SUITE DU MÊME SUJET. HO
que cette raison n'est point méprisable, parce qu'elle est entièrement dans le bon sens; et que sa réplique au contraire est digne de mépris , parce qu'elle est fausse et déraisonnable. Il n'est point vrai (jue ce soit la coutume des hérétiques de débiter letirs erreurs comme la foi universelle de tous les (idèles de leiutemps : Les pélagiens, dans une lettre que S. Augustin réfute, reconnaissaient que la doctrine du péché originel élail reçue dans tout l'occident, toto penilùs occidente non miniis stullum quàm impium dogma esse susceptum. Julien reproche à S. Augustin qu'il se servait contre lui du témoignage des artisans. Béronger appelait l'opinion de la présence réelle , l'opinion ou la folie du peuple , senlentiam sive vecordiam vutgi. Zuingle fut long-temps à n'oser découvrir ses sentiments , de crainte de choquer toute l'Église , qu'il voyait tout entière dans un sentiment contraire. Jamais Luther ne s'est imaginé que ses opinions fussent suivies par toute la terre , et qu'il n'y eût personne qui les contredît. Les catholiques mêmes ne diraient jamais à présent qu'il n'y a personne au monde qui nie la présence réelle, parce qu'ils savent qu'il y a des sacramentaires. Ces sortes de discours ne seraient pas de simples faussetés, mais des folies dont un homme sage n'est pas capable.
Il est donc contre toute sorle d'apparence , que si l'Église avait été universellement au IX^ siècle dans la foi distmcle de l'absence réelle, et que l'opinion de la présence réelle n'eût pas encore élé produite au monde, un homme célèbre comme Paschase eût'pu tomber dans une illusion si étrange, que de s'imaginer sérieusement durant quarante ans qu'une opinion qui n'avait jamais paru au monde avant lui, et qui n'était suivie de personne , fût la créance commune et universelle de toute la terre.