PART. III. CIIAP. II
lies d'cspril mctlront en ce rang les réflexions que l'on a failes sur les livres de Pascliase.
Après avoir prouvé en passant, que l'Église élail au IX' siècle dans l'une de ces deux créances dislincles , (lue le corps de Jésus-Christ élail présent réellement dans l'Eucliarislie, ou qu'il en était réellement absent, el qu'il n'y avait qu'une de ces deux opinions qui fût maîtresse de la foi des peuples, pour montrer que c'était celle de la présence réelle, on dit que Paschase, qui était un homme sincère, en proposant la doctrine de la présence réelle, la propose toujours comme l'unique créance de l'Église de son siècle ; et qu'il témoigne qu'encore que quelques personnes eussent erré en secret sur ce point pur ignorance, nul n'avait jamais néanmoins osé s'élever en public contre une vérité si reconnue de tout le monde : Quamvis, dit-il, ex hoc quidam de ignorantiâ errent , nemo lanien est adliuc in aperto, qui liocita esse contradicat, quod totus orbis crédit et confiletur.
A quoi il ajoute, que quiconque voudrait choquer celte vérité s'opposerait à toute l'Église : Videatqui contra hoc venire voluerit , quid agat contra ipsum Dominum, et contra omnem Christi Ecclesiam. Nefarium ergo scelus est orare cum omnibus, et non credere quod Veritas ipsa testalur,et ubique omnes universaliter verum esse fatenlur.
Et de là on a lire cette conséquence, que si la do- Cirine de la présence réelle, que Paschase soulienl dans celte lettre à Frudegarde el dans tous ses autres livres, n'eût pas été la créance commune de l'Église, et que c'eût été la première fois qu'elle eût été produite au monde, il eût fallu que Paschase eût entièrement perdu l'esprit pour parler de cette sorte d'une opinion dont il eût été l'inventeur; et non seulement qu'il l'eût perdu pour un moment , mais durant toute sa vie , puisqu'il a écrit la même chose en divers temps, au commencement de sa jeunesse , et dans sa vieillesse. Or comment est-il possible qu'un honmie puisse demeurer durant quarante ans si grossièrement abusé , que de se persuader que tout le monde croit avec mi ce qu'il aurait cru tout seul contre l'opinion de tout le monde ? Et comment tant de savants iiommes ses amis, tant de religieux de son ordre, tant d'évêques avec qui il se trouvait dans les conciles, ne l'auraient-ils pas désabusé d'une imagination si ridicule en soi, et si préjudiciable à soii salut?
Voilà ce que l'on a dit, à quoi l'auteur se contente de répondre , qu'il ne [ait point d'état de ce qu'on dit que Paschase proteste que son opinion est celle de toute "Église : que celte petite subtilité lui semble plus plaisante que raisonnable, comme si tous les hérétiques n'avaient pas accoutumé de débiter leurs erreurs sous lenom de la foi catholique. Mais il devait prendre garde qu'en témoignant de faire peu d'étal d'une raison qui est certainement considérable , il ne donnât lieu de ne faire pas beaucoup d'état de son jugement en cet endroit, ces manières méprisantes retombant sur ceux qui s'en servent mal à propos, parce qu'elles sont des preuves de peu de discernement. Ou lui soutient donc