'il combattait la présence réelle. C'est le sens de celte pointe développée. Que l'auteur juge iuiméme , si ce n'est pas chicaner que de raisonner de celle sorte.

ir EXEMPLE.

On a remarqué en passant dans le traité que cet iiuteur a voulu réfuter, que Blondel élail tombé dans une surprise assez plaisante, par le désir de faire des adversaires à Paschase, qui est de joindre ensemble deux suppositions contraires. Car ayant vu d'un côté quUsserius supposant qu'Amalarins était catholique, fait le synode de Cressy calviniste, comme ayant coïKlamué Amalarius, et le rend ainsi adversaire de Pascliasc, il prend celle partie de celte supposition ,

Paschase, et conforme à la doctrine des calvinistes Mais trouvant de l'autre dans l'Épilome manuscrit du livre des divins Offices, qu'Amalarius , Raban cl lléribald avaient écrits contre Paschase, sans considérer que celle supposition était contraire à ce'lc d'Usserius , il fait encore d'Amalarius un adversaire do Paschase, de sorte qu'il feint que le concile qui a condamné Amalarius , et Amalarins condamné par le concile, étaient dans le nicnie sentiment, et également contraires à la doctrine de Paschase.

Cette contradiction est d'une part toute visible , et de l'autre elle n'est ni décisive de notre dilïérenl , ni fort injurieuse à Blondel. 11 n'y a personne qui ne soit sujet à ces sortes de surprises, el il y a bien plus de bassesses à les défendre quand on en est averii , qu'il n'y a de faute à y tomber : néanmoins l'auteur de la réponse n'a pu souffrir celte petite égratignure. Il s'en pique, et prétend y répondre. Je con-^ens qu'il le fasse, pourvu qu'il nous dise quelque chose de-niisonnable ; mais véritablement ce n'est pas une chose sup|)orlable que de répondre comme il fait. Il dit que la critique de l'auteur du traité contre Bloiid'I est tout à fait injuste , et indigne d'un homme de lettres. Il ne suffit pas de le dire , il le faut prouver. 11 ajoute que Blondel ne fait que dire en passant qu'il n'excepte pas le synode de Cressy du nombre de ceux qui ont contredit Paschase. Je n'ai jamais ouï dire qu'il soit permis de dire des sottises en passant. Enfin il dit , que dans ces sortes de clioses inconnues , et qu'on ne voit qu'antravers d'un voiie , chacun a la liberté de ses conjectures, et surtout des gens d'une littérature consommée. Mon Dieu, y a-l-il tant de mal à reconnaître une légère surprise, (|(ie pour l'éviter on ne craigne point de dire de telles absurdités? Il estpermisde faire des conjectures raisonnables sur les choses cachées ; mais il n'est pas permis d'en faire de déraisonnables et de contradictoires : la littérature consommée doit aider à éviter les conlradiclinns; mais elle ne donne pas le privilège de se contredire.

L'auteur conclut en disant qu'on a violé le droit des gens en faisant ce reproche à Blondel. Mais on lui peut répondre qu'il viole toutes les règles de la raison, qui sont encore plus naturelles que celles du droit des gens, en répondant de la sorte. Blondel n'a aucune qualité qui doive empêcher de remarquer ses surprises : on ne lui dérobe pas les louanges qu'on li;i peut donner véritablement : on ne dira jamais que ce n'ait pas éié un homme de grande lecture el de grande mémoire; mais si on prétendait le faire passer pour un génie fort élevé, pour un homme fort judicieux, pour un esprit fort net el fort juste , on ferait une autre sorte d'injustice, à laquelle toutes les personnes intelligentes ne consentiront jamais.

Iir EXEMPLE.

Il esi de la justesse de l'esprit de ne traiter pas de mépris et comme indignes de réponse des raisons considérables. El Ton s'assure que toutes les porson

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